Programme nucléaire de la Chine

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Ne doit pas être confondu avec Arsenal nucléaire de la Chine.

Le Programme nucléaire de la Chine démarre sous Mao Zedong dans les années 1950. Il était, comme la majorité de ceux-ci à travers le monde, à usage initialement militaire et a conduit au premier essai nucléaire de la république populaire de Chine en 1964; le volet civil a démarré assez tardivement, la première centrale nucléaire n'entrant en service qu'en 1991. La Chine dispose, début 2018, de 39 réacteurs nucléaires en activité représentant une puissance de 36GW, 19 réacteurs sont en construction[1]. Le Treizième Plan Quinquennal prévoit un parc nucléaire de 58GW en 2020 auquel s'ajoutent 30GW en construction[2]. La Chine participe également au programme International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER) à Cadarache, en France. Elle est par ailleurs membre du Groupe de propriétaires de CANDU, réacteurs de conception canadienne.

Armes nucléaires[modifier | modifier le code]

Un SNLE type 094, appelé aussi classe Jin.
Article détaillé : Arsenal nucléaire de la Chine.

Le programme militaire est développé dans les laboratoires de Mianyang, dans le Sichuan, et l'un des principaux scientifiques qui y participe est Deng Jiaxian devenu un héros national immortalisé en quatre caractères : 两弹元勋, le « père fondateur des deux bombes »[3]. Le premier essai nucléaire a eu lieu le sur le site de Lop Nor, dit essai 596.

Les informations fiables sur son arsenal sont limitées. En mars 2006, la Federation of American Scientists estime que la Chine disposerait d'environ 200 armes nucléaires, dont environ 145 actives[4].

La marine chinoise a mis en service son premier sous-marin nucléaire d'attaque en août 1974 et lancé son premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins du type 092, le 406 Changzheng le 30 mars 1981, celui-ci entra en service en 1987.

Centrales nucléaires[modifier | modifier le code]

La Chine a fait appel a plusieurs fournisseurs étrangers pour construire ses centrales nucléaires :

La Chine compte en mars 2014, 21 réacteurs nucléaires opérationnels et 28 en construction[7], ce qui la place au 6e rang en nombre de réacteurs en service ainsi qu'en capacité de production [8], et au 1er rang en nombre de réacteurs en construction devant la Russie (10 réacteurs en construction) et l'Inde (6 réacteurs en construction)[9].
Avec une production d’électricité d’origine nucléaire s'élevant à 111 TWh, la Chine se situe également au 5e rang en termes d'énergie électrique d'origine nucléaire produite en 2013 derrière les États-Unis d'Amérique, la France, la Russie, et la Corée du Sud[10].

Framatome[modifier | modifier le code]

La firme française Framatome collabore avec les entreprises chinoises d'énergie depuis les années 1980.

Framatome a contribué à la construction de 9 des 11 réacteurs nucléaires en service en 2007. Le groupe a en particulier construit les îlots nucléaires de la baie de Daya (en service depuis 1993-94) et de Ling Ao (en service depuis 2002), et fourni des équipements pour les centrales de Qinshan, Tianwan et Hongyanhe.

Depuis 2004-2005, de nouveaux contrats en Chine ont été signés, concernant la construction de 4 nouveaux réacteurs nucléaires (en particulier la réalisation de la phase 2 de Ling Ao II et de la phase 2 de Qinshan II).

En novembre 2007, a été signé le plus grand contrat de l’histoire nucléaire civile, d’une valeur de 8 milliards d’euros[11]. Ce contrat porte sur la construction de deux réacteurs de nouvelle génération EPR à Taishan (province du Guangdong) et sur l’ensemble des matières et services nécessaires à leur fonctionnement. Après la Finlande et la France, la Chine comptera donc les 3e et 4e EPR en construction dans le monde.

La collaboration de Framatome avec la Chine concerne également :

  • les services :
    • Création en 2003 de la Shenzhen Nuclear Engineering (SNE) en partenariat avec la “Compagnie-23“ (China Nuclear Industry 23rd Construction Corporation) . Cette coentreprise propose des prestations de services à l’ensemble du parc nucléaire chinois, en s’appuyant sur les compétences et la technologie de Framatome.
    • Signature de contrats avec des entreprises et des instituts de recherche chargés des services de maintenance et des inspections.
  • les équipements :
    • En 2005, une coentreprise a été créée entre la filiale d’Areva Jeumont S.A. et Dongfang Electrical Machinery Co., Ltd, pour fabriquer les pompes de réfrigérant des réacteurs.

Westinghouse[modifier | modifier le code]

Entrainement en Chine pour l'AP1000

La firme américaine Westinghouse (racheté par la firme japonaise Toshiba) a remporté un contrat de 8 milliards de dollars avec la Chine en 2007, devançant Areva, pour la construction de quatre réacteurs nucléaires de troisième génération (modèle AP1000)[12].

Exportations[modifier | modifier le code]

La Chine a aidé l'Algérie à construire la centrale de Aïn Oussara, en service depuis 1993. Doté d'un réacteur à eau lourde, la centrale est d'une puissance de 15 mégawatts.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Des diplomates de l'ambassade US à Pékin (source wikileaks) préfèreraient voir des technologies basées sur la sécurité passive de l'AP-1000 de la société américaine Westinghouse (propriété de Toshiba qui a construit certains des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi) plutôt que des CPR1000 chinois "basés sur de l'ancienne technologie Westinghouse". La société américaine Westinghouse estime sa conception de l'AP-1000 100 fois plus sûre que celle du CPR-1000 chinois. Selon eux, le gouvernement chinois aurait "considérablement augmenté le risque d'un accident nucléaire en optant pour des technologies bon marché qui auront 100 ans lorsque les dizaines de réacteurs chinois atteindront la fin de leur durée de vie"[13].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]