Olivier Blanchard

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Olivier Jean Blanchard
Description de l'image Oliver Blanchard, IMF 98BlanchardWEO1 lg.jpg.
Naissance (67 ans)
Amiens (France)
Nationalité Française
Champs Sciences économiques
Institutions Université Harvard, MIT,
Diplôme ESCP Europe, Université Paris-Dauphine, Université de Paris Ouest - Nanterre La Défense, MIT
Renommé pour nature du marché du travail, rôle des Économie des institutions, origine du chômage, Hystérésis, politique monétaire et la transition des anciens pays socialistes vers l’économie de marché

Olivier Jean Blanchard, né le 27 décembre 1948 à Amiens, est un macroéconomiste français, spécialiste de l'économie du travail. Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) , il a été, du 1er septembre 2008 à octobre 2015, chef économiste et directeur des études[1] au Fonds monétaire international[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Olivier Blanchard est diplômé de l'école de commerce ESCP Europe (promo 1970). Il a étudié l'économie et les mathématiques à l'université Panthéon Assas, puis à Paris Dauphine et à Nanterre. À la suite de cela, il décide de partir faire un doctorat au MIT quand il se rend compte, bien qu'il ait été en DES, qu’il y avait beaucoup de « trous » dans ses connaissances[3]. Il obtient son doctorat (PhD) en sciences économiques au MIT en 1977 sous la direction de Stanley Fischer[2].

Après sa thèse, il enseigne à Harvard, comme « Assistant professor » de 1977 à 1981, comme « Associate professor » de 1981 à 1983. En 1983, il part enseigner au MIT, comme « assistant professor » jusqu'en 1985, comme « professeur » par la suite. Il y a été directeur du département d'économie de 1998 à 2003.

Il s'est marié à Noëlle Golinelli en 1973 avec qui il a trois enfants[4].

Travaux[modifier | modifier le code]

Classé parmi les néo-keynesiens[2], il est un spécialiste de l’économie du travail (nature du marché du travail, rôle des institutions, origine du chômage) ; il a beaucoup travaillé sur la situation du chômage en Europe. En 1986, il a proposé un mécanisme d'hystérèse[5].

Il a étudié également le rôle de la politique monétaire et la transition des anciens pays socialistes vers l’économie de marché.

Il s'est enfin illustré dans la politique budgétaire en approfondissant la question des déficits et des dettes publics.

Faisant partie des scientifiques français les plus prolifiques avec une quinzaine d'ouvrages et plus de 150 articles, il a notamment écrit, avec Stanley Fischer, un manuel de macroéconomie de référence, Macroeconomics, dont la version française cosignée avec Daniel Cohen est plus didactique et accessible.

Suite à la crise de 2008, Blanchard a été obligé de réviser son jugement sur l'état de la théorie macroéconomique (qu'il jugeait alors "bon"[6] dans un -article devenu célèbre depuis) et a procédé à une certaine autocritique de ses idées et de ses ouvrages passés[7] - en particulier Macroeconomics. Il a notamment critiqué les modèles OG-DG et IS-LM (en particulier en ce qui concerne la partie "LM").

L'un des problèmes qu'il soulève tient notamment au fait que ces modèles reposent sur l'hypothèse d'une monnaie exogène ce qui, selon l'avis de tous, est largement contredit par les faits[8]. Il propose ainsi de ne plus enseigner le modèle OG-OD même en licence et de démanteler IS-LM pour n'en garder que la partie pertinente du modèle pour décrire nos économies[9].

Marché du travail[modifier | modifier le code]

Identification des chocs économiques[modifier | modifier le code]

Contribution au débat sur l'impact des politiques d'austérité budgétaire[modifier | modifier le code]

Dans un document de travail du FMI (IMF WP/13/1) abondamment relayé par la presse généraliste, puis publié dans American Economic Review: Papers & Proceedings (lien), Olivier Blanchard et Daniel Leigh montrent que la plupart des modèles de prévisions macroéconomiques (y compris celui du FMI) ont sous-estimé la valeur des multiplicateurs budgétaires en Europe.

Ces modèles de prévisions reposaient sur l'hypothèse d'un multiplicateur budgétaire environ égal à 0.5 (c'est-à-dire que, pour une réduction/augmentation du déficit de 1€, le PIB se réduirait/augmenterait de 0.5€). Dans leur article, Olivier Blanchard et Daniel Leigh montrent que cette hypothèse était très probablement fausse pendant la crise financière et économique de 2008-2012 : selon leurs estimations, les multiplicateurs budgétaires auraient été plus proches de 1.5 (au minimum supérieurs à 1) et que les effets négatifs des politiques d'austérité sur le PIB, l'emploi, la consommation et l'investissement ont été largement sous-estimés par la plupart des grands instituts de prévisions (FMI, Commission Européenne, OCDE, etc.).

Leurs résultats s'appuient sur le modèle empirique suivant :

représente la croissance effective (ou réalisée) du PIB entre l'année t et t+1 pour le pays i, représente la prévision réalisée à l'année t de la croissance du PIB entre l'année t et t+1 pour le pays i et représente la prévision de la variation du solde budgétaire structurel réalisée à l'année t. En d'autres termes, Olivier Blanchard et Daniel Leigh proposent d'étudier la corrélation des erreurs de prévisions de la croissance du PIB avec les prévisions de la variation du solde budgétaire structurel, c'est-à-dire le paramètre , pour en déduire une mesure implicite de la valeur des multiplicateurs budgétaires. En effet, s'interpréterait comme l'erreur attachée à l'hypothèse sous-jacente concernant la valeur du multiplicateur budgétaire : par exemple, pour un multiplicateur budgétaire par hypothèse égal à 0.5, une valeur de estimée à 1 impliquerait que la vraie valeur du multiplicateur budgétaire serait de 1.5. De la même façon, un paramètre non-significativement différent de 0 impliquerait que l'hypothèse sous-jacente concernant la valeur des multiplicateur budgétaire est correcte.

Ces travaux ont été généralement interprétés de façon caricaturale[10],[11], laissant croire que le FMI avait commis une "erreur de calcul" dans son évaluation des effets de l'austérité.

Macroéconomie financière[modifier | modifier le code]

Membre[modifier | modifier le code]

Il a été membre du Conseil d'analyse économique, de 1997 à 2008, auprès de l'ancien premier ministre français, Lionel Jospin[12].

Olivier Blanchard est membre du conseil de l'Econometric Society et de l'American Academy of Arts and Sciences. Il a aussi été vice-président (1995/1996) de la plus importante association d'économistes en Amérique du Nord, l'American Economic Association[réf. nécessaire]. Il a agi à titre de conseiller économique pour plusieurs pays et organismes nationaux et internationaux tels que l'European Economic Policy Forum Panel… [précision nécessaire]

Il est conseiller auprès de la FED de Boston et de la FED de New York. Il est depuis 2006 membre du conseil scientifique de l'école d'économie de Paris.

Il est "C. Fred Bergsten Senior Fellow" au Peterson Institute for International Economics, depuis son départ du FMI en octobre 2015

Prises de position dans le débat public[modifier | modifier le code]

En 2003, il propose avec Jean Tirole une taxe sur les licenciements consistant à moduler les contributions des entreprises à l'assurance chômage en fonction du taux de licenciement afin de responsabiliser les entreprises. Parallèlement, les auteurs proposent de supprimer le CDD et le CDI pour les remplacer par un contrat de travail unique avec une augmentation progressive des droits des salariés en fonction de l'ancienneté[13].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Proche du Parti socialiste français, il se définissait en 2008 « très à gauche en 1968 avant de devenir social démocrate en apprenant l'économie et attendu 20 ans que le Parti socialiste ne le devienne[2] ».

Il a néanmoins apporté son soutien à Nicolas Sarkozy (UMP) dans la campagne présidentielle de 2007 en France[14], mais a critiqué par la suite certaines mesures du « paquet fiscal[15]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • avec Daniel Cohen, Macroéconomie, Pearson Éducation, 4e édition, 2010
  • avec Charles Wyplosz et Jean Pisani-Ferry, L'Europe déclassée, Flammarion, 2005
  • The Economics of Post Communist Transition, 1997, ed. Oxford University Press
  • Macroeconomics, ed. Prentice Hall, 1997 (1re édition)
  • La desinflation competitive, le mark et les politiques budgetaires en Europe, éditions du Seuil, 1991
  • avec Stanley Fischer, Lectures On Macroeconomics, The Mit Press, 1989

Rapports[modifier | modifier le code]

  • avec Jean Tirole, rapport pour le Conseil d’Analyse Economique : La Protection de l’Emploi, La Documentation française, 2003
  • avec Jean-Paul Fitoussi, Rapport au Conseil d’Analyse Economique : Croissance et Chômage, La Documentation Française, 1998
  • (Rapport Camdessus) « Le Sursaut. Vers une nouvelle croissance pour la France », La Documentation Française, 2004

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Préface du livre de Pierre Cahuc et Andre Zylberberg, Chômage: Fatalité ou nécessité ?”, Livre de Poche, 2005
  • Préface du livre de Agnès Benassy-Quéré, Benoit Coeure, Pierre Jacquet, Jean Pisani-Ferry, Politique Economique, Éditions De Boeck et Larcier, 2004

Commentaires sur des rapports[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « FMI: Résultats de la collection en langue française »
  2. a, b, c et d Alain Faujas, « Olivier Blanchard, un pédagogue de l'économie mondiale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Entretien avec EUROPUSA, septembre 2002
  4. Source :CV d'Olivier Blanchard sur sa page personnelle au MIT
  5. Olivier Blanchard et Lawrence Summers, Hysteresis and European Unemployment, dans Stanley Fischer (éditeur), NBER Macroeconomics Annual, MIT Press, septembre 1986, pp. 15-77
  6. (en) Olivier J. Blanchard, « The State of Macro », NBER Working Paper,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « How to Teach Intermediate Macroeconomics after the Crisis? », sur The Peterson Institute for International Economics,‎ (consulté le 19 juin 2016)
  8. « Banques, monnaie et activité économique : les idées de base », sur autisme-économie,‎ (consulté le 18 juin 2016)
  9. « IS-LM et OG-DG : Blanchard se rebiffe… », sur autisme-économie,‎ (consulté le 19 juin 2016)
  10. Alain Faujas, « La "vraie-fausse erreur" du FMI », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2013/01/09/non-lausterite-nest-pas-une-erreur-de-calcul-du-fmi.html
  12. Site du Conseil d'analyse Economique
  13. Jean Tirole et Olivier Blanchard, Protection de l’emploi et procédures de licenciement, La Documentation Française, (lire en ligne)
  14. Olivier Blanchard, « Pourquoi je voterai Sarkozy », sur Telos,‎ (consulté le 25 juin 2011)
  15. Olivier Blanchard, Pierre Cahuc et André Zylberberg, « Détaxation coûteuse et aléatoire », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. « IS-LM et OG-DG : Blanchard se rebiffe… », sur autisme-économie,‎ (consulté le 19 juin 2016)