Ligne 156 (Infrabel)

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Ligne 156
Ligne de Hermeton sur Meuse à Anor (France)
via Mariembourg et Chimay
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Carte de la ligne
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Pays Drapeau de la Belgique Belgique,
Drapeau de la France France
Villes desservies Mariembourg, Chimay, Anor
Historique
Mise en service 1858 – 1868
Fermeture 1954 – 1987
Concessionnaires Chemin de fer de Chimay (1856 – 1948)
Etat Belge / Infrabel (groupe SNCB) (à partir de 1948)
Caractéristiques techniques
Longueur 67 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Voie unique
Signalisation Exploitation simplifiée
Trafic
Propriétaire Infrabel, Colas Rail
Exploitant(s) Colas Rail (Carrières de Wallers) entre Momignies et Anor
Trafic Fret (roches calcaires, ballast)

La ligne 156 Hermeton-sur-Meuse - Mariembourg - Chimay - Anor (F) fut établie à l'initiative de la noblesse chimacienne par le biais de la Compagnie de Chimay dont c'était la seule ligne.

Ligne secondaire visant à désenclaver les entités belges d'une région transfrontalière appelée la Fagne (et plus largement la Thiérache), la ligne et sa compagnie exploitante entrèrent dans la petite histoire du chemin de fer en Belgique comme les dernières à être nationalisées, au terme de la concession initiale, en 1948.

Historique[modifier | modifier le code]

Le 28 mai 1856, Joseph de Riquet de Caraman, héritier de la famille princière de Chimay et diplomate ayant participé à la mise en place de l'État Belge souhaite faire profiter sa région natale du chemin de fer naissant. Il obtient la concession d'une ligne de chemin de fer permettant de relier Chimay à la ligne Charleroi - Vireux (sur la Meuse Française) à hauteur de Mariembourg. En deux ans, la voie est posée en suivant le tracé le plus économique, soit en évitant les fonds de vallées et les obstacles naturels (cours d'eau et tunnels). Seule l'Eau Blanche doit être franchie (à proximité de Virelles). La plupart des gares intermédiaires se trouve donc à distance respectable des villages desservis. Le 15 octobre 1858, le train inaugural (tracté par une locomotive de la Compagnie de l'Entre Sambre et Meuse) circule entre Mariembourg et Chimay. La desserte est prolongé l'année suivante vers Momignies.

En juin 1862, la compagnie reçoit une concession complémentaire pour relier la Meuse au départ de Mariembourg via la gare de Doische sur la ligne 138A (que la Compagnie de l'Est Belge venait juste d'inaugurer). Cette jonction permet d'atteindre Givet et Charleville-Mézières. Ce tronçon est inauguré en 1864. Bien que fort éloigné de la région Chimacienne, il est probable que cette seconde concession ait été acceptée à cause de l'incertitude qui régnait alors concernant la liaison Momignies - Anor.

En 1866, une section complémentaire est inaugurée. Elle suit la frontière entre Doische et Agimont puis descend progressivement vers la Meuse et la ligne 154, exploitée par la Compagnie du Nord-Belge, qui est atteinte à Hermeton-sur-Meuse, près de Hastière. L'exploitant souhaitait dès le départ embrancher sa ligne à l'Ouest sur la ligne Lille - Thionville, mais la France est en pleine ébullition (ce qui mènera à la guerre franco prussienne de 1870) et ne souhaite pas voir se multiplier les voies de communications transfrontalières. Si la voie est posée en 1868, elle ne pourra être exploitée qu'après le conflit, en 1871.

En 1875, après avoir tenté de la racheter (et s'être vu opposer un refus des autorités belges), la Compagnie du Nord signe une convention avec la Compagnie de Chimay. Le but est de sous traiter certaines dessertes, ainsi que l'entretien lourd du matériel, en échange de la traction de certains trains de transit. Cet accord revêt un intérêt économique pour la Compagnie de Chimay, et stratégique pour la compagnie du Nord dont le réseau est discontinu : une filiale belge exploite Liège - Namur - Dinant - Givet alors que la suite du trajet en France fait partie du réseau de la Compagnie de l'Est. Comme Anor fait partie du réseau du Nord, l'accès a ligne 156 fournit au Nord le chainon manquant entre ses réseaux.

En 1882, l'État Belge relie Mons à Chimay en inaugurant la ligne 109.

Durant la Première Guerre mondiale la ligne est - comme plusieurs autres - utilisée par l'occupant pour ravitailler le front autour de Verdun. Certaines sections sont temporairement portées à double voie, mais ces dispositions sont annulées après le conflit, faute de trafic suffisant.

En 1940, l'État Belge nationalise temporairement la compagnie pour motif stratégique (le second conflit mondial). En mai 1941, la compagnie reprend l'exploitation mais dès aout, le matériel a fait l'objet de nombreux sabotages et le trafic régulier s'interrompt. Il ne reprendra qu'en 1944, en support de la progression des alliés vers l'Allemagne. L'absence d'ouvrages d'art (à l'exception du viaduc de Virelles) et donc d'éléments complexes à réparer avait permis de la remette rapidement en état.

En 1948, la concession prend fin et la SNCB récupère l'exploitation et rachète la Compagnie de Chimay. Le matériel roulant est majoritairement radié et le personnel intégré à la compagnie nationale.

La voiture s'est entretemps démocratisée et l'abandon du trafic voyageur entre Chimay et Anor survient en novembre 1953, suivi en 1954 de la section Mariembourg - Hermeton-sur-Meuse (qui perd également sa desserte fret) et en septembre 1964 pour le tronçon subsistant (la gare de Chimay avait cessé d'être desservie depuis Mons en 1962).

En 1978, le tronçon à l'Est de Mariembourg est déferré. La section Doische - Agimont est transformée en chemin de promenade. Un trafic de cabotage fret subsiste vers Momignies jusqu'en 1984 où il est limité à Chimay, puis finalement abandonné en 1987 (à l'exception de la desserte du zoning de Mariembourg, reprise sous le numéro de ligne industrielle 286).

Le 3 juin 1987, la SNCB ayant abandonné tout trafic, le CFV3V (Chemin de fer à vapeur des trois vallées) organise une desserte touristique estivale : des autorails (dont les ex 553.129 et 4001 de la SNCB) atteignent Momignies alors que les locomotives à vapeur sont limitées à Chimay, où se trouve un triangle de retournement.

Une société coopérative - la TEMCA (Transports de l'Entre Sambre et Meuse, de Chimay et des Ardennes) - est mise en place en 1989 par le CFV3V et les pouvoirs publics locaux pour assurer une desserte marchandise des clients qui le souhaitent. Elle acquiert à cette fin deux locomotives diesel de la série 60 (les 6019 et 6086) en cours de radiation prématurée à la SNCB. Après une exploitation émaillée de quelques suspensions pour causes de difficultés administratives, l'essentiel de cette desserte sera abandonnée en 1999, en raison du faible volume d'activités et de l'état déplorable de la voie. La SNCB scellera définitivement l'avenir de la ligne en supprimant le passage à niveau de Mariembourg, sur la N5. Il est vrai que cette route au gabarit autoroutier ne s'y prêtait plus.

En 1990, Le MET a inauguré le tronçon Hermeton - Mariembourg du Réseau RAVeL 2 (voies lentes réservées aux piétons, cyclistes et cavaliers).

En 1993, la desserte des carrières CCM (Comptoir des Calcaires et Matériaux) de Wallers-en-Fagne (du côté français de la frontière) passe sous le régime du raccordement privé après le rachat par les carrières de l'assiette de voie entre Anor et Momignies (Macon) où ses camions viennent transborder depuis 1986.

En septembre 2007, Infrabel a procédé au démontage partiel des voies entre le zoning industriel de Mariembourg et Macon. La conversion en voie lente (RAVeL) est envisagée.

Les ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Le seul ouvrage d'art de la ligne est le viaduc de Virelles, sur l'Eau Blanche. Il mesure vingt-sept mètres de haut pour cent quarante mètres de long et compte huit arches.

Utilisation[modifier | modifier le code]

De tout temps, la Compagnie de Chimay a favorisé le trafic marchandise au trafic voyageurs, ce qui s'est notamment traduit par la mise en œuvre de trains mixtes (une voiture voyageur ajoutée aux convois de marchandise). On comptais jusqu'à 5 aller-retour de ce type par jour entre Mariembourg et Chimay entre les deux conflits mondiaux.

À la fin du XIXe siècle, la ligne a vu passer un trafic de transit de la Compagnie du Nord. Toutefois, la présence de fortes rampes limitait l'intérêt de cette option.

À partir de 1986, les carrières de Wallers-en-Fagne (anciennement Wallers-Trélon jusqu'en 2007) expédient quotidiennement plusieurs trains complets de pierre calcaire vers le nord de la France et la région parisienne. Le sous-sol de cette partie de la Fagne (la Calestienne) propose en effet une pierre de grande qualité. La desserte est organisée via Anor (où les trains sont repris par la SNCF) à l'aide des deux machines rachetées à TEMCA en 1993.

Fin 2007, la carrière a été reprise par la société Colas (groupe Bouygues) qui a obtenu une licence comme opérateur ferroviaire auprès de RFF (Réseau Ferré de France) et dessert la carrière via sa filiale Colas Rail (ex SECO-DG), d'abord avec une locomotive ex BB 63000 SNCF en complément des série 60, et plus récemment avec des Vossloh G1206 (identiques aux BB 61000 françaises et proches des HLD 77-78 belges).

Enfin, une courte section a subsisté entre la gare et le zoning industriel de Mariembourg, numérotée ligne industrielle 286.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]