Maryse Hilsz

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Maryse Hilsz
Maryse Hilsz
Maryse Hilsz à côté de son Mauboussin M.122, avant une nouvelle tentative de record d'altitude en 1935.

Naissance
Levallois-Perret, Seine
Décès (à 44 ans)
Moulin-des-Ponts, Ain
Origine Française
Allégeance France Armée française
Arme Armée de l'air
Grade lieutenant
Années de service 1945-1946
Commandement 1945 : GLAM

Maryse Hilsz née Marie-Antoinette Hilsz le à Levallois-Perret[1] et morte le au Moulin-des-Ponts (Ain) est une militaire et une pionnière de l'aviation française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Du parachutisme à l'aviation[modifier | modifier le code]

Les parents de Maryse Hilsz sont originaires d'Alsace. Elle commence une carrière de modiste mais se passionne surtout pour l'aviation. Elle s'inscrit à un concours de saut en parachute en 1924, alors qu'elle n'est encore jamais montée en avion. Se lançant dans le parachutisme d'exhibition (plus de 112 sauts, dont vingt en double), elle finance ainsi l'obtention de son brevet de pilote, qui lui est officiellement décerné en 1930. Contemporaine de Maryse Bastié, elle devient rapidement une aviatrice hors pair.

Femme d'action et dotée d'une forte personnalité, Maryse Hilsz est détentrice de nombreux records de vitesse et de distance en avion, dans les années 1930. Le , après avoir quitté Madagascar, une panne survient mais elle réussit à faire atterrir son appareil sur l'île Juan de Nova. Le , elle bat le record du monde d'altitude féminin à 10 200 m à Villacoublay. En 1935 et 1936, elle remporte ainsi la coupe Hélène Boucher, sur Paris-Cannes, en 2 h 29 puis en 1 h 52. En novembre 1936, alors qu’elle tente de battre le record de vitesse féminin sur base, elle est éjectée de son siège et sauvée par son parachute. Elle pilote la plupart du temps sans mécanicien et répare son avion elle-même.

Liaison avec André Salel[modifier | modifier le code]

Au début des années 1930, Maryse Hilsz commence une relation passionnée avec un autre pilote d'exception, André Salel. Ils ne se marièrent pas, aucun des deux ne souhaitant mettre un terme à sa carrière, ni connaître une vie paisible et sans risque. Son compagnon, alors pilote d’essai chez Farman, meurt dans l’après-midi du avec son mécanicien Roger Robin à Châteaufort, en réalisant le 2e vol d’essai du prototype d’avion de combat F.420-01 de Farman. Maryse Hilsz fait ériger une stèle en mémoire du pilote et de son mécanicien à l’endroit même où l’avion s’est écrasé. Celle-ci est inaugurée le .

De la Résistance à l'Armée de l'air[modifier | modifier le code]

Maryse Hilsz entre dans la Résistance en 1941. Lors d'une de ses missions, elle fait un amerrissage forcé du côté d'Arsuz (Turquie).

En 1945, Charles Tillon, ministre de l’Air communiste du premier gouvernement Charles de Gaulle (GPRF), décide de créer un corps de pilotes militaires féminins, à l’instar de l’URSS pendant la Seconde Guerre mondiale. De prestigieuses aviatrices sont alors recrutées, dont Maryse Bastié, Élisabeth Boselli, Élisabeth Lion et Anne-Marie Imbrecq. Après un entraînement à Châteauroux, suivi d'un cycle d'étude à Tours, elles sont toutes reçues. L'expérience du recrutement de femmes dans l'Armée de l'air s'arrête toutefois en juillet 1946, avec le départ de Charles Tillon du gouvernement Félix Gouin.

En tête de liste des femmes pilotes admises dans l’armée de l’air, Maryse Hilsz est nommée sous-lieutenant et affectée au Groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM). Le , victime du mauvais temps, elle trouve la mort en s'écrasant dans la région de Bourg-en-Bresse à bord de son Siebel 204 du GLAM. Elle est inhumée au cimetière de Levallois-Perret.

Records[modifier | modifier le code]

Date Record
Record de vol longue distance entre Paris-Saigon-Paris, sur Moth Gipsy.
Record féminin d'altitude, 10 000 m, à Villacoublay.
Record de distance et record de vitesse avec un raid Paris-Tokyo-Paris, 30 000 km, sur Bréguet 33 R à moteur Hispano de 650 ch.
Liaison entre Saigon et Le Bourget.
Record du monde d'altitude féminine sur Morane, 11 800 mètres, à Villacoublay.
Record du monde d'altitude féminine sur avion à hélice : 14 310 mètres, performance jamais égalée depuis par une femme, établie avec un biplan Potez 506 de 770 chevaux de puissance[2].
Record de vitesse, en reliant Paris à Saigon en 92 heures, 31 minutes et 30 secondes avec un Caudron – Renault « Simoun » de 220 chevaux, battant le précédent record d'André Japy qui avait mis 6 heures et 21 minutes de plus pour réaliser le trajet[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Établissement public, voirie et monument[modifier | modifier le code]

Philatélie[modifier | modifier le code]

La Poste française a émis un timbre à son effigie et celle d'Hélène Boucher en 1972. Deux autres timbres (en paire) ont été émis en 2012 par les Terres australes et antarctiques françaises à propos de son escale forcée sur l'Île Juan de Nova en 1932, timbres dessinés par Cyril de La Patellière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Cote 19800035/792/89500 », base Léonore, ministère français de la Culture
  2. Dans le ciel de juin 1936 : record d’altitude pour Maryse Hilsz
  3. Le 23 décembre 1937 dans le ciel : Maryse Hilsz arrive à Saïgon en un temps record
  4. Journal officiel de la République française, 1946[réf. incomplète] : « Est décorée de la médaille de l'Aéronautique (à titre posthume), avec la citation cî-après : Mlle Hilsz (Marie-Antoinette), dite Maryse : lieutenant navigant au groupe du liaisons aériennes ministérielles à Villacoublay ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Josèphe de Beauregard, Femmes de l'air : chronique d'une conquête, Paris, France-Empire, 1993.
  • Adrienne Bolland, « Souvenirs irrévérencieux », Icare, no 59, Paris, 1969.
  • Olivier de Chazeaux, Maryse Hilsz : la femme qui aimait tant le ciel, Paris, éditions Jean-Claude Lattès, (ISBN 978-2-709-62082-6).
  • Gérard Collot, « Maryse Hilsz, une pionnière », La Philatélie française, no 603, décembre 2005.
  • Hervé Lauwick, Conquérantes du ciel, Paris, Presse de la Cité, 1958.
  • Bernard Marck, Les aviatrices : des pionnières aux cosmonautes, Paris, L'Archipel, 1993.
  • Paluel-Marmont, Princesses de l'air, Paris, Éditions G.P., 1954.
  • Élisabeth Mismes et Stéphane Nicolaou, Aviatrices : un siècle d'aviation féminine française, Altipresse, 2004.
  • Jean Romeyer, Aviatrices aux destins tragiques et glorieux, Éditions de Gigord, 1946.
  • Roland Tessier, Femmes de l'air, Paris, Flammarion, 1948.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]