Jeux vidéo sous Linux

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Il existe de nombreux jeux vidéo sous GNU/Linux, gratuits ou payants, libres ou propriétaires. Traditionnellement, GNU/Linux est surtout utilisé sur des serveurs, mais ses créateurs et contributeurs le développent pour qu'il puisse être utile à un grand public, notamment via les ordinateurs de bureau, où le jeu est une activité populaire.

Il y a de nombreux jeux libres depuis le début de la plateforme, mais c'est seulement depuis 2013 que Valve a aidé à amener plus de 2000 jeux propriétaires[1] via son magasin Steam, dont beaucoup de grands succès commerciaux.

Certains joueurs utilisent des programmes implémentant l'API Windows sous Linux. Il en existe plusieurs implémentations, dont certaines spécialement pour les jeux, permettant ainsi de faire fonctionner de nombreux jeux conçus pour Windows, dans des environnements comme Cedega et WINE. D'autres utilisent parallèlement Windows sur le même ordinateur grâce au multiboot ou à la virtualisation.

Historique des jeux vidéo sous Linux[modifier | modifier le code]

Les grands jeux vidéo commerciaux sous un autre système d'exploitation que ceux de distribués pour Microsoft Windows ont été rares pendant très longtemps, ce qui s'explique par la situation quasi-monopolistique de cet OS sur le marché des ordinateurs de bureaux ou des laptops. La part de marché de Windows était de 95 % en 2007, et a légèrement baissé pour atteindre 92 % en 2013[2]. Partant de ce constat, les entreprises développant des jeux vidéo privilégient naturellement la plate-forme Windows puisqu’elle touche la quasi-totalité des acheteurs potentiels, mais également parce que Windows fait office de normalisation. Ce choix engendre également des économies d'échelle et de conception; un jeu n'est développé que pour une plate-forme et vendu en grand nombre, tandis que parallèlement, les coûts de portage sur d'autres systèmes d'exploitation sont nuls. Dans le même ordre d'idée, les constructeurs, notamment de cartes graphiques suivaient le même raisonnement pour leurs pilotes graphiques. Cette situation de monopole s'est auto-entretenue jusqu'à la fin des années 2000, privant les OS alternatifs, autant Linux que Mac OS de la disponibilité de gros titres commerciaux.

Néanmoins, Apple connaît un succès croissant sur plusieurs de ses produits, notamment ses ordinateurs, préférés entre autres pour l'interface et la meilleure stabilité supposée. Cela a poussé Steam, la plus grande plate-forme de distribution de jeux vidéo en ligne, à développer une version pour Mac OS X en 2010[3].

Le co-fondateur de Valve, Gabe Newell: "Linux et l'open-source sont le futur du jeu-vidéo".[4]

Quant à Linux, la situation ne change pas en termes de part de marché, mais la politique de Microsoft pousse Steam à faire de même avec Linux, en se basant sur Ubuntu comme OS référent. En effet, selon le PDG Gabe Newell, « Windows 8 est une catastrophe »[5]. Cette catastrophe s'explique en grande partie par deux stratégies de Microsoft. Premièrement, l'orientation vers l'interface tactile à outrance, jugée impropre aux jeux vidéo selon lui : « Le tactile, c'est sympa sur un téléphone, mais ce n'est pas du tout adapté au jeu vidéo tel que nous l'aimons »[6]. La deuxième stratégie rejetée est celle de la fermeture de Windows 8, toujours plus verrouillé, ce qui aurait tendance à nuire à la fois à Windows 8 lui-même, mais surtout aux jeux vidéo, et plus particulièrement à Steam[7]. À ce propos, il ajoute qu'« En regardant cette plateforme chez Valve, on n'a de cesse de penser qu'elle est trop fermée. Nous sommes des passagers clandestins, on aime bénéficier de tout le PC et de tout Internet, sans limites ni blocages. Or Windows 8, ce n'est pas une plateforme ouverte »[6]. C'est à cette époque que Valve commence à développer SteamOS, une distribution Linux orientée jeux vidéo en optimisant l'intégration de Steam.

Selon d'autres analyses, il s'agirait plus précisément de la mise en place du Windows store qui concurrencerait déloyalement Steam[5], tout en imposant illégitimement des restrictions en vertu de la position dominante de Microsoft, avant tout maître de son système d'exploitation. Plus généralement, il est fréquemment constaté que Windows 8 est un produit de Microsoft à la fois peu populaire et peu installé.

Un autre grand acteur du jeux vidéo contribue également au changement dans ce domaine; Nvidia, leader du marché des circuits graphiques revoit sa politique de publication des pilotes en faveur du monde du logiciel libre. En effet, son grand concurrent AMD a remporté le marché des cartes graphiques équipant les nouvelles consoles de jeux vidéo, à la fois la PlayStation 4 de Sony et la Xbox One de Microsoft. Pour compenser ce cuisant désastre, Nvidia cherche donc à s'ouvrir un nouveau marché en développant plus volontairement ses pilotes graphiques pour Linux (et donc SteamOS), dont les joueurs pourraient être de futurs clients[8],[9].

Cette période de bouleversement se poursuit avec l'annonce en octobre 2013 d'Electronic Arts, par l'intermédiaire de DICE de porter le moteur de jeu Frostbite 3 sur Linux, avec peut-être la possibilité ultérieure de jouer à Battlefield sous Linux[10].

Pendant l'annonce de SteamOS, à la LinuxCon 2013 à Édimbourg, Linus Torvalds a dit[11] « J’aime les annonces SteamOS » et « Je pense que c’est une chance qui pourrait vraiment aider Linux sur les ordinateurs de bureau ».

Depuis 2014, le jeu sur Linux connaît un grand saut grâce à Valve et son SteamOS : le système d'exploitation Linux conçu pour jouer.

Grâce aux efforts de Valve, de nombreux jeux vidéo grand public comme Left 4 Dead, Portal ou Half-Life sont maintenant disponible sur SteamOS, Debian, tous ses dérivés comme Ubuntu ou Linux Mint et de manière générale sur tous les systèmes linux.

Jeux libres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de jeux vidéo libres.

Les jeux vidéo libres sont des jeux qui peuvent être modifiés et redistribués sans condition, souvent sous licence GPL, et font partis du mouvement du logiciel libre. De plus en plus de jeux en tous genres font leur apparition dans cette famille, mais les plus connus sont ceux mettant en vedette Tux (Tux Racer et SuperTux), 0 A. D. et The Battle for Wesnoth.

Jeux propriétaires[modifier | modifier le code]

Certains jeux sont développés dans le but d'être multi-plateformes, alors que d'autres résultent d'un portage de l'éditeur du jeu sur la plate-forme Linux. Ces derniers sont potentiellement moins optimisés que sur leur plateforme originale et peuvent offrir de moins bonnes performances. Feral Interactive est un des plus gros éditeurs de ports de jeux sous Linux.

Cointrairement aux jeux libres sont quasiment tous gratuits, la plupart des jeux propriétaires sont payants. Certains viennent également avec des restrictions numériques en plus de ne pas offrir à leur utilisateur les libertés qu'un jeu libre permet d'obtenir pour ce qui est de la libre redistribution et modification du code[12]. Les éditeurs de jeux ne rendent disponibles leurs produits que très rarement sous Linux (non pas que cela soit techniquement impossible, mais ils considèrent que cela est trop peu intéressant pour eux au niveau commercial). De plus, ils se cantonnent généralement à des binaires pour processeurs x86. [réf. nécessaire]

Outils[modifier | modifier le code]

Divers outils, gratuits ou payants permettent de faire marcher beaucoup d'autres jeux, natifs Windows ou DOS sous Linux (Warcraft 3, Diablo 2…) :

  • Wine : libre & gratuit, implémente les couches logicielles nécessaires a l'exécution des jeux Windows. Il gère maintenant une grande partie de DirectX ainsi que le support de certaines protections de jeu ;
  • Cedega : implémente la quasi-totalité de DirectX ainsi que toutes les protections de jeux. Il est payant pour la version en package (RPM et DEB), mais la version CVS, qui ne contient pas d'interface graphique ni de code pour passer les systèmes de protection de jeux, est gratuite. Il était appelé WineX ;
  • ScummVM : interpréteur (Scumm Virtual Machine) qui permet de faire fonctionner les jeux d'aventure basés sur le moteur de rendu scumm et qui fonctionnaient anciennement sous MS-DOS ;
  • DosBox : c'est un émulateur qui lance un environnement DOS. Il permet de faire tourner de vieux jeux MS-DOS comme The Incredible Machine ;
  • PlayOnLinux : programme graphique basé sur Wine qui permet d'installer et de lancer des jeux (mais aussi des logiciels) plus facilement.
  • GemRB : C'est une implémentation Open source du moteur de BioWare le Infinity Engine qui permet de jouer sur Linux aux vénérables Baldur's Gate, Planescape: Torment ou encore Icewind Dale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Recherche Steam », sur store.steampowered.com (consulté le 5 juillet 2016)
  2. Stéphane le calme, « Parts de marché des OS : Windows 8 enregistre de modestes gains », sur developpez.com,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  3. Guénaël Pépin, « Jeu vidéo : Steam débarque sur Mac OS X », sur zdnet,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  4. (en) « Gabe Newell: Linux is the future of gaming, new hardware coming soon », Ars Technica,‎ (consulté le 27 février 2015)
  5. a et b Guénaël Pépin, « Pour le patron de Valve, « Windows 8 est une catastrophe » », sur zdenet.fr,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  6. a et b Mathieu Chartier, « Windows 8 : "une catastrophe" pour Gabe Newell (Valve) », sur pcworld.fr,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  7. Julien L., « Le patron de Valve voit l'avenir du jeu vidéo dans Linux », sur numerama.com,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  8. « Icone Valve Software Valve va-t-il profondément modifier le jeu vidéo sur PC ? », sur zeden.net,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  9. « Nvidia et Linux : vers un rapprochement ? », sur generation-gpu.fr,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  10. Mathieu Chartier, « DICE va porter son Frostbite 3 (et Battlefield) sur Linux », sur pcworld.fr,‎ (consulté le 16 octobre 2013)
  11. « http://www.01net.com/editorial/606188/pour-linus-torvalds-steam-os-aidera-vraiment-linux-sur-les-pc-de-bureau/ »,‎ (consulté le 25 octobre 2013)
  12. « Des jeux non libres avec DRM sur GNU/Linux : bon ou mauvais ? »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

- (en) Base de donné de jeux vidéos pour Linux