Meslay (Loir-et-Cher)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Meslay.

Meslay
Meslay (Loir-et-Cher)
Vue générale du château.
Blason de Meslay
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Arrondissement Vendôme
Canton Vendôme
Intercommunalité Communauté d'agglomération Territoires Vendômois
Maire
Mandat
Jacky Foussard
2014-2020
Code postal 41100
Code commune 41138
Démographie
Gentilé Meslaisiens
Population
municipale
311 hab. (2016 en augmentation de 4,36 % par rapport à 2011)
Densité 43 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 48′ 44″ nord, 1° 06′ 00″ est
Altitude Min. 77 m
Max. 130 m
Superficie 7,18 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire

Voir sur la carte administrative du Centre
City locator 14.svg
Meslay

Géolocalisation sur la carte : Loir-et-Cher

Voir sur la carte topographique de Loir-et-Cher
City locator 14.svg
Meslay

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Meslay

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Meslay

Meslay est une commune française située dans le département de Loir-et-Cher en région Centre-Val de Loire. Ses habitants s'appellent les Meslaisenes et les Meslaisiens.

Le nom de la commune apparaît sous la forme de "Manliacum" au XIe siècle, "Meslé" au XIIIe siècle.

Géographie[modifier | modifier le code]

Meslay est située sur la rive gauche du Loir, dans la couronne périurbaine à l'est de Vendôme.

Localisation de la Commune de Meslay dans l'arrondissement de Vendôme (Loir-et-Cher)
Localisation de la Commune de Meslay dans le canton de Vendôme (Loir-et-Cher)
Localisation de la Commune de Meslay dans la Communauté de communes du Vendômois rural (Loir-et-Cher)

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire la plus ancienne du village et des familles nobles ayant eu Meslay parmi leurs possessions est retracée dans le remarquable ouvrage de Raoul de Saint Venant (1845-1927): le dictionnaire du vendômois, ouvrage publié de 1912 à 1917 sous les auspices de la société Archéologique dont il était encore président. Pour Meslay, voir tome 2 pages 168 et suivantes (vues en ligne 186 et suivantes)[1].

L'histoire de la cité actuelle est étroitement liée à celle de la famille de la Porte:

François de la Porte de Féraucourt, achète en décembre 1719 le domaine de Meslay. Fermier général, il sera l’un des premiers directeurs de la nouvelle Compagnie des Indes, provenant de la fusion en 1719 des diverses compagnies existant précédemment (Indes Orientales, Chine, Afrique, Saint-Domingue…). Il va habiter l’ancien château qui fut «quartier royal» durant 4 jours en décembre 1589 quand le jeune roi Henri IV y sera logé pendant le siège de Vendôme alors aux mains de la Ligue. A cette époque, Meslay appartient à René de Fromentières dont descend aussi l’actuel propriétaire du château.

Mort d’apoplexie en 1730, François de la Porte lègue Meslay à son frère Jean-François de la Porte, également Fermier Général, fondateur de ce qu’est Meslay aujourd’hui dans le cadre d’un énorme chantier qui va durer 3 ans de 1732 à 1735 : il va en effet démolir l’ancien château, construire le château actuel (sur les plans de Jules Michel Hardouin, contrôleur des Bâtiments du Roi et neveu du grand Hardouin Mansart), reconstruire le village à l’emplacement actuel, autour de l’église, du presbytère et du cimetière, trois éléments qu’il fait édifier à ses frais et installa une manufacture de cotonnades au village.

Il constitua une bibliothèque qu'enrichirent son fils et son petit-fils, tous deux intendants et hommes de justice. En 2014, le contenu de cette bibliothèque contenant plus de 30.000 documents (registres, décrets royaux, documents administratifs, ...) était mis en vente. L'annonce de la vente avait suscité l'intérêt de grandes institutions comme la bibliothèque de l'université américaine de Stanford ou des investisseurs chinois. L'achat par le Conseil général pour 65.000 € préserve l'unité de ce fonds d'une grande valeur historique[2].

Les deux générations suivantes des la Porte, Pierre jean François puis Jean Baptiste François quitteront le monde de la finance, et opteront eux pour la haute magistrature royale, menant deux très brillantes carrières : maître des requêtes, conseiller au Parlement, intendant de province, et conseiller d’état, l’une des plus hautes dignités de l’administration monarchique.

Le dernier des la Porte, Hippolyte, mènera une vie brillante d’intellectuel participant à de nombreuses sociétés savantes. il sera à l’origine de la Société Archéologique du Vendômois. Ami des écrivains (Madame de Staël, Rivarol…), des historiens (Michaud), de peintres de l’époque (Pingret, Ricois, Boilly…) il les accueillera ainsi pendant un demi-siècle à Meslay dans sa campagne qu’il fait évoluer selon les modes de l’époque : parc à l’anglaise, orangerie… A sa mort en 1852, il donne le domaine à sa nièce Anne Louise Charlotte de Salaberry qui avait épousé en 1817 Guy de Lavau, futur préfet de Police sous Charles X[3].

La manufacture de cotonnades:

Jean Francois Pierre de la PORTE ayant rapporté d'un voyage en Orient la technique de l'élevage du ver à soie ainsi que quelques plants de mûriers et des cocons, il crée une fabrique de cotonnades et de tapisseries, manufacture réputée d'étoffes brochées à la façon d'Angleterre. Dès 1733, la prospérité du village est affirmée.

Son produit phare était la "siamoise de la Porte" ou "siamoise de Meslay"[4] (mélange du fil de coton avec du fil de soie) dont le succès fut manifeste puisqu'on retrouve ces étoffes vendues en 1750 à Paris dans 4 magasins, dont un rue de Buci. Il y en avait également beaucoup à Versailles selon l’un des anciens conservateurs en chef du château. Selon un inventaire de 1742, cette manufacture comptait plus de 60 métiers.

Après plusieurs changements de main au milieu du siècle, cette manufacture est acquise en 1763 par René Josse, qui en était jusqu’alors l’inspecteur. Sa prospérité ne se dément pas jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Dans les années 1770, l’abbé Simon signale qu’ « on y teint le coton et [qu’] on en fait des étoffes dans tous les goûts que les marchands peuvent désirer pour assortir leurs boutiques. Les curieux y voient avec plaisir trois grandes halles où il y a plus de cent métiers, sans compter celle où est la calandre ». Tribert de son côté indique en 1789 qu’on « y fait fabriquer de jolies siamoises pour meubles et habillement [et que] ces étoffes sont presque entièrement vendues à Paris, où elles sont connues sous le nom de siamoises de la Porte ». Il observe en outre — ce qui est exceptionnel dans l’industrie textile régionale — que « cette manufacture se soutient et paraît prendre de l’accroissement ». Deux indices confirment à la fois l’importance de cette activité, et sa prospérité : de 1798 à 1804, 70 % des mariés de Meslay sont des cotonnadiers ; et la population de la paroisse, qui avait déjà connu une croissance spectaculaire au moment de la création de la manufacture (26 feux en 1735, et 50 en 1741, +92 % en six ans à une époque où la tendance régionale est à la baisse), manifeste après un léger tassement à la fin du règne de Louis XV (45 feux en 1768) un nouvel essor pendant les dernières décennies de l’Ancien Régime : 61 feux en 1789, soit + 35 % par rapport à 1768, ce qui est beaucoup plus que ce qui s’observe dans le reste de la région (+ 8 % environ)[5].

La manufacture a cependant fermé en 1865.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1810 1815 Jean-Baptiste François De La Porte   Maire
1815 1832 Anne-François-Hippolyte De La Porte   Maire
1832 1835 Jean-Claude Brozerian   Maire
1835 1839 André-Pierre Brillant   Maire
1839 1846 André Gagnebien   Maire
1846 1848 Victor Delaroche   Maire
1848 1852 Anne-François-Hippolyte De La Porte   Maire
1852 1871 Auguste Trillot   Maire
1871 1892 Adrien de Lavau   Maire
1892 1922 Louis de Lavau   Maire
1922 1947 Henri Lepage   Maire
1947 1953 Pierre Papion   Maire
1953 1975 Louis Lepage   Maire
1975 1991 Michel Boutaric   Maire
février 1991 mars 2001 Pierre Biettron   Maire
mars 2001 mars 2008 Elie Norguet PS Maire
mars 2008 mars 2014 Elie Norguet PS Maire
mars 2014 en cours Jacky Foussard   Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Depuis le 1er janvier 2017, la commune de Meslay est rattachée à la communauté d'agglomération dénommée « Territoires vendômois » qui regroupe 66 communes et plus de 57000 habitants[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[8].

En 2016, la commune comptait 311 habitants[Note 1], en augmentation de 4,36 % par rapport à 2011 (Loir-et-Cher : +0,45 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
266271278277277297275281269
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
276264250242249225221205209
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
223238215164189169164204263
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
223233225344329294299300304
2016 - - - - - - - -
311--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (28,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (26,3 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (54,3 %) est supérieur de plus de deux points au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 45,7 % d’hommes (0 à 14 ans = 11,7 %, 15 à 29 ans = 10,9 %, 30 à 44 ans = 17,5 %, 45 à 59 ans = 32,8 %, plus de 60 ans = 27 %) ;
  • 54,3 % de femmes (0 à 14 ans = 15,3 %, 15 à 29 ans = 10,4 %, 30 à 44 ans = 18,4 %, 45 à 59 ans = 26,4 %, plus de 60 ans = 29,5 %).
Pyramide des âges à Meslay en 2007 en pourcentage[11]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90  ans ou +
0,0 
5,8 
75 à 89 ans
7,4 
21,2 
60 à 74 ans
22,1 
32,8 
45 à 59 ans
26,4 
17,5 
30 à 44 ans
18,4 
10,9 
15 à 29 ans
10,4 
11,7 
0 à 14 ans
15,3 
Pyramide des âges du département de Loir-et-Cher en 2007 en pourcentage[12]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90  ans ou +
1,6 
8,3 
75 à 89 ans
11,5 
14,8 
60 à 74 ans
15,7 
21,4 
45 à 59 ans
20,6 
20,3 
30 à 44 ans
19,2 
16,2 
15 à 29 ans
14,7 
18,5 
0 à 14 ans
16,7 

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Meslay, bâti entre 1732 et 1735 par Jules Michel Alexandre Hardouin. Au milieu d'un jardin à la française, l'édifice entièrement bâti en pierre de Rochambeau est surmonté d'une toiture à la Mansart. L'intérêt du château tient autant à son site, à son architecture et à son histoire. Implanté en bordure de Loir, le château présente une belle harmonie de proportions, édifice caractéristique du style Régence. Village et château ont été reconstruits simultanément, constituant un ensemble cohérent, y compris sur le plan économique avec la création d'une manufacture textile[13].
  • L'ancienne manufacture de tissus «les Siamoises de Meslay» ou «Siamoises de la Porte»: créée vers 1735 par Jean-François de la Porte, elle fut fermée en 1865. Le Conseil Municipal décida d’acheter cette maison en Mars 1975 afin d‘y transporter l’école devenue trop exiguë[14].
  • Eglise Saint Calais : bâtie en 1734 lors de la reconstruction entière du village dans le style de l'époque. Ses peintures murales sont de la fin du XIXe siècle. Il y a dans l'église de Meslay une statuette en bois représentant la Vierge et l'enfant du XVIe siècle (classée) et deux très belles pierres tombales (classées) qui doivent provenir de l'ancien édifice : - La première est ornée de décoration dans le style le plus brillant de la Renaissance et représente un chevalier debout et tout armé, avec une inscription entourant son effigie. - La seconde pierre représente aussi un chevalier, mais il est simplement entouré d'une inscription, sans autres ornements. Les peintures de la voûte de la nef, trop dégradées avaient été blanchies puis replâtrées en 1974. Entre 1988 et 1998, à l'initiative de 2 artistes peintres vendômois, Petot et Ferron, du maire et du curé alors en fonction (Michel Boutaric et l'abbé Valuche), il a été procédé à une nouvelle décoration de cette voûte.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr meslay (loir-et-cher).svg

Les armoiries de Meslay se blasonnent ainsi :

Taillé : au premier d'or au château de gueules ouvert et ajouré du champ, accosté de deux peupliers de sinople fûtés de sable, le tout posé sur une terrasse d'azur chargée d'une étoile d'argent, au second de sinople aux quatre merlettes d'argent posées à plomb et rangées en barre ; au bâton en barre d'argent chargé de deux fasces de gueules, brochant sur la partition.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Dictionnaire du Vendômois », sur www.vendomois.fr (consulté le 19 février 2017)
  2. eZ Systems, « Une collection des Fermiers généraux achetée par les Archives », sur La revue française de Généalogie (consulté le 18 février 2017)
  3. « A Meslay ! | Le Petit Vendomois », sur www.lepetitvendomois.fr (consulté le 18 février 2017)
  4. « Etoffes de Meslay // 1736 : [échantillons de tissus] », sur Gallica, (consulté le 18 février 2017)
  5. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://books.openedition.org/psorbonne/1087
  6. « Territoires vendômois : ce sera l'agglomération », La nouvelle Républible,‎ (lire en ligne)
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  11. « Évolution et structure de la population à Meslay en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 7 octobre 2010)
  12. « Résultats du recensement de la population du Loir-et-Cher en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 7 octobre 2010)
  13. « Une première pour le château de Meslay - 21/09/2014, Vendôme (41) - La Nouvelle République », sur www.lanouvellerepublique.fr (consulté le 18 février 2017)
  14. « Lieux », sur www.meslaytraces.fr (consulté le 18 février 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]