Maria Schneider (actrice)

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Maria Schneider
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Maria Schneider en 2001.
Nom de naissance Maria-Hélène Schneider
Naissance
Paris 15e (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 58 ans)
Paris 15e (France)
Profession Actrice
Films notables Le Dernier Tango à Paris
Profession : reporter

Maria Schneider est une actrice française, née le à Paris et morte le dans la même ville.

Elle est surtout connue pour son rôle de Jeanne, aux côtés de Marlon Brando dans le film Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci (1972).

Biographie[modifier | modifier le code]

Maria Hélène Schneider est née le 27 mars 1952 dans le 15e arrondissement de Paris[1] : elle est l'enfant naturelle de Marie-Christine Schneider, mannequin roumain à l'époque reconvertie dans la tenue d'une librairie à Paris[2], et de l'acteur Daniel Gélin[3] qui, étant alors marié à Danièle Delorme, ne pouvait légalement reconnaître cette enfant adultérine. Daniel Gélin rend visite à l'enfant pendant quelque temps, puis cesse de la voir, ayant rompu avec sa maîtresse. Maria Schneider ne fait la connaissance de son père biologique qu'à l'âge de seize ans, en allant sonner à sa porte[4]. Elle a ensuite avec lui des relations irrégulières, allant jusqu'à dire qu'elle ne l'avait rencontré que trois fois[5]. Sa cousine Vanessa Schneider raconte, dans le livre biographique qu'elle lui a consacré en 2018, que Maria Schneider a en fait fréquenté régulièrement son père biologique à la fin de son adolescence, sans pour autant pénétrer le cercle familial. C'est Daniel Gélin qui lui fait découvrir les milieux du cinéma, en l'emmenant sur des plateaux de tournage. Leurs relations s’espacent ensuite à nouveau mais ils se retrouvent à plusieurs reprises et Maria Schneider finit par nouer des liens avec ses demi-frères et demi-sœur (qui ne découvrent son existence qu’à la sortie du Dernier Tango à Paris), notamment l'actrice Fiona Gélin[6].

Enfant, Maria Schneider est délaissée par sa mère, qui mène une vie de bohème et la confie deux ans à une nourrice. Elle revient vivre à dix ans chez sa mère puis, à quinze ans, quitte le domicile familial. Elle habite quelques années chez son oncle maternel, le psychanalyste français Michel Schneider[7]. Ayant arrêté sa scolarité à la même époque, elle commence à jouer au théâtre, vit d'illustrations pour des menus de restaurant, est mannequin junior pour des jeans. Sa vie change lorsque Brigitte Bardot la prend sous son aile en 1969, lors du tournage du film Les Femmes de Jean Aurel où elle est figurante[8]. Elle décroche son premier rôle à l'écran dans L'Arbre de Noël de Terence Young, suivi immédiatement d'une apparition dans MadlyAlain Delon l'impose[9].

Succès et scandale du Dernier Tango à Paris[modifier | modifier le code]

Maria Schneider est approchée par Bernardo Bertolucci qui prépare Le Dernier Tango à Paris[10] et lui propose le rôle de Jeanne. L'actrice a 19 ans lors du tournage qui se déroule pour l'essentiel dans un appartement situé près du pont de Bir-Hakeim, à Paris. L'histoire raconte une passion charnelle entre un quadragénaire suicidaire (interprété par Marlon Brando), qui vient de perdre son épouse, et une jeune fille à l'allure adolescente[9].

Pour Maria Schneider, les conséquences du tournage du film, et notamment de la scène simulée de sodomie (dans le salon vide de l'appartement, le quadragénaire la maintient de force au sol et utilise une motte de beurre comme lubrifiant pour la sodomiser)[11] sont terribles. La scène aurait été le résultat d'un accord entre Brando et Bertolucci, sans que l'actrice ait été prévenue. Le cinéaste reconnaîtra ultérieurement qu'il s'agissait d'une forme de viol[8], et qu'il souhaitait filmer la rage véritable de la jeune femme, raison pour laquelle, d'entente avec Marlon Brando, il ne la prévient que juste avant le tournage de la scène[12],[13],[14]. À ce sujet, Maria Schneider déclare six ans plus tard : « On pense de moi ce qu'on veut, que je suis une paumée, une droguée, une camée mal peignée, que j'ai mauvais caractère. Je m'en fous… »[15]. Mais elle a toujours conservé son admiration pour Brando, avec qui elle a continué d'entretenir une relation épistolaire[2]. Lors d'un entretien en , elle explique : « [Brando] a réalisé une partie de la mise en scène, dictant à un Bertolucci soumis ce qu'il devait faire »[8].

Plus de quarante ans après le tournage de la scène de sodomie, en plein mouvement #metoo, est exhumée une vidéo de Bertolucci en 2013 expliquant à la télévision néerlandaise que l'idée d'utiliser une motte de beurre leur est venue le matin même du tournage en beurrant leurs tartines[12].

Après Le Dernier Tango à Paris[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1970, Maria Schneider travaille avec d'autres partenaires prestigieux comme Gérard Depardieu dans Violanta ou Jack Nicholson dans Profession : reporter de Michelangelo Antonioni. Ce dernier film s'impose comme le point d'orgue d'une thématique de l'errance qui ne cesse d'irriguer le cinéma, à commencer par celui d'Antonioni. Maria Schneider y campe un de ses plus beaux rôles et incarne, face au reporter pirandellien que joue Nicholson, une jeunesse hors-limite et vivante.

En 1974, elle fait son coming out en révélant qu'elle est bisexuelle[16],[17].

Engagée pour tenir le rôle principal de Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel, qui l'a choisie en voyant une photo du Dernier Tango à Paris, elle est renvoyée au bout de quelques jours de tournage, le réalisateur la trouvant peu convaincante. Elle-même attribue, par la suite, son renvoi au producteur Serge Silberman, qui ne souhaitait pas travailler avec elle. Cet épisode va grever sa carrière, les assurances hésitant à la prendre en charge[18],[19]. En 1978, en plein tournage du film Caligula produit par Bob Guccione, elle est exclue du plateau pour avoir refusé de faire des scènes de nu. Elle s'éloigne momentanément du monde du cinéma en raison de problèmes personnels[15] (dont une dépression) et rejoint une amie américaine de 28 ans dans un asile psychiatrique. Cette même année, elle part se ressourcer en Suède[15].

Dans un entretien en 2007, elle revient sur sa consommation de drogues à cette époque, sur ses overdoses et sur la personne qui lui a permis de décrocher : « Je ne dis pas si c'est un homme ou une femme. C'est mon jardin secret »[20].

En 1980, son interprétation de prostituée dans La Dérobade de Daniel Duval[9] lui vaut d’être nommée pour le César du meilleur second rôle féminin. En 1981, Jacques Rivette lui propose pour son film Merry-Go-Round de choisir elle-même les acteurs avec qui elle va travailler, dont l'icône warholienne Joe Dallesandro[8].

Durant les années 1980, les rôles au cinéma se font moins nombreux : elle privilégie donc la télévision. Seules des personnalités iconoclastes lui font confiance, comme Mehdi Charef dans Au pays des Juliets en 1992, dans un rôle de taularde en permission. Elle fait des apparitions encore plus brèves dans Les Nuits fauves de Cyril Collard et dans Jane Eyre de Franco Zeffirelli[9]. Elle tient son dernier rôle à l'écran dans Cliente de Josiane Balasko, où elle apparaît sous les traits d'une... cliente.

Elle meurt dans le 15e arrondissement de Paris le 3 février 2011, à l’âge de 58 ans, des suites d'un cancer. Brigitte Bardot lui rend hommage dans un texte lu par Alain Delon, lors d'une cérémonie à l'église Saint-Roch de Paris. Incinérée au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, ses cendres sont dispersées devant le rocher de la Vierge à Biarritz.

Hommage[modifier | modifier le code]

Pour la rentrée littéraire de 2018, sa cousine Vanessa Schneider, grand reporter et journaliste au Monde, lui rend hommage dans le livre Tu t'appelais Maria Schneider, publié chez Grasset, où elle revient notamment sur l'histoire de sa famille, sa carrière, le scandale du Dernier tango à Paris, ses problèmes de drogue et sur la fin de sa vie[21].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Insee, « Extrait de l'acte de décès de Maria Hélène Schneider », sur MatchID (consulté le )
  2. a et b (en) Kerry Segrave, Linda Martin, The continental actress, McFarland, , p. 178.
  3. Maria Schneider, l'enfant perdue du cinéma, Paris-Match, juin 1978.
  4. Maria Schneider, Le Monde, 5 février 2011
  5. Elle a déclaré, en 1994 : « J'en ai marre qu'on me présente comme la fille de Daniel Gélin. Il ne m'a jamais reconnue. Je l'ai vu trois fois dans ma vie. Être une enfant naturelle, ça m'a troublée quand j'étais jeune. Aujourd'hui, il y a prescription. » Voir Ils ont dit..., L'Humanité, 30 mars 1994.
  6. Vanessa Schneider, Tu t'appelais Maria Schneider, Grasset, 2018, pages 29-31, 62 186-188, 191-192
  7. Vanessa Schneider, Tu t'appelais Maria Schneider, Grasset, 2018, pp. 27-28
  8. a b c et d Maria Schneider se dérobe, Libération, 4 février 2011.
  9. a b c et d allocine.fr.
  10. « Décès de l'actrice Maria Schneider », Le Figaro, 3 février 2011.
  11. Matthew Dessem, « Pourquoi parle-t-on d'une scène de sodomie dans le «Dernier tango à Paris» 40 ans après? », sur slate.fr, .
  12. a et b « Le "viol" du "Dernier tango à Paris" : les dessous d'une scène », sur France Culture, (consulté le )
  13. Didier Péron, « «Dernier tango à Paris» : retour de la polémique autour de la scène de sodomie », sur Libération (consulté le )
  14. « Polémique autour du «viol programmé» du «Dernier Tango à Paris» », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  15. a b et c « Maria Schneider, l'enfant perdue du cinéma », Paris Match, juin 1978.
  16. (en-US) Jacquelyn Greenfield et Vienna Vernose, « Maria Schneider's Secret Moments », sur CR Fashion Book, (consulté le )
  17. (en) Wayne M. Bryant, Bisexual Characters in Film: From Ana's to Zee, Routledge, (ISBN 978-1-317-97130-6, lire en ligne)
  18. Cet obscur objet du désir, 31 octobre 2000.
  19. Maria Schneider - Belle et rebelle , site du festival du film de femmes de Créteil.
  20. (en) « I felt raped by Brando », Daily Mail, 19 juillet 2007.
  21. Hachette France, « Vanessa Schneider présente "Tu t'appelais Maria Schneider" (Grasset) », (consulté le ).
  22. D'après le Dictionnaire mondial des films, Larousse sur larousse.fr
  23. Elle est décorée par Frédéric Mitterrand.
  24. « Maria Schneider : Le sex-symbol n'est plus », Paris Match.

Liens externes[modifier | modifier le code]