Maison des Sciences de l'Homme
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Une Maison des Sciences sociales et des Humanités (MSH), autrefois connue sous le nom "Maison des Sciences de l'Homme", regroupe sur un même lieu des moyens de recherche et des laboratoires comprenant des chercheurs issus de l’université et du CNRS, appartenant à des disciplines différentes relevant des sciences humaines et sociales, susceptibles de s’engager conjointement sur des programmes de recherche et ayant une forte ambition d’ouverture à la coopération internationale[1],[2]. Les MSH ont une vocation de structuration de la recherche en sciences humaines et sociales au niveau régional, entre établissements universitaires et institutions de recherche[3].
Histoire
[modifier | modifier le code]La première Maison des Sciences de l'Homme a été créée en 1963 à l'initiative de l'historien Fernand Braudel[4]. L'historien Maurice Garden parle notamment d'« utopie braudélienne » lorsqu'il revient sur la création des MSH dans un ouvrage publié en 2021[5]. Il revient également sur le terme retenu de "maison" : « terme qui renvoyait, dans la France dévastée de l'après-guerre, à une construction concrète, à des murs destinés à abriter, à accueillir et favoriser la recherche[6]. »
Le modèle est repris en Belgique (Maison des sciences de l'Homme à Liège[7], Maison des sciences humaines de l'Université Libre de Bruxelles[8]) et en Tunisie (projet à l'Université de Sfax[9]).
À la suite de la création de plusieurs MSH en région à partir des années 1980, la première MSH prend le nom de Fondation Maison des Sciences de l'Homme. Son rôle et son statut institutionnel diffèrent en effet de celles créées dans toute la France : la FMSH possède une fonction d'organisation et de soutien à la recherche aux niveaux européen et international, tandis que les MSH opèrent davantage aux niveaux local et national[5].
Dans les années 2010, l'appellation "Maison des Sciences de l'Homme" est remise en question pour son caractère jugé excluant, et des changements de dénomination son proposés. En 2025, le Réseau national des Maisons des Sciences de l'Homme devient le Réseau national des Maisons des Sciences sociales et des Humanités (RnMSH)[10]. En parallèle de cette modification, la majorité des MSH changent à leur tour de nom, en conservant leurs acronymes.
Réseau national des MSH et caractéristiques individuelles
[modifier | modifier le code]21 MSH françaises constituent le Réseau national des MSH (RnMSH)[11] et adhèrent à une charte commune[12]. Créé en 2006, sous forme d'un Groupement d'intérêt scientifique, le RnMSH a été inscrit en 2012[13] sur la feuille de route nationale des infrastructures de recherche du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette inscription a été renouvelée en 2021[14].
Chaque MSH du réseau a le statut d'unité d'appui et de recherche (UAR). Le RnMSH possède une unité de coordination, l'UAR3603, ce qui l'amène au total à 22 UAR[15]. Cette unité de coordination est hébergée dans les locaux de la FMSH à Paris[15].
Les MSH appartenant au RnMSH assurent le regroupement, sur un même lieu, de moyens de recherche humains et matériels et, pour certaines d’entre elles, d’unités de recherche comprenant des chercheurs issus de l’université et du CNRS[16]. Elles sont aussi le relais local des très grandes infrastructures de recherche (appelées "IR*" ou "IR étoiles"[17]) en SHS Huma-Num et Progedo.
L'activité des MSH se fonde sur un certain nombres de principes, que l'on retrouve dans la charte élaborée en 1999[12] et refondue en 2019[18]. On évoque communément les trois "i"[19] : interdisciplinarité, interinstitutionnel, international, auxquels s'ajoutent deux autres principes : l’implantation régionale, et l’inscription politique et sociale[20].
Les MSH peuvent posséder des bâtiments propres qui accueillent des équipes de recherche. Elles sont alors dites "hébergeantes", comme c'est le cas à Strasbourg ou Aix-en-Provence. Elles peuvent également être seules dans leurs locaux, comme c'est le cas à la MSH SUD de Montpellier, ou à la MSHS-T de Toulouse, et sont alors qualifiées d'"hôtel à projets"[15] ou d'"espace d'incubation de projets"[15]. Les MSH sont parfois hébergées au sein d'une autre institution, comme la MSH Paris-Saclay qui est hébergée dans les locaux de l'École normale supérieure Paris-Saclay[21].
Le personnel des MSH varie d'une dizaine à une quarantaine d'employés, majoritairement du personnel d'appui à la recherche (gestion, ingénierie de plateformes, service d'édition, service de communication).
Liste des MSH en France
[modifier | modifier le code]Les Maisons des Sciences sociales et des Humanités sont réparties à travers la France[22].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Définition extraite du site du réseau des MSH.
- ↑ Sarah Streliski et Françoise Thibault, « 2. Les outils de coopération », dans Les sciences humaines et sociales françaises. Dynamiques internationales et européennes, Éditions A. Athéna, coll. « ATHENA », , 123–132 p. (ISBN 979-10-93170-24-4, DOI 10.4000/141kt, lire en ligne)
- ↑ Avenir de la recherche et Maisons des sciences de l’Homme: Réédition 2020, Éditions A. Athéna, (ISBN 979-10-93170-05-3 et 979-10-93170-06-0, DOI 10.4000/books.allianceathena.352, lire en ligne)
- ↑ Maurice Garden, « Retour aux sources », dans Mutations des sciences humaines et sociales : Les Maisons des Sciences de l'Homme et leur réseau, Éditions A. Athéna, coll. « Collection ATHENA », , 19–24 p. (ISBN 979-10-93170-16-9, lire en ligne)
- ↑ Maurice Garden, « Retour aux sources », dans Françoise Thibault, Mutations des sciences humaines et sociales Les Maisons des Sciences de l'Homme et leur réseau, Alliance Athéna, , 236 p. (ISBN 979-10-93170-09-1), p. 20
- ↑ « Accueil », sur www.msh.uliege.be (consulté le )
- ↑ « Maison des Sciences Humaines », sur msh.ulb.ac.be, (consulté le )
- ↑ (en) « MSH », sur msh.ulb.ac.be (consulté le )
- ↑ Marie-Hélène Papillon, « Réseau national des Maisons des Sciences sociales et des Humanités (RnMSH) »
, sur Canal-U, (consulté le ) - ↑ « Réseau national des Maisons des Sciences sociales et des Humanités », sur RnMSH (consulté le )
- 1 2 Charte des MSH (2019), Éditions A. Athéna;, (DOI 10.4000/books.allianceathena.1509, lire en ligne)
- ↑ « La Feuille de route nationale des Infrastructures de recherche 2012 » [archive du ], sur enseignementsup-recherche.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « La Feuille de route nationale des Infrastructures de recherche 2021 », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr, (consulté le )
- ↑ Voir sa carte sur le site du réseau des MSH.
- ↑ « Qu’est-ce que l’IR* Huma-Num ? – Huma-Num » (consulté le )
- ↑ Charte des MSH
- ↑ Jacques Commaille, Pierre Rouillard et Serge Wolikow, « La politique du Réseau national des Maisons des sciences de l’Homme », dans Avenir de la recherche et Maisons des sciences de l’Homme : Réédition 2020, Éditions A. Athéna, coll. « Collection ATHENA », , 11–21 p. (ISBN 979-10-93170-06-0, DOI 10.4000/books.allianceathena.382, lire en ligne)
- ↑ Pierre Guibentif, « Les principes fondateurs du Réseau national des Maisons des sciences de l’Homme », dans Avenir de la recherche et Maisons des sciences de l’Homme : Réédition 2020, Éditions A. Athéna, coll. « Collection ATHENA », , 53–101 p. (ISBN 979-10-93170-06-0, DOI 10.4000/books.allianceathena.407, lire en ligne)
- ↑ Brigitte Marin et Véronique Siron, Les sciences humaines dans leurs maisons, Parenthèses, (ISBN 978-2-86364-324-2)
- ↑ « Réseau national des Maisons des Sciences sociales et des Humanités », sur RnMSH (consulté le )