Madeleine de Proust

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Est qualifié de madeleine de Proust tout phénomène déclencheur d'une impression de réminiscence. Ce peut être un élément de la vie quotidienne, un objet ou un geste par exemple, qui ne manque pas de faire revenir un souvenir à la mémoire de quelqu'un, comme le fait une madeleine à celle du narrateur d'À la recherche du temps perdu dans Du côté de chez Swann, le premier tome du roman de Marcel Proust[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Dans le roman de Proust, le passage en question va comme suit :

« Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.[2] »

L'effet décrit par Proust est lié à la mémoire involontaire : la réminiscence provoquée par la madeleine ne vient pas d'un effort conscient à se remémorer tel ou tel souvenir, et le narrateur ne se doute pas que la madeleine qu'il va déguster va faire renaitre des souvenirs oubliés. A contrario, Proust écrit : « Les renseignements que la mémoire volontaire donne sur le passé ne conservent rien de lui ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) « Proust et la Madeleine », sur La-Philosophie.com : Cours, Résumés & Citations de Philosophie, (consulté le 21 octobre 2019).
  2. Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Gallimard, (ISBN 2070379248 et 9782070379248, OCLC 22888281, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]