Mahmoud Messadi

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Mahmoud Messadi
PortraitMahmoudMessadi.jpg
Mahmoud Messadi dans les années 1960
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 93 ans)
La MarsaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
محمود المسعديVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Mouvement
Œuvres principales
  • Essoud (1955)
  • Thoumma âla enfirad (1972)
  • Haddathâ Abou Houraïrata qâl (1973)
  • Mawlidou’ Nissiâne (1974)
  • Tâssilân likiâne (1979)
  • Min Ayâmi Imrâne (2002)

Mahmoud Messadi ou Mahmoud Messaadi (arabe : محمود المسعدي), né le à Tazarka[1] et décédé le à La Marsa[2], est un universitaire, écrivain et homme politique tunisien. Il est souvent considéré comme l'un des grands auteurs de la littérature arabe contemporaine[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né à Tazarka, dans l'actuel gouvernorat de Nabeul, Mahmoud Messadi étudie à Tunis de 1926 à 1933 puis effectue des études de langue arabe et de lettres françaises à la Sorbonne de 1933 à 1936 ; il ne parvient jamais à soutenir sa thèse de doctorat, Essai sur le rythme dans la prose rimée arabe, en raison de ses activités et la fait finalement publier en 1981 puis, une fois traduite en arabe et approfondie, en 1996.

En 1947, il obtient une agrégation en langue, littérature et civilisation arabes.

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

Sous le régime du protectorat français, Messadi lutte contre les injustices qui accablent ses concitoyens en adhérant au Néo-Destour en 1934, puis à l'Union générale tunisienne du travail dont il est secrétaire général de 1948 à 1953. Il est également rédacteur en chef de la revue Al Mabâhith de 1943 à 1947[3].

Après l'indépendance, il occupe le poste de secrétaire d'État (ministre) de l'Éducation nationale, du au . Il contribue à mettre en place un système éducatif moderne, bilingue et étendu à tout le territoire, installe la nouvelle université tunisienne et supprime les médersas traditionnelles[2]. Messadi est ensuite nommé inspecteur général de l'enseignement, ministre d'État du au puis ministre des Affaires culturelles du au . Il fonde en 1975 la revue La vie culturelle. Il est également député à l'Assemblée nationale à partir de novembre 1959 et la préside de novembre 1981 à octobre 1987[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est par ailleurs membre du Conseil exécutif de l'Unesco (1974-1978, 1980-1985) et de l'Académie de la langue arabe. Il reçoit le Prix de la culture maghrébine en 1994. Le ministère de la Culture publie en 2003, sous la direction du professeur Mahmoud Tarchouna, ses œuvres complètes (Al’âmâlou’l’kâmilâ) en quatre volumes chez Sud Éditions.

Messadi meurt le 16 décembre 2004 à l'hôpital Mongi-Slim de La Marsa, à l'âge de 93 ans[2]. L'Université de La Manouba le fait docteur honoris causa à titre posthume le .

Le 20 octobre 2016, son nom est donné à un centre culturel au centre de Tunis[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Le plus connu de ses ouvrages est Essoud (Le Barrage), une pièce dramatique et philosophique en huit actes dont l'étude est encore programmée en classe terminale ; cette méditation existentialiste a en revanche été boudée au Machrek par les conservateurs qui l'accusent d'être « impie »[2]. Dans Haddathâ Abou Houraïrata qâl (Ainsi parlait Abou Houraïra), récit philosophique en 22 discours, il brosse le portrait d'Abu Huraira en « défroqué, amateur de lupanars, de cérémonies païennes et érotiques »[2].

Publication Translittération Titre français Traduction(s)
1955 Essoud Le Barrage (fr) 1981, 1997, 1999
(de) 2007
1972 Thoumma âla enfirad Thoumma en isolement
1973 Haddathâ Abou Houraïrata qâl Ainsi parlait Abou Houraïra (fr) 1996
(de) 2009
1974[6] Mawlidou’ Nissiâne Naissance de l'oubli (fr) 1993
(de) 2008
1979 Tâssilân likiâne Enracinement d'un être
2002 Min Ayâmi Imrâne Jours d'Imrâne

Il a également rédigé les nouvelles Almoussâfir (Le Voyageur) et Sindabad wa’tahârâ (Sindabad et la pureté), traduites par Messadi lui-même en 1960, ainsi que la pièce de théâtre en un acte, Bi Dhahar Kairouan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jaafar Majed, La presse littéraire en Tunisie de 1904 à 1955, éd. Faculté des lettres et sciences humaines de Tunis, Tunis, 1979, p. 245
  2. a b c d e et f Youssef Seddik et Fawzia Zouari, « Mahmoud Messaadi », sur jeuneafrique.com, (consulté le 9 mai 2017)
  3. Dorra Bouzid, « Messadi, familier », sur leaders.com.tn, (consulté le 9 mai 2017)
  4. Giovanni Dotoli, Où va la francophonie au début du troisième millénaire? : actes du colloque de Bari, 4-5 mai 2005, éd. Schena, 2005, p. 150
  5. « Inauguration du Centre culturel Mahmoud Messadi à Tunis », sur kapitalis.com, (consulté le 9 mai 2017)
  6. Le texte a été publié en feuilleton dans Al Mabâhith du 13 avril au 16 juillet 1945.

Liens externes[modifier | modifier le code]