Henry George (économiste)

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Henry Georges, à 26 ans.

Henry George ( à Philadelphie – à New-York) est un économiste politique américain, et l’auteur du concept de l’impôt unique sur le sol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Philadelphie, Henry George a vécu en Californie à partir de 1858. Il s’est marié en 1871 et a eu quatre enfants d'un mariage heureux. Après avoir renoncé à devenir chercheur d’or, il a été typographe, éditorialiste, et il dirigea le journal qu’il a fondé à San Francisco de 1871 à 1875. Mais c’est aux questions sociales et économiques que George a consacré sa vie, et il a développé sa réflexion à travers son expérience personnelle, ses voyages et ses études personnelles.

Lors d’un voyage à New York, George a été frappé par l’apparent paradoxe que la pauvreté était plus profonde dans cette vieille ville que dans l'État, pourtant moins développé, de Californie. Ceci lui a fourni le sujet et le titre de son livre publié en 1879 : Progrès et pauvreté (Progress and Poverty), qui fut un immense succès avec trois millions d’exemplaires vendus. Il était également un orateur très populaire qui fit même plusieurs discours à l’étranger dans des pays comme l’Irlande, l’Écosse, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En 1880 il s'est installé à New York.

George a été candidat au poste de maire de New York en 1886, et terminé second (devant Theodore Roosevelt). Il se présenta à nouveau en 1897, mais mourut quatre jours avant l’élection.

Environ 100 000 personnes assistèrent à ses funérailles. Selon sa petite-fille Agnes de Mille, Progress and poverty ainsi que ses livres suivants firent de Henry George le troisième homme le plus célèbre des États-Unis derrière Mark Twain et Thomas Edison[1].

Sa théorie économique[modifier | modifier le code]

Science of political economy, 1898

La construction d'un chemin de fer en Californie en 1871 avait provoqué une hausse du prix des terrains et des loyers concomitante au niveau des salaires. Or, « le point de départ des discussions sur l’incidence des taxes est un passage du livre De la richesse des nations, de Adam Smith (livre v, chap. ii), selon qui les taxes doivent provenir « de loyers, profits ou salaires, » et que « toute taxe qui ne tombe que sur une de ces trois sortes de revenus est injuste, dans la mesure où elle n’affecte pas les deux autres» [2]. C’est dans ce contexte que Henry George a exprimé sa doctrine fondamentale percutante, dans Progrès et pauvreté et ailleurs:

« Nous devons faire de la terre un bien commun.»;

il a soutenu que la quasi-totalité des richesses créées par le progrès social et technologique dans une économie de marché est accaparée par des propriétaires fonciers et des monopoles via les loyers, et que la concentration de cette richesse gagnée "non-naturellement" est la cause principale de la pauvreté. George considérait que de telles injustices suscitaient ni plus ni moins qu’une nouvelle forme d’esclavage, l’esclavage salarié (wage slavery).

Selon George, les dirigeants ne manifestaient aucun intérêt pour expliquer la cause du chômage. Cependant, en tâchant de remédier à la misère, les « pseudo-philanthropes » annulent la loi naturelle selon laquelle un homme doit travailler pour se nourrir; la charité démoralise et fait perdre le sentiment naturel d’indépendance; « C'est la justice qui peut redresser un tort, et non la charité, qui est futile et empoisonnée quand elle est offerte en substitut. »

Il disait que si quelqu’un tente d’utiliser son propre travail ou celui des autres, aux champs ou en construisant une usine, il fait rapidement face au spéculateur qui lui demande « un prix non-naturel » pour le sol qu’il doit utiliser, et aux collecteurs d’impôts qui le mettent pratiquement « à l’amende comme s’il avait commis un crime. »[3].

Il a soutenu que « les opportunités d'emplois et le niveau des salaires dépendaient ultimement de la possibilité d’accéder à la terre, » c’est-à-dire du prix que la main d’œuvre doit payer pour en avoir l’usage. Son explication est la suivante: La spéculation fait monter le prix du sol. Plus le prix qu’il faut payer pour le sol augmente, plus il est difficile pour les travailleurs de s’auto-employer, et moins ils peuvent garder des fruits de leur travail; et plus la proportion de ceux qui cherchent un emploi salarié augmente, plus il y a de compétition entre l’un et l’autre pour le travail, plus le niveau des salaires baissent. Par ailleurs, le besoin de travailleurs pour les employeurs – ceux qui engagent au moins du personnel pour vendre leurs produits – est largement déterminé par les demandes de ceux qui tirent leur pouvoir d’achat de ce qu'ils obtiennent par leur travail (la majorité). Autrement dit, la même augmentation du prix du sol, qui augmente le nombre de travailleurs disponibles, et diminue les salaires, diminue également la demande des employeurs pour de tels travailleurs. À l’époque des esclaves on invoquait la « pénurie de main-d’œuvre, » mais maintenant le sol est devenu cher et on parle de « rareté de l’emploi »; « un manque d’emploi qui n’est pas celui du riche paresseux qui manque d’occupation, dit George au passage. Ainsi, à l’opinion courante que le « travail dérive de l’emploi du capital,» George a opposé la thèse que « le capital est le produit et l’instrument du travail. »[3].

Selon George, le libre marché (free trade) pouvait amener un soulagement temporaire au problème du chômage, mais la spéculation sur le sol n’en deviendrait que plus forte par la suite. Par ailleurs, les dépenses publiques pour « créer artificiellement des emplois » sont « dangereuses » parce que, à la limite, elles peuvent y arriver « avec de la dynamite »[Quoi ?], - c’est-à-dire avec l’armée et les activité militaires, en somme le gaspillage[3] - Or George prônait une baisse drastique des budgets alloués aux armées.

L’idée du « droit égal de tous à l’usage de la terre ne venait pas de lui, mais il lui donna une forme nouvelle avec un moyen clair par lequel elle pouvait être appliquée, tout en simplifiant grandement le gouvernement : il appela ce moyen l'impôt (ou taxe) unique (single tax) »; « concentrer toute les taxes sur le loyer du sol (ground-rent). » [4].

« Sa doctrine peut se résumer comme suit : La terre de tout pays appartient de droit à toutes les personnes de ce pays. Ce droit ne peut pas être aliéné par une génération de manière à affecter le titre de la prochaine, pas plus que les hommes ne peuvent vendre leurs enfants qui ne sont pas encore nés comme esclaves. La possession privée de la terre n’a pas plus de base logique ou morale que la possession privée de l’air ou de la lumière du soleil, mais l’occupation et l’usage privées de la terre sont justes et indispensables. Toute tentative de diviser la terre en portions égales est impossible et indésirable. La terre devrait être, et est maintenant pratiquement, divisée pour l’usage privée en parcelles parmi ceux qui paieront le prix le plus élevé pour l’usager de chaque parcelle. Le prix est actuellement payé annuellement à des personnes, et s’appelle un loyer (rent). En appliquant le loyer de la terre (rent of land), à l’exclusion de toutes améliorations, au profit de toute la communauté, une justice absolue serait rendue à tous. Comme le loyer est toujours plus que suffisant pour défrayer toutes les dépenses nécessaires du gouvernement, ces dépenses devraient être couverte par un impôt sur le loyer seulement, amené par l’abolition graduelle de tout autre impôt. Les propriétaires terriens devraient garder la possession tranquille et la propriété nominale de la terre, avec une marge suffisante sur l’impôt pour les induire à collecter leurs loyers et payer l’impôt. Ils seraient ainsi transformé en simple agents des terres (land agents). Cela impliquerait évidemment un libre marché absolu puisque disparaitraient toutes les taxes sur les importations, les produits manufacturiers, successions, propriété personnelle, bâtiments ou améliorations. Il n’y aurait rien du tout de ce qui est fait par l’homme qui serait taxé. Le droit de propriété privé dans les choses faites par l’homme serait ainsi absolu, car le propriétaire de ces choses ne pourrait pas être destitué de son bien sans une compensation entière, même sous le prétexte de taxation. »[4].

Dans le système de George, n’importe quelle richesse, moissons, outils, et capital relèvent du droit de propriété privée; tandis que la valeur foncière n’appartient pas à l’individu mais à la société. Ce qu’il propose n’est pas l’impôt immobilier, concernant les édifices et autres constructions, ni l’impôt foncier, c’est-à-dire d’imposer la terre en général, mais d’imposer seulement la valeur de la terre, qui dépend des conditions naturelles et sociales.

Les avantages que George attribue à ce système sont notamment de : 1) « faire disparaître à la fois la pauvreté imméritée et la dépravante soif de gain, » 2) « accroître la richesse » de plusieurs manières : « nous débarrasser de toute cette armée de percepteurs et autres fonctionnaires actuellement préposés au récolement des impôts,» « fournir au trésor des recettes bien plus considérables, tout en simplifiant et diminuant les dépenses de l'administration, et en rendant cette dernière plus honnête,» et « diminuer considérablement les dépenses pour entretenir des gardiens, des policiers, des tribunaux et d’autres institutions créées pour la sauvegarde de la société,» 3) « permettre aux hommes d’être au moins aussi honnêtes, aussi francs, raisonnables et dignes qu’ils le désirent, » et 4) « préparer l’avènement de ce règne de vérité et de la justice, c’est-à-dire d'abondance, de paix et de bonheur que Jésus-Christ a ordonné à ses apôtres de revendiquer. »[5].

George a discuté de sa conception de l’économie à au sujet d’un exemple utilisée par Frédéric Bastiat pour expliquer la nature de l’intérêt et du profit. Dans cet exemple impliquant deux charpentiers, James avait fabriqué un rabot et l’avait prêté à William pour un an. Selon Bastiat, James avait donné à William « le moyen d’accroître la productivité de son travail », et il en voulait donc une compensation. Tandis que selon George: « si toutes les richesses consistaient en des outils comme le rabot (matière inerte) et si toutes les productions étaient celles de charpentiers (c’est-à-dire ne consistaient qu’à façonner la matière inerte), alors l’intérêt ne constituerait qu’un vol de l’industrie. Mais une part des richesses est porteuse de fruits, comme une vache ou une cuve de jus de raisin à fermenter en vin. Les rabots et autre outils inertes (incluant l'argent) ne sont pas des sources directes d’intérêts, sauf à faire partie des mêmes « cercles d’échanges » sociaux porteurs de profits comme ceux-là. »[6].

Ses propositions politiques[modifier | modifier le code]

Certains de ses premiers articles les plus remarqués avaient pour sujet l’immigration chinoise, qui selon lui devait être contenue. Bien qu’étant surtout connu pour son plaidoyer en faveur du remplacement de tous les impôts par un impôt unique sur la terre, Henry George a également formulé un grand nombre d’idées en matière de politique économiques. À l’instar du mouvement open source, George était très critique à l'encontre des brevets. Il soutenait le remplacement des brevets par des aides de l’État en faveur des inventions et de la recherche, le démantèlement des monopoles quand cela était possible, et la taxation ou la régulation des monopoles naturels. Henry George était en faveur d’un mélange de libéralisme économique et de programmes sociaux rendu possible par la taxe sur la terre et les monopoles. Des économistes moderne comme le « prix Nobel » d’économie Milton Friedman admettent les bénéfices potentiels de cette land tax, car à la différence des autres impôts, elle n’affecte pas le prix des biens de consommation. Les écologistes considèrent que la terre est la propriété commune de l’humanité, et certains sont partisans de taxes ou d’amendes sur la pollution. D’autres, comme l’économiste américain Nicolaus Tideman et l’activiste Alanna Harzok continuent de promouvoir l’idée d’une taxe sur la terre.

Mort et renaissance de sa pensée[modifier | modifier le code]

Elizabeth Magie a inventé en 1904 un jeu de société, à l’origine de celui appelé aujourd'hui Monopoly, pour illustrer le fonctionnement de la « land tax, » mais l’intérêt pour les idées de George avait déjà décliné à la fin du XIXe siècle.

Henry George et Karl Marx était antagoniste. Marx considérait l’impôt unique comme un pas en arrière par rapport à la transition vers le communisme[7]. Et George disait que si l’idée de Marx était essayée le résultat probable serait une dictature[8].

De très nombreuses personnes célèbres ont fait l’éloge des idées de Henry George, ou ont été influencées par lui, dont George Bernard Shaw, Sun Yat-sen, Herbert Simon et David Lloyd George.

Tolstoï déplorait qu’on avait fait le silence autour de Henry George, car il considérait son projet comme raisonnable et réaliste, au contraire des idées des révolutionnaires et du socialisme[9]; une immense contribution dans le progrès de la conscience de l’humanité, placé sur un terrain concrêt [10], avec plusieurs avantages [11] et capable d’éliminer une des causes de ce que lui-même appelait L’esclavage de notre temps[12].

L’anglais John Ruskin, encore bien connu dans certain cercles anglophones, a fait des observations identiques à celles de George vers 1860, le premier disant que « Enseigner aux gens à devenir riches par n’importe quel moyen est leur rendre un immense préjudice », et le second: « Gagnez de l'argent, honnêtement si vous le pouvez, mais à tout prix gagnez de l’argent! Voilà la leçon que le société répète chaque jour... » Ces deux auteurs voyaient la loi morale et la justice au cœur de l’économie, et concluaient leurs propositions sur des idées de coopération et de bonne entente.

Le texte de Ruskin a été paraphrasé et republié par Gandhi. On y lit par exemple : « L’argent est seulement un instrument qui cause autant de misère que de bonheur »; « La compétition [pour obtenir un poste] permettra seulement à l’acheteur d’obtenir un service injustement bon marché, et le riche deviendra plus riche et le pauvre plus pauvre »; « une richesse mercantile qui est un droit sur le travail signifie une diminution de la richesse [collective] »; « les riches sont [en partie] responsables de l’immoralité des pauvres qui travaillent comme des esclaves pour leur fournir le luxe...  (...)  l’affirmation absurde que de telles inégalités sont avantageuses est la racine de la plupart des sophismes... »[13]; George avait exprimé toutes ces idées précédemment.

À partir de la fin du XXe siècle, certaines de ses propositions ont influencées les développements politiques dans certaines pays: Afrique du Sud, Taïwan, Hong Kong, Australie.

Dans son dernier livre Martin Luther King a cité Henry George pour appuyer sa thèse en faveur d'un revenu universel. Durant l’élection présidentielle de 2004 aux États-Unis Ralph Nader a proposé une taxe sur la pollution et sur la valeur des terrains.

L'économie du développement durable[modifier | modifier le code]

Certains principes de George ont été mis de l’avant, - apparemment sans que l’auteur soit cité - dans le domaine de l’accès et la gestion durable de l’eau, dans l’objectif immédiat de diminuer un type particulier de conflits entre riches et pauvres, ou entre nations voisines, soit l’accès à une ressource aussi vitale que la terre, mais d’une nécessité biologique encore plus immédiate, et l’objectif de préserver la « liberté » et les « droits » des générations futures. Ainsi, Riccardo Petrella a proposé un « Contrat mondial » dans lequel l’eau serait déclaré « bien commun, » pour en empêcher la marchandisation; il a soutenu que « les coûts de l’eau » (utilisation, conservation/protection) sont « multiples » et de « différents ordres », et que ces coûts sont à la fois « interdépendants » et « non-substituables, » comme démontré dans le cas de la terre par George.

« on ne saurait remplacer une catégorie de coûts par une autre »[14], dit Petrella.

Or, c’est un principe clé de George, qui concerne la nature réelle de l’intérêt dans une économie de marché, et le sens véritable du rapport entre travail et capital,

« La possibilité d’échanger les richesses entre elles implique nécessairement une répartition entre toutes les espèces de richesses, avec un avantage quelconque provenant d’une espèce quelconque »[15]

Henry George est donc un pionnier méconnu de l’économie politique du développement durable.

Une critique[modifier | modifier le code]

Les écrits de George ont reçu leur part de critiques. L’économiste autrichien (voir « École autrichienne ») Eugen von Böhm-Bawerk, par exemple, a émis un jugement négatif sur la thèse de George sur le rabot du charpentier. Il écrit :

« Il est impossible de soutenir sa distinction des branches de productions en deux classes, dans l’une desquelles la force vitale de la nature est supposée constituer un élément spécial qui fonctionne en harmonie avec le travail, alors que dans l’autre ce n’est pas vrai… Les sciences naturelles nous ont depuis longtemps prouvé que la coopération de la nature est universelle… Les mouvements musculaires de la personne utilisant le rabot seraient peu utiles, s’il n’était pas assistés par les forces et les propriétés naturelles du fer plat. [réf. nécessaire] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. source
  2. Taxation In The Encyclopaedia Britannica, New York (11e Ed.) vol xxvi, p. 462, 1910.
  3. a, b et c H. George. How to help the unemployed. The North American Review, vol. 158, No. 447, février 1894[1]
  4. a et b Henry George In The Encyclopaedia Britannica, New York (11e Ed.) vol xi, p. 747-748, 1910.
  5. Henry George. Ce qu’est l’impôt unique et pourquoi nous le revendiquons, cité par L. Tolstoï In Le projet d’Henry George [2]
  6. Henry George. Progrès et pauvreté; enquête sur la cause des crises industrielles et de l’accroissement de la misère au milieu de l’accroissement de la richesse; Le remède (trad. de l’anglais par P.-L. Lemonnier), 529 pages. Bruxelles/Paris; Ligue pour la réforme foncière. Livre III, chap. III: Les lois de l’intérêt, 1925, p. 160-175
  7. Karl Marx – Letter to Friedrich Adolph Sorge in Hoboken
  8. Jump up ^ Henry George's Thought
  9. L. Tolstoï. Où est l'issu ? In Les rayons de l'aube. (trad. J.-W. Bienstock), Paris P.-V. Stock Éditeur, p. 393-411 1899 - Voir également L'essai de Tolstoï intitulé Aux Travailleurs!
  10. L. Tolstoï. Lettre sur Henri George I
  11. L. Tolstoï. Lettre sur Henri George II
  12. L. Tolstoï. L’esclavage de notre temps, 1900
  13. Gandhi. Unto this last; une paraphrase.[3]
  14. Riccardo Petrella. Le manifeste de l’eau; Pour un contrat mondial. Bruxelles; Éd. Labor, 1998, p. 72.
  15. Henry George. Progrès et pauvreté. Bruxelles/Paris; Ligue pour la réforme foncière. 1925, p. 168.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Progress and Poverty 1879 - Progrès et pauvreté, L’Âge d'homme, 2010
  • Social Problems 1883
  • The Land Question 1884
  • Protection or Free Trade 1886
  • A Perplexed Philosopher 1892
  • How to help the unemployed 1894
  • The Science of Political Economy 1898

Liens externes[modifier | modifier le code]