Henri de Castille le Sénateur

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Henri de Castille le Sénateur
Armas del infante Enrique de Castilla.svg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
RoaVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Convento de San Francisco (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Heinrich von Kastilien et Enrique de CastillaVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Mère
Élisabeth de Souabe (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Éléonore de Castille
Alphonse X de Castille
Fernando de Castilla y Suabia (d)
Luigi di Castiglia (d)
Berenguela de Castilla (d)
Sancho of Castile (en)
Manuel, Lord of Villena (en)
Frederick of Castile (en)
Philip of Castile (en)
Ferdinand II d'Aumale
Q6004786Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Juana Núñez de Lara (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Enrique Enriquez the Elder (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Henri de Castille (Enrique en espagnol, Arrigo en italien) dit le Sénateur, infant de Castille, né le 6 mars 1230, mort le 11 août 1303 à Roa (province de Burgos). Il a exercé de hautes fonctions dans le sultanat hafside de Tunis, les États pontificaux et le royaume de Castille.

Un prince aventureux[modifier | modifier le code]

Ferdinand III et Élisabeth (Béatrice) de Souabe
Monnaie d'or hafside de Béjaïa, 1249-1276
Le pape Clément IV, fresque de la Tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines (France)

Quatrième fils du roi Ferdinand III de Castille (1199-1252) et d'Élisabeth de Souabe (es), fille de Philippe de Souabe, l'infant Ferdinand commence sa carrière militaire à 16 ans dans les guerres de la Reconquista contre les musulmans d'Al-Andalus. Il se distingue à la guerre et reçoit des fiefs en Andalousie. Cependant, sa situation à la cour de Castille se complique : la rumeur lui attribue une liaison avec Jeanne de Dammartin, la seconde épouse de son père, et il s'entend mal avec son frère aîné qui monte sur le trône en 1252 (Alphonse X de Castille)[1].

En 1255, Henri quitte l'Espagne, vit en Angleterre puis en France jusqu'en 1259. Alors qu'il est en Angleterre, Giovanni Colonna, archevêque de Messine et ambassadeur du pape Alexandre VI, vient proposer au prince Edmond, fils cadet du roi Henri III, la couronne du royaume de Naples aux dépens des descendants de Frédéric II. Henri de Castille s'offre pour commander l'expédition mais le projet n'aboutit pas[2].

À la fin de 1259, Henri de Castille part pour le Maghreb où il est rejoint par son frère Fadrique (es) et une petite troupe de cavaliers chrétiens. Ils se mettent au service des émirs Hafsides de Tunis. Henri devient l'homme de confiance du sultan Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir, vit à la mode arabe et accumule une énorme fortune qu'il place chez les marchands génois[1]. En 1261, il aide Abou Hafs, frère du sultan, à s'emparer de la ville de Miliana, à l'ouest d'Alger[2]. Ce succès consolide l'indépendance des Hafsides par rapport à leurs anciens seigneurs, les Almohades.

En 1266, Henri passe en Italie où les circonstances paraissent favorables à ses ambitions. Charles d'Anjou, frère de Louis IX de France (Saint Louis) a entrepris de conquérir le royaume de Naples à l'instigation du pape Urbain IV puis de son successeur Clément IV qui ont excommunié le roi Manfred de Hohenstaufen. Henri, avec l'appui des marchands génois, finance et soutient l'expédition. On ignore s'il participe à la bataille de Bénévent (26 février 1266) où Manfred est tué et où Charles remporte une victoire décisive qui lui permet de fonder la dynastie angevine de Naples. Cependant, Charles ne tient pas sa promesse de marier Henri à la veuve de Manfred, la princesse byzantine Hélène Angelina Doukas (en), qui lui aurait apporté en dot Corfou et une partie de l'Albanie. Henri en garde rancune envers Charles et attend une occasion de se venger[1].

Sénateur de Rome[modifier | modifier le code]

Panorama de Rome, Schedelsche Chronik, 1493
Henri de Castille et Conradin de Hohenstaufen prisonniers. Anonyme, XIVe s.

La ville de Rome, capitale des États pontificaux, connaît alors une période de troubles. Le peuple, fatigué des exactions des barons, désigne un conseil de 26 notables (boni homines) qui cherchent un homme fort capable de défendre les intérêts de la ville. En août 1263, les boni homines proposent la charge de « sénateur » (chef de l'exécutif) à Charles d'Anjou mais celui-ci doit y renoncer, sous la pression du pape, pour se tourner vers le royaume de Naples. En mai ou juin 1267, Angelo Capocci, capitaine du peuple à Rome, offre la charge de sénateur à Henri. Celui-ci entre en ville avec ses 300 cavaliers espagnols et s'installe au palais pontifical de Saint-Pierre (dont les restes sont intégrés dans l'actuel palais du Vatican). Il rabaisse le pouvoir des barons et fait démolir leurs tours fortifiées, particulièrement ceux du parti des Guelfes, alliés de Charles d'Anjou. Il impose l'autorité de la ville de Rome à des petites cités du Latium comme Anagni et Corneto[1].

En 1268, Henri prend la tête d'une coalition qui vise à mettre le jeune Conradin de Hohenstaufen, neveu de Manfred, sur le trône de Naples. Avec une armée de Romains, d'Espagnols et de Génois, il affronte Charles à la bataille de Tagliacozzo (23 août 1268) et tue de sa main le maréchal Henri de Cusances en le prenant pour Charles. La cavalerie angevine contre-attaque et écrase l'armée de Conradin. Henri, en fuite, est capturé près de Rieti par l'abbé du Mont-Cassin qui le livre à Charles[3],[1]. Le prince castillan est enfermé en compagnie de Conradin qui est exécuté à Naples le 29 octobre 1268. Henri est condamné à mort puis gracié et maintenu en captivité à Canossa, puis à Castel del Monte. En 1272, il reçoit la visite de sa sœur Éléonore, épouse d'Édouard Ier d'Angleterre[4]. En 1288, le pape Honorius IV lève l'excommunication qui le frappait depuis 1268[5]. Libéré en 1291, il est alors renvoyé en Espagne[1].

Ministre et régent du royaume de Castille[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Maire Vigueur 2010, p. 348-350
  2. a et b Kamp 1993
  3. Benavides 1860
  4. Manuel González Jiménez, Alfonso X el Sabio (1ª edición), Barcelona, Ariel S. A., 2004, p. 87.
  5. Maurice Prou (éd.), Les registres d'Honorius IV, Paris, 1888, pp. 240-241.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Maire Vigueur, L'autre Rome - Une histoire des Romains à l'époque communale (XIIe-XIVe siècles), Tallandier, , 559 p. (ISBN 9782847347197).
  • (it) Norbert Kamp, « Enrico di Castiglia (Henricus de Castella, Henricus de Hispania, Arrigo di Castiglia, Anrricus, Don Enrrique », dans Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 42, Rome, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, .
  • (es) Antonio Benavides, Memorias de Don Fernando IV de Castilla, vol. I, Madrid, Imprenta de Don José Rodríguez, , 1e éd. (OCLC 971699721, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]