Pont transbordeur de Bordeaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le pont transbordeur de Bordeaux est un projet de pont transbordeur de quatre cents mètres de long, destiné à franchir la Garonne. Conçu par Ferdinand Arnodin, il fut commencé le mais jamais achevé.

Plan du pont transbordeur de Bordeaux.

Origine du projet[modifier | modifier le code]

Vue de la rade, avec les pylônes du pont (1914).

La construction du pont transbordeur de Bordeaux, œuvre de l’ingénieur-constructeur Ferdinand Arnodin, a été décidée en 1909. À cet effet, dès 1893, avait été fondée par Charles Cazalet la Société anonyme du pont à transbordeur de Bordeaux. En 1910, le ministère des Travaux Publics déclarait d’utilité publique la construction d’un pont à transbordeur au débouché du cours du Médoc. Le 19 septembre 1910, le président de la République Armand Fallières posait la “première pierre” de cet édifice entièrement métallique.

Le pont transbordeur devait être un ouvrage d'art permettant de relier les deux rives de la Garonne, sans gêner la navigation des navires qui devaient pouvoir aller jusqu’au pont de pierre situé deux kilomètres et demi en amont. Il se situait au droit du cours du Médoc, dans le quartier des Chartrons et sur le quai de Queyries dans le quartier de la Bastide sur la rive droite.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Alors considéré comme le plus grand pont transbordeur du monde, avec ses 400 m de long et son tablier de roulement situé à 45 m au-dessus des quais, il devait permettre la traversée des piétons, voitures et wagons pour une charge maximum de 50 tonnes, sur une plate-forme suspendue de 10 mètres de large et 13 mètres de long, se déplaçant au ras de l'eau. La traversée devait durer deux minutes, à la vitesse de 12 km/h, et permettre six voyages aller-retour à l'heure[1].

Abandon du projet[modifier | modifier le code]

Durant une inspection de l'amiral allemand Wilhelm Marschall à Bordeaux, quai des Chartrons. En arrière-plan, la pile du pont transbordeur (détruite cette même année par les troupes allemandes).

Les travaux sont interrompus en 1914, du fait de la guerre, alors que la construction des deux pylônes, d’une hauteur exceptionnelle de 95 mètres, est terminée.

La structure métallique, restée inachevée pendant l’entre-deux guerres faute de réunir les financements nécessaires, se dégrade et en 1938, le maire, Adrien Marquet, abandonne le principe du pont à transbordeur.

Les pylônes sont détruits par les autorités allemandes le 18 août 1942 pour récupérer l’acier et pour éviter qu’ils ne servent de repère aux avions alliés pour bombarder la base sous-marine toute proche. Certains évoquent des représailles en réaction au fait qu’un drapeau français ait flotté sur un câble du pont[2]. Le pylône de la rive gauche est dynamité le 18 août 1942 à 19h15[3]. Puis le pylône rive droite est découpé au chalumeau[4].

Il ne subsiste aujourd’hui que les fondations en pierre du pylône de la rive droite de la Garonne et les massifs d’ancrage correspondants.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Maryse Bastié

Le 6 octobre 1925, l’aviatrice Maryse Bastié, qui venait d’obtenir son brevet de pilote à Bordeaux, passait avec son avion – un Caudron G.3 – sous les câbles du pont transbordeur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le site : Les ponts sur la Garonne dans l'agglomération bordelaise
  2. Voir le site : Mes histoires de rando
  3. Voir sur le site Bordeaux-Aquitaine 1940-1944 la mention du dynamitage des pylônes du pont transbordeur, le 18 août 1942 à 19h15
  4. Voir le site: Histoire et tourisme, chroniques bordelaises

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Cazalet, Le Pont transbordeur de Bordeaux, J. Durand, , 19 p.
  • Didier Leinekugel Le Cocq, Ingénieurs des ponts. L'histoire de la famille Arnodin - Leinekugel Le Cocq de 1872 à 2002, éditions La Vie du rail, , 367 p. (ISBN 9782918758099)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Pont transbordeur de Bordeaux sur Structurae, consulté le 28 avril 2014.