Manfred Ier de Sicile

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Manfred Ier de Sicile
Le couronnement de Manfred, dans la Nuova Cronica de Giovanni Villani
Le couronnement de Manfred, dans la Nuova Cronica de Giovanni Villani
Titre
Roi de Sicile
Prédécesseur Conradin
Successeur Charles Ier de Sicile
Biographie
Dynastie Maison de Hohenstaufen
Date de naissance vers 1232
Lieu de naissance Venosa, Royaume de Sicile
Date de décès
Lieu de décès Bataille de Bénévent
Père Frédéric II du Saint-Empire
Mère Bianca Lancia
Conjoint Béatrice de Savoie
Hélène Angelina Doukas (en)
Enfants 4
Entourage Michel II Doukas
Conrad IV
Religion Christianisme
Résidence Palerme

Manfred Ier de Sicile
Rois de Sicile

Manfred Ier de Sicile, né vers 1232 à Venosa, dans l'actuelle région de Basilicate et mort le à Bénévent, est un roi de Sicile en 1258, souvent désigné sous le nom de Manfred de Hohenstaufen ou parfois sous la forme Manfred Lancia, fils naturel de l'empereur Frédéric II et de Bianca Lancia.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Manfred est le fils illégitime de Frédéric II, empereur des Romains, et de Bianca Lancia ou Lanzia.

Il est Manfred était le demi-frère du poète Enzio.

Un fils légitimé[modifier | modifier le code]

Frédéric semble avoir considéré Manfred comme légitime, et de par sa volonté le nomma prince de Tarente et représentant dans la péninsule italienne de son demi-frère, le roi des Romains Conrad IV.

L'empereur Frédéric II, par l'intermédiaire de son ambassadeur, l'archevêque Gautier d'Ocra, contacte la marquise de Saluces, Béatrice de Savoie, veuve depuis peu, afin de lui proposer de se remarier avec ce fils illégitime[1]. Le contrat est signé le [2],[3], à Chambéry[4]. Les historiens estiment que Manfred Lancia a une quinzaine d'année et la marquise le double[4].

À l'occasion de ce mariage, son père rend au comte de Savoie le château de Rivoli et dote son fils « de tous ses fiefs piémontais et lombards, depuis Pavie et la mer de Gênes jusqu'aux Alpes »[5].

Bien que seulement âgé de dix-huit ans, Manfred agit fidèlement et avec zèle dans l'exécution de cette tâche, et quand Conrad vint en Italie méridionale en 1252, son autorité fut rapidement et généralement reconnue.

Roi de Sicile[modifier | modifier le code]

Lorsque Conrad mourut en mai 1254, Manfred, après avoir refusé de rendre la Sicile au pape Innocent IV, accepta la régence au nom de Conradin, le jeune fils de Conrad. Mais la force des partisans du pape dans le royaume de Sicile rendit la position du régent si périlleuse qu'il décida d'ouvrir des négociations avec Innocent. Par un traité signé en septembre 1254, la Pouille passa sous l'autorité du pape, que Manfred conduisit personnellement dans sa nouvelle possession.

En 1258, profitant d'une rumeur annonçant la mort de Conradin, Manfred se fit couronner roi de Sicile à Palerme, le 10 août de cette année. La rumeur était infondée, mais le nouveau roi, soutenu par la voix populaire, n'abdiqua pas, et précisa aux envoyés de Conradin la nécessité d'un chef local. Mais le pape, pour qui l'alliance avec les Sarrasins était une offense grave, déclara l'annulation du couronnement de Manfred et l'excommunia.

Il soutient son beau-père Michel II Doukas d'Épire, lors de son conflit avec l'empire de Nicée, par l'envoi d'un contingent, mais celui-ci est vaincu par l'armée de Michel VIII Paléologue à la bataille de Pélagonia en 1259.

Manfred meurt le , lors de la bataille de Bénévent, vaincu par son rival Charles Ier d'Anjou[6].

Ses contemporains appréciaient le caractère noble et magnanime de Manfred, renommé pour sa beauté physique et ses qualités intellectuelles.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Manfred convola deux fois. Sa première épouse est en 1248 Béatrice, fille Amédée IV de Savoie et veuve de Manfred III de Saluces. Ils ont une fille, Constance qui devient l'épouse de Pierre III d'Aragon. Ses petits-enfants aragonais règnent à nouveau sur la Sicile après les Vêpres siciliennes.

Sa seconde épouse est en 1258 Hélène Angelina Doukas (en), fille de Michel II d'Épire. Elle meurt en prison en 1271. Elle lui a donné une fille : Béatrice première épouse de Manfred IV de Saluces, un des partisans de sa famille.

Ses enfants mâles meurent en prison, au Castel dell'Ovo de Naples :

  • Frédéric (né 1259 † 2 juin 1312) ;
  • Enzio/Anselme (né vers 1261 † 1301) ;
  • Henri (né 1264 † 31 octobre 1318) ;

SA dernière fille, Flordelis (née vers 1266 † 27 février 1297) est libérée après 18 années d'emprisonnement. Il a également une fille illégitime, Béatrice. Cette dernière épouse Rainieri Della Gherardesca, comte de Bolgheri.

Légende noire[modifier | modifier le code]

Manfred, ennemi de la papauté, fut accusé de nombreux méfaits. Il fut accusé d'avoir assassiné son père Frédéric II par étouffement, d'avoir empoisonné son frère Conrad IV, et, plus justifié, d'avoir usurpé le trône sicilien de son neveu Conrad V dit Conradin.

Littérature[modifier | modifier le code]

Manfred et son destin tragique ont trouvé un écho dans diverses œuvres littéraires ou picturales. Dante Alighieri le met en scène dans le Chant III du Purgatoire de la Divine Comédie. Quelques siècles plus tard, Horace Walpole le met également en scène avec Conrad dans son roman Le Château d'Otrante en 1764, qui va inaugurer le roman gothique.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eugene L. Cox, The Eagles of Savoy : The House of Savoy in Thirteenth-Century Europe, Princeton University Press (réimpr. 2015) (1re éd. 1974), 512 p. (ISBN 978-1-40086-791-2, lire en ligne), p. 158.
  2. Réjane Brondy, Bernard Demotz, Jean-Pierre Leguay , Histoire de Savoie : La Savoie de l'an mil à la Réforme, XIe-début XVIe s., Ouest-France, , 455 p. (ISBN 978-2-85882-548-6), p. 122.
  3. Bruno Galland, « Un Savoyard sur le siège de Lyon au XIIIe siècle : Philippe de Savoie », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 146, no 1,‎ , p. 41.
  4. a et b Gianfranco Corti, The corporate lineage : the House of Savoy in the thirteenth century, Université de Californie, Berkeley, 1992, 436 pages, p. 131.
  5. Victor Flour de Saint-Genis, Histoire de Savoie d'après les documents originaux depuis les origines les plus reculées jusqu'à l'annexion, Bonne, 1868, p. 241 (lire en ligne).
  6. (en) Federico Canaccini, « Benevento, Battle of », dans The Oxford Encyclopedia of Medieval Warfare and Military Technology, vol. 1, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19533-403-6, lire en ligne), p. 141-142.