Mission interministérielle d'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon

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La Grande-Motte, l'une des stations créées par la mission Racine

La mission interministérielle d'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon, également connue sous le nom de mission Racine (du nom de son dirigeant Pierre Racine), est une structure administrative française créée par décret du 18 juin 1963 pour conduire de grands travaux d'infrastructure en vue de développer le littoral de la Méditerranée dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales (autrement dit la côte d'Améthyste). Cette mission était rattachée à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR). Elle a fonctionné de 1963 à 1983[1].

Port de Saint-Cyprien

Elle est à l'origine de la création des stations balnéaires de Port-Camargue, la Grande-Motte, Le Cap d'Agde et son village naturiste, Gruissan, Port Leucate et son village naturiste, Port Barcarès et Saint Cyprien.

Historique[modifier | modifier le code]

La Mission s'inscrivait dans une politique d'aménagement du territoire très volontariste, dans laquelle l'État jouait un rôle important, répondant au moins à deux objectifs :

  1. Développement par captation des flux en direction de l'Espagne[réf. souhaitée]
  2. Répondre à la crise viticole[1].
Aperçu de l'architecture de la Grande Motte

Jusqu’aux débuts des années 1960, l’économie de la région administrative du Languedoc-Roussillon qui comprend les quatre départements littoraux de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales, est centrée sur l’agriculture, principalement sur la viticulture. Or, cette dernière connait depuis la crise viticole de 1907 une série de périodes prospères et de crises graves. En outre, la région est sous-industrialisée, sans sources d’énergie, ni matières premières[2]. C’est ainsi qu’après quatre années de réflexion commencées dès 1959 par le ministre de la Construction, Pierre Sudreau, l’aménagement touristique du littoral du Languedoc est décidé par le gouvernement de Georges Pompidou sous l’impulsion du général de Gaulle. La Mission Racine, initialement créée pour une durée de trois ans, a été régulièrement prorogée pour prendre fin le 31 décembre 1982.

Par la suite, une nouvelle « Mission interministérielle d’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon », en abrégé «mission Littoral », a été chargée d'élaborer un « Plan de développement durable du littoral » et a fonctionné de 2001 à 2006.

Cap d'Agde : Rochelongue

Après 2006, cette mission a été maintenue dans une configuration nouvelle. Elle est hébergée par le secrétariat général pour les affaires régionales (SGAR) à Montpellier, la préfecture de région[3].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

C’est la première « administration de Mission » créée en France. Cela signifie qu’elle est responsable unique de l’opération dont elle est chargée. Dès ses débuts, elle est présidée par le conseiller d’ État Pierre Racine (directeur de cabinet de Michel Debré de 1959 à 1962)[2]. La Mission interministérielle d’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon réunit les ministères de la Construction, des Travaux publics, de l’Économie et des Finances, de l’Agriculture, de l’Intérieur ainsi que le préfet de région. Placée sous l’autorité directe du Premier ministre, la Mission bénéficie d’une grande liberté d’action. Dotée d’un budget propre qu’elle gère de manière autonome, elle est notamment exemptée de certains règlements en matière d’urbanisme. La Mission interministérielle est constituée de plusieurs entités :

  • À Paris, la Mission proprement dite est composée des représentants des ministères intéressés et du Préfet de région. Ils se réunissent une fois par mois sous la présidence du président de la Mission (Pierre Racine) pour concevoir l’opération, en proposer le programme au gouvernement, prendre les décisions, suivre l’exécution.
  • Le Secrétariat général également situé à Paris, assure la préparation du travail de la Mission, prépare le budget, met en place les crédits et veille à l’exécution des décisions.
  • À Montpellier, le service régional d’études, placé sous la responsabilité du Secrétaire général, assure la coordination des services de l’État et des sociétés d’économies mixtes qui réalisent les travaux sur le terrain. Il fait également les liaisons avec les préfectures et les municipalités. Ce service de terrain travaille en étroite collaboration avec différents organismes, notamment avec l’agence d’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon (AALR) jusqu’en 1976 qui deviendra ensuite l’agence d’urbanisme pour l’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon (ATLR)[4].

Travaux d’aménagement du littoral[modifier | modifier le code]

Démoustication[modifier | modifier le code]

Moustique

Préalablement à l’implantation des nouvelles infrastructures, des travaux d’assainissement sont nécessaires, le littoral étant alors infesté de moustiques. Pour cela, la Mission interministérielle utilise les services de l’Entente interdépartementale pour la démoustication (EID), organisme public créé en 1958 par les départements des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault. La zone est démoustiquée, les terrains asséchés, d’autres sont reboisés et de nouveaux étangs sont créés[5].

Aménagement touristique[modifier | modifier le code]

La Mission Racine est à l’origine de la majorité des grands travaux exécutés sur le littoral régional entre le milieu des années 1960 et le début des années 1980.

« L’aménagement touristique se présente d’abord comme une immense opération d’équipement et un vaste programme de grands travaux [1] »

Les grands travaux incombant à l’Etat (construction des routes, des ports, boisement) sont étudiés par les différentes administrations, décidés par la Mission interministérielle mais toujours réalisés par l’administration compétente sur des crédits délégués par la Mission. L’aménagement des stations nouvelles (équipement et vente de terrains aux constructeurs) est concédé par l’État et les communes aux départements qui délèguent eux-mêmes leur responsabilité à quatre sociétés d’économie mixte créées en 1964 :

La Mission exerce un contrôle administratif et financier sur ces différentes sociétés d'économie mixte dont elle oriente et soutient l'action. Le paysage du littoral du Languedoc-Roussillon est ainsi redessiné autour de cinq «unités touristiques » centrées sur les stations de La Grande-Motte, le Cap d’Agde, Gruissan, Leucate-Barcarès et Saint-Cyprien. Les aménagements alternent zones urbanisées et espaces verts, et consacrent une part importante à l’organisation des loisirs. De grands noms sont associés à la création de ces stations nouvelles : l’architecte Jean Balladur pour La Grande-Motte et Georges Candilis pour Leucate-Barcarès. Dans sa mission d’aménagement du littoral, la Mission Racine doit veiller à la protection des sites et paysages.

Notes sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Inventaire du Service régional du service d'études de la mission interministérielle d'aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon, Montpellier (Mission dite "Racine"), par Marc Cambray, Michel Humbert et Michèle Rauzier, revu et augmenté par Marc Cambray. Travail coordonné par Solène Michon sous la direction de Ghislaine Bouchet. Archives départementales de l'Hérault. Montpellier, 2016.
  2. a et b Pierre Racine, Mission impossible? L'aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon, Montpellier, Midi Libre, , 293 p.
  3. Présentation de la mission interministérielle d’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon, Préfecture de région Languedoc-Roussillon
  4. « Agence d'urbanisme pour l'aménagement touristique du Languedoc-Roussillon (ATLR) »
  5. Pierre Boisson, La Démoustication du littoral méditerranéen, Montpellier : Imprimerie Paul Déhan,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Atelier d'architecture et d'urbanisme Le Couteur, Cap d'Agde, Edition Score, Paris, sd
  • Pierre Boisson, La démoustication du littoral méditerranéen, Montpellier, Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen, , 94 p.
  • Centre culturel du Languedoc, Sculptures Grande-Motte été 68, Société d'aménagement du département de l'Hérault, Montpellier, 1968
  • Stéphane Corneille, Les suites de la Mission Racine à travers l'étude comparée du Cap d'Agde et de la Grande-Motte, sous la direction de Guy Burgel et Frédéric Dufaux, Maîtrise URBAM, Paris-Nanterre, 1993-1994, 123 p
  • Jacques Pelletier, La Mission interministérielle pour l'aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon. Exemple d'administration de mission, École nationale d'administration, Paris, 1963
  • Pierre Racine, Mission impossible ? : l'aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon, Montpellier, "Midi Libre", coll. « Collection Témoignages » (no 1), , 293 p., 21 × cm (OCLC 300163798, notice BnF no FRBNF34674017, SUDOC 000474061)
  • Jacques Sourioux, La Grande-Motte : du haut des pyramides, patrimoine du XXe siècle, Jacques Sourrioux Éditeur, 2010
  • Françoise Tournier, L'aménagement du littoral Languedoc-Roussillon : bilan et perspectives, mémoire présenté sous la direction du professeur Henry Roussillon, Institut d'études politiques, Toulouse, 1986
  • La Grande-Motte, balade architecturale, Saint-Herblain Éditeur, Itinéraires médias, 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fonds : Service régional d'études de la Mission interministérielle d'aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon de Montpellier (Mission dite "Racine") [170 ml]. Cote : FRAD34 931 W art. 3-372 ; 932 W art. 1-96 ; 933 W art. 1-29 ; 1007 W art. 1-488 ; 1219 W art. 1-6 ; 1424 W art. 1-174 ; 1583 W art. 1-163 ; 1621 W art. 1-57. Montpellier : Archives départementales de l'Hérault. (présentation en ligne)
  • Préfecture et services de l'Etat en Région Occitanie