Liste des réacteurs nucléaires au Japon

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Au 30 avril 2019, la liste des réacteurs nucléaires au Japon compte 39 réacteurs nucléaires opérationnels dont 8 en fonctionnement, 2 réacteurs en construction et 21 réacteurs définitivement arrêtés[1]. Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, tous les réacteurs avaient été arrêtés[2]. En 2015, les réacteurs Sendaï 1 et 2 ont redémarré, puis les réacteurs Takahama 1 et 2 en janvier et février 2016[3], avant d'être à nouveau arrêtés sur décision de justice[4]. Au 13 février 2019, 8 réacteurs avaient été redémarrés, 6 ont obtenu une autorisation de préparation, et 12 étaient en cours d'expertise[5],[6],[7]..

Les six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi sont hors d'usage et en cours de démantèlement pour une période d'au moins 40 ans[8],[9].

Deux réacteurs sont en construction (leur construction avait commencé avant la catastrophe)[10] : le premier depuis 2007 à la centrale nucléaire de Shimane et le second depuis 2010 pour le projet de centrale nucléaire d’Ohma.

Le Japon n'a pas produit d'électricité nucléaire en 2014. Avant la catastrophe nucléaire de Fukushima, la production d'électricité d’origine nucléaire produite au Japon s’élevait en 2010 à 279 TWh, soit 29 % de la production d’électricité japonaise[11]. Le Japon était alors au 3e rang des pays producteurs d'électricité nucléaire dans le monde, après les États-Unis et la France.

Liste des centrales de production d'électricité[modifier | modifier le code]

Article connexe : énergie au Japon.

Avant l'accident nucléaire de Fukushima, le Japon comptait 54 réacteurs nucléaires électrogènes en service, répartis dans 18 centrales. 34 appartiennent à la filière des réacteurs à eau bouillante (REB) et 20 à celle des réacteurs à eau pressurisée (REP). Les caractéristiques de ces réacteurs sont données dans le tableau ci-après, classés alphabétiquement[12]. Le rang indique le numéro d'ordre de mise en service de chacun des réacteurs. Ainsi Fukushima Daiichi-1 a été le 5e réacteur mis en service au Japon. La puissance brute correspond à la puissance maximum disponible aux bornes de l'alternateur (hors consommation interne de la centrale). La puissance nette correspond quant à elle à la puissance installée disponible pour alimenter le réseau.

TOMARI-3 est le dernier réacteur à avoir été mis en service dans la région en 2009.

Mise à l’arrêt de réacteurs à la suite de la catastrophe de Fukushima[modifier | modifier le code]

Après l'accident nucléaire de Fukushima, les six réacteurs de Fukushima Daiichi sont définitivement hors service. En 2014, plus aucun réacteur nucléaire japonais ne produit d'électricité depuis un an[13].

Le 6 mai 2011, le premier ministre du Japon Naoto Kan a demandé à l’exploitant Chubu Electric Power de suspendre le fonctionnement de tous les réacteurs de la centrale nucléaire de Hamaoka. Il y a en effet une probabilité de 87 % qu'un séisme de magnitude 8,0 frappe la région de Tōkai, dans les 30 ans. Des mesures doivent donc être prises pour résister aux effets d’un tel séisme, comprenant en particulier la construction d'une digue de 12 mètres de haut pour protéger la station d’un tsunami et une surélévation des générateurs diesel de secours[14]. Naoto Kan annonce également que le Japon va faire « des efforts pour promouvoir les énergies renouvelables »[15].

Le 3 mars 2012, le premier ministre Yoshihiko Noda annonce que le Japon doit « s'extraire de sa dépendance à l'égard du nucléaire » et sortir du nucléaire à moyen et long terme[16]. Le dernier réacteur en activité, Ōi no 4 dans la préfecture de Fukui, ferme pour inspection en septembre 2013[17].

Cependant en 2015, la production d’origine nucléaire post-Fukushima reprend au Japon avec le redémarrage des réacteurs de Sendai 1 le 11 août et Sendai 2 le 15 octobre[18].

Remise en service des réacteurs après la catastrophe de Fukushima[modifier | modifier le code]

Le 11 août 2015, la compagnie d'électricité de Kyushu (Kyuden) a redémarré le réacteur no 1 de la centrale nucléaire Sendai, située à Satsumasendai[19]. Mais il a été arrêté de nouveau quelques jours après, le 20 août 2015[20].

Le second réacteur de Sendai redémarre en octobre 2015, le premier réacteur redémarre en décembre 2015, des arrêts de 2 à 3 mois sont prévus après 1 an d'exploitation[21].

Il faut ajouter les réacteurs nucléaires japonais redémarrés en 2017 :

  • Takahama 3 et 4
  • Ohi 3 et 4.
Centrale nucléaire Nom du réacteur Rg Type Modèle Puissance [MW] Exploitant Construct. Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm. Statut post-Fukushima
therm. (MWt) brute (MWe) nette (MWe)
Fukushima Daini Fukushima Daini-1 25 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Toshiba 1976 1981 1982 À l’arrêt
Fukushima Daini-2 26 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Hitachi 1979 1983 1984 À l’arrêt
Fukushima Daini-3 35 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Toshiba 1981 1984 1985 À l’arrêt
Fukushima Daini-4 38 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Hitachi 1981 1986 1987 À l’arrêt
Genkai Genkai-2 27 REP M (2-loop) 1 650 559 529 Kyushu MHI 1977 1980 1981 À l’arrêt
Genkai-3 45 REP M (4-loop) 3 423 1 180 1 127 Kyushu MHI 1988 1993 1994 Redémarré
Genkai-4 46 REP M (4-loop) 3 423 1 180 1 127 Kyushu MHI 1992 1996 1997 Redémarré
Hamaoka Hamaoka-3 36 REB BWR-5 3 293 1 100 1 056 Chubu Toshiba 1983 1987 1987 À l’arrêt
Hamaoka-4 49 REB BWR-5 3 293 1 137 1 092 Chubu Toshiba 1989 1993 1993 À l’arrêt
Hamaoka-5 60 REB ABWR 3 926 1 267 1 212 Chubu Toshiba 2000 2004 2005 À l’arrêt
Higashidori Higashidori 1 58 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tōhoku Toshiba 2000 2005 2005 À l’arrêt
Kashiwazaki-Kariwa Kashiwazaki-Kariwa-1< 33 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Toshiba 1980 1985 1985
Kashiwazaki-Kariwa-2 39 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Toshiba 1985 1990 1990
Kashiwazaki-Kariwa-3 52 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Toshiba 1989 1992 1993
Kashiwazaki-Kariwa-4 53 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Hitachi 1990 1993 1994
Kashiwazaki-Kariwa-5 40 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco Hitachi 1985 1989 1990
Kashiwazaki-Kariwa-6 55 REB ABWR 3 926 1 356 1 315 Tepco Toshiba 1992 1996 1996
Kashiwazaki-Kariwa-7 56 REB ABWR 3 926 1 356 1 315 Tepco Hitachi 1993 1996 1997
Onagawa Onagawa-1 22 REB BWR-4 1 593 524 498 Tōhoku Toshiba 1980 1983 1984
Onagawa-2 54 REB BWR-5 2 436 825 796 Tōhoku Toshiba 1991 1994 1995
Onagawa-3 57 REB BWR-5 2 436 825 796 Tōhoku Toshiba 1998 2001 2002
Shika Shika-1 48 REB BWR 5 1 593 540 505 Hokuriku Hitachi 1989 1993 1993
Shika-2 59 REB ABWR 3 926 1 206 1 108 Hokuriku Hitachi 2001 2005 2006
Shimane Shimane-1 7 REB BWR-3 1 380 460 439 Chūgoku Hitachi 1970 1973 1974
Shimane-2 41 REB BWR-5 2 436 820 789 Chūgoku Hitachi 1985 1988 1989
Tokai Tokai-2 21 REB BWR-5 3 293 1 100 1 060 JAPCo GE 1973 1978 1978
Ikata Ikata-1 23 REP M (2-loop) 1 650 566 538 Shikoku MHI 1973 1977 1977
Ikata-2 32 REP M (2-loop) 1 650 566 538 Shikoku MHI 1978 1981 1982
Ikata-3 47 REP M (3-loop) 2 660 890 846 Shikoku MHI 1990 1994 1994
Mihama Mihama-3 14 REP M (3-loop) 2 440 826 780 KEPCO MHI 1972 1976 1976
Ōi Ōi-1 15 REP W (4-loop) 3 423 1 175 1 120 KEPCO Westinghouse 1972 1977 1979
Ōi-2 19 REP W (4-loop) 3 423 1 175 1 120 KEPCO Westinghouse 1972 1978 1979
Ōi-3 50 REP M (4-loop) 3 423 1 180 1 127 KEPCO MHI 1987 1991 1991 Redémarré
Ōi-4 51 REP M (4-loop) 3 423 1 180 1 127 KEPCO MHI 1988 1992 1993 Redémarré
Takahama Takahama-1 8 REP M (3-loop) 2 440 826 780 KEPCO Westinghouse/MHI 1970 1974 1974
Takahama-2 13 REP M (3-loop) 2 440 826 780 KEPCO MHI 1971 1975 1975
Takahama-3 29 REP M (3-loop) 2 660 870 830 KEPCO MHI 1980 1984 1985 Redémarré
Takahama-4 30 REP M (3-loop) 2 660 870 830 KEPCO MHI 1981 1984 1985 Redémarré
Tomari Tomari-1 43 REP M (2-loop) 1 650 579 550 HEPCO MHI 1985 1988 1989
Tomari-2 44 REP M (2-loop) 1 650 579 550 HEPCO MHI 1985 1990 1991
Tomari-3 64 REP M (3-loop) 2 660 912 866 HEPCO MHI 2004 2009 2009
Tsuruga Tsuruga-2 34 REP M (4-loop) 3 411 1 160 1 110 JAPCo MHI 1982 1986 1987
Sendai Sendai-1 28 REP M (3-loop) 2 660 890 846 Kyushu MHI 1979 1983 1984 Redémarré
Sendai Sendai-2 37 REP M (3-loop) 2 660 890 846 Kyushu MHI 1981 1985 1985 Redémarré

Réacteurs définitivement arrêtés[modifier | modifier le code]

En avril 2019, le Japon compte 21 réacteurs définitivement arrêtés. La Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est hors service à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima[11], les autres réacteurs ont été arrêtés volontairement[22].

Centrale nucléaire Nom du réacteur Rg Type Modèle Puissance [MW] Exploitant Construct. Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm. Statut
therm. (MWt) brute (MWe) nette (MWe) Date de mise à l’arrêt définitif[23]
Tokai Tokai-1 2? Magnox Magnox 587 166 137 Japan Atomic Power Co. ? 1961 1965 1966 1998
Fukushima Daiichi Fukushima Daiichi-1 5 REB BWR-3 1 380 460 439 Tepco GE/GETSC 1967 1970 1971 2011
Fukushima Daiichi-2 9 REB BWR-4 2 381 784 760 Tepco GE /GETSC[Note 1] 1969 1973 1974 2011
Fukushima Daiichi-3 10 REB BWR-4 2 381 784 760 Tepco Toshiba 1970 1974 1976 2011
Fukushima Daiichi-4 16 REB BWR-4 2 381 784 760 Tepco Hitachi 1973 1978 1978 2011
Fukushima Daiichi-5 17 REB BWR-4 2 381 784 760 Tepco Toshiba 1972 1977 1978 2013
Fukushima Daiichi-6 18 REB BWR-5 3 293 1 100 1 067 Tepco GE/Toshiba 1973 1979 1979 2013
Mihama Mihama-1 4 REP W (2-loop) 1 031 340 320 KEPCO Westinghouse 1967 1970 1970 2015
Mihama-2 6 REP M (2-loop) 1 456 500 470 KEPCO MHI 1968 1972 1972 2015
Tsuruga Tsuruga-1 3 REB BWR-2 1 070 357 340 JAPCo GE 1966 1969 1970 2015
Genkai Genkai-1 12 REP M (2-loop) 1 650 559 529 Kyushu MHI 1971 1975 1975 2015

Réacteurs en construction[modifier | modifier le code]

Deux réacteurs sont en construction[10]. En 2013, Areva - fournisseur de combustible nucléaire au Japon - reste optimiste quant à l’achèvement des travaux[24]:

  • Shimane-3 est un réacteur à eau bouillante dont la construction a débuté le 12 décembre 2007 dans la Centrale nucléaire de Shimane. La mise en service était prévu pour mars 2012, mais la construction s'est arrêtée en 2011 alors qu'elle était complète à 94%[25].
  • La centrale nucléaire d’Ohma doit également être équipée d'un réacteur ABWR de 1300 MW de puissance nette, commencé le 7 mai 2010. La construction, arrêtée en 2011, a repris en octobre 2012, mais aucun date n'est fournie pour la terminer[10],[11]. Ohma serait le premier réacteur pouvant utiliser 100 % de MOX (Mixed Oxyde fuel, combustible nucléaire fabriqué à partir du plutonium et de l'uranium appauvri), le pourcentage de MOX ne dépassant généralement pas les 30 % dans la plupart des réacteurs[26].

Liste des réacteurs de recherche[modifier | modifier le code]

  • Fugen (réacteur thermique avancé) : à l'arrêt depuis 2003
  • Joyo (réacteur à neutrons rapides) : en réparation depuis 2007
  • Monju (réacteur à neutrons rapides) : arrêt de longue durée
  • JT-60 (réacteur à fusion nucléaire)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sigles[modifier | modifier le code]

  1. GETSC : General Electric Technical Services

Références[modifier | modifier le code]

  1. base de données de l’AIEA - consultée le 01 mai 2019
  2. Chine-Informations, le 17/02/2012 : Le Japon va fermer un autre réacteur nucléaire, seulement deux unités sont restées en ligne
  3. « Nouvelle relance de réacteurs nucléaires au Japon », sur https://www.lemonde.fr/, (consulté le 28 février 2016).
  4. « Japon: La justice ordonne l'arrêt de deux réacteurs nucléaires pour des raisons de sûreté », sur https://www.20minutes.fr/, (consulté le 10 mars 2016).
  5. Cécile Asanuma-Brice, « Huit ans après Fukushima, où en est le Japon avec l’énergie nucléaire ? », Géoconfluences,‎ (ISSN 2492-7775, lire en ligne)
  6. Vincent Touraine, « Presque plus d'électricité nucléaire au Japon », Ouest-France,
  7. « The Mihama No.3 reactor, which will turn 40 years old in December, has been shut down since 2011 and a restart will not happen before Kansai Electric carries out safety upgrades at a cost of about 165 billion yen ($1.51 billion). The upgrades involve fire proofing cabling and other measures and are planned to be completed in March 2020. » - Reuters - 16 nov. 2016
  8. Centrale de Fukushima : au moins quarante ans de démantèlement - Le Monde, 17 décembre 2013
  9. Tokyo s'engage à fermer des réacteurs nucléaires - Le Monde, 17 mars 2015
  10. a b et c (en) « Le Japon reprend la construction d'une centrale nucléaire », Libération, (consulté le 10 juillet 2014)
  11. a b et c http://www.iaea.org/pris
  12. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté en décembre 2011)
  13. Le Japon fête ses un an sans nucléaire - Énergie/Climat, 15 2014
  14. (en) « EIA programme for new Loviisa plant submitted », sur www.neimagazine.com (consulté en novembre 2011)
  15. « Nucléaire: Le Japon va davantage se tourner vers les énergies renouvelables », sur www.20minutes.fr, (consulté en novembre 2011)
  16. https://www.rtbf.be/info/monde/detail_fukushima-le-japon-a-succombe-au-mythe-de-la-surete-nucleaire?id=7670693
  17. « Plus aucun réacteur nucléaire japonais ne fonctionnera ce dimanche soir », La Tribune,‎ (lire en ligne).
  18. Highlights>2015>Miscellaneous - Base de données de l’AIEA - consultée le 28 avril 2019
  19. Philippe Mesmer, Le Japon relance le nucléaire, malgré l’hostilité de sa population, Le Monde, le 11 août 2015, consulté le 14 août 2015
  20. Suspension du rédémarrage du réacteur nucléaire de Sendai
  21. [1]
  22. Country statistics>Japan - base de données de l’AIEA consultée le 28 avril 2019
  23. base de données AIEA - Japon - consultée le 28 avril 2019
  24. Areva reste optimiste sur l’avenir du nucléaire - La Croix, 4 mars 2013
  25. World Nuclear Association : Nuclear Power in Japan
  26. « Vers la 1re centrale nucléaire 100 % moxable du monde », sur www.enerzine.com, (consulté le 12 mai 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]