Ornes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Orne.
Ornes
Ruines de l'église.
Ruines de l'église.
Blason de Ornes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Canton Belleville-sur-Meuse
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Verdun
Maire
Mandat
Charles Saint-Vanne
2014-2020
Code postal 55150
Code commune 55394
Démographie
Population
municipale
5 hab. (2014)
Densité 0,27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 15′ 13″ nord, 5° 28′ 21″ est
Altitude 250 m (min. : 209 m) (max. : 372 m)
Superficie 18,52 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Meuse

Voir sur la carte administrative de la Meuse
City locator 14.svg
Ornes

Géolocalisation sur la carte : Meuse

Voir sur la carte topographique de la Meuse
City locator 14.svg
Ornes

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Ornes

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Ornes

Ornes est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

Bien qu'il comporte encore quelques maisons et garde une poignée d'habitants permanents, le village est classé comme « mort pour la France ». Il fait partie des villages français détruits durant la Première Guerre mondiale, de même que les localités voisines de Bezonvaux, Douaumont et Vaux-devant-Damloup. Comme elles, il continue à bénéficier d'une existence officielle en tant que commune, mais avec à sa tête un maire nommé par le préfet de la Meuse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ornes est située sur le chemin départemental 24, au pied des côtes qui bordent à l'est le cours de la Meuse, à une douzaine de kilomètres à vol d'oiseau au nord-est de Verdun. L'Orne, un ruisseau qui, devenu rivière, se jette dans la Moselle à Richemont près de Hagondange, prend sa source sur le territoire de la commune.

Le village est maintenant situé en bordure de la forêt domaniale de Verdun qui recouvre les côtes et camoufle les milliers de trous d'obus tombés durant la Première Guerre mondiale et encore parfaitement visibles aujourd'hui.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En lorrain la commune est appelée Ioûne[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village existait déjà en 1046 et dépendait de l'abbaye Saint-Maur de Verdun. Affranchi en 1251, il devint le chef-lieu d'une baronnie importante, d'un bailliage et d'une prévôté.

En 1285, Aubert ou Albert d'Ornes se trouve parmi les invités du comte de Chiny à Chauvency-le-Château : il combat lors du célèbre tournoi (relaté par Jacques Bretel) aux côtés des Briey, Rosières, Cumières et Creuë.

En 1653, les troupes lorraines, catholiques, investissaient le château d'Ornes dont les seigneurs avaient suivi le mouvement de la Réforme.

Le , le tonnerre des canons marque le début de la bataille de Verdun. Situé sur le secteur de Verdun, le village, pris par les troupes allemandes le , sera repris par les Français le . Entre-temps il aura été totalement ruiné sous l'acharnement des échanges d'artillerie.

Avant sa destruction, Ornes était un village important puisque sa population a dépassé les 1300 habitants vers le milieu du XIXe siècle. Plusieurs moulins et ateliers de tissage en faisaient partie. À la veille de 1914 restaient encore plus de 700 habitants, vivant de l'agriculture et de l'artisanat. Le village jouait le rôle de bourg vis-à-vis des localités environnantes.

Sur les dernières années de la vie d'Ornes, on pourra consulter l'ouvrage très documenté du chanoine Charles Laurent, ancien directeur du grand séminaire de Verdun : « Ornes, la vie et la mort d'un village meusien », publié dans les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc (Tome 49).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Maires d'Ornes avant sa destruction[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[2]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1799 1810 Michel Dormois    
1811 1812 Nicolas Charton    
1813 1819 Jean-Nicolas Manget[3]    
1819 1831 Jean-Nicolas Lambert   Né le à Douaumont, †
Chef de bataillon en retraite de la Garde impériale
1831 1833 François Ferée    
1833 1834 François Lecourtier    
1834 1835 Jean-Baptiste Jacques    
1835 1846 Christophe Molinet    
1846 1848 Antoine Deville   Propriétaire, distillateur,né le 19 juillet 1778 à Ornes,décédé le 27 janvier 1849
1848 1851 Antoine Aubry    
1851 1854 François Lecourtier-Jacques    
1854 1871 Christophe Molinet    
1871 1876 Auguste Lecourtier-Jamin    
1876 1888 Louis-Christophe Schemouder    
1888 1892 Antoine Aubry    
1892 1897 Adolphe Deville    
1897 1900 Jean-François Simonet    
1900 1907 Édouard-Louis Ferée    
1907 1912 Antoine-Émile Ferée    
1912 1924 Edmond Laurent    

Maires après la destruction de la commune[modifier | modifier le code]

Comme les autres villages détruits, Ornes a conservé son statut de commune. Un maire et deux adjoints sont nommés par le préfet de la Meuse.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1965 1981[Note 1] Émile Saint-Vanne    
1981 2004[Note 2] Clémence Saint-Vanne    
2005 mars 2008 Charles Saint-Vanne    

Depuis 2008, le maire de la commune est à nouveau élu.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Charles Saint-Vanne    

Élections[modifier | modifier le code]

Fait assez rare pour être souligné, les électeurs d'Ornes ont voté à hauteur de 100% pour Marine Le Pen lors du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2017[4].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[6],[Note 3].

En 2014, la commune comptait 5 habitants, en augmentation de 0 % par rapport à 2009 (Meuse : -1,29 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
989 1 036 1 083 1 200 1 249 1 243 1 262 1 317 1 316
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 287 1 260 1 193 1 145 1 100 1 033 1 021 975 913
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
861 841 718 23 24 29 9 9 11
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
5 6 2 1 10 6 2 6 5
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Cultes[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Michel.

Liste des curés[modifier | modifier le code]

Liste des curés[9]
Période Identité
en 1786 - Delattre Nicolas mort en déportation en 1794[10]
-

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Michel.
Ornes (Meuse), les ruines de l'église.
  • L'ancienne église, maintenant en ruine, était dédiée à saint Michel et datait de 1828.
  • La chapelle Saint Michel, située à l'entrée du village a été édifiée en 1932.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Ornes Blason D'argent à 5 anneaux de gueule.
ou D'argent à bande de sable coticée du même à 5 anneaux de gueules.
Détails L'écu sculpté au fronton intérieur de la chapelle saint Michel, construite en 1932,à l'emplacement du village, reprend les armes de la famille d'Ornes jadis seigneur du village. Dans le Tournoi de Chauvency, Aubert ou Albert d'Ornes est présenté au côté de Guy de Neuville.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanoine Charles Laurent, Ornes, la vie et la mort d'un village meusien, Bar-le-Duc, , 461 p. (notice BnF no FRBNF32354452).
L'association Sur les Pas d'André Maginot a réédité l'ouvrage en l'actualisant avec l'histoire et les photos des années postérieures à 1938.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Émile Saint-Vanne, maire, meurt le .
  2. Clémence Saint-Vanne, maire, meurt le .
  3. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Lemoine, Département de la Meuse, Dictionnaire des communes, 1991.
  2. source : Travaux de Charles Laurent
  3. source : lien sur francegenweb.org (vérification effectuée dans les registres d'Etat Civil numérisés)
  4. « Présidentielle : ces résultats du second tour que vous n'avez pas forcément remarqués », sur www.msn.com (consulté le 9 mai 2017)
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Travaux de Robert Depardieu
  10. Liste des émigrés déportés et condamnés pour cause révolutionnaire, page 332 d'André Gain publié en 1932.
  11. « L'[[Armorial Wijnbergen]] », sur briantimms.net (consulté le 17 mars 2011)