Jacqueline Auriol

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Jacqueline Auriol
Jacqueline Auriol sortant d'un Mirage III.
Jacqueline Auriol sortant d'un Mirage III.

Nationalité Drapeau : France Française
Naissance
Challans
Décès (à 82 ans)
Paris
Mission(s)

Jacqueline Auriol, née Jacqueline Douet le à Challans (Vendée) et morte le à Paris, est une aviatrice française. Elle est la première femme pilote d'essai en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée Blanche-de-Castille de Nantes[1], elle se sent attirée vers l'art et histoire de l'art et s'inscrit à l'École du Louvre[2]. Elle prend son baptême de l'air à Grenoble à seize ans, sans conviction.

En février 1938, elle épouse Paul Auriol (1918-1992), fils de Vincent Auriol (futur président de la IV République)[2]. En 1947, elle s'occupe de la décoration de certaines pièces du palais de l'Élysée après l'élection de son beau-père. Ancien diplômé de l'école libre des sciences politiques, cadre dans l'électricité, Paul Auriol travaille auprès de son père pendant son mandat présidentiel comme secrétaire général adjoint de la présidence de la République (1947-1954). Il continue sa carrière comme contrôleur général à EDF et à partir de 1962 secrétaire général du comité national français de la conférence mondiale de l'énergie.

Par défi et par goût du sport, Jacqueline Auriol apprend à piloter sur un biplan Stampe et obtient ses brevets, premier et second degrés, en 1948. L'aviation devient alors une passion et elle passe à la voltige aérienne pour se perfectionner.

Le , elle est victime d'un terrible accident sur la Seine entre Meulan-en-Yvelines et Les Mureaux, alors qu'elle est co-pilote d'un prototype d'hydravion, un S.C.A.N. 30, construit par la Société de construction aéronavale. Lors de ce vol d'essai, l'appareil vola trop bas, et sa coque toucha l'eau brutalement. L'amphibie bascula, happé par l'eau, puis se retourna en ne laissant pas le temps à Paul Mingam, le pilote de la S.C.A.N., de réagir. Des trois passagers qui se trouvaient à bord (outre Mingam, il y avait aussi le PDG de S.C.A.N., Mr Guédon), Jacqueline Auriol fut la plus gravement blessée : elle a plusieurs fractures du crâne et est défigurée. Elle subit en deux ans une vingtaine d'interventions chirurgicales effectuées aux États-Unis[3]. Avec beaucoup d'obstination, elle se remet à piloter, passera ses brevets militaires, de vol à voile et d'hélicoptère.

Le , elle bat un record de vitesse féminin sur avion à réaction Mistral à la moyenne de 855,92 km/h. L’Américaine Jacqueline Cochran lui reprend ce record le à 1 050 km/h[4].

Le , Jacqueline Auriol est la première Européenne à franchir le mur du son, à bord d'un Mystère II.

Le , elle entre à l'École du personnel navigant d'essais et de réception (EPNER) et en sort le , brevetée pilote d'essai. Elle intègre ensuite le très fermé Centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge.

Jacqueline Cochran, alors vice-présidente de la FAI, fait tout pour conserver son titre de "femme la plus rapide du monde", et annonce en mai 1955 que les records féminins seraient abolis le 1er juin de la même année ! Mais Jacqueline Auriol, très déterminée, reprend le record de vitesse avec 1 151 km/h sur Dassault Mystère IV le , contraignant son « adversaire » à revenir sur sa décision[5] !

Le 7 avril 1961, aux commandes du T-38A-30-NO Talon (serial number 60-0551) l'Américaine porte le record à 1 262 km/h.

Le , Jacqueline Auriol porte le record (féminin) du 100 km en circuit fermé à 1 849 km/h sur Mirage III C puis le à 2 038 km/h sur Mirage III R[2]. La société Dassault lui demande ensuite de réaliser des records sur l'avion d'affaires Mystère 20[6].

Une ultime fois, le 1er juin 1964, l'Américaine portera ce record encore plus haut avec 2 097 km/h sur F-104G[7].

Une association des amis de Maryse Bastié fut formée, sous la présidence de l'aviatrice Jacqueline Auriol jusqu'à son décès.

Jacqueline Auriol a reçu quatre fois le Harmon Trophy, l'une des plus prestigieuses récompenses aéronautiques, en 1951, en 1952, en 1955 et en 1956, a été lauréate du Prix Roland Peugeot de l'Académie des sports du plus bel exploit mécanique français de l'année en 1963[8], déjà lauréate du prix Henri-Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1951, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un « progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité. »

Jacqueline Auriol a vécu de nombreuses années à Saint-Herblain, commune de la Loire-Atlantique.

Elle est la première femme à voler sur Concorde, mais en tant que pilote d'essai[réf. nécessaire]. Seules deux femmes seront pilotes de ligne sur cet avion, la Britannique Barbara Harmer et la Française Béatrice Vialle.

Hommages[modifier | modifier le code]

Jacques Chirac, président de la République française, a rendu hommage à Jacqueline Auriol en février 2000 en déclarant : « Cette grande dame a incarné pour les Français, pendant des décennies, le courage et la modernité […] son nom restera à jamais associé à l'histoire héroïque de l'aviation et de la recherche aéronautique. »

Elle est Gloire du sport, promotion d'origine en 1993.

En 2009, le conseil municipal de Lyon décide de donner son nom à une rue située dans le 8e arrondissement.

En 2010, le STIF décide de donner son nom à une station de la ligne 2 du tramway d'Île-de-France située dans la commune de Colombes.

Elle est évoquée dans le 173e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.

Il y a également une allée qui porte le nom de Jacqueline Auriol à Strasbourg, dans le quartier du Neudorf, une rue Jacqueline-Auriol à Besançon (Doubs) et à Sargé-lès-le-Mans (Sarthe).

Deux collèges portent son nom : à Villeneuve-Tolosane en Haute-Garonne et à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Grand officier de la Légion d'honneur Grand officier de la Légion d'honneur (1952). Grand-croix de l'ordre national du Mérite Grand-croix de l'ordre national du Mérite. Commandeur de l'ordre du Mérite sportif‎‎ Commandeur de l'ordre du Mérite sportif‎.

  • Décorée de la Grande médaille d'or de l'Aéro-Club de France, de la Grande médaille d'or de la FAI
  • Lauréate de quatre Harmon Trophy remis par les États-Unis pour ses différents records de vitesse[9].
  • Émission d'un timbre par la poste française en 2003

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Poirier, préface de Jacques Noetinger, La véritable Jacqueline Auriol, Éditions Pygmalion, , 192 p. (ISBN 2-85704-970-6, présentation en ligne)
  • Jacqueline Auriol, Vivre et voler, Flammarion, 1968

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Jacqueline Auriol, une femme à réaction(s) film de Jean-Luc Desbonnet coproduit par MC4 et France télévisions, France 3 Pays de la Loire et Histoire ; avec la voix de Claudine Haigneré. 2016, 52 minutes.
  • Jacqueline Auriol, vivre et voler [3], documentaire de Jacques Malaterre, série "Les oubliés de l'histoire", Coproduction : ARTE France, Les Films du Tambour de soie, Sara M, 2017, 26 minutes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La jeunesse nantaise de Jacqueline Auriol inspire Arte », Ouest-France, (consulté le 22 décembre 2015).
  2. a, b et c « Jacqueline Auriol, le ciel pour royaume », La Dépêche, (consulté le 22 décembre 2015).
  3. Daniel Liron, « Jacqueline Auriol (1917 - 2000) - Une recordwoman de charme », sur aerostories.free.fr, (consulté le 24 septembre 2016)
  4. Jacques Nœtinger, L'Aviation, une révolution du XXe siècle, (lire en ligne), p. 228.
  5. Aéroclub de Bigorre, Recueil "Les femmes et l'aéronautique", p. 18, consulté le 14 janvier 2017 [1]
  6. « Dassault Mystère XX / Falcon 20 », sur avionslegendaires.net
  7. Records cités sur "Hommage aux aviatrices", consulté le 14 janvier 2017 [2]
  8. Liste des lauréats du prix Roland-Peugeot depuis 1957 - Académie des Sports
  9. Jacqueline Auriol (1917 - 2000) Une recordwoman de charme - Le dernier voyage de Jacqueline Auriol - Jacqueline Auriol, le ciel pour royaume

Liens externes[modifier | modifier le code]