Raymond Woog

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Roger Woog
Naissance
Décès
Nom de naissance
Raymond Emmanuel Woog
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Distinctions

Raymond Woog est un artiste peintre, dessinateur et illustrateur français né le 25 octobre 1875 dans le 2e arrondissement de Paris, mort le 10 mai 1949 à Neuilly-sur-Seine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raymond Woog naît à Paris en 1875, ses parents étant Adolphe Woog (né à La Chaux-de-Fonds en 1843) et son épouse née Isabelle Jeanne Meyer (née à Paris en 1852).

Raymond Woog est élève du peintre symboliste Gustave Moreau à l'École nationale supérieure des beaux-arts. En 1903, il est parmi les exposants du premier Salon d'automne où il est remarqué par les critiques d'art Arsène Alexandre et Raymond Bouyer, ce dernier écrivant ainsi dans La Revue Bleue du 14 novembre 1903 : « Les élèves de Gustave Moreau sont vingt-six, tous intéressants, depuis les camaïeux de Paul Baignières jusqu'aux notes voyageuses de Raymond Woog »[1]. Les deux toiles qu'il exposera au Cercle Volney en 1906 reçoivront un accueil analogue : « Le Portrait de Madame B. V. noir et vert, l'intimité avec la matinée rose, le coussin bleu, le jupon noir et blanc, sont des morceaux énergiques, d'une facture solide, d'une touche vigoureuse très hauts en couleurs, qui décèlent un véritable peintre ; ce nom de Raymond Woog est à retenir » s'y enthousiasme Maurice Guillemot[2]. L'édition lithographique de ses œuvres fait bientôt de Woog l'un des artistes permanents de la Galerie Devambez.

En 1905, Raymond Woog épouse Violette Julie Picard (née à Paris en 1882) dont, vivant alors au 202, rue de Courcelles à Paris, il aura quatre filles[3]: Marie-Thérèse dite Maïthé (1908-1997), future compagne d'Armel Guerne, Isabelle (1906-1945) qui épousera et vivra à Crisenoy avec Pierre Heilbronn (mitraillé par les Allemands aux Andelys en juin 1940)[4], Sabine (1914-1917) et Béatrice (1923-2007)[5] qui, rencontrant le GI Bill Agnew au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'épousera pour vivre à New York. Raymond Woog est alors l'ami d'Adolphe Gumery avec qui, en 1910, il effectue un voyage en Espagne dans le cadre de la course Paris-Madrid[6].

À la suite du décès en décembre 1912 de Jules Comte, fondateur de La Revue d'art ancien et moderne, Raymond Woog assure la gestion provisoire de la publication qui s'interrompt en juillet 1914 du fait de l'entrée en guerre. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il est entre 1915 et 1918, soit après six mois passés dans les Flandres[7], basé au Havre, avec le grade de lieutenant, en tant qu'attaché à la mission militaire de l'armée britannique. Ses croquis portraiturant des militaires anglais et français saisis sur le vif en 1915 et 1916 (entre autres du contre-amiral Biard, gouverneur du Havre) sont en 1916 publiés sous forme de trente-deux planches sous porte-feuilles toilé dans une édition limitée à cent-cinquante exemplaires[8] et intitulée Passed by Censor[9].

Proche d'Émile Herzog qui n'a alors pas encore adopté le pseudonyme d'André Maurois, Raymond Woog inspire à celui-ci en 1918 le personnage d'Aurel dans le roman Les Silences du colonel Bramble[10] dont notre artiste, au demeurant premier lecteur du manuscrit, venant à Abbeville afin d'y croquer le Général John Asser (en)[11], illustre de la sorte du portrait de Sir John la couverture de la première édition. Raymond Woog est à cette époque très introduit dans le milieu de la presse où il devient un illustrateur reconnu, étant en particulier l'ami de Pierre Mille[12]. Toutefois, dans un article qui paraît en novembre 1919 dans la revue La Renaissance de l'art français et des industries de luxe, Camille Gronkowski, à propos du goût chinois en France, évoque élogieusement Raymond Woog parmi les artistes peignant des paravents en laque de Coromandel[13].

En 1928, Raymond Woog, dont l'interprétation par la gravure sur cuivre faite de ses œuvres par Auguste Brouet[14] a contribué à la célébrité, se rend à New York dans le cadre de son exposition à la Galerie Jacques Seligmann. Edward Bernays raconte dans l'un de ses livres comment le fait que Raymond Woog, bénéficiant déjà d'un certain prestige outre Atlantique de par sa présence connue dans les collections du Musée du Luxembourg, y est alors considéré comme un peintre majeur des visages d'enfants (ces tableaux sont reproduits dans The New York Times), l'incite à recommander notre artiste au galeriste new-yorkais[15]. De fait, Woog exécute à New York de nombreuses commandes de portraits d'enfants, mais aussi un portrait de Maurice Ravel[7].

En 1933-1934, Raymond Woog est collaborateur des Nouvelles littéraires, demeurant simultanément fidèle au Salon de la Société nationale des beaux-arts où il accroche ses œuvres depuis 1911 : « Signalons une Maternité de Raymond Woog d'un joli sentiment » retient ainsi Roger Baschet de sa visite du salon de 1934[16].

Raymond Woog affectionne les longs séjours en Seine-et-Marne auxquels on associe le thème des fleurs dans sa peinture, thème auquel il reste attaché lorsqu'en 1940 il se retire à Crest[7].

Raymond Woog meurt à Neuilly-sur-Seine en 1949. On lui aura reproché le talent ostentatoire d'un artiste « songeant avant tout à faire valoir son métier »[17]. Avec lui, nuance Jean Oudin, disparaît « un charmant intimiste, d'un raffinement extrême ; l'artiste se doublait d'un ami rare, dont la délicatesse, la sensibilité et la culture faisaient l'enchantement de ceux qui ont eu le privilège de l'approcher »[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures et dessins[modifier | modifier le code]

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

Traductions littéraires[modifier | modifier le code]

Expositions particulières[modifier | modifier le code]

  • Galerie Georges Petit, Paris, mars 1913.
  • The art of Raymond Woog : paintings and drawings, Galerie Jacques Seligmann & Company, New York, janvier-février 1928.
  • Rétrospective Raymond Woog, Musée Galliera, Paris, 1952.
  • Exposition rétrospective d'œuvres de Raymond Woog, Société nationale des beaux-arts, 1960.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Les organisateurs de l'exposition présidée par Gaston Varenne ne s'y sont pas trompés en donnant la place d'honneur à l'univers de Raymond Woog : c'est un tableau parmi tant d'études, le tableau d'un vrai peintre qui, par ce temps de grisaille plus ou moins intellectuelle, ne redoute point d'avouer son goût pour la couleur des belles étoffes, des céramiques ou des ciels, et cette affirmation n'exclut pas le sentiment qui place une petite infante très moderne en présence de cette grande mappemonde où se résume à ses yeux songeurs tout l'inconnu. » - Raymond Bouyer[23]
  • « Do you remember, dear friend, the days at Abbeville when you were doing the portrait of General Asser?... Whenever I could get away, I used to come to watch you paint and it delighted me to see the two visages, the one in flesh and blood and the other which your brushes created, grow to rememble each other. There he was - the Object - and about his scarlet - bound cap, his gold - encrusted vizor and his well cut riding breeches we wove opinions on art. A common sentiment united us : a horror of aesthetic systems. To set down what one sees, as honestly, as exactly as one is able - we could find no better rule. » - André Maurois[25]
  • « Comme c'est un lieu commun de dire qu'un bon portrait est surtout l'image d'un caractère, le public fut frappé par la qualité de ses œuvres où la présence de l'homme est toujours si intensément ressentie. » - Jean Oudin[7]
  • « Raymond Woog pratique la peinture de genre, le paysage et la nature morte, mais on retient surtout la qualité de ses portraits ; solidité, virtuosité, c'est une sorte de perfection savoureuse des attitudes et des visages qu'il prête à quelques contemporains majeurs. » - Gérald Schurr[26]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

  • André Maurois.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  2. a et b Maurice Guillemot, « L'exposition du Cercle de la rue Volney » dans L'art et les artistes, revue d'art ancienne et moderne, tome II, octobre 1905 - Mars 1906, page 212.
  3. My Heritage, généalogie de Raymond Woog
  4. Cyril Grange, Une élite parisienne - Les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939), C.N.R.S. Éditions, 2016: livre contenant une biographie de Pierre Heilbronn.
  5. Palisades Free Library, New York, Beatrice Agnew (1923-2007)
  6. Services culturels de la mairie du 16e arrondissement de Paris, Vie et œuvre d'Adolphe Gumery, 2006
  7. a, b, c, d, e et f Jean Oudin, Raymond Woog, Éditions de la Société nationale des beaux-arts, 1960.
  8. a et b Archines municipales du Havre, Raymond Woog, l'officier-artiste basé au Havre
  9. Noël Clément-Janin, Les estampes, images et affiches de la guerre, Éditions Gazette des beaux-arts, 1919.
  10. Gilberte Brossolette, Il s'appelait Pierre Brossolette, Albin Michel, 1976.
  11. Dominique Bona, Il n'y a qu'un amour, Éditions Grasset et Fasquelle, 2003.
  12. Jean Bothorel, Bernard Grasset - Vie et passion d'un éditeur, Éditions Grasset Fasquelle, 1989.
  13. Camille Gronkowski, « A propos du goût chinois en France - Les paravents en laque de Coromandel », dans La renaissance de l'art français et des industries de luxe, novembre 1919, pages 484-492
  14. Site Auguste Brouet, Auguste Brouet, graveur de reproduction
  15. Edward L. Bernays, Biography of an idea : the founding principes of public relations, Éditions Open Road Media, 2015.
  16. Roger Baschet, « Le Salon de la peinture », revue L'Illustration, n°4758 du 12 mai 1934.
  17. Léon Rosenthal, « Les salons de 1912 » dans La Gazette des beaux-arts, année 1912, page 464.
  18. a et b Fondation Pablo Casals, Barcelone, Portrait de Pablo Casals
  19. Tableau exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1932 et reproduit dans la revue L'Illustration n°4654 (spécial Salon de la peinture) du 14 mai 1932.
  20. Exposition générale des beaux-arts, Catalogue de l'exposition, Bruxelles, 1907.
  21. Robert de La Sizeranne, « Les salons de 1907 et l'orientation nouvelle de paysage » dans la Revue des deux Mondes, tome 39, 1907, pages 566-590.
  22. a et b Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 16, page 710.
  23. a et b Raymond Bouyer, « Exposition à la Cimaise », dans Revue de l'art ancien et moderne, n°526, samedi 6 janvier 1912.
  24. Francisco-Javier Perez Rojas, El retrato elegante, Éditions Ayuntamiento de Madrid, 2000
  25. André Maurois, Raymond Woog, Éditions Galerie Jacques Seligmann, New York, 1928.
  26. Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1982, tome 2, page 97.
  27. Archives municipales, Le Havre, Dessiner la guerre - Affichistes, caricaturistes, artistes, présentation de la collection
  28. Librairie de l'Université de la Colombie-Britannique, Raymond Woog dans la donation Pauline Donalda
  29. My Heritage, Le dossier Légion d'honneur de Raymond Woog, 1947

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anatole Le Braz, Raymond Woog, Éditions Galerie Georges Petit, Paris, 1913.
  • Noël Clément-Janin, Les estampes, images et affiches de la guerre, Éditions Gazette des beaux-arts, Paris, 1919.
  • André Maurois, Raymond Woog, Éditions Galerie Jacques Seligmann, New York, 1928.
  • Jean Oudin, Raymond Woog, Éditions de la Société nationale des beaux-arts, 1960.
  • Gilberte Brossolette, Il s'appelait Pierre Brossolette, Éditions Albin Michel 1976 (contient une évocation de Raymond Woog).
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, tome 2, Les éditions de l'amateur, 1982.
  • Jean Bothorel, Bernard Grasset - Vie et passion d'un éditeur, Éditions Grasset et Fasquelle, 1989 (contient une évocation de Raymond Woog).
  • Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Francisco-Javier Perez Rojas, El retrato elegante Éditions Ayuntamiento de Madrid, 2000.
  • Dominique Bona, Il n'y a qu'un amour, Éditions Grasset et Fasquelle, 2003 (biographie d'André Maurois, contient une évocation de Raymond Woog).
  • Pierre Sanchez, Les expositions de la Galerie Georges Petit (1881-1934) - Répertoire des artistes et liste des œuvres, Éditions L'Échelle de Jacob, Dijon, 2011.
  • Edward L. Bernays, Biography of an idea : the founding principes of public relations, Éditions Open Road Media, 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]