Léon Pierre-Quint

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Léon Pierre-Quint
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Léon Pierre-Quint ( - ), de son vrai nom Léopold-Léon Steindecker, est un éditeur et un critique littéraire français, influent durant la première moitié du XXe siècle.

Directeur des Éditions du Sagittaire pendant plus de vingt ans, il contribua à lancer le mouvement surréaliste. Il fut également l'ami de Proust et de Gide, auxquels il consacra articles et ouvrages qui font encore référence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon Steindecker naquit à Paris dans une famille de banquiers juifs. Soigné très jeune pour une tuberculose osseuse qui le fit souffrir toute sa vie, il fut exempté du service militaire et échappa à la mobilisation de 1914. Il suivit des études de droit et obtint son doctorat tout en assistant aux cours de philosophie de Bergson au Collège de France. À partir de 1918, s'étant découvert homosexuel, il s'éloigna de sa famille et prit le pseudonyme de « Léon Pierre-Quint ».

Ses premières œuvres de fiction furent remarquées et publiées par Rachilde au Mercure de France, Colette chez Ferenczi et Malraux aux Éditions du Sagittaire. Sa carrière d'éditeur commença dès 1923. À cette date, Malraux, directeur littéraire du Sagittaire, venait de donner sa démission, et Simon Kra, l'éditeur, fit appel à Léon Pierre-Quint et à Philippe Soupault pour le remplacer. Pierre-Quint et Soupault réussirent un coup de maître l'année suivante en publiant le Manifeste du surréalisme d'André Breton. En 1927, Quint et son équipe connaissent une année exceptionnelle, publiant 4 nouveautés par mois et un résultat bénéficiaire.

Avec la crise économique du début des années 1930, la famille Kra choisit de revendre ses parts en 1933. Un adminstrateur-délégué, en la personne de Jacques Jéramec, fut nommé pour tenter d'éviter la liquidation. Démissionnaire du conseil d'administration en 1934, Léon Pierre-Quint demeura le directeur littéraire en titre, poste qu'il devait conserver durant plus de vingt ans. Outre Breton et Gide, il publia des auteurs tels que Valéry, Scott Fitzgerald, René Crevel, Jean Legrand, Thomas Mann ou Claude Simon.

Durant l'Occupation, ses origines juives, son homosexualité et ses convictions politiques ancrées à gauche l'obligèrent à se cacher en Provence tandis que les Éditions du Sagittaire étaient accueillies dans les locaux des Cahiers du Sud à Marseille et dirigées par Julien Luchaire père de l'ultra collaborateur Jean Luchaire dans le cadre de l'aryanisation. Il regagna Paris après la Libération, et dès novembre 1944 reprit officiellement la direction littéraire du Sagittaire, mais la maison connut de grâves difficultés et en 1951 elle finit par s'associer à Jérôme Lindon, jeune patron des Éditions de Minuit, qui endossa la présidence du Sagittaire, appurant les dettes et confiant à Pierre-Quint de continuer son programme éditorial. En 1954, Lindon dut céder le fonds du Sagittaire au Club français du livre et Pierre-Quint s'en éloigna[1].

Cette même année, Pierre-Quint publie sous le pseudonyme de Jean Basque une partie de son journal autobiographique mettant en lumière sa cure de désintoxication à l'opium et la libération de Paris durant l'été 1944.

Il meurt à Paris en 1958.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Simplification amoureuse (roman), Mercure de France, 1922
  • La Femme de paille (roman), préface de Max Jacob, Ferenczi, 1924
  • Déchéances aimables (contes), Le Sagittaire, 1924
  • Marcel Proust, sa vie, son œuvre, Le Sagittaire, 1925
  • En personne (autobiographie), La Cité des Livres, 1926
  • Marcel Proust, suivi de Le Comique et le Mystère chez Proust, Le Sagittaire, 1927
  • Comment travaillait Proust (Bibliographie), Les Cahiers Libres, 1928
  • Les Droits de l'écrivain dans la société contemporaine, Les Cahiers de la Quinzaine, 1928
  • Le Comte de Lautréamont et Dieu, Les Cahiers du Sud, 1930
  • André Gide, sa vie, son œuvre, Stock, 1932
  • Marcel Proust, sa vie, son œuvre (réédition des 2 textes de 1927, révisée et augmentée), Le Sagittaire, 1935 et 1946
  • Jean Basque [pseud.], Journal d'une double libération : juillet-août 1944, La Table ronde, coll. « Le choix », 1954

Hommage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Coron, In: Exposition Léon Pierre-Quint, Paris, Bibliothèque nationale, 1981.

Liens externes[modifier | modifier le code]