La Communauté des chrétiens

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Autel d'une chapelle de la Communauté des Chrétiens à Helsinki

La Communauté des chrétiens (en allemand Die Christengemeinschaft), mouvement pour un renouveau religieux, est une Église chrétienne, qui se déclare proche de l'Anthroposophie mais se présente comme une communauté cultuelle de pleine autonomie. Elle fut fondée le 16 septembre 1922 à Dornach (Suisse) par un groupe de 45 théologiens, prêtres et étudiants principalement issus du milieu évangéliste sous la direction de Friedrich Rittelmeyer, et à partir de suggestions de Rudolf Steiner qui fut le concepteur du rituel.

La Communauté des chrétiens est dirigée par un cercle collégial.

Extension[modifier | modifier le code]

La Communauté des chrétiens est présente dans 32 pays et compte, à travers le monde, environ 35 000 membres.

En Allemagne, on trouve environ 140 communautés, en Suisse, 14, et en Autriche, 6. Il existe aujourd'hui des communautés sur les 5 continents de la Terre. En Allemagne, la Communauté comptait en 2002 environ 10 000 membres ainsi que 50 000 sympathisants[1]. D'autres sources indiquent 20 000 membres[2]. Il est à remarquer qu'à la Communauté des Chrétiens, les enfants baptisés ne sont pas décomptés comme membres. Seuls peuvent l'être des adultes aptes à se positionner eux-même[3].

En Suisse, la Communauté des chrétiens est implantée à Aarau, Bâle, Berne, Bienne, Lucerne, les Grisons, Genève, Kreuzlingen, Lausanne, Schaffhouse, Saint-Gall, Losone, Lugano et Zurich[4].

Actuellement, cinq prêtres œuvrent en France, dans des communautés bien implantées, à Paris, Strasbourg et Colmar, et prennent aussi en charge des communautés plus modestes, dans l’Allier (Moulins), à Troyes, à Bruxelles et à Alès. On décompte en 2015 en France environ 350 membres adhérents et un nombre bien supérieur, difficile à évaluer, d'amis et participants occasionnels. La revue "Perspectives chrétiennes", qui paraît quatre fois par an, reflète par des articles et des commentaires, les activités et l’approche originale de la vie spirituelle de la Communauté des chrétiens[5].

Il existe depuis 1933 à Stuttgart un séminaire des prêtres, depuis 2001 aussi à Hambourg, et depuis 2003, il en existe un aux U.S.A., d'abord à Chicago, et maintenant à Spring Valley, New York.

Doctrine[modifier | modifier le code]

La Communauté des chrétiens affirme vouloir offrir, sans dogme ni doctrine morale, la possibilité de mener sa recherche personnelle, en vue d'une conscience grandissante, dans la vie, de la présence du Christ ressuscité.

Il n'existe pas de doctrine officielle contraignante : il n'y a pas de "corps enseignant" et les recteurs n'exercent pas d'autorité doctrinale vis à vis des prêtres (dans la mesure où ils sont sacramentellement ordonnés). Tous les prêtres disposent d'une liberté d'enseignement et sont pleinement considérés comme des représentants de la Communauté des Chrétiens  „aussi longtemps qu'ils ne sont pas en contradiction avec les cultes qu'ils exercent[6].

Pour sa façon de concevoir le christianisme, la Communauté des chrétiens s'appuie d'une part sur l'ensemble de la tradition chrétienne, et d'autre part, essentiellement sur l'Anthroposophie, qui, en accord avec le Nouveau Testament, voit dans la mort et la résurrection de Jésus Christ l’événement central et décisif de l'histoire de l'humanité. En Allemagne, elle est la seule communauté ecclésiale chrétienne qui intègre le corpus idéel ouvert de l'anthroposophie dans sa façon d'envisager les questions religieuses. Elle considère qu'elle se place, dans l'évolution du christianisme, "à l'aube d'une troisième grande période du christianisme"[7].

Les textes de sa liturgie, avec son credo renouvelé, sont issus des formulations de Rudolf Steiner et sont considérés comme intangibles.

Démarcation d'avec la tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Christologie[modifier | modifier le code]

Le Christ, dans la liturgie[8] est considéré comme le fils de Dieu – au sein de la Trinité: Père, Fils et Saint-Esprit. L'Esprit-Saint a, selon le Credo – „préparé le fils de Marie à devenir la demeure du Christ“; Le Christ fut crucifié, puis il ressuscita, et est „depuis ce temps“ „le régent sur la Terre des forces du ciel“ et „il accomplit les actes du Père, fondement de l'Univers“.

Selon certains théologiens de la Communauté des Chrétiens, il faut entendre par là que, en désaccord avec ce qu'enseigne la tradition chrétienne, le Christ s'est incarné pendant trois ans en Jésus de Nazareth et qu'il a ainsi vécu la mort terrestre. Après avoir surmonté la mort sur la croix, il est devenu le "moi" de la Terre renouvelée, dont l'aura s'est modifiée et qui a dès-lors amorcé son chemin de spiritualisation. Le retour du Christ s'effectue par étapes, d'abord dans l'éthérique, puis dans l'astral, et pour finir, en tant que Christ cosmique.

Image de l'homme et rédemption[modifier | modifier le code]

Le Credo dit du Christ qu'il est celui par lequel les êtres humains peuvent "contribuer à la revitalisation de l'existence terrestre qui se meurt". „Dans la mort il se tient aux côtés des âmes défuntes qui ont perdu leur essence divine. […] Il s'unira un jour, pour le devenir terrestre, à tous ceux qui, ayant traversé la mort, pourront être arrachés par Lui à la mort de la matière.“

Selon cette conception, dans son noyau qu'est le "Je", l'homme est un être spirituel, et dans ce sens, il est "image de Dieu". Ce Je se développerait à partir d'un germe créé par Dieu à travers de multiples incarnations jusqu'à progressivement devenir une individualité créatrice („pareille à Dieu“).

Création et eschatologie[modifier | modifier le code]

Le credo parle au début de Dieu comme étant le "fondement de l'existence" qui "précède comme un père sa création".

L'Anthroposophie ne postule pas la création d'un monde "achevé" mais  en évolution, un processus cosmique permanent, ce que valident en règle générale aussi les théologiens de la Communauté des chrétiens.  Dans un état ancien de la Terre, l'esprit et le physique n'auraient pas encore été séparés (avec une matière physique moins dense que celle d'aujourd'hui). Le cosmos suivrait une évolution progressive en direction d'un monde de l'esprit, compris comme une "résurrection de la chair" jusqu'à sa réunification avec le divin.

Les sacrements[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Communauté des Chrétiens à Darmstadt

La Communauté des chrétiens se considère comme une communauté cultuelle. Son rituel principal est l'Acte de consécration de l'Homme", qui, vu de l'extérieur ressemble quant à sa liturgie avec ses quatre parties "lecture de l'évangile - offertoire - transsubstantiation - communion", au rituel catholique de l'Eucharistie. Toute personne adulte intéressée peut, sans conditions préalables, participer à l'Acte de consécration de l'Homme (comportant la transsubstantiation du pain et du vin en le corps et le sang du Christ, et la communion).

Selon les conceptions de la Communauté des chrétiens, les sacrements donnent aux fidèles accès aux forces de transformation que dispense le Christ. La pratique commune au sein de la vie de la communauté vise, entre autres, à réaliser cela consciemment. Par principe, aucune exigence de connaissances ou d'expérience préalables n'est requise.

À la Communauté des chrétiens, on parle de "cycle des sacrements" :Outre le sacrement central qu'est "l'Acte de consécration de l'Homme", avec ou sans prédication, qui se vit le dimanche pour les adultes, mais auquel on peut aussi participer quotidiennement, six autres sacrements sont proposés, jusqu'à celui de la "confession" ou " conseil biographique" qui, dans l'idée, peut n'être vécu qu'une seule fois au cours de la vie.

Le sacrement du baptême est, à la Communauté des Chrétiens, célébré avec les trois substances : eau, sel et cendre[9]. La formule trinitaire de la parole traditionnelle („au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit“) n'est pas utilisée. Le baptisé n'est pas plongé dans l'eau, il est seulement mis en contact. Ce baptême n'est pas reconnu par la plupart des autres églises chrétiennes[10]. À la différence de la conception chrétienne traditionnelle, le baptême n'a rien à voir avec une rédemption des péchés, car on considère que la confrontation au péché et à la rédemption concerne la vie de l'adulte. Il oriente l'homme vers une relation avec la "Communauté du Christ Jésus" comprise dans un sens non-confessionnel[11]. Ce n'est pas par le baptême qu'on devient membre de la Communauté des Chrétiens, on ne peut le devenir que par son propre choix d'adulte.

Autel dans une chapelle de la Communauté des chrétiens (Darmstadt)

Les autres sacrements de la Communauté des Chrétiens sont :

  • la confirmation
  • la confession
  • le mariage
  • l'ordination
  • l'extrême-onction

Il s'ajoute à cela en tant que célébrations cultuelles :

  • L'office du dimanche pour les enfants
  • La clôture cultuelle de fin de journée  (dans le cadre de rencontres, par exemple)
  • La grande prédication
  • Les funérailles : 1. bénédiction, 2. Inhumation ou incinération
  • Les funérailles pour les enfants

Les sacrements sont toujours célébrés par des prêtres selon le rituel établi par écrit, en habits sacerdotaux dont les couleurs, de même que les paroles prononcées, sont parfois différenciées selon le temps du cycle liturgique. L'ordination des femmes a été instituée dès l'origine. Les textes des rituels sont tous traduits pour être prononcés dans la langues du pays.

Organisation[modifier | modifier le code]

Organisation juridique et fonctionnement économique[modifier | modifier le code]

L'ensemble du mouvement de la Communauté des chrétiens est, du point de vue juridique et économique, régi en tant que fondation soumise au droit hollandais sous la dénomination de "Stichting de Christengemeenschap (international) " désignée le plus souvent par le terme anglais de Foundation. Elle porte le financement de l'ensemble du mouvement. Au sein de la fondation existent 18 régions qui fonctionnent comme des entités indépendantes. Le forum principal de la fondation est appelé le Council. Il se réunit tous les deux ans pour élire un Executive Committee choisi parmi les membres du Council. Il gère les affaires économiques entre les sessions du Council. Les affaires pratiques et les décisions quotidiennes sont assumées par la direction administrative qui est établie à Berlin.


En Allemagne, les communautés sont régionalement regroupées en associations de droit public. La Communauté des Chrétiens dispose ainsi des mêmes droits et devoirs que les autres associations religieuses reconnues comme corporations de droit public. Malgré la possibilité qu'elle peut avoir d'en bénéficier, la Communauté des Chrétiens refuse expressément toute forme de  financement par l'État. Elle est financièrement portée par les contributions libres et par les dons de ses membres et amis. Le salaire des prêtres s'établit selon la situation économique de la communauté sur la base d'un idéal de fraternité sociale. 

En Autriche, la Communauté des chrétiens est enregistrée par l'État sous le statut « d'association confessionnelle religieuse ». Des tentatives pour être reconnue par l'État en tant qu'Association religieuse ont jusqu'ici été rejetées ; une plainte a été déposée en 2009 auprès de la Cour européenne des droits de l'homme pour discrimination non-fondée juridiquement vis à vis des autres associations religieuses[12].

En Suisse, la Communauté des chrétiens est organisée en association ; dans le canton de Bâle, elle est publiquement considérée comme une association religieuse bien qu'elle ne soit reconnue ni au plan juridique public, ni par un statut particulier[13].

Toutes les questions juridiques et économiques sont traitées par des responsables issus à la fois de la communauté des membres, et du corps des prêtres. La collaboration entre les communautés et les régions, au plan économique, est gérée par ceux qu'on appelle les « coordinateurs ». Les cultes sont donnés sous la seule responsabilité des prêtres[14].

Organisation spirituelle[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne ses prêtres, la Communauté des chrétiens est structurée de façon hiérarchique. Cette hiérarchie ne correspond cependant pas à une « autorité spirituelle » qui serait conférée par des grades d'ordination distincts. Il n'existe qu'une seule ordination, et tous les prêtres sont fondamentalement sur le même plan dans l'exercice de leur ministère et dans leur liberté d'action. Mais il existe une organisation interne qui a la charge de gérer l'affectation des prêtres dans les communautés et de veiller au bon exercice du culte. Les diverses communautés sont regroupées en « régions » ayant chacune un « recteur » désigné. Au sommet de la hiérarchie se trouvent deux « recteurs principaux » et un « recteur suprême » qui sont collégialement responsables de l'ensemble de la Communauté des Chrétiens. Associés à quatre autres recteurs, ils constituent le comité de direction que l'on appelle « le cercle des sept », siégeant à Berlin.

Comité directeur de fondation en 1922[modifier | modifier le code]

  • Recteur principaux : Friedrich Rittelmeyer, Emil Bock und Johannes Werner Klein
  • Recteur principale titulaire : Gertrud Spörri
  • Recteurs : Johannes Perthel, Friedrich Doldinger et Alfred Heidenreich

Rittelmeyer prit le 24 février 1925 la fonction nouvellement créée de « Recteur suprême ».

Les recteurs suprêmes[modifier | modifier le code]

  • à partir de 1925: Friedrich Rittelmeyer  
  • à partir de 1938 : Emil Bock
  • à partir de 1960 : Rudolf Frieling
  • à partir de 1986 :  Taco Bay
  • à partir de 2005 : Vicke von Behr-Negendanck

Le statut de membre[modifier | modifier le code]

On ne devient pas membre de la Communauté des chrétiens du fait de sa naissance, de son baptême ou de sa confirmation, mais seulement par une décision personnelle en tant qu'adulte, à l'instar de ce que l'on appelle les « Églises du libre choix ». L'adhésion intervient à l'issue d'une conversation avec un prêtre de la communauté du lieu. Du côté de la Communauté des chrétiens, il est recommandé – mais non obligatoire – de renoncer à être membre d'une autre Église.

Historique[modifier | modifier le code]

La création de ce culte advint grâce l'aide décisive de Rudolf Steiner (1861–1925), également à l'origine de la Société anthroposophique, qui, entre 1921 et 1924, donna à Stuttgart et à Dornach, dans de nombreux cours et cycles de conférences, des impulsions pour une « pratique religieuse chrétienne renouvelée ». À l'issue d'une rencontre préparatoire de trois semaines à Breitbrunn am Ammersee, les 45 membres fondateurs se rendirent à Dornach où, entre le 6 et le 22 septembre 1922 furent accomplies les démarches de fondation. La date de fondation au sens strict, est le 16 septembre, jour où Friedrich Rittelmeyer (1872–1938) célébra pour la première fois l'Acte de consécration de l'Homme, et procéda à l'ordination des douze premiers prêtres. La Communauté des chrétiens s'implanta rapidement dans de nombreuses villes allemandes, et bientôt aussi, à Prague, en Suisse, en Autriche, en Norvège, en Hollande, en Suède, et en Angleterre, plus généralement, dans les régions où la Société anthroposophique se trouvait établie. C'est en 1933 que fut fondé à Stuttgart le premier séminaire des prêtres, et en 1936 que furent construits les premiers véritables bâtiments d'églises à Dresde et à La Haie. Après que la société anthroposophique ait été interdite par la Gestapo en Allemagne en novembre 1935, la Communauté des Chrétiens fut, elle aussi, menacée mais put finalement être préservée[15]. Ce n'est que le 9 juin 1941 – un mois après la fuite en Angleterre de Rudolf Heß – que la Communauté des Chrétiens fut finalement interdite en Allemagne ; beaucoup de prêtres allemand durent entrer en clandestinité, furent enrôlés dans la Wehrmacht ou mis en détention, ou d'autres aussi, déportés en camps de concentration.

Après la guerre, d'anciens membres du parti National Socialiste devinrent membres de la Communauté des chrétiens : ainsi, Friedrich Benesch, qui fut ordonné prêtre en 1947 et qui, à partir de 1957 fut actif dix ans durant en tant que directeur du séminaire des prêtres à Stuttgart. Il avait été membre du Deutschen Volkspartei Rumäniens (DVR) et chef de groupe  à Siebenbürgen ; son passé « brun » est resté non-dit de son vivant, et ne fut rendu public qu'en 2004. De même,  Werner Georg Haverbeck, qui avait été dirigeant du Reichsmittelstelle für Volkstumsarbeit, le NSDAP, fut en 1950 ordonné prêtre, mis en congé à partir de 1959 et réintégré dans le cercle des prêtres en 1983, mais mis en même temps à la retraite. Il put encore publier deux livres aux éditions Urachhaus en 1978 et 1983. Il n'a cependant, jusqu'à sa mort en 1999, jamais pris de distance avec son passé « populaire », et dans le livre qu'il publia en 1989, intitulé « Rudolf Steiner – Anwalt für Deutschland » il apporta sa contribution aux débats qui se poursuivent encore aujourd'hui sur les positions politiques de Rudolf Steiner.

Après la guerre, de nouvelles communautés furent fondées (bientôt aussi en dehors de l'Europe), de nouvelles églises furent construites ainsi qu'un nouveau bâtiment pour le séminaire des prêtres à Stuttgart – le premier avait été détruit pendant la guerre. En 1990, un redémarrage fut possible à Prague. Aujourd'hui, il existe des groupes actifs et des communautés en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Europe, en Afrique et en Australie.

En France, dans les années qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale, trois jeunes pasteurs protestants décident de se lier à la Communauté des chrétiens : Jérémie Nidecker, Gérard Klockenbring et Pierre Lienhard qui suivent à Stuttgart la formation du séminaire des prêtres. Ils deviennent actifs en tant que prêtres à Strasbourg, tout d'abord, puis aussi à Paris, et contribueront à faire connaître un peu partout en France ce mouvement religieux.

Les séminaires des prêtres[modifier | modifier le code]

La Communauté des chrétiens dispose de deux séminaires de prêtres dans la zone germanophone, à Stuttgart et Hambourg, à quoi s'ajoute un pro-séminaire (séminaire de prêtres en cours d'emploi) à Krefeld (à Cologne jusqu'en 2013). Les études s'étalent sur trois années et s'achèvent par des stages pratiques dans différentes communautés, mais aussi dans des écoles, des hôpitaux, des maisons de retraite où dans des établissements de soins palliatifs. La préparation à l'ordination peut s'effectuer ensuite. Il s'agit d'une formation de six mois qui regroupe les étudiants de tous les séminaires de prêtres de la Communauté des chrétiens. Il existe aussi un séminaire de prêtres à Spring Valley, New York.

Œcuménisme[modifier | modifier le code]

La Communauté des chrétiens se considère comme une composante de l'Église de Jésus Christ à laquelle « appartiennent tous ceux qui reconnaissent la puissance salvatrice du Christ »[16]. D'autres communautés chrétiennes sont, au même titre, reconnues comme composantes de cette Église unitaire[17].

Il existe en revanche des postures théologiques dans d'autres Église chrétiennes en vertu desquelles, jusqu'à aujourd'hui, la Communauté des Chrétiens n'est membre ni du Conseil Œcuménique des Églises ni de la Communauté de travail des Églises chrétiennes d'Allemagne (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen in Deutschland, ACK)[18]. Elle a essayé de se faire admettre dans cette communauté de travail mais elle a été, selon ce qu'elle rapporte, priée de ne pas encore présenter officiellement sa candidature vu qu'un « oui » unanime de toutes les Églises est pour l'instant encore hors de question[19].

Le baptême de la Communauté des chrétiens n'est pas non-plus reconnu par les Églises membres de ce cercle[18]. La Communauté des Chrétiens par contre reconnaît les baptêmes de toutes ces Églises[20] et approuve les bases de constitution du Conseil œcuménique des Églises ; « La Communauté des Chrétiens se considère comme une composante de l'Église unique de Jésus Christ, et c'est dans ce sens qu'elle reconnaît les Églises évangéliques. Elle approuve la constitution du Conseil œcuménique des Églises. »[17]

La Communauté des chrétiens est membre de la Communauté de travail des Églises et des sociétés religieuses (Arbeitsgemeinschaft der Kirchen und Religionsgesellschaften, AKR), organisme interreligieux siégeant à Berlin.

Point de vue d'autres organisations chrétiennes[modifier | modifier le code]

Les grandes églises[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine et l'Église protestante font valoir que la Communauté des chrétiens n'est pas fondée sur la tradition biblique chrétienne mais sur la conception du monde gnostique-ésoterique de l'Anthroposophie et qu'elle se situe de ce fait plus proche des religions mystériales antiques que du christianisme.

On reconnaît que la Communauté des chrétiens vient adresser aux Églises des questions importantes, par exemple au sujet d'une moralisation et d'un respect plus strict de la piété évangélique, au sujet du recul de la pratique sacramentelle ou de la perte des références cosmiques dans la compréhension des textes sacrés et des révélations.

Le Conseil des Églises évangéliques d'Allemagne dialogua en 1950 avec la Communauté des chrétiens et en tira la conclusion que  „en dehors de son corpus idéel chrétien, il se révèle chez elle une source importante et nouvelle pour la révélation, en provenance des conceptions syncrétiques de Rudolf Steiner". Et en 1951, elle préconisa que les Églises du pays n'acceptent pas les doubles appartenances et marquent clairement la  frontière bilatérale entre les méthodes spiritualistes et les soins de l'âme. Cette coupure est, selon le Conseil,  objective et factuelle vu que la Communauté des chrétiens pense en catégories fondamentalement gnostiques et non-bibliques. Au lieu d'une foi créationniste, elle propose une conception qui est celle de de l'Émanation. L'histoire est présentée par elle comme le déroulement prévu d'une évolution immanente et non-pas comme un dialogue dramatique entre le créateur et sa créature, comme la lutte entre les commandements de Dieu et les désobéissances humaines, mais bien comme régie par une opposition entre l'esprit et la matière. La personnalité de Dieu disparaît dans une neutralité impersonnelle. C'est pourquoi des concepts comme celui de péché, de grâce, de repentir et de prière, y sont utilisés dans un sens différent. La compréhension que l'on s'y fait du Christ, se trouve submergée par la doctrine mystériale de l'anthroposophie. La vie et l'action du Christ sont considérées comme un processus initiatique qui dilue les faits historiques concrets dans un récit symbolique. La mort sur la croix y est présentée comme l'accomplissement du sacrement originel ; de ce fait, les doctrines fondamentales des écritures sur la faute humaine, les souffrances expiatoires du Christ et l'action salvatrice de Dieu, sont éliminées.

Le théologien protestant Jan Badewien établit en 2007 dans une brochure de l'Evangelischen Zentralstelle für Weltanschauungsfragen (centre évangélique sur les question de conceptions du monde)  les point cruciaux sur la base desquels la foi chrétienne des Protestants est incompatible avec l'anthroposophie[21].

  • Au lieu du Dieu fait homme en Jésus, on parle d'une entité-Christ éternelle non historique.
  • Au lieu de la grâce divine qui accueille le pécheur et l'absout de sa faute, on parle de la nécessité d'assumer son Karma négatif par ses propres efforts.
  • Au lieu d'une promesse de résurrection, on parle de réincarnation, de multiples vies terrestres successives.
  • Au lieu de prendre la Bible comme source pour la connaissance du Christ, on se réfère au cinquième évangile tiré de la „Chronique de l'Akasha“.

Critiques provenant du mouvement anthroposophique[modifier | modifier le code]

La  Communauté des chrétiens rencontre une certaine opposition au sein du mouvement anthroposophique. Tout de suite après sa fondation, apparurent de violentes confrontations et incompréhensions entre des anthroposophes  et des prêtres de la Communauté des Chrétiens. On reprocha à certains prêtres  de recruter les membres de leur communauté presque exclusivement dans les rangs des membres  et amis de la Société anthroposophique. Rudolf Steiner dut lui-même clarifier la question de la juste différentiation entre les deux mouvements[22].

Le Forum Freier Christen [23] conteste à la Communauté des chrétiens, sur la base d'affirmations de Rudolf Steiner[24] ,"sa prétention à être l'unique représentante de la dimension cultuelle du mouvement anthroposophique" et remet en cause sa légitimité. Elle voit  dans la dualité clercs- laïques une survivance du chemin cultuel-historique ancien.

Littérature[modifier | modifier le code]

Émanant de la Communauté des chrétiens[modifier | modifier le code]

En puisant dans une littérature quasi impossible à embrasser du regard - il n'existe pas de bibliographie - on ne proposera que des titres récents traitant au sens strict, de l'histoire ou des buts de la Communauté des Chrétiens.  En tant que première approche, on choisira l'ouvrage de Johannes Lenz[25] ;  On peut considérer le livre de Hans-Werner Schroeder comme une véritable "œuvre de référence" comportant des indications détaillées sur toute la littérature issue du mouvement lui-même.

  • Johannes Lenz: Die Christengemeinschaft – Eine Einführung; o. O. und o. J. [1978] (non disponible en librairie, 32 pages, broschure)
  • Hans-Werner Schroeder: Die Christengemeinschaft – Entstehung, Entwicklung, Zielsetzung; Stuttgart: Urachhaus, 20012, (ISBN 3-87838-649-4)
  • Michael Debus: Auferstehungskräfte im Schicksal. Die Sakramente der Christengemeinschaft; Stuttgart: Urachhaus, 2006, (ISBN 3-8251-7526-X)
  • Rudolf F. Gädeke: Die Gründer der Christengemeinschaft. Ein Schicksalsnetz. 48 kurze Biographien mit Abbildungen und Dokumenten; Pioniere der Anthroposophie, 10; Dornach: Verlag am Goetheanum, 1992, (ISBN 3-7235-0639-9)
  • Wolfgang Gädeke: Man kommt auch mit wenig Sünden aus … – Anekdoten aus der Christengemeinschaft; Stuttgart: Urachhaus, 20022, (ISBN 3-8251-7158-2)
  • Alfred Heidenreich: Aufbruch. Die Gründungsgeschichte der Christengemeinschaft; Stuttgart: Urachhaus, 2000; Original: Growing Point; London 1965.
  • Tom Ravetz: Vom Dogma befreit. Erfahrungswege zur Theologie der Christengemeinschaft. Stuttgart 2010, (ISBN 978-3-8251-7693-8)
  • Rudolf Steiner: Vorträge und Kurse über christlich-religiöses Wirken, 5 Bände; Dornach: Rudolf Steiner Verlag:
    • Band 1: Anthroposophische Grundlagen für ein erneuertes christlich-religiöses Wirken; Sechs Vorträge und zwei Besprechungen; Stuttgart 12. bis 16. Juni 1921; 1993, (ISBN 3-7274-3420-1)
    • Band 2: Vorträge und Kurse über christlich-religiöses Wirken. Spirituelles Erkennen – Religiöses Empfinden – Kultisches Handeln; Neunundzwanzig Vorträge und Diskussionsstunden, Dornach 26. September bis 10. Oktober 1921; 1993, (ISBN 3-7274-3430-9)
    • Band 3: Vorträge bei der Begründung der Christengemeinschaft; Neunzehn Vorträge, Gespräche und Fragenbeantwortungen in Dornach vom 6. bis 22. September 1922; 1994, (ISBN 3-7274-3440-6)
    • Band 4: Vom Wesen des wirkenden Wortes; vier Vorträge mit Fragenbeantwortungen, gehalten in Stuttgart vom 11. bis 14. Juli 1923, Dornach 1994, (ISBN 3-7274-3450-3)
    • Band 5: Apokalypse und Priesterwirken. Achtzehn Vorträge, Gespräche und Fragenbeantwortungen in Dornach vom 12. bis 22. September 1924, Dornach 1995; 2. Auflage 2001, (ISBN 3-7274-3460-0)
  • Wolfgang Weirauch (Hrsg.): Die Christengemeinschaft heute. Anspruch und Wirklichkeit; Flensburger Hefte, 35; Flensburg 1991, (ISBN 3-926841-42-7)
  • Wolfgang Weirauch (Hrsg.): Erkenntnis und Religion. Zum Verhältnis von Anthroposophischer Gesellschaft und Christengemeinschaft; Flensburger Hefte, 22; Flensburg 1988, (ISBN 3-926841-13-3)
  • Wolfgang Weirauch (Hrsg.): Erneuerung der Religion. Die Christengemeinschaft. Sakramente. Kirche und Kultus; Flensburger Hefte, 14; Flensburg 1986, (ISBN 3-926841-07-9)
  • Hat die Christengemeinschaft eine Zukunft? Gespräche mit einem Geistwesen, Flensburger Hefte, Sonderheft 32, (2012), (ISBN 978-3-935679-77-0)

Émanant des conceptions chrétiennes traditionnelles[modifier | modifier le code]

  • Evangelischer Oberkirchenrat Stuttgart (Hrsg.): Zur Frage der Christlichkeit der Christengemeinschaft. Beiträge zur Diskussion. Markstein, Stuttgart 2004; 2. Auflage 2005.
  • Lothar Gassmann: Anthroposophie und Christentum:
    • Band 1: Biographisches. Leben und Werk von Rudolf Steiner, Friedrich Rittelmeyer, Emil Bock und Rudolf Frieling. Fromm, Saarbrücken 2011, (ISBN 978-3-8416-0177-3).
    • Band 2: Die Lehren im Vergleich: Spiritualität, Bibelverständnis, Gottesbild, Christosophie, Erlösung. Fromm, Saarbrücken 2011, (ISBN 978-3-8416-0178-0).
  • Hartmut Höfener: Die Christengemeinschaft und die Evangelische Kirche in Deutschland gegeneinander, nebeneinander oder miteinander?; Ständiger Ausschuß „Weltmission und Ökumene“ der Vereinigten Kirchenkreise Dortmund und Lünen, 1996
  • Joachim Müller (Hrsg.): Anthroposophie und Christentum. Eine kritisch-konstruktive Auseinandersetzung. Paulus, Freiburg 1995, (ISBN 3-7228-0360-8).
  • Wilhelm Stählin (Hrsg.): Evangelium und Christengemeinschaft. Johannes Stauda, Kassel 1953.
  • Klaus von Stieglitz: Rettung des Christentums? Anthroposophie und Christengemeinschaft – Darstellung und Kritik. Kreuz, Stuttgart 1965
  • Die Christengemeinschaft. In: Handbuch Religiöse Gemeinschaften. Herausgegeben im Auftrag der Vereinigten Evangelisch-Lutherischen Kirche in Deutschland (VELKD) von Hans Krech und Matthias Kleiminger. 6., neu bearb. und erw. Aufl. Gütersloher Verlagshaus, Gütersloh 2006, (ISBN 3-579-03585-1), S. 272–286.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Maria Krehbiel-Darmstädter: Briefe aus Gurs und Limonest 1940–1943. Kompilation und Hg. Walter Schmitthenner. Lambert Schneider, Heidelberg 1970 (ohne ISBN)[26]

Sur le web[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. http://www.remid.de/remid_info_zahlen.htm
  2. http://www.religio.de/anthropo.html
  3. D'après Schroeder, Die Christengemeinschaft, S. 136.190f.
  4. http://www.christengemeinschaft.ch/ (abgerufen am: 6.
  5. Voir le site web de la communauté des chrétiens en France http://www.la-communaute-des-chretiens.org/presentation/#en-france
  6. Schroeder, aaO, 74
  7. Schroeder, aaO, 120
  8. cité ici et par la suite à partir de Synopse von Erik Dilloo-Heidger (Credo S. 5–7)
  9. http://fvn-archiv.net/PDF/GA/GA343a.pdf#375
  10. Le 31
  11. Maarten Udo de Haes: Baptism in The Christian Community.
  12. Judgement CASE OF VEREIN DER FREUNDE DER CHRISTENGEMEINSCHAFT AND OTHERS v.
  13. Basler Zeitung vom 8.
  14. http://anthrowiki.at/Christengemeinschaft
  15. Voir Uwe Werner: Anthroposophen in der Zeit des Nationalsozialismus (1933–1945), Oldenbourg, München 1999, 142f
  16. Das Credo der Christengemeinschaft
  17. a et b Materialdienst der Evangelischen Zentralstelle für Weltanschauungsfragen.
  18. a et b Handbuch religiöse Gemeinschaften und Weltanschauungen, S 279.
  19. www.christengemeinschaft.org: Gehört die Christengemeinschaft zur Ökumene?
  20. www.christengemeinschaft.org: Erkennt die Christengemeinschaft die Taufen anderer Kirchen an?
  21. http://ezw-berlin.de/downloads/Flyer_Kompakt-Information_Anthroposophie.pdf
  22. Voir à ce sujetconférence de Steiner du 30 décembre 1922
  23. voir www.
  24. Lors d'un entretien avec les professeurs d'enseignement religieux chrétien non-confessionnel à l'école waldorf de Stuttgart, Steiner a dit, le 9 décembre
  25. Johannes Lenz: Die Christengemeinschaft; S. 3
  26. L'auteure de ces lettres affirme avec insistance que, pour raisons religieuses, elle n'a pu trouver aucune possibilité de fuir, en tant que juive baptisée à la Communauté des Chrétiens, face aux poursuites des Nazis ; pour la tentative de fuite bâclée vers la Suisse, les raisons de son échec restent ouvertes ; plus tard, elle dit que cet échec était juste. Lorsque, au