Toshiba

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Toshiba Corporation
東芝株式会社
Image illustrative de l'article Toshiba
illustration de Toshiba

Création [1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Dates clés création : 1939 (nom actuel en 1984)
Fondateurs Hisashige Tanaka, Ichisuke Fujioka, Shoichi Miyoshi
Forme juridique Société anonyme
Slogan Leading innovation
Siège social Drapeau du Japon 1-1, Shibaura 1-chome Tokyo JaponVoir et modifier les données sur Wikidata (Japon)
Actionnaires MitsuiVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité électronique, téléphonie, informatique, audiovisuel et énergie nucléaire
Produits ordinateurs, disques durs externes, centrales nucléaires
Filiales Toshiba EMI
Toshiba Electrical Equipment
Toshiba Medical System
Toshiba Chemical
Toshiba Lighting and Technology
Toshiba Carrier Corporation
Effectif 202,638 (2011)
Site web http://www.toshiba.co.jp/worldwide/

Chiffre d’affaires en augmentation 50 milliards ( 2009)
quartier général de l'entreprise a Tokyo

Toshiba Corporation (株式会社東芝, Kabushiki-gaisha Tōshiba?, TSE : 6502, LSE : TOS) est un fabricant japonais de matériel électronique et informatique. C'est le plus grand fabricant de semi-conducteurs du Japon. En 2009, la société est le troisième fabricant mondial de semi-conducteurs, derrière Intel et Samsung, mais devant STMicroelectronics.

Cette entreprise est présidée par Hisao Tanaka [2]. En mars 2012 elle employait environ 210 000 personnes[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Toshiba est fondée à partir de la fusion de deux entreprises en 1939.

La première entreprise, Tanaka Seisakujo (« Manufactures Tanaka »), était le premier fabricant du Japon de matériel télégraphique. Elle fut fondée par Hisashige Tanaka en 1875. En 1904, le nom de la société fut modifié en Shibaura Seisakujo (« Manufactures Shibaura »). Durant la première moitié du XXe siècle, l'entreprise devint un fabricant majeur de machinerie lourde au Japon, et se modernisa pendant l'Ère Meiji, pour devenir une entreprise d'envergure internationale.

La seconde entreprise, nommée originellement Hakunetsusha, fut fondée en 1890. Elle était le premier producteur japonais de lampes à incandescence. L'entreprise se diversifia dans la fabrication d'autres produits de grande consommation, et elle fut renommée Tōkyō Denki (« Électricité de Tokyo ») en 1899.

La fusion en 1939 de Shibaura Seisakujo et Tōkyō Denki donna naissance à une nouvelle société baptisée Tōkyō Shibaura Denki. Elle fut bientôt surnommée Toshiba, mais ce n'est qu'en 1984 que l'entreprise fut officiellement appelée Toshiba Corporation.

De 1939 à 2000[modifier | modifier le code]

Micro-ordinateur Toshiba T1000 (1985)

Le groupe connut une très forte expansion, à la fois grâce à sa croissance interne mais aussi de par de nombreuses acquisitions, achetant des firmes du secteur primaire et de l'industrie lourde dans les années 1940 et 1950 et les transformant en filiales du groupe à partir des années 1970. Le groupe ainsi créé rassemble Toshiba EMI (1960), Toshiba Équipements Électriques (1974), Toshiba Chemins de Fer (1974), Toshiba Éclairage et Technologie (1989) et Toshiba Transports (1999).

En 1987, l'entreprise fut accusée de vente illégale de fraiseuses automatiques utilisées par l'Union soviétique pour produire des propulseurs sous-marins très silencieux, violant ainsi l'accord du CoCom. L'incident mit sous tension les relations entre les États-Unis et le Japon et eut comme conséquence la poursuite et l'arrestation de deux cadres supérieurs, ainsi que la prise de sanctions sur la société par les deux pays.

De 2000 à 2015[modifier | modifier le code]

En 2001, Toshiba signa un contrat avec Orion Electric, un des premiers OEM mondiaux dans le domaine de la fabrication d'équipements électroniques visuels, pour fabriquer et fournir le consommateur en matériel vidéo afin que Toshiba puisse satisfaire la demande croissante du marché Nord-américain.

En décembre 2004, Toshiba a annoncé qu'il arrêterait progressivement la fabrication de téléviseurs à tubes cathodiques.

En 2006, l'entreprise met un terme à sa production d'écrans plasma. La société transféra rapidement à Orion la production des téléviseurs cathodiques et plasma de marque Toshiba. Cependant, pour être présent et assurer sa future compétitivité sur le marché des écrans plats numériques, Toshiba a fait un investissement considérable dans une nouvelle génération de technologie d'affichage appelée SED.

Toshiba a racheté en 2007 la firme américaine Westinghouse Electric Company, spécialiste dans le domaine nucléaire (et qui avait cédé sa licence concernant les réacteurs à eau pressurisée en 1974 à Framatome, permettant aux Français de construire le parc nucléaire actuel).

En mai 2011, Toshiba acquiert Landis+Gyr pour l'équivalent de 2,3 milliard de dollars[4].

Le 31 août 2011, Sony annonce un accord avec Hitachi, Toshiba et INCJ portant sur la mutualisation des moyens de productions de dalles LCD de petites et moyennes tailles sous la forme d'une nouvelle entreprise appelée Japan Display[5].

En décembre 2012, Toshiba annonce être entré en négociations avec trois firmes pour la vente d'une participation allant jusqu'à 16 % du constructeur américain de centrales nucléaires Westinghouse Electric dont elle détient 67 % des parts[6].

Le 21 janvier 2014, Toshiba rachète la majorité des actifs de OCZ Technology et crée la société OCZ Storage Solutions avec ces actifs[7].

Scandale et activité récente[modifier | modifier le code]

En février 2015, des informations sont secrètement divulguées à la Commission de surveillance des échanges et des titres (CSCE), le gendarme de la bourse japonaise. Toshiba fait mention de problèmes comptables le 3 avril, puis nomme une commission indépendante composée d’avocats et de comptables pour enquêter sur le sujet. Le 20 juillet 2015, le rapport de la commission conclut que la direction du groupe a tout fait pour gonfler artificiellement ses profits de 152 milliards de yens (1,1 milliard d’euros) pendant sept ans. Norio Sasaki, vice-président et qui dirigea le groupe entre 2009 et 2013, le PDG Hisao Tanaka (en) puis Atsutoshi Nishida, dirigeant de 2005 et 2009 et membre du conseil d'administration, annoncent leur démission[8],[9].

Les employés du groupe auraient subi d’énormes pressions pour atteindre les objectifs de profits à court terme. Cette politique, baptisée « The Challenge », aurait été mise en place du temps d’Atsutoshi Nishida, après notamment l’onéreuse acquisition, en 2006, de la branche nucléaire de l’américain Westinghouse Electric. Le rapport a été transmis à la CSCE, qui va mener ses propres investigations et éventuellement recommander à l’agence des services financiers (FSA) d’imposer une amende à Toshiba. La FSA va également ouvrir une enquête sur EY Shinnihon, le cabinet d’audit qui signait les bilans de Toshiba. La bourse de Tokyo pourrait, de son côté, placer Toshiba sous surveillance, voire l’exclure des cotations. Les actionnaires pourraient engager des poursuites, au Japon et aux États-Unis, sous la forme d’un recours collectif[8].

En septembre 2015, le groupe annonce pour la période d’avril 2014 à mars 2015, une perte nette de 37,83 milliards de yens, soit 284 millions d’euros[10].

En octobre 2015, Toshiba vend ses activités dans les capteurs d'images à Sony pour 165 millions de dollars[11].

En décembre 2015, Toshiba se sépare de 6 800 employés et annonce une perte nette annuelle record de plus de quatre milliards d'euros[12]. Dans le même temps, Toshiba serait en discussion avec Fujitsu et VAIO pour fusionner leur activités de fabrications d'ordinateurs[13]. En mars 2016, Canon entre en négociation exclusive pour l'acquisition des activités médicales de Toshiba pour environ 6 milliards de dollars. Les activités médicales de Toshiba concernent notamment les IRM et les appareils à rayon X, alors Canon possède des activités dans les appareils à rayon X et les appareils d'ophtalmologie[14].

En décembre 2016, Toshiba annonce la découvert de pertes importantes, de plusieurs milliards de dollars, lié à l'acquisition d'activités de Chicago Bridge & Iron, en décembre 2015[15].

En 2017, Toshiba annonce une dépréciation de 5,9 milliards de dollars découlant de l'acquisition, fin 2015, de CB&I Stone & Webster par Westinghouse. Cette acquisition avait pour but d'éteindre les contentieux juridiques sur la construction des réacteurs AP1000 en chantier aux États-Unis, mais fin 2016 Westinghouse a revu en très forte hausse la charge de travail restante. Ces déboires dans la construction des premiers réacteurs de troisième génération sont très similaires à ceux d'Areva en Finlande et d'EDF à Flamanville[16].

Le 29 mars 2017, Toshiba approuve la mise en faillite de Westinghouse ; lesté de 9,8 milliards de dollars de dette et confronté à un enlisement de ses deux chantiers de construction de centrales nucléaires aux États-Unis, Westinghouse s'est formellement placé sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis dans l'espoir de négocier une restructuration avec ses grands créanciers[17],[18].

En avril 2017, Engie vend sa participation de 40 % dans Nugen, filiale spécialisée dans la construction de centrales nucléaires au Royaume-Uni, à Toshiba pour 139 millions d'euros[19].

Pratiques sociales en France[modifier | modifier le code]

Le , le journal L'Humanité met en cause les pratiques sociales de l’entreprise pour maintenir un contrat avec l’État avec le soutien de ce dernier.

Le , le journal Libération approfondit l’enquête en faisant un lien avec l’UMP dans cette affaire économico-politique.

Innovations[modifier | modifier le code]

La société, de par sa tradition de l'innovation, a été responsable de nombreuses premières technologiques au Japon dont, entre autres, le radar en 1942, le téléviseur à transistors et le four à micro-ondes en 1959, la visiophonie en 1971, l'IRM en 1982, les ordinateurs portables en 1986, la NAND EEPROM en 1991, le DVD en 1995 et le HD DVD en 2005.

Toshiba et Mitsui[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale, Toshiba était un membre du zaibatsu Mitsui. Aujourd'hui, Toshiba appartient au keiretsu Mitsui (ensemble d'entreprises, de domaines variés, entretenant entre elles des participations croisées), et a toujours bénéficié de rapports privilégiés avec la banque Mitsui et les autres membres du keiretsu. L'adhésion à un de ces groupes signifie traditionnellement fidélité envers les autres membres du même keiretsu ou à keiretsu allié. Cette loyauté peut même s'étendre, par exemple, au choix de la marque de bière consommée par les employés de l'entreprise, ce qui était le cas de Toshiba avec la marque japonaise Kirin.

Les filiales[modifier | modifier le code]

  • Mobile Broadcasting Corporation (MBCo) est une filiale de Toshiba qui s'occupait jusqu'en mars 2009 de diffuser du contenu audio et vidéo au Japon grâce au satellite MobaHo!. Cette filiale fut dissoute en mars 2009, pour un coût d'environ 200M$[20].

Produits[modifier | modifier le code]

Ordinateur portable Toshiba DynabookSS 3010 (1997)
Ordinateur portable Toshiba DynabookSS 3010 (1997)
Ram Video Toshiba (1992)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. http://www.toshiba.co.jp/worldwide/about/history.html
  2. Toshiba - Message from the President
  3. Toshiba - Corporate Data
  4. UPDATE 2-Toshiba to buy Swiss meter maker Landis+Gyr for $2.3 bln, Reuters, 19 mai 2011
  5. (en) Four Companies Sign Memorandum of Understanding Regarding Integration of Small- and Medium-Sized Display Businesses, Sony Corporation, 31 août 2011
  6. (fr) Toshiba va se délester de 16 % de Westinghouse, Les Echos, 27 décembre 2012
  7. « Toshiba Corporation Completes Acquisition of OCZ Technology Group's Assets and Launches New Subsidiary, OCZ Storage Solutions », Financial Post, (consulté le 22 janvier 2014)
  8. a et b Philippe Mesmer, « Les têtes tombent chez Toshiba sur fond de manipulation des comptes », Le Monde, le 21 juillet 2015
  9. Philippe Mesmer, « Toshiba : le scandale des bilans truqués va accélérer les restructurations », Le Monde, le 22 juillet 2015
  10. Cette nuit en Asie : le titre Toshiba s’enflamme malgré 284 millions d'euros de pertes, lesechos.fr, 7 septembre 2015
  11. Toshiba to sell sensor business to Sony for around $165 million: sources, Reiji Murai, Reuters, 24 octobre 20115
  12. Toshiba supprime 6800 postes et prévoit une perte record
  13. Toshiba pourrait supprimer 7.000 emplois, Les Échos, 14 décembre 2015
  14. Canon closes in on Toshiba's medical unit after fierce bidding, Junko Fujita et Makino Yamazaki, Reuters, 9 mars 2016
  15. Toshiba flags hit of 'billions of dollars' on U.S. nuclear acquisition, Makiko Yamazaki, Reuters, 27 décembre 2016
  16. Westinghouse, un pionnier du nucléaire en pleine tourmente, Les Échos, 15 février 2017.
  17. Nucléaire : Westinghouse, la filiale de Toshiba en faillite, Les Échos, 30 mars 2017.
  18. (en) Huge nuclear cost overruns push Toshiba's Westinghouse into bankruptcy, Tom Hals, Makiko Yamazaki et Tim Kelly, Reuters, 29 mars 2017
  19. Toshiba to buy Engie's 40 stake in NuGen for $139 million, Reuters, 4 avril 2017
  20. Article sur PC World
  21. World Buclear Association DataBase
  22. World Buclear Association DataBase