Infocom

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Infocom est une société de développement localisée à Cambridge dans le Massachusetts aux États-Unis qui a produit une quantité importante de fictions interactives (aussi connu sous le nom de jeu d'aventure textuel), destinés aux ordinateurs. La société a aussi produit une application pour le monde de l'entreprise, une base de données relationnelle appelé Cornerstone. Infocom a été fondée le par du personnel du MIT et des étudiants menés pas Dave Lebling, Marc Blank, Al Vezza, et Joel Berez. Elle est restée indépendante jusqu'en 1986, puis a été achetée par Activision. Activision a finalement fermé sa division Infocom en 1989, bien qu'elle ait libéré quelques titres dans les années 1990 sous l'appellation Infocom Zork.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1977, deux amis, Dave Lebling et Marc Blank, alors étudiants au Laboratory for Computer Science du Massachusetts Institute of Technology, découvrent Colossal Caves Adventure, le jeu de Crowther et Woods. Après avoir complété l'aventure, ils sont rejoints par Tim Anderson et Bruce Daniels et se mettent à réfléchir à la conception d'un jeu similaire. Leur première production, Zork, voit le jour elle-aussi sur un mini-ordinateur PDP 10 et se répand très rapidement par le réseau ARPAnet. Le succès est immédiat et cette version, qui atteindra la taille d'un mégaoctet, énorme pour l'époque, connaîtra des mises à jour jusqu'en 1981.

Les études arrivant à leur terme, les étudiants du Laboratory for Computer Science décident de rester ensemble et de former une compagnie. Finalement, Infocom est créé le 22 juin 1979 par Tim Anderson, Joel Berez, Marc Blank, Mike Broos, Scott Cutler, Stu Galley, Dave Lebling, J. C. R. Licklider, Chris Reeve et Al Vezza. Très rapidement l'idée de diffuser Zork leur vient à l'esprit, mais sa taille interdit le portage en l'état vers les micro-ordinateurs de l'époque, l'Apple II et le TRS 80, les cibles potentielles, ne dépassant pas 16 Ko de RAM. Ils conçoivent alors un langage de programmation spécial, ZIL (un sous-ensemble de MDL), qui produit des jeux compilés pour une machine virtuelle, la Z-machine ; la Z-machine est alors rapidement portée sur TRS-80 et sur Apple II, puis sera portée sur une douzaine d'autres plateformes, rendant les jeux Infocom disponibles pour une grande variété de micros.

La taille de Zork étant toujours trop grande pour les micros de l'époque, le jeu est alors découpé en 3 parties. En novembre 1980, Zork I est disponible pour PDP 11, un mois plus tard, il sort sur TRS-80 et plus de 1500 copies sont vendues entre cette date et septembre 1981. Cette même année, Bruce Daniels finalise la version pour Apple II et plus de 6 000 copies s'ajoutent aux ventes. Toutes plates-formes confondues, Zork I finira par se vendre à plus d'un million d'exemplaires.

La société continue ses développements d'aventures textuelles tout en ouvrant une section pour développer des logiciels professionnels (l'outil de base de données Cornerstone), section qui ne sera jamais rentable et fera perdre énormément de temps et d'argent à la société. Des jeux jugés de grande qualité, aux scénarios travaillés, avec un analyseur syntaxique inégalé, à la documentation soignée et faisant partie intégrante du jeu, se succèdent, touchant tous les genres. Cependant, les ventes sont en perte de vitesse aux alentours de 1986, sans doute à cause de la popularisation des graphismes. Infocom, sous la pression d'Activision qui venait de les racheter, tente alors d'endiguer les pertes en sortant un plus grand nombre de jeux[1], et finit par essayer d'intégrer les graphismes à partir de 1987. Ce ne sera pas assez pour redresser la barre ; en 1989, Infocom ne compte plus que 10 employés, alors qu'à son apogée, la société occupait jusqu'à 100 personnes au développement de ses jeux.

Les produits développés après 1989 sous le nom d'Infocom, n'ont aucun lien avec l'équipe originale.

En France[modifier | modifier le code]

Il semblerait que les jeux d'Infocom n'ont jamais été traduits de l'anglais ; cependant, certains étaient disponibles en France, comme l'attestent plusieurs commentaires dans des magazines français de l'époque[2]. Ces jeux semblaient bénéficier d'une bonne réputation, et étaient recommandés aux lecteurs ; on peut également noter que le "jeu du mois" du numéro d'avril 1984 de SVM était Infidel. Cependant, la Z-machine n'a jamais été portée sur Amstrad CPC ou Oric, plus populaires en Europe qu'aux États-Unis ; ainsi, beaucoup de jeux ne sortirent que plus tard, sur l'Atari ST. Dans tous les cas, les jeux Infocom ne se sont pas bien vendus en France[3].

Les jeux d'aventures développés[modifier | modifier le code]

Seules les trois dernières sont des aventures graphiques
  • Zork I: The Great Underground Empire (1980)
  • Zork II: The Wizard of Frobozz (1981)
  • Zork III: The Dungeon Master (1982)
  • Beyond Zork (1987)
  • Zork Zero: The Revenge of Megaboz (1988)
  • Enchanter (1983)
  • Sorcerer (1984)
  • Spellbreaker (1985)
  • Deadline (1982)
  • Starcross (1982)
  • Suspended (1983)
  • The Witness (1983)
  • Planetfall (1983)
  • Infidel (1983)
  • Seastalker (1984)
  • Cutthroats (1984)
  • The Hitchhiker's Guide to the Galaxy (1984)
  • Suspect (1984)
  • Wishbringer: The Magick Stone of Dreams (1985)
  • A Mind Forever Voyaging (1985)
  • Ballyhoo (1985)
  • Trinity (1986)
  • Leather Goddesses of Phobos (1986)
  • Moonmist (1986)
  • Hollywood Hijinx (1986)
  • Bureaucracy (1987)
  • Stationfall (1987)
  • The Lurking Horror (1987)
  • Nord and Bert Couldn't Make Head or Tail of It (1987)
  • Plundered Hearts (1987)
  • Border Zone (1987)
  • Sherlock: The Riddle of the Crown Jewels (1987)
  • James Clavell's Shogun (1989, aventure graphique)
  • Journey (1989, aventure graphique)
  • Arthur: The Quest for Excalibur (1989, aventure graphique)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jimmy Maher, ... And Into the Fire
  2. Hugo Labrande, Racontons une histoire ensemble : histoire et caractéristiques de la fiction interactive francophone, Transcript in Press, 2010 (disponible ici)
  3. ST Magazine, test de Bureaucracy, page 54.