Les Vacances de monsieur Hulot

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Les Vacances de monsieur Hulot
Description de cette image, également commentée ci-après

L'« Hôtel de la Plage » à Saint-Marc-sur-Mer,
lieu de tournage des extérieurs du film.

Réalisation Jacques Tati
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Durée 114 min / 89 min
Sortie 1953

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Vacances de monsieur Hulot est un film français réalisé par Jacques Tati, tourné en 1951 et 1952 et sorti en 1953.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Monsieur Hulot arrive en vacances dans un paisible hôtel familial au bord de la mer. Il se montre maladroit et commet de nombreuses bourdes. À travers différentes anecdotes, le film présente une galerie de types de vacanciers (à une époque où les vacances à la mer deviennent le rite annuel). À la fin de leur séjour, les vacanciers repartent sans que rien d'important ne se soit passé…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Statue de Monsieur Hulot (en haut à g.) à Saint-Marc-sur-Mer.

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs non crédités :

Le tournage et les différentes versions[modifier | modifier le code]

Avant la guerre, lors d'une visite chez des amis de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), M. et Mme Lemoine, installés près de la plage de Port Charlotte, Tati est séduit par la plage de Saint-Marc-sur-Mer, station balnéaire nazairienne située à 7 km au sud-ouest du Centre ville. Il décide d'y revenir un jour pour tourner un film.

Le tournage des extérieurs a lieu à partir de la fin juin 1951 à Saint-Marc et s'y poursuivit jusqu'au mois d'octobre de la même année. Il loge alors dans une villa de Saint-Marc dite « Le Château » avec son équipe et dans laquelle a été tournée la scène de la partie de tennis[3]. Tati a utilisé divers lieux de la station : la plage, avec son « Hôtel de la plage » (équipé d'une fausse entrée), le cimetière. Les scènes intérieures ont été tournées dans les studios de Boulogne, à Boulogne-Billancourt au cours de l'année 1952.

Les premiers plans du film ont été tournés à la gare d'Argentan[4],[5].

La population de Saint-Marc a participé au film, mais dans une moindre mesure que celle de Sainte-Sévère-sur-Indre pour Jour de fête.

Le film ne cite pas le nom de Saint-Marc (sauf sur le plan final, grâce à un tampon de la poste en incrustation), contrairement à celui de Sainte-Sévère qui apparaît explicitement dans un plan de Jour de fête.

Jacques Tati a réalisé un nouveau montage et une nouvelle bande-son en 1963. En 1978, il est revenu à Saint-Marc pour tourner une scène de naufrage qui parodiait le film de Steven Spielberg, Les Dents de la mer.

La dernière édition en DVD est parue fin 2009. Elle propose la version 1978 restaurée, image et son, et la version 1953, image remastérisée et son restauré. Cette version existe aussi en Blu-ray. Elle a cette particularité d'être très raccourcie, puisque, de 1 heure et 54 minutes à l'origine, elle ne dure plus, avec les annonces de début et de fin, que 1 heure, 28 minutes et 21 secondes.

Monsieur Hulot[modifier | modifier le code]

Nicolas Hulot a indiqué que c'est son grand-père qui a inspiré à Tati le nom de son personnage : « Enfant, je l'avais entendu dire par mes parents. Pour en avoir le cœur net, j'ai appelé la fille du cinéaste et j'ai pu reconstituer toute l'histoire. Mon grand-père était l'architecte de l'immeuble dans lequel habitait Jacques Tati. Chaque fois qu'il y avait un problème, la gardienne lui disait: « Il faut appeler Monsieur Hulot ! » Cela revenait comme un leitmotiv. Il semble que mon grand-père avait une silhouette particulière, qui a frappé Tati. Aussi, lorsqu'il a créé son célèbre personnage, il s'est souvenu du nom et a demandé l'autorisation de l'utiliser[6],[7]. »

La voiture de Monsieur Hulot[modifier | modifier le code]

Par son expressivité et son omniprésence, l'étique guimbarde de Monsieur Hulot est un personnage à part entière des Vacances. Cette voiture est à l'origine une « Voiturette André Lombard » de type 3 (VAL 3) et de marque Salmson qu'André Pierdel, chargé des effets spéciaux, avait modifiée pour les besoins du film, ainsi que le rapporte Stéphane Pajot : « Normalement, explique Pierdel, la vraie voiture avait les ailes arrondies. Je les ai coupées droites, puis on a rajouté une roue de secours sur le côté avec une corne à poire. Tati voulait qu'elle soit plus marrante et qu'elle pétarade. En fait, j'étais planqué dans le coffre avec un tuyau et du talc. Un moment, un paquet de talc est tombé sur la route mais on ne s'en aperçoit pas. Pour qu'elle ait un côté encore plus ridicule, on a rajouté le filet, la canne à pêche… »[8]

D'après Jean-Philippe Guérand, la VAL3 ainsi mutilée pour les besoins comiques du film avait en réalité connu son heure de gloire : elle aurait en effet gagné en 1927 le Bol d'or de Saint-Germain-en-Laye en atteignant la vitesse de quatre-vingts kilomètres à l'heure[9].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Valentine Camax sur le site Wikimanche.fr
  2. (en) Pierre Aubert sur l’Internet Movie Database
  3. Chroniques de Saint-Nazaire - Le château de Saint-Marc
  4. Ouest-France.fr édition d'Argentan
  5. (en) Les trains de M. Hulot
  6. Monsieur Hulot sur l'Express.fr (en archive)
  7. Jean-Louis Beaucarnot, Le Tout-Politique, éditions de l'Archipel,
  8. Stéphane Pajot, Les vacances de Monsieur Tati : Hulot à Saint-Marc-sur-Mer, D'Orbestier, 2003, page 76
  9. Jean-Philippe Guérand, Jacques Tati, Gallimard, 2007, p. 123

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Kermabon, Les Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati, Yellow Now, Crisnée, Belgique, 1988, réédition actualisée 2009
  • Stéphane Pajot, Les Vacances de Monsieur Tati, Hulot à Saint-Marc-sur-Mer, Éditions d'Orbestier, Le Château d'Olonne, 2003, 125 pages (ISBN 2842380576 et 9782842380571)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]