Les Mirabelles

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Les Mirabelles sont une troupe de théâtre travestie française active à la fin des années 1970 au début des années 1980, essentiellement autour de Aix-en-Provence.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1974, des garçons issus de l'Institut de Formation de Comédien-Animateur et du Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire créent le spectacle Les Mirabeaux boys présentent les Mirabelles girls[1]. La troupe se compose de Limande Germaine, Ginette Plumetis, Nini Crépon, Marie Bonheur et Loulou Bonheur[2]. Puis, le théâtre du Centre, à Aix-en-Provence, les accueille pour leur spectacle Fauves[3].

En 1975, le groupe militant homosexuel les Gazolines interrompent la première parisienne du spectacle Fauves à coup de cri et de lançage de poudre de riz[2]. François Jonquet explique l'animosité entre les deux groupes ainsi : « Les gazolines n’aimaient pas trop celles qui osaient remettre à sa place leur platitude parisienne. »[2].

Le groupe se produit au gala de fin de l'université d'été homosexuelle, à Marseille, en 1979, mais aussi au théâtre parisien La Cours des Miracles[4].

Charles Berling rejoint la troupe en 1982, pour une comédie musicale jouée au festival Off d'Avignon[5].

Style[modifier | modifier le code]

Les Mirabelles proposent des spectacles inspirés de l'univers des comédies musicales et du cabaret, où l'humour gay effeminé, folle, sert un propos libérateur et révolutionnaire dans un style camp[1]. Frédéric Martel qualifie leurs spectacles de drag shows[3].

Résolument travesti, le groupe écrit des chansons qui se moquent des femmes trans, notamment des implants mammaires[2].

En dehors de leurs spectacles, le groupe se retrouve régulièrement au café 2G, situé Cours Mirabeau et lieu de rencontre homosexuel d'Aix-en-Provence, où il paradaient en tenue travestie[3].

Spectacles[modifier | modifier le code]

  • Les Mirabeaux boys présentent les Mirabelles girls, 1974[1]
  • Fauves, 1975[1]: dans ce spectable, la troupe reprend les rôles des fauves, se retrouvant dans des cages où ils sont fouettés en étant nus[3]
  • Berceuses d'orage, 1976[1]
  • Les Guérilleroses, 1976[1]
  • Passage hagard[3]
  • Blanchisserie blanche, 1981[6]
  • Les oiseaux de nuit[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Olivier Neveux, « Ne me libère pas, je m’en charge », dans Théâtres en lutte : le théâtre militant en France des années 1960 à aujourd'hui, La Découverte, impr. 2007 (ISBN 978-2-7071-4977-0 et 2-7071-4977-2, OCLC 421733472, lire en ligne)
  2. a b c et d François Jonquet, Jenny Bel'Air : une créature ; biographie, dl 2021 (ISBN 978-2-7578-8753-0 et 2-7578-8753-X, OCLC 1259388930, lire en ligne), p. 318
  3. a b c d e et f Frédéric Martel, « The Militant Explosion », dans The pink and the black : homosexuals in France since 1968, Stanford University Press, (ISBN 0-8047-3273-6, 978-0-8047-3273-4 et 0-8047-3274-4, OCLC 42643256, lire en ligne)
  4. Christian De Leusse, « Les Mirabelles », sur Mémoire des sexualités, (consulté le )
  5. « Charles Berling : « dans le théâtre subventionné, on méprisait le cinéma. » », sur L'Obs, (consulté le )
  6. Olivier Neveux, « C'est fini », dans Théâtres en lutte : le théâtre militant en France des années 1960 à aujourd'hui, La Découverte, impr. 2007 (ISBN 978-2-7071-4977-0 et 2-7071-4977-2, OCLC 421733472, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]