Nord 2501

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Nord 2501 Noratlas
Un Nord 2501 Noratlas de la Luftwaffe en exposition.
Un Nord 2501 Noratlas de la Luftwaffe en exposition.

Constructeur Drapeau : France Nord-Aviation
Rôle avion de transport militaire
Premier vol
Mise en service 1953
Date de retrait 1998[1]
Nombre construits 426
Équipage
6 (2 pilotes, 1 mécanicien, 1 radio, 1 navigateur, 1 chef de soute)
Motorisation
Moteur SNECMA Hercules 739
Nombre 2
Type Moteur en étoile
Puissance unitaire 1 500 kW (2 040 ch)
Dimensions
Envergure 32,5 m
Longueur 21,95 m
Hauteur 6 m
Surface alaire 101,2 m2
Masses
À vide 13 075 kg
Maximale 21 000 kg
Performances
Vitesse maximale 440 km/h
Plafond 7 100 m
Rayon d'action 2 450 km
Armement
Interne Emport de 7 900 kg de charge, 35 parachutistes ou 18 blessés sur civières
Externe Aucun

Le Nord 2501, communément appelé Noratlas, est un avion de transport militaire français. Il s'agit d'un bimoteur bipoutre à ailes hautes, réalisé par Nord-Aviation à la fin des années 1940. Construit à un peu plus de 400 exemplaires, dont certains destinés au transport civil de passagers, il a été utilisé par une dizaine de pays jusqu'à la fin des années 1990.

Conception[modifier | modifier le code]

En 1947, un appel d'offres est lancé pour un avion de transport, destiné à équiper l'Armée de l'air française d'un appareil moderne en remplacement des différents avions qu'elle utilise à l'époque. Le projet Nord 2500, proposé par Nord-Aviation, est retenu et deux prototypes sont commandés en 1948. Le premier d'entre eux fait son vol inaugural le sur l'aérodrome de Melun-Villaroche, équipé de deux SNECMA Gnome et Rhône 14R de 1 600 ch chacun et piloté par Claude Chautemps.

Appelé Nord 2501, le deuxième prototype est équipé de moteurs beaucoup plus puissants, des Bristol Hercules 739 de 2 040 ch fabriqués sous licence en France. Il fait son premier vol le , et les deux prototypes entrent alors dans le programme d'essai destiné à valider leur utilisation. L'accident du second prototype le (voir plus bas) ne remet pas en cause le projet, et c'est la formule 2501 qui est finalement retenue.

Le premier avion de série décolle le et est livré en à l'Armée de l'air, qui reçoit au total 208 exemplaires sur les 425 construits. Les autres Noratlas sont exportés en Allemagne (qui fabriquera 124 Nord 2501−D sous licence et en assemblera 57 autres, après en avoir reçu 25 construits en France), en Grèce (52 avions neufs), en Israël (6 avions neufs + 16 ex-allemands) et au Portugal (6 avions neufs + 26 autres d'occasion de diverses origines). Certains seront vendus à des compagnies civiles, comme Air Algérie.

Le chargement de cet avion imposait de prendre une précaution particulière : mettre en place les deux « chambrières » qui empêchaient le fuselage de se tasser lors du chargement d'un véhicule ou d'une lourde charge, limitant la hauteur d'autres véhicules capables de passer sous l'empennage.

En version militaire, le confort était réduit : les sièges alignés sur chaque bord de la soute n'étaient qu'une toile tendue ; les « toilettes » étaient remplacées par un passe-coque, un tuyau de caoutchouc et un entonnoir, utilisables exclusivement par des hommes.

Au fil du temps, les Noratlas sont revendus d'occasion par leurs différents propriétaires et équipent divers pays africains comme l'Angola, Djibouti, le Mozambique et le Zaïre. Aujourd'hui, le dernier Noratlas en état de vol est basé en France, sur l'aéroport de Marseille Provence, où il est mis en œuvre par l'association Le Noratlas de Provence[2], qui a réussi à le faire classer Monument historique en 2006[3]. Son premier vol fut effectué le . Il est passé successivement par les escadrons suivants : Touraine, Sahara, CIET, Anjou, GAMOM 88, Bigorre, CIFAS, Vercors. Ce dernier a d'ailleurs été utilisé en 2016 pour des missions d'entrainement du 1er RPIMa (régiment de parachutistes d'infanterie de marine)[4]

Un Nord 2501 végète depuis 20 ans en pièces détachées du côté de Uchaud, dans le Gard[5].

Versions[modifier | modifier le code]

Sauts d'exercice depuis des Nord 2501 en France.
  • Nord 2500 : premier prototype avec moteurs SNECMA Gnome et Rhône 14R ;
  • Nord 2501 : second prototype et avions de série avec moteurs Bristol Hercules 739. Certains avions ont été modifiés par la suite pour la guerre électronique (Nord « Gabriel »), l'entraînement à la radio navigation, etc. ;
  • Nord 2501-D : version construite sous licence en Allemagne par Weserflugzeugbau (WFB) (devenu ensuite VFW) à Brême et par HFB à Hambourg ;
  • Nord 2502 : version destinée au transport civil (47 passagers, équipée de deux turboréacteurs Turbomeca Marboré IIE de 400 kgp en bout d'aile) ;
  • Nord 2503 : version équipée de moteurs Pratt & Whitney R-2800 (un seul prototype) ;
  • Nord 2504 : adaptation du Nord 2502 pour la formation à la lutte anti-sous-marine (un seul exemplaire)[6] ;
  • Nord 2506 : adaptation aux terrains sommaires et augmentation de l'autonomie (deux prototypes) ;
  • Nord 2507 : adaptation aux missions de sauvetage en mer (jamais construit) ;
  • Nord 2508 : Nord 2503 équipé de deux turboréacteurs Marboré en bout d'ailes (deux prototypes).

Engagements[modifier | modifier le code]

Un Nord 2501 de l’aviation nigérienne en 1979.

Le Nord 2501 arriva trop tard dans l'armée française pour participer réellement à la guerre d'Indochine, et ne fut utilisé que tardivement pour quelques opérations humanitaires. Il fut par contre engagé pendant la guerre d'Algérie, la crise du canal de Suez, la crise de Bizerte, et lors de diverses opérations humanitaires en Afrique. En Mai 1968, les Noratlas militaires furent même utilisés en remplacement des avions civils cloués au sol par les grèves. De 1962 à 1984, l'appareil servit à l'ETAP à Pau pour le largage des parachutistes de haut vol et de précision.

Les avions allemands participèrent également à plusieurs opérations humanitaires en Afrique ou en Turquie.

Le Portugal engagea ses Noratlas durant ses guerres coloniales en Angola et au Mozambique.

En Grèce, 15 Nord 2501 participèrent, dans la nuit du 21 au à l'opération Niki (en), visant à contrer le débarquement turc à Chypre du 20 juillet. Deux d'entre eux seront abattus en vol, deux autres détruits au sol[7].

Accidents[modifier | modifier le code]

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Carte des pays utilisateurs.
Un Noratlas aux couleurs de l'Armée de l'air française, au Salon du Bourget 2009. On distingue bien la configuration bipoutre, permettant un accès aisé aux portes de chargement arrière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nord-Aviation Nord 2501 Noratlas », sur http://www.aviationsmilitaires.net/, Aviations Militaires, (consulté le 22 septembre 2016)
  2. « Le Nord 2501 " Noratlas " N° 105 est le dernier Noratlas volant au monde ! Classé Monument Historique » (consulté le 28 septembre 2014)
  3. Notice no PM13001585, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Jean-Marc Tanguy, « Un Noratlas rappelé sous les drapeaux pour combler le déficit d'avions ! », (consulté le 30 octobre 2016)
  5. « Noratlas 2501 N°78 », sur http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/, Chemin de mémoire des parachutistes, (consulté le 22 septembre 2016)
  6. Franck Dubey, « Nord 2504 Noratlas », Mer et Marine (consulté le 28 septembre 2014)
  7. (en) Mihail Solanakis, « Operation "Niki" 1974 - A suicide mission to Cyprus »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  8. Jacques Nœtinger, Histoire de l'aéronautique française : l'épopée 1940-1960, Paris, Éditions France-Empire, , 342 p. (ISBN 2-7048-0205-X)
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y et z « Nord-Aviation Nord 2501 Noratlas », AviationsMilitaires.net (consulté le 28 septembre 2014)
  10. Revue Icare no 221, p. 78-87
  11. Jean-Louis Vienne, « Saint-Mandrier : commémoration de la catastrophe aérienne de Prémian », Mer et Marine, (consulté le 28 septembre 2014)
  12. « liste des victimes »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  13. (en) « Israeli Air Force Noratlas », (consulté le 28 septembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier Capy, Le Noratlas : l'histoire des Nord 2500 à 2508, Albi, Éd. Escale, (ISBN 2-912-39400-7)
  • Xavier Capy et Gilbert Millas , Le Noratlas, du Nord 2500 au Nord 2508, Lela Presse, coll. « Profils Avions » (no 29), , 2e éd. (1re éd. 1997), 238 p. (ISBN 978-2-914017-96-1 et 2912394007, présentation en ligne)
  • (en) William Green, Macdonald Aircraft Handbook, London, Macdonald & Co. Ltd.,
  • (en) Paul A. Jackson, German military aviation, 1956-1976, Hinckley, Midland Counties Publications, (ISBN 0-904-59703-2)

Avions similaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]