Nicole Notat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Nicole Notat, née le à Châtrices (Marne), a été de 1992 à 2002 secrétaire générale du syndicat CFDT. En , elle fonde Vigeo — devenue Vigeo Eiris à la suite de la fusion de Vigeo avec l'acteur britannique Eiris — dont elle fut PDG jusqu'en 2020[1], où elle s'engage pour une conception du développement durable. Elle est aussi membre du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe présidé par Felipe González et établi par le Conseil européen.

Elle a été la première femme à diriger une confédération syndicale en France. Elle a aussi été la première femme à présider le club d'influence Le Siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et ascension dans le syndicalisme[modifier | modifier le code]

Nicole Notat, issue d'une famille d'agriculteurs, choisit de devenir institutrice pour enfants en difficulté. Institutrice en formation à l'école normale d'instituteurs[2] de Bar-le-Duc, elle y participe au mouvement de Mai 68.

Cette figure du monde syndical adhère à la Confédération française démocratique du travail (CFDT) en 1969. Elle devient secrétaire du Syndicat général de l'Éducation nationale Sgen-CFDT pour la Meuse en 1970, puis membre de la commission exécutive régionale Sgen Lorraine en 1972. En 1978, elle occupe le poste de secrétaire régionale Sgen Lorraine et membre du conseil de l'Union régionale CFDT Lorraine.

C'est en 1982 que sa carrière accélère, lorsqu'elle devient permanente et prend des responsabilités nationales en entrant, à 35 ans, dans la Commission exécutive confédérale, au poste de secrétaire nationale, chargée du secteur éducation puis, en 1985, chargée du secteur emploi/formation professionnelle. En 1982, elle pilote la création, dans le monde universitaire, de Pour un syndicalisme autogestionnaire, un syndicat étudiant directement membre de la CFDT, qui veut rénover la réflexion sur l'enseignement supérieur.

Secrétaire générale de la CFDT[modifier | modifier le code]

Sa progression est relativement rapide : après avoir adhéré à 22 ans en 1969, elle devient dix-neuf ans après secrétaire générale adjointe de la CFDT dès 1988, à 41 ans, puis secrétaire générale le . Selon le Canard enchaîné, elle organise alors la passation de pouvoirs qui conduit à la démission de son prédécesseur Jean Kaspar[réf. nécessaire]. En 1995, elle est mise en minorité par la base de la CFDT, alors que son opposition lui reproche un bourrage des urnes[3].

À l'Unedic elle a été présidente du conseil (1992 à 1994), secrétaire du conseil d'administration (1994 à 1996) et présidente du conseil d'administration (1996 à 1998).

Elle engage la CFDT sur la voie d'un syndicalisme « partenaire » à l’allemande. Contestée à l’intérieur de la CFDT en raison de son attitude jugée excessivement complaisante à l'égard du patronat, ses détracteurs la surnomment « la tsarine ». Lors d’un congrès houleux en 1995, une majorité de congressistes (52 %) estiment que le bureau national qu’elle dirige « n’a pas rempli le mandat qu’attendaient les syndicats ». C'est la première fois dans l'histoire de la CFDT que la direction est ouvertement désavouée par les adhérents[4].

Lors d'une manifestation le 24 novembre 1994, elle doit évacuer le cortège, mise en cause pour ses prises de positions au sein de la centrale[5]. Pendant la manifestation parisienne de la fonction publique le , elle est vivement prise à partie pour son soutien l'année précédente au plan Juppé. Elle est alors accusée de « trahison » par des manifestants. La CFDT connait une vague de départs de militants, qui rejoignent ou créent des syndicats SUD[4].

La CFDT devient le partenaire privilégié du Medef dans le cadre de la « Refondation sociale » lancée en 2000 par l’organisation patronale. Elle signe tous les accords, ce que déplore la CGT et FO[4].

En 2002, elle ne brigue pas un renouvellement de son mandat lors du congrès confédéral de Nantes, à l'issue duquel François Chérèque lui succède[6].

Après la CFDT[modifier | modifier le code]

Elle crée alors Vigeo, société européenne d'évaluation des performances sociales et environnementales des entreprises RSE. Elle est soutenue par de nombreux chefs d'entreprises. Selon le Canard enchaîné, qui reprend le témoignage d'un chef d'entreprise, « Vigeo, c'est pas compliqué, il suffit de payer : tu files 200 000 ou 300 000 balles, on certifie que ta boîte est écolo et sociale, et te voilà peinard »[3].

En tant que présidente de Vigeo, elle a repris l'agence ARESE, fondée par Geneviève Férone, première agence de notation sociale en France. En 2015, Nicole Notat est devenue la présidente de Vigeo Eiris, à la suite de la fusion de Vigeo avec l'agence britannique Eiris. Elle est remplacée à la présidence par Sabine Lochmann à compter du 1er janvier 2020, tout en restant à la tête du conseil d'administration[1].

En 2005, elle appelle à voter « oui » au référendum sur la Constitution européenne[7].

Elle est membre du conseil d'orientation du think tank En Temps Réel. Elle a aussi participé à quelques travaux de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde).

Elle est membre du club Le Siècle dont elle a assuré la présidence du au [8].

Nicole Notat a été désignée par le Conseil européen membre du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe présidé par Felipe Gonzalez et rattaché au Conseil européen. Le groupe a pour mission de proposer au Conseil européen de une feuille de route stratégique pour l'Europe à l'horizon 2020-2030.

Elle était membre du conseil d'administration de la Coface (Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur) et du conseil de surveillance du Monde S.A.

Depuis novembre 2011, elle est médiatrice dans le cadre de la mise en place des nouveaux horaires par la SNCF et RFF.

En janvier 2013, elle devient la chef de file du groupe de travail « Promouvoir et valoriser l'entrepreneuriat responsable » des futures assises de l'entrepreneuriat, sous l'égide de la ministre Fleur Pellerin[9].

En 2013, un dirigeant de l'Union des industries et métiers de la métallurgie l'accuse d'avoir accepté une enveloppe de 60 000 euros[3].

Elle soutient dès le premier tour Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle de 2017[4],[7].

Le , elle remet avec le patron de Michelin Jean-Dominique Senard un rapport sur le rôle de l'entreprise dans la société française au ministre de l'Économie Bruno Le Maire[10].

Le , elle est nommée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, déléguée française à l'Organisation internationale du travail (OIT)[11]. Le 14 mai, le ministère du Travail indique cependant que Nicole Notat renonce à représenter la France à l'OIT, en raison de « risques d’interférence potentiels entre son activité professionnelle et la fonction de représentante »[12].

Elle est nommée en mai 2020 par le gouvernement à la tête du « Ségur de la santé », qui doit proposer des solutions pour mettre fin à la « paupérisation » des personnels soignants[4].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vigeo Eiris, « Vigeo Eiris nomme une nouvelle présidente et un nouveau Comité Exécutif », communiqué de presse, sur vigeo-eiris.com, (consulté le 27 mai 2020)
  2. Ces écoles normales ont été remplacées par les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) en vertu de la loi Jospin (10 juillet 1989), entre 1990 et 1991.
  3. a b et c Anne-Sophie Mercier, « Nicole Notat : Patronne n'en faut », Le Canard enchaîné,‎ , p. 7
  4. a b c d et e « Véran choisit une figure historique (mais contestée) du syndicalisme pour son "Ségur de la santé" », sur Le HuffPost,
  5. Olivier Costemalle, « Nicole Notat aurait souhaité la solidarité de ses collègues, la « tsarine » de la CFDT, au coeur de la tempête », sur liberation.fr, Libération, (consulté le 25 mai 2020)
  6. « Le syndicaliste François Chérèque est mort », sur Les Echos, (consulté le 25 mai 2020)
  7. a et b Dan Israel, « Nicole Notat, une ex-syndicaliste « clivante » au chevet de l’hôpital », sur mediapart.fr, Mediapart, (consulté le 27 mai 2020)
  8. AFP, « « Le Siècle » : Nicole Notat présidente », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 27 mai 2020)
  9. « Nicole Notat, ex-CFDT, accepte une mission de Fleur Pellerin », in lelab.europe1.fr, 11 janvier 2013
  10. Florian Fayolle, « Quand Senard et Notat redéfinissent l'entreprise », challenges.fr, 9 mars 2018
  11. AFP, « Nicole Notat est nommée à l'OIT », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 27 mai 2020)
  12. Michel Noblecourt, « Nicole Notat renonce à représenter la France à l’OIT », Question(s) sociale(s) / Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 14 mai 2018)
  13. « Décret du 13 juillet 2016 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur » [PDF], sur legiondhonneur.fr, (consulté le 27 mai 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]