Georges Renard

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Georges Renard
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
François Georges RenardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Poète, historien, militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Louise Renard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Distinctions
Prix de poésie de l'Académie française ()
Prix Anaïs-Ségalas (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Georges Renard (François Georges Renard), né le à Amillis (Seine-et-Marne), et mort le à Paris, est un historien, publiciste, poète et professeur de littérature française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Renard commence des études à Meaux, au lycée Napoléon. C'est un bon élève. En 1867 il est reçu premier à l'École normale supérieure. Quand éclate la guerre de 1870, George Renard n'a pas encore pu passer l'agrégation mais il s'engage, comme le font de nombreux normaliens. Il est incorporé au 7e bataillon des mobiles de la Seine. Il participe à la Commune en qualité de secrétaire de Louis Rossel. Lorsque la Commuen prend fin il quitte Paris, craignant la répression. Il est recruté par le collège de Vevey comme professeur de français[1]. Le , le 4e conseil de guerre le condamne par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée[2]. L’amnistie intervint pour lui le  ; il a alors la possibilité de retourner en France. De Vevey il passe à l'Université de Lettres de Lausanne. Il y enseigne, à partir de 1887, l’histoire de la littérature. Il est le principal professeur de Charles Ferdinand Ramuz mais celui-ci n'apprécie pas "la méthode Renard". Il se lie d'amitié, avec Léon Walras, également professeur ; il est le principal fondateur de La maison du peuple à Lausanne[3].

Georges Renard poursuit par ailleurs ses activités politiques et dirige la Revue socialiste[4] pour laquelle il est en relation avec Jean Jaurès[5].

À la demande d'Alexandre Millerand, ministre du commerce, il a en charge, en 1900, la chaire d'Histoire du Travail créée au Conservatoire national des Arts et Métiers. Il quitte l'Université de Lausanne. Il est également professeur au Collège libre des Sciences sociales. Son influence est importante auprès de François Simiand, Charles Péguy, Albert Thomas. En 1907, la ville de Paris crée une chaire d’Histoire du Travail au Collège de France, l’État décide d’y transférer celle du Conservatoire avec son titulaire. Il professe durant 23 ans d’enseignement et publie 15 volumes de ses cours.

Georges Renard défend un socialisme libéral ; Célestin Bouglé rapporte les propos qu'il tient lors de la fête anniversaire de ses 80 ans "je puis déclarer en guise de testament philosophique, que je finis ma vie croyant à la noblesse et à l'efficacité du labeur humain pour assurer à tous savoir et bien-être, croyant à l'avenir de la France et de l'Europe démocratiques, croyant à l'avènement lointain mais certain de la paix universelle et de la justice sociale dans un globe fédéré et unifié".

Georges Renard est mariée avec ) Louise Georges. Elle meurt treize jours avant lui. Louise est une écrivaine. Ils ont collaboré pour deux ouvrages, des contes : Autour du Léman et Autour des Alpes. Le neveu de Georges Renard est Georges Weulersse, orientaliste.

Il meurt à l'âge de 83 ans, à Paris, le .

Georges Renard reçoit, en 1925, le prix Anaïs Ségalas de l'Académie française pour La montagne aux neiges éternelles, il avait obtenu en 1̠879 le prix de poésie de la même académie française pour La poésie sera de la raison chantée[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Vie de Voltaire, Paris, 1983, Charavay frères
  • Morceaux choisis de J.-J. Rousseau (introduction par Georges Renard),Paris, 1982, Charavay frères éditeurs
  • La méthode scientifique de l'histoire littéraire, Paris, 1900, F. Alcan
  • De l'influence de l'antiquité classique sur la littérature française pendant les dernières années du XVIIIe siècle et les premières années du XIXe siècleː essai d'histoire littéraire, Lausanne, 1875 : Jaquenod
  • Les princes de la jeune critique : Jules Lemaître, Ferdinand Brunetière, Anatole France, Louis Ganderax, Paul Bourget, Paris, 1890, librairie de la "Nouvelle Revue"

Le socialisme[modifier | modifier le code]

Le Régime socialiste : principe de son organisation politique et économique, 5e édition revue et augmentée, Paris, 1905, Alcan

Le socialisme à l'œuvre : ce qu'on a fait, ce qu'on peut faire (en collaboration avec Aimé Berthod, Georges Fréville, Adolphe Landry, Paul Mantoux, François Simiand) Paris, 1907,E. Cornély

Les Bases du socialisme, Angers, Société française d'impr. et de publicité

Socialisme libertaire et anarchie , Paris, 1895,Giard & Briere, 32 p. disponible sur Gallica

Le naturalisme, l'influence allemande, le socialisme, Paris, 1888, A. Savine

Histoire du travail[modifier | modifier le code]

Le travail dans la préhistoire , Nouv. éd., Paris, 1931, F. Alcan

Le travail dans l'Europe moderne, Nouvelle édition, / Paris, 1929, F. Alcan

L'enfant dans l'industrie moderne ː le droit de l'enfant Cours d'histoire du travail, Paris, 1910, Éditions de la Revue politique et littéraire et de la Revue scientifique

Leçon d'ouverture prononcée le , chaire d'histoire du travail au Collège de France, Paris, 1908,Libr. gén. de Droit et de jurisprudence

Life and work in modern Europe, XVth to XVIIIth Centuries (co-auteur G. Weulersse) ; traduit par Margaret Richards, London, 1996, Routledge

La Question du chômage, Paris, 1912, Revue politique et littéraire, Revue scientifique , 1912

La Femme et l'enfant dans l'industrie moderne : Première leçon du cours 1909-1910, Paris, 1909, éd. de la Revue du mois

L'ouvrière à domicile, Paris, 1927, Éditions Radot disponible sur Gallica

Histoire du travail à Florence, 2 vol., Paris, 1913-1914, Editions d'Art et de Littérature, 388 p. disponible sur Gallica

La condition sociale des artistes florentins au XIIIe siècle, Paris, 1909, Berger et Chausse

La marche de l'évolution industrielle depuis cent-cinquante ans, Cours d'Histoire du Travail. Leçon d'ouverture prononcée au Collège de France (), Paris, 1911, Revue politique et littéraire et Revue Scientifique

Autres sujets d'histoire économique[modifier | modifier le code]

La vie chère Paris : G. Doin , 1921

Les étapes de la société française au XIXe siècle, 1812, 1837, 1862, 1887, Paris, 1924, Marcel Rivière & Cie, 226 p. disponible sur Gallica

Les banquiers florentins en France au treizième siècle,Bruxelles, 1908, J. Goemaere

La Situation économique de la France avant et après la Guerre, Conférence faite le 15 déc. 1916, Paris, 1917, Giard & Brière

Discours prononcé sur la tombe de Léon Walras à Lausanne , Paris, 1910, M. Rivière

L'évolution industrielle et agricole depuis cent cinquante ans (co-auteur Albert Dulac), Paris, 1912, Librairie Félix Alcan

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

La République de 1848 : 1848-1852, préface de A. Millerand, Paris, 1906, Publications Jules Rouff et Cie

Les travailleurs du livre et du journal (3 tomes),Paris, 1925, G. Doin

A travers les régions de France, Paris, 1914, : Librairie des sciences politiques et sociales, Marcel Rivière & Cie

L'homme est-il libre ?, Paris, 1881, Germer Baillière

Croquis champêtres, Paris, 1887, E. Plon, Nourrit et Cie

Lettre aux femmes, publié dans La Revue Socialiste, Paris, V. Giard et E. Briere

Des sciences physiques aux sciences morales , Paris, 1922, La nouvelle journée

La morale laïque ; La libre pensée du point de vue social, Paris, 1904, Librairie de "La Raison"

La Nature et l'Humanité, Paris, 1926, Presses Universitaires

Paroles d'avenir, Paris, 1908, E. Cornély

L'organisation politique de la démocratie, Paris, 1928, Radot, 90 p. disponible sur Gallica

La montagne aux neiges éternelles (co-auteur ː Madame Georges Renard), Paris, 1914, Hachette

Critique de combat, Paris, 1894, E. Dentu, 350 p. disponible sur Gallica

Bibliographie[modifier | modifier le code]

A la mémoire de Louise Renard et Georges Renard, note biographique Revue d'Histoire du XIXe siècle - 1848 Année 1930 134 pp. 121-139 avec les discours de Justin Godart, président de la Société d'Histoire de la Révolution de 1848 ; Joseph Bédier de l'Académie française, et administrateur du Collège de France, Gaston Rageot, président de la Société des Gens de Lettres ;Célestin Bouglé, directeur de l'Ecole Normale Supérieure.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Francillon dir., Histoire de la littérature en Suisse romande, Genève, Zoé, , 1728 p.
  2. Justinien Raymond, « Notice Renard Georges [Renard François, Georges] », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr, 2010-2013
  3. Marc Vuilleumier, « Les débuts de la maison du peuple à Lausanne », Cahiers d'histoire du mouvement ouvrier, volume 18 de, Editions d'en bas,‎ , p. 90-95
  4. Madeleine Rebérioux La Revue socialiste. In: Cahiers Georges Sorel, n°5, 1987. Les revues dans la vie intellectuelle 1885-1914. pp. 15-38. DOI : https://doi.org/10.3406/mcm.1987.942www.persee.fr/doc/mcm_0755-8287_1987_num_5_1_942
  5. « Complément au tome 5 des Œuvres de Jaurès: "Pour Sautumier" et lettres à Georges Renard », sur jaures.info, Fayard,
  6. « Prix de l'Académie. Georges Renard », 15 juillet 2019̟

Liens externes[modifier | modifier le code]