Magnox

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Magnox est un type de réacteur nucléaire à l'uranium métallique (non enrichi) modéré au graphite et refroidi au gaz carbonique. 12 réacteurs de ce type ont été construits au Royaume-Uni de 1953 à 1971, le premier à la centrale nucléaire de Calder Hall/Sellafield, et le dernier (unique Magnox encore en service en 2015) à la centrale nucléaire de Wylfa.

Schéma d'un réacteur nucléaire Magnox

Description[modifier | modifier le code]

Le nom du système provient de magnesium-non oxidising (litt. « magnésium inoxydable »), nom de l'alliage magnésium-aluminium utilisé pour gainer le combustible dans ce type de réacteur. Les réacteurs magnox utilisent du dioxyde de carbone CO2 comme caloporteur, du graphite comme modérateur et de l'uranium métallique non-enrichi comme combustible.

Le premier réacteur Magnox de Calder Hall était conçu pour produire du plutonium pour l'arsenal nucléaire du Royaume-Uni. La production de plutonium à partir de l'uranium dans une pile atomique produit une grande quantité de chaleur qui peut être utilisée pour produire de la vapeur, puis de l'électricité[1]. Le réacteur de Calder Hall était peu efficace, avec un rendement de seulement 18,8%[2].

En tout, 11 centrales nucléaires totalisant 26 réacteurs ont été construites au Royaume-Uni, où ce type de réacteur fut conçu. De plus, un exemplaire fut exporté au Japon et un autre en Italie. La Corée du Nord a aussi développé son propre réacteur magnox basé sur la conception anglaise, qui fut rendue publique lors de la conférence Atoms for Peace.

À ce jour un seul réacteur qui a été mis en service en 1971, est encore en exploitation (Wylfa 1). Tous les autres sont à l'arrêt et l'industrie nucléaire s'emploie à les démanteler. A titre d'exemple, trois ans ont été nécessaires pour retirer et retraiter le combustible nucléaire usé, puis vingt ans pour réaliser, fin 2010, la mise sous scellés des réacteurs de la centrale nucléaire de Berkeley[3].

Liste des réacteurs[modifier | modifier le code]

La première centrale nucléaire de type magnox, la centrale nucléaire de Calder Hall/Sellafield (1956-59/2003), a été la plus ancienne tranche nucléaire couplée au réseau électrique au monde[4].

Nom Puissance
nette
Date de
début de
construction
Date de
couplage
au réseau
Date de début
d'exploitation
commerciale
Électricité produite Date de
mise
à l'arrêt
Calder Hall-1 49 MWe 1953 1956 1956 14,0 TWh 2003
Calder Hall-2 49 MWe 1953 1957 1957 14,0 TWh 2003
Calder Hall-3 49 MWe 1955 1958 1958 14,0 TWh 2003
Calder Hall-4 49 MWe 1955 1959 1959 14,0 TWh 2003
Chapelcross-1 48 MWe 1955 1959 1959 14,2 TWh 2004
Chapelcross-2 48 MWe 1955 1959 1959 14,2 TWh 2004
Chapelcross-3 48 MWe 1955 1959 1959 14,2 TWh 2004
Chapelcross-4 48 MWe 1955 1960 1960 14,2 TWh 2004
Berkeley-1 138 MWe 1957 1962 1962 21,0 TWh 1989
Berkeley-2 138 MWe 1957 1962 1962 21,6 TWh 1988
Bradwell-1 123 MWe 1957 1962 1962 27,2 TWh 2002
Bradwell-2 123 MWe 1957 1962 1962 27,2 TWh 2002
Hunterston A-1 150 MWe 1957 1964 1964 28,7 TWh 1990
Hunterston A-2 225 MWe 1957 1964 1964 28,7 TWh 1989
Hinkley Point A-1 235 MWe 1957 1965 1965 46,5 TWh 2000
Hinkley Point A-2 235 MWe 1957 1965 1965 46,5 TWh 2000
Latina 153 MWe 1958 1963 1964 25,5 TWh 1987
Trawsfynydd-1 195 MWe 1959 1965 1965 35,2 TWh 1991
Trawsfynydd-2 195 MWe 1959 1965 1965 35,2 TWh 1991
Dungeness A-1 225 MWe 1960 1965 1965 59,2 TWh 2006
Dungeness A-2 225 MWe 1960 1965 1965 60,7 TWh 2006
Tōkai 1 137 MWe 1961 1965 1966 28,2 TWh 1998
Sizewell A-1 210 MWe 1961 1966 1966 56,8 TWh 2006
Sizewell A-2 210 MWe 1961 1966 1966 53,3 TWh 2006
Oldbury A-1 217 MWe 1962 1967 1968 62,3 TWh 2012
Oldbury A-2 217 MWe 1962 1967 1968 65,6 TWh 2011
Wylfa 2 490 MWe 1961 1971 1971 109,3 TWh 2012
Wylfa 1 490 MWe 1963 1971 1971 123,2 TWh 2015 (prévision)
Taechon 200 MWe 1980 1985  ?  ? 1994

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Calder Hall Power Station », ?, The Engineer,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Nuclear Energy Encyclopedia: Science, Technology, and Applications, Wiley,‎ (ISBN 978-1-118-04347-9), p. 28
  3. « Les réacteurs de Berkeley, symboles de la complexité et du coût du démantèlement », sur http://www.lemonde.fr,‎ (consulté le 30 juin 2015)
  4. (en) « International Atomic Energy Agency », sur http://www.iaea.org (consulté le 30 juin 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]