Léon Walras

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Léon Walras
Description de l'image Walrass.jpg.
Naissance
Évreux (France)
Décès (à 75 ans)
Clarens (Drapeau de la Suisse Suisse)
Nationalité française
Champs Économie,
Institutions Université de Lausanne
Diplôme École des Mines de Paris (abandon)
Renommé pour ses travaux sur l'équilibre général et la Loi de Walras, le développement du concept d'utilité marginale

Léon Walras, né à Évreux le et mort à Clarens le , est un économiste français.

Il a été considéré par Joseph Schumpeter comme « le plus grand de tous les économistes[1] ».

Léon Walras a décrit l’équilibre général de concurrence pure et parfaite et cherché à montrer que cet équilibre est optimal. Il veut dire par là que l’équilibre de concurrence parfaite permettrait le plein emploi de tous les facteurs de production : toute la population active serait occupée et tous les capitaux seraient utilisés. Il permettrait de satisfaire toutes les demandes solvables. Cette idée a été critiquée par Keynes (les économistes d’influence keynésienne continuant d’ailleurs à s’opposer à cette vision du fonctionnement du marché), ainsi que nombre de libéraux, particulièrement ceux adhérant aux théories de l’école autrichienne. La procédure de « tâtonnement walrasien » vers l’équilibre n’a rien à voir avec ce que l’on entend habituellement par marché : les échanges bilatéraux y sont interdits, toutes les offres et toutes les demandes convergent vers un commissaire-priseur qui affiche les prix : le marché est parfait et fournit des informations justes à l’ensemble des acteurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Théorie mathématique de la richesse sociale, 1883

Formation[modifier | modifier le code]

Il est le fils d’Auguste Walras, un économiste français dont la pensée influença beaucoup celle de son fils, dans le domaine de la réforme sociale en général et foncière en particulier.

Il étudie au collège de Caen en 1844, puis au lycée de Douai en 1850. Il est diplômé bachelier-ès-lettres en 1851 et bachelier-ès-sciences en 1853. La même année, il n’est pas déclaré admissible à l’École polytechnique. Malgré une préparation en mathématiques et cours d’analyse, il est refusé une seconde fois.

En 1854, il est reçu élève externe à l’École des Mines de Paris, mais il n’a pas d’intérêt pour la formation d’ingénieur et il abandonne cette école. Il se tourne sans succès vers une carrière de publiciste, de critique d'art et d'écrivain. Dès 1858, il suit son père sur la voie de l'économie politique. Il collabore au Journal des économistes et à La Presse dès 1860. Son premier ouvrage en tant qu'économiste, intitulé L'Économie politique et la Justice, s'en prend aux thèses de Proudhon.

Antoine-Augustin Cournot, un condisciple de son père Auguste, joua aussi une influence cruciale en ce qu’il lui inculque le rationalisme à la française et l’usage des mathématiques en économie.

Développement de l’œuvre[modifier | modifier le code]

En 1859, il écrit son premier ouvrage économique (réfutation des doctrines de Proudhon).

En 1860, il participe au congrès international de l’impôt réuni à Lausanne. Il répond au concours du canton de Vaud sur la question de l’impôt, en formulant la théorie de l’attribution de la terre et de la rente foncière à l’État. Il reçoit la quatrième récompense.

Il travaille à la Caisse d'Escompte, contribue à plusieurs journaux et développe sa pensée jusqu’en 1868 (rédaction du journal Le Travail, Revue du mouvement coopératif, paru pendant deux ans en 1866-67 et 1867-68).

Université de Lausanne[modifier | modifier le code]

En 1869 et en 1875, la faculté de droit de l’Académie de Lausanne souhaite instituer une chaire d’économie politique. Se souvenant du mémoire de Walras présenté en 1860, elle lui propose de se présenter au concours. Il y répond en manifestant son intention de créer l’école mathématique qui est son objectif depuis 1860.

Il est nommé professeur à la chaire d’économie politique de l’Université de Lausanne et y enseignera de 1870 à 1892.

Le fondateur du marginalisme[modifier | modifier le code]

Avec William Jevons, Carl Menger, simultanément mais indépendamment d’eux, il crée le concept d’« utilité marginale » au sein de la théorie de la valeur, qui donnera naissance au paradigme du marginalisme.

Au sein de ce qu’il convient d’appeler la « révolution marginaliste », tant les concepts sont novateurs par rapport à la théorie classique, il fonde l’École de Lausanne encore appelée walrassienne en son honneur. On peut distinguer trois écoles issues du marginalisme :

Il a travaillé sur l’équilibre général concurrentiel en micro-économie.

Il fut également un promoteur actif et engagé des différentes formes d’associations populaires (coopératives ouvrières de production, coopératives de crédit, coopératives de consommation). Il se déclara sur le plan politique comme étant socialiste.

Le flambeau de son héritage est toujours allumé avec des économistes néo-walrassiens comme Kenneth Arrow.

Utilité amorale[modifier | modifier le code]

Léon Walras donne une définition amorale de l'utilité dans sa troisième leçon des « Éléments d'économie politique pure » :

« Je dis que les choses sont utiles dès qu'elles peuvent servir à un usage quelconque, dès qu'elles répondent à un besoin quelconque et en permettent la satisfaction. Ainsi, il n'y a pas à s'occuper ici des nuances par lesquelles on classe, dans le langage de la conversation courante, l'utilité à côté de l'agréable entre le nécessaire et le superflu. Nécessaire, utile, agréable et superflu, tout cela, pour nous, est plus ou moins utile. Il n'y a pas davantage à tenir compte ici de la moralité ou de l'immoralité du besoin auquel répond la chose utile et qu'elle permet de satisfaire. Qu'une substance soit recherchée par un médecin pour guérir un malade ou pour un assassin pour empoisonner sa famille, c'est une question très importante à d'autres points de vue, mais tout à fait indifférente au nôtre. La substance est utile, pour nous, dans les deux cas, et peut l'être plus dans le second que dans le premier ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "The greatest of all economists." Schumpeter, History of Economic Analysis, 1954, p. 827.

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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