Agence de financement des infrastructures de transport de France

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Agence de financement des infrastructures de transport de France
Création 2004
Type Établissement public administratif
Siège Paris
Langue Français
Budget 1,8 milliard d'euros (2014)[1]
Affiliation Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie
Site web http://www.afitf.net/

L’agence de financement des infrastructures de transport de France (abrégé en AFITF) est un établissement public administratif national (EPAN) français chargé de coordonner le financement de grands projets d'infrastructures de transport[2] et dont la tutelle de l'État est exercée par la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer[3] du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

En principe, les investissements de l'AFITF doivent se répartir de la manière suivante : 70 % pour le fer, 25 % pour les routes et 5 % pour les projets fluviaux.

Création[modifier | modifier le code]

La création de l'AFITF est décidée lors du comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) du 18 décembre 2003[4].

L'agence a été créée par décret daté du 26 novembre 2004[5].

Financement[modifier | modifier le code]

La privatisation des sociétés concessionnaires d'autoroutes en France en 2006 a privé l'État d'une importante source de financement pour l'entretien et la construction des réseaux routiers[6].

Après cette privatisation, l'Agence a reçu une dotation de 4 milliards € en substitution des dividendes qui lui étaient initialement affectés. Le grenelle de l'Environnement a proposé la mise en place d'une écotaxe pour financer l'AFITF, mais la mise en place de cette redevance et du contrat Ecomouv a pris du retard.

L'utilisation du fonds de substitution de l'Agence étant épuisée fin 2008, celle-ci ne dispose plus que de recettes qualifiées de « pérennes » par le Ministère de l'Energie, de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire (MEEDDAT), constituées par le produit des redevances domaniales des sociétés concessionnaires d’autoroutes (pour un montant de 198 M€ en 2012), de la taxe d’aménagement du territoire (535 M€ en 2012) et des amendes forfaitaires des radars automatiques (hors la part revenant aux collectivités territoriales et au Compte d’affectation spéciale « Contrôle et sanction automatisés des infractions au code de la route ») pour un montant évalué à 271 M€, soit un total d’environ 1 milliard d'€ par an.

La majeure partie de la redevance dite taxe poids lourds, qui devrait atteindre environ 1,1milliards d'euros par an servira directement à financer l'AFITF. En novembre 2013, suite aux mouvements de protestation nés en Bretagne contre cette redevance, le Sénat a créé une commission d’enquête sur les modalités du montage juridique et financier et l’environnement du contrat retenu in fine pour la mise en œuvre de l’écotaxe poids lourds[7],mise en place en décembre 2013 (présidée par Marie-Hélène Des Esgaulx, avec Virginie Klès comme rapporteur) pour des auditions commencées le 8 janvier 2014 (audition du président d'Ecomouv' et de représentants de ce consortium)[8].

Présidence[modifier | modifier le code]

L'agence est présidée depuis le 21 juillet 2012 par Philippe Duron[9], député du Calvados.

Anciens présidents :

Actions[modifier | modifier le code]

Depuis sa création l'AFITF a engagé, à fin 2012, plus de 31 milliards d'euros pour le financement d'infrastructures de transport et payé à ce titre plus de 15 milliards à la même date. En 2012 plus des deux tiers de ses engagements ont porté sur des infrastructures ferroviaires, 20,7% sur les routes et 8,3% sur les infrastructures de transport urbain collectif.

Les 31 milliards engagés par l’Agence depuis sa création ont été affectés à hauteur de 47 % aux infrastructures ferroviaires, 28 % aux infrastructures routières, 10 % aux infrastructures de transport collectif urbain, 12 % en divers (dont l’engagement relatif à la rémunération du prestataire de la collecte de l’écotaxe poids lourds), 1,7 % aux infrastructures maritimes et portuaires et 1 % aux infrastructures fluviales[13].

Ainsi en cumul plus de 3 milliards d’euros avaient été engagés par l’AFITF à fin 2012 dans le domaine des transports urbains, dont 1,72 milliards mandatés pour la réalisation des projets ayant fait l’objet de conventions de financement avec l’Agence.

À titre d'exemple l'AFITF a participé au financement de la ligne de tramway Rhônexpress à hauteur de 10 millions d'euros.

Ses missions ont été récemment renforcées par le premier ministre en présentant son Plan « Investir pour la France » : il prévoit de confier à cette agence les moyens nécessaires pour poursuivre la réalisation des grands projets engagés, renforocer l’entretien des réseaux routiers et fluviaux, financer le volet « mobilité » des nouveaux contrats de plan État-Régions (CPER), financer l’achat des nouveaux trains intercités et poursuivre les nouveaux grands projets routiers et ferroviaires[14].

Critiques[modifier | modifier le code]

La Cour des comptes a cependant émis, en 2009, une insertion[15] très critique sur ces aspects, estimant que c'était une structure « inutile », et recommandant de supprimer l’AFITF en intégrant ses activités dans la DGITM, direction générale des infrastructures, des transports et de la mer, notamment la conclusion des conventions de financement[16].

Les Gouvernements successifs ont examiné ces critiques et, au vu des conclusions d'un rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD)[17], ont chaque fois décidé de maintenir cet outil jugé opérationnel et efficace, tout en s’efforçant d’en améliorer la gouvernance [18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Budget 2014
  2. [PDF] Ministère du Développement durable, « L'agence de financement des infrastructures de transport de France », sur http://www.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 30 septembre 2009)
  3. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-4891QE.htm
  4. « Transports en Aquitaine »
  5. Légifrance, « Décret n°2004-1317 du 26 novembre 2004 relatif à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France. », sur http://www.legifrance.gouv.fr,‎ (consulté le 30 septembre 2009)
  6. Delvolvé P (2006) La privatisation du service de l'État. Pouvoirs, (2), 107-120.
  7. Commission d'enquête sur les modalités du montage juridique et financier et l'environnement du contrat retenu in fine pour la mise en œuvre de l'écotaxe poids lourds
  8. Sénat : vidéo de l'Audition du Président et des représentants d'Ecomouv, mercredi 8 janvier 2014
  9. « Financement / Philippe Duron président de l’Afitf », Ville Rail et transports,‎ (lire en ligne)
  10. « Gérard Longuet, Président de l'AFITF », sur http://www.transalpine.com,‎
  11. « Dominique Perben présiednt de l'Afitf », sur http://www.francebtp.com,‎
  12. Décret du 11 septembre 2012 portant nomination du président du conseil d'administration de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France - M. Duron (Philippe)
  13. source: rapport d'activité 2012 de l'AFITF cf www.afitf.net
  14. http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/dossier_de_presses/dp_investir_pour_la_france.pdf
  15. Observation figurant dans le rapport public annuel de la Cour
  16. Cour des Comptes, « L’AFITF : une agence de financement aux ambitions limitées, privée de ses moyens, désormais inutile », sur http://www.ccomptes.fr (consulté le 30 septembre 2009) [PDF]
  17. Le Rapport du CGEDD sur l’AFITF février 2009 | url =http://www.afitf.net/le-rapport-du-cgedd-sur-l-afitf-a101.html
  18. Question écrite de Lucien Degauchy sur le site de l’AN | url =http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-23806QE.htm

Liens utiles[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]