Pierre Cahuc

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Pierre Cahuc
Pierre Cahuc - 2015 (cropped).jpg

Pierre Cahuc en 2015.

Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (55 ans)
Nationalité
Formation
Université Panthéon Sorbonne
Activité
Autres informations
Distinction

Pierre Cahuc est un économiste français, né le 18 janvier 1962[1].

Professeur à l’École polytechnique et à l'ENSAE, membre du CAE (Conseil d'analyse économique), chercheur au CREST, au CEPR (Londres) et directeur de programme à l’Institute for the Study of Labor (IZA) (Bonn).

Ses travaux portent sur le marché du travail, la macroéconomie et sur les relations entre la culture et les performances économiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il effectue l'intégralité de ses études à l'Université Panthéon Sorbonne où il obtient[2] des Maîtrises de droit public (1984), de science politique (1984) et d'économie (1984), des DEA de macroéconomie (1985), de sociologie politique (1986), d'économie (1989), son doctorat d'économie (1989) et l'Agrégation des universités en sciences économiques en 1990.

Travaux[modifier | modifier le code]

Pierre Cahuc a publié de nombreux articles dans des revues académiques[3] ainsi que plusieurs ouvrages[4] et rapports[5] en français et en anglais.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Il a participé à la rédaction de rapports économiques parmi lesquels : « Temps de travail, revenu et emploi »[6] et « Salaire minimum et bas revenus : comment concilier justice sociale et efficacité économique ? »[7]. Il a aussi publié des ouvrages pour le grand public, et notamment, en collaboration Le chômage, fatalité ou nécessité, en 2004 (avec André Zylberberg) , La société de défiance en 2007 (avec Yann Algan), Les Réformes ratées du président Sarkozy en 2009 (avec André Zylberberg), La machine à trier (avec Stéphane Carcillo, Olivier Galland et André Zylberberg), La fabrique de la défiance en 2012 (avec Yann Algan et André Zylberberg), Les ennemis de l'emploi en 2015 (avec André Zylberberg).

Le Négationnisme économique[modifier | modifier le code]

En 2016, il publie avec André Zylberberg Le Négationnisme économique, un ouvrage dans lequel les auteurs défendent l'idée que la science économique serait devenue une science expérimentale et dans lequel ils reprochent à certains économistes et intellectuels de ne pas le reconnaître et d'ostraciser certaines publications scientifiques.

Contenu de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Selon les auteurs de l'ouvrage, « l'économie est devenue une science expérimentale ». Comme dans les autres domaines de la science, par exemple la recherche médicale, l'analyse économique compare des groupes tests où une mesure est mise en œuvre avec des groupes témoins[8].

La science économique aurait donc permis, dans les dernières années ou les dernières décennies, de dégager certains principes qui présentent toutes les garanties scientifiques. Par exemple, au sujet de la politique des pôles de compétitivité, les études montrent que l'intervention des pouvoirs publics via la subvention et la sélection de projets spécifiques n'améliore pas véritablement les performances des entreprises[9]. Quant aux abaissements de charges, ils sont efficaces mais à condition d'être concentrés au voisinage du salaire minimum[10]. D'autres études montrent qu'une variation de la fiscalité égale à 1 % de PIB se traduit au bout de quelques années par une variation dans le même sens de 2 % à 3 % du PIB, selon les pays et les circonstances[11]. Enfin, il a été montré qu'aux États-Unis une hausse des dépenses publiques de 1 dollar entraînait une augmentation du revenu de 1,6 dollar[12].

Selon les auteurs, les études publiées dans des revues académiques, ayant subi un processus de relecture par les pairs, permettent, lorsqu'elles produisent des résultats convergents, de produire l'image la plus fiable sur l'état du monde[13]. Le « négationnisme scientifique », notamment économique, est alors l'attitude de ceux qui s'opposent sans justification à ces résultats, prétendant souvent s'opposer à la « pensée unique » ou mettre en lumière des failles de la recherche « orthodoxe » : les auteurs citent comme exemples le discours des industriels du tabac autrefois, aujourd'hui de certains grands patrons ou économistes « hétérodoxes » tels que « les Économistes atterrés ».

Les auteurs incitent donc les médias à faire plus souvent appel à des économistes présentant des garanties scientifiques que l'on peut vérifier sur des sites tels que celui d'IDEAS[14].

Débat public[modifier | modifier le code]

L'ouvrage suscite un large débat polémique. Dans Le Point, Franz-Olivier Giesbert applaudit sa parution en affirmant « C'est le livre qu'on attendait depuis des années »[15]. Dans Alternatives économiques, Christian Chavagneux dénonce notamment la violence du ton[16],[17]. Les auteurs se défendent en expliquant que l'expression de négationnisme économique fait référence non pas à la contestation du génocide mais au négationnisme scientifique, expression utilisée dans les débats sur les sciences, notamment par Robert Proctor dans son ouvrage Golden Holocaust[18]et sur le blog du journal Le Monde, Passeur de Sciences, consacré aux sciences. Selon les auteurs, le négationnisme scientifique serait la disqualification de l'état des connaissances produites par la communauté des chercheurs[19]. Pour Pierre-Cyrille Hautcœur, laisser l'économie uniquement aux économistes présenterait un danger car l'esprit scientifique contribuerait « à la montée des violences »[20].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les Négociations salariales, des fondements microéconomiques aux implications macroéconomiques, Economica, Paris, 237 p, 1991
  • La Nouvelle Microéconomie, La Découverte, Paris, 1993, seconde édition, 1998 (traduit en espagnol et en turc)
  • Économie du travail, la formation des salaires et les déterminants du chômage, avec André Zylberberg, De Boeck Université, Paris, Bruxelles, 1996
  • La Réduction du temps de travail, une solution pour l’emploi ? avec Pierre Granier, Economica 1997
  • Le Marché du travail, avec André Zylberberg, De Boeck Universités, 2001
  • La Microéconomie du marché du travail, avec André Zylberberg, La Découverte, Paris, 2003
  • Labor Economics (en coll. avec André Zylberberg), MIT Press, 2004 (publié en chinois, Shangai University of Finance and Economics Press, 2007)
  • Le Chômage, fatalité ou nécessité ? (en coll. avec André Zylberberg), Flammarion, 2004
Traite de l'impact sur l'emploi des politiques de salaire minimum et du mécanisme de destruction créatrice dans le domaine de l'emploi. Cet ouvrage a obtenu le prix Mutation et Travail 2004, le Prix européen du livre d’économie 2004, le prix ManPower 2005 de l’ouvrage de ressources humaines, le prix Zerilli-Marimo 2006 de l'Académie des sciences morales et politiques.
  • The Natural Survival of Work, job creation and job destruction in a growing economy, coécrit avec André Zylberberg, 165 p, MIT Press, 2006
  • La Société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit[21], avec Yann Algan, Éditions de l'École normale supérieure, rue d'Ulm, 2007 Cet ouvrage a été élu Meilleur essai 2007 par le magazine Lire. Il a aussi obtenu le Prix du livre des dirigeants, 2008, Fondation ESCP-EAP.

Rapports[modifier | modifier le code]

  • « Productivité et emploi dans le tertiaire », rapport du Conseil d'analyse économique n° 49, avec Michèle Debonneuil, 2004
  • Rapport Cahuc-Kramarz : « De la précarité à la mobilité : vers une sécurité sociale professionnelle », coécrit avec Francis Kramarz, rapport au ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie et au ministre de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion Sociale, La Documentation française, juin 2005
A reçu le prix Risques-Les Échos en 2005.
  • « Temps de travail, revenu et emploi », rapport du Conseil d'analyse économique n° 68, avec Patrick Artus et André Zylberberg, 2007
  • « Salaire minimum et bas revenus : comment concilier justice sociale et efficacité économique ? », rapport du Conseil d'analyse économique n° 79, avec Gilbert Cette et André Zylberberg, 2008
  • L’emploi des jeunes peu qualifiés en France, Conseil d'Analyse Economique, Note du CAE n° 4, avec Stéphane Carcillo et Klaus Zimmermann Avril 2013.
  • L'apprentissage au service de l'emploi, avec Marc Ferracci, Jean Tirole et Etienne Wasmer, Note du CAE n°19, Décembre 2014.
  • Améliorer l'assurance chômage pour limiter l'instabilité de l'emploi, avec Corinne Prost, Note du CAE n° 24, Septembre 2015.
  • L'emploi des seniors : un choix à éclairer et à personnaliser, with Jean-Olivier Hairault and Corinne Prost, Note du CAE n° 32 - Mai 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conseil d'analyse économique - Pierre Cahuc.
  2. « cv - pierrecahuc », sur sites.google.com (consulté le 28 décembre 2015)
  3. Liste d'articles publiés par Pierre Cahuc : (en)sur le site IDEAS et sur son site personnel.
  4. Liste d'ouvrages publiés par Pierre Cahuc : (en)sur le site IDEAS et sur son site personnel.
  5. Liste de rapports de Pierre Cahuc sur son site personnel.
  6. Rapport du CAE n° 68, 2007.
  7. Rapport du CAE n° 79, 2008.
  8. Cahuc et Zylberberg 2016, p. 13-14.
  9. Cahuc et Zylberberg 2016, p. 66-67.
  10. Cahuc et Zylberberg 2016, p. 68.
  11. Cahuc et Zylberberg 2016, p. 114-115.
  12. Cahuc et Zylberberg 2016, p. 135.
  13. Cahuc et Zylberberg 2016, p. 186.
  14. Site IDEAS Cahuc Zylberberg, p. 186.
  15. L’éditorial de Franz-Olivier Giesbert, « Le négationnisme économique et les autres », Le Point, 22 septembre 2016
  16. « Patrick Cohen - Pierre Cahuc et André Zylberberg : « L'économie est une science expérimentale » », sur franceinter.fr (consulté le 14 septembre 2016)
  17. Christian Chavagneux, « « Négationnisme économique » : l’affaire Cahuc », Alternatives économiques,‎ (lire en ligne)
  18. Robert Proctor, Golden Holocaust - La conspiration des industriels du tabac, Edition Equateur, Paris, 2014.
  19. Pierre Cahuc et André Zylberberg, « Plaidoyer pour l'économie science empirique par Pierre Cahuc et André Zylberberg », Libération,‎ (lire en ligne)
  20. Mauvais temps pour la pensée économique, lemonde.fr, 20 septembre 2016
  21. Voir sur cepremap.ens.fr.

Liens externes[modifier | modifier le code]