Centrale nucléaire de Bouchehr
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées | |
| Opérateur | |
| Construction |
1er mai 1975 ; 1995 |
| Mise en service |
3 septembre 2011 |
| Statut |
En activité |
| Type | |
|---|---|
| Réacteurs actifs |
1 |
| Puissance nominale |
1000 MW |
La centrale nucléaire de Bouchehr (persan : نیروگاه اتمی بوشهر), parfois orthographiée Bushehr, est une centrale nucléaire d'Iran située sur la côte du golfe Persique, à 17 kilomètres au sud-est de la ville du même nom, entre les villages de Halileh et de Bandargeh. La centrale comprend un réacteur VVER d'une puissance de 1 000 MW opérationnel depuis , et un autre réacteur VVER en construction depuis .
Histoire
[modifier | modifier le code]De 1975 à 1980 : coopération avec l'Allemagne de l’Ouest
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Les travaux avaient été commencés par l'entreprise ouest-allemande Kraftwerk Union A.G., filiale de Siemens AG, qui avait signé en 1975 un contrat pour construire deux réacteurs nucléaires pour 4 à 6 milliards de dollars. Après le retrait des Ouest-Allemands, la construction a été menée à son terme avec la Russie.
La construction du réacteur de Bouchehr 1 a débuté le .
Les travaux ont été arrêtés en , et Kraftwerk-Union s'est totalement retirée du projet en (avec un réacteur réalisé à 50 %, et l'autre réacteur réalisé à 85 %). Les Ouest-Allemands ont affirmé avoir pris cette décision à la suite d'un défaut de paiement de l'Iran de 450 millions de dollars. La société a cependant reçu 2,5 milliards de dollars sur ce contrat. Leur retrait s'est produit après la révolution iranienne de 1979[réf. nécessaire].
De 1980 à 1988 : guerre Iran-Irak
[modifier | modifier le code]Pendant la guerre Iran-Irak, les réacteurs ont été endommagés par de multiples attaques aériennes de l'armée irakienne entre 1985 et 1988. La force aérienne irakienne attaqua le site le , le , le et le au minimum[1].
En 1984, l'Iran demanda à Siemens de terminer la construction, mais Siemens refusa en raison la guerre Iran-Irak en cours et de pressions diplomatiques des États-Unis[réf. nécessaire].
De 1995 à 2010 : chantier en coopération avec la Russie
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En 1995, la Russie signe un contrat d'un milliard de dollars pour fournir un réacteur VVER sur le site de la centrale. Les États-Unis soupçonnent alors l'Iran de vouloir obtenir du plutonium, pour fabriquer la bombe atomique, grâce à ce réacteur[réf. nécessaire].
Le , Sergueï Kirienko, directeur de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique (Rosatom), qui gère l'industrie et les sites nucléaires russes, annonce le lancement technique du réacteur avant la fin de l'année, puis le , il déclare officiellement que le réacteur est terminé[2].
Le coût total du projet est estimé à plus de 3 milliards d'euros incluant les versements de la Russie et de l'Allemagne. L'Iran accepte de compenser les coûts en 2007, une fois la construction terminée[réf. nécessaire].
De 2010 à 2012 : mise en route du réacteur
[modifier | modifier le code]Les opérations de chargement du combustible dans le réacteur commencent le , en présence du vice-président Ali Akbar Salehi, chef du programme nucléaire iranien, et de Sergueï Kirienko. Le début du chargement du réacteur fait désormais officiellement de la centrale de Bouchehr une installation nucléaire. Peu de temps après, on apprend que les ordinateurs portables de plusieurs employés de la centrale sont affectés par Stuxnet, virus informatique s'attaquant aux systèmes de commande industriels[3].
La réacteur de Bushehr 1 est couplé pour la première fois au réseau électrique iranien le [4],[5] et est officiellement inauguré le en présence du ministre russe de l'Énergie (en) Sergueï Chmatko (en) et du directeur de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique Sergueï Kirienko[6]. Le directeur de l'Organisation de l'énergie atomique d'Iran, Fereydoun Abbasi, et le ministre iranien de l'Énergie, Majid Namjou, assistent aussi à l'inauguration[6],[7]. Selon l'accord bilatéral entre les deux pays approuvé par l'AIEA, la Russie doit exploiter la centrale, fournir le combustible neuf et évacuer le combustible usé pour les deux ou trois prochaines années avant d'en donner la pleine gestion à l'Iran[8].
Le réacteur a tout d'abord fonctionné à 40 % de ses capacités[5] puis est monté à pleine puissance (1 000 MWe) en [9]. Sa mise en service commerciale est prononcée le [10].
2013 : séismes
[modifier | modifier le code]En 2013, une série de séismes qui frappent l'Iran, dont le séisme de Bouchehr, aurait endommagé la centrale nucléaire de Bouchehr, dessinant de larges fissures sur la structure[11].
2014-2019 : annonce et démarrage du chantier de construction de 2 nouveaux réacteurs VVER
[modifier | modifier le code]La Russie conclut le avec l'Iran un accord prévoyant la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires et des activités en Iran dans le domaine des combustibles nucléaires[12]. La construction de ces deux réacteurs de 1 000 MW est prévue pour durer dix ans, avec un coût de dix milliards de dollars[13].
Le , le chantier est inauguré par le directeur général de Rosatom Sergueï Kirienko et le premier vice-président iranien Eshaq Djahanguiri[14].
La construction du réacteur de Bushehr 2 démarre le [15]. La cérémonie marquant cette étape a lieu en présence du directeur de l'organisation de l'énergie atomique d'Iran Ali Akbar Salehi le [16].
2021 : arrêt d'urgence
[modifier | modifier le code]Le , le réacteur de Bushehr 1 subit un arrêt d'urgence[17]. L'organisation de l'énergie atomique d'Iran annonce la déconnexion temporaire de la centrale du réseau de distribution d'électricité, à cause d'une « défaillance technique ». Quelques semaines auparavant, la région avait subi un tremblement de terre de magnitude 5,8, mais les autorités iraniennes avaient affirmé que toutes les installations étaient en parfait état de fonctionnement.
Le réacteur est remis en service puis reconnecté au réseau le [18].
2026 : guerre au Moyen-Orient
[modifier | modifier le code]Le , lors de la guerre entre l'Iran, les États-Unis et Israël, un projectile a touché le périmètre intérieur de la centrale sans faire de dégâts ni de victimes[19].
Caractéristiques des réacteurs
[modifier | modifier le code]| Nom du réacteur | Modèle | Capacité | Début construction | Raccordement au réseau | Mise en service commerciale | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nette (MWe) | Brute (MWe) | Thermique (MWt) | |||||
| Bushehr-1[10] | VVER 1 000 V-446 | 915 | 1 000 | 3 000 | |||
| Bushehr-2[15] | VVER 1 000 AES-92 | 974 | 1 057 | 3 012 | |||
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Les accidents nucléaires militaires », sur Luxorion (consulté le ).
- ↑ Iran : la construction d'une première centrale nucléaire est achevée, ladepeche, 25 février 2009
- ↑ Thomas Erdbrink et Ellen Nakashima, « Iran struggling to contain 'foreign-made' computer worm », sur Washington Post,
- ↑ « Iran : la centrale nucléaire de Bouchehr opérationnelle », sur Agence Presse de la République islamique, (consulté le )
- 1 2 (en) The Guardian, « Iranian nuclear power station 'begins generating electricity' », sur Reuters, (consulté le )
- 1 2 (en) « ran launches Bushehr nuclear power plant », sur RIA Novosti, (consulté le )
- ↑ (en) Iran celebrates initial launch of Bushehr nuclear power plant
- ↑ (en) Iran launches Bushehr nuclear power plant – Rianovosti du 12 septembre 2011
- ↑ Avec Reuters, « Iran: La première centrale nucléaire fonctionne à plein régime », 20 minutes, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 « Nuclear Power Reactor Details – Bushehr », sur pris.iaea.org (consulté le ).
- ↑ Le Monde avec AP, « La centrale nucléaire iranienne endommagée par des séismes », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Accord entre la Russie et l'Iran pour 2 réacteurs nucléaires, Les Échos, 12 novembre 2014.
- ↑ Iran: début de la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires, L'Express, 10 septembre 2016.
- ↑ « Iran and Russia celebrate start of Bushehr II – World Nuclear News », sur www.world-nuclear-news.org (consulté le )
- 1 2 « Nuclear Power Reactor Details - Bushehr-2 », sur pris.iaea.org (consulté le ).
- ↑ « Concrete poured for Bushehr unit 2 : New Nuclear – World Nuclear News », sur www.world-nuclear-news.org (consulté le )
- ↑ (en) « Iran’s sole nuclear power plant undergoes emergency shutdown », sur AP News, (consulté le )
- ↑ « Iran : reprise des activités de la centrale nucléaire de Bouchehr, après deux semaines d’arrêt », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Guerre en Iran : la centrale nucléaire de Bouchehr touchée par un projectile, cnews.fr, 18 mars 2026