Hastingues

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Hastingues
Hastingues
Porte de la ville d'Hastingues
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Landes
Arrondissement Dax
Intercommunalité Communauté de communes Pays d'Orthe et Arrigans
Maire
Mandat
Corine de Passos
2020-2026
Code postal 40300
Code commune 40120
Démographie
Gentilé Hastinguot
Population
municipale
586 hab. (2018 en diminution de 0,85 % par rapport à 2013)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 32′ 07″ nord, 1° 08′ 52″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 84 m
Superficie 14,54 km2
Élections
Départementales Canton d'Orthe et Arrigans
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Hastingues

Hastingues est une commune française, située dans le département des Landes en région Nouvelle-Aquitaine.

Le gentilé est Hastinguot[1].

La bastide d'Hastingues est un site naturel inscrit par l'arrêté ministériel du , pour une superficie de 6,5 ha[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville haute, installée sur un promontoire, domine la plaine du Pays d'Orthe, que traversent les gaves réunis, au sud du département des Landes et en limite de celui des Pyrénées-Atlantiques.

Deux barthes (prairies basses, plaines alluviales recouvertes par les eaux en période de crue) encadrent le site.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Hastynggues en 1370; Fastingues en 1461[4].

Il s'agit d'une formation toponymique tardive en hommage à John Hastings, sénéchal de Gascogne , constructeur de la bastide à cet endroit en 1304[4],[5]. Ce dernier tire lui même son nom du lieu éponyme Hastings (Angleterre, Sussex de l'est) aux environs duquel Guillaume le Conquérant vainquit l'armée anglo-saxonne commandée par Harold Godwinson. Hastings en Angleterre est mentionné pour la première fois sous la forme Hastingas au VIIIe siècle et une variante possible du toponyme est mentionnée Hæstingaceaster (Chronique anglo-saxonne). Il s'agit d'un nom de tribu ou du moins de famille élargie, les Hæstingas « les gens, les fidèles d'Hæsta », attesté dans Hestingorum gens en 771 (Siméon de Durham)[6],[7].

Remarque : la forme relevée en 1461 résulte d'une francisation fallacieuse, en effet, le F- / f- initial s'amuït en gascon, comme en castillan (ex: hilha « fille »). Ce nom n'a aucun rapport avec le nom de personne norrois rendu par Hasting dans les écrits historiques tardifs sur la base de la latinisation Hastingus de l'anthroponyme vieux norrois Hástæinn / Hásteinn[8].

Son nom occitan gascon est Hastings[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , l'abbaye d'Arthous, protectrice du chemin de Compostelle, cède par un contrat de paréage une partie de son territoire au roi Édouard Ier d'Angleterre, duc d’Aquitaine, permettant à ce dernier d'édifier une ville nouvelle fortifiée ou bastide, destinée à conforter la position anglaise dans le sud de l'Aquitaine[10].

Dans ce secteur des marches de son duché, le monarque est en conflit constant avec les Basques, les Béarnais et les Capétiens du royaume de France. Par l'établissement de cette ville fortifiée, il veut tout à la fois affermir son pouvoir et renforcer la sécurité de ses sujets[11].

Le traité est donc signé au nom d'Édouard Ier par John Hastings, sénéchal de Gascogne, avec les moines de l'abbaye d'Arthous. Il prévoit la fondation d'une bastide sur l'emplacement d'un ancien oppidum romain. Une muraille en pierre, commencée dès 1289, n'est jamais finalisée et subira de nombreux dommages. Les premiers travaux d'aménagement de la cité ont lieu entre 1303 et 1306. En 1304 débutent les travaux de construction de l'église Saint-Sauveur. Cette même année, 44 familles se voient attribuer un emplacement de 74 * 12 m. Elles doivent y construire dans les deux ans qui suivent une maison de 30 m * 12 m avec pignon sur rue et y aménager un four et un jardin. Entre chaque maison, un espace appelé « androne » facilite la construction, permet la récupération des eaux de pluie et limite la propagation des incendies. Hors des murs, chaque homme dispose de six « journades » à défricher et cultiver (une « journade » correspondant à la surface labourable par un homme en une journée, soit 40 ares). La porte de la ville est érigée dans les années 1307-1310[11].

Alors que le système féodal a cours à l'époque de la fondation de la ville, les habitants d'Hastingues, comme ceux des autres bastides du sud-ouest de la France, ont le statut d'hommes libres, administrés par six jurats placés sous l'autorité d'un bailli, qui se réunissent à partir du XVe siècle dans la maison des Jurats. En 1321, les privilèges de la cité sont confirmés par le souverain Édouard II d'Angleterre. Elle jouit alors d'un marché hebdomadaire et de deux foires annuelles. On y bat monnaie sous contrôle des jurats pendant l'occupation anglaise. Les biens, la sécurité, la justice et l'organisation du commerce sont régis pas une charte de 1326. En 1342, le roi-duc donne l'autorisation d'exploiter un port fluvial sur les Gaves réunis[11].

En raison de sa situation et du commerce actif de son port, la bastide d'Hastingues est convoitée et subit pillages, incendies, destructions partielles par la cité voisine de Bayonne. A l'issue de la Guerre de Cent Ans, le remplacement des Anglais par les ducs de Gramont n'y change rien : la ville est brûlé en 1523 par les troupes espagnoles du prince d'Orange. Les maisons sont alors reconstruites en pierre. Plus tard, la ville est à nouveau incendiée, par les troupes huguenotes de Montgommery[12], qui auraient détruit une partie de l'enceinte. De 1600 à la révocation de l'édit de Nantes en 1685, un temple protestant côtoie l'église catholique (le premier lieu du culte réformé est sans doute la maison Magendie). Les derniers privilèges de la cité disparaissent au moment de la Révolution française[11].

De l'époque de sa fondation, le site a conservé son plan général, un vestige de fossé, ses fortifications, sa porte sud-ouest inscrite dans une grosse tour rectangulaire qui donne accès à la rue principale, bordée par de grandes maisons de caractère : cette porte en moyen appareil jusqu'aux archères, en moellons au deuxième niveau couronné par des consoles à triple ressaut en quart de rond, est marquée par un passage voûté en berceau brisé[11].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[réf. nécessaire]
Période Identité Étiquette Qualité
1977 1989 Jacques de Goislard de Monsabert    
1989 2008 Rémy Lacroix   Retraité SNCF
mai 2008 2020 Pierre Ducarre PS Agriculteur retraité
Président de la Communauté de communes du Pays d'Orthe
2020 En cours Corine de Passos    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14]. En 2018, la commune comptait 586 habitants[Note 1], en diminution de 0,85 % par rapport à 2013 (Landes : +3,31 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
900846850850901915942910914
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
828850865800780755728716704
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
690709656541509444442441445
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
417401408447472447478583575
2018 - - - - - - - -
586--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Economie[modifier | modifier le code]

L'activité économique est centrée sur l'agriculture : production de maïs et de kiwis de l'Adour, élevage de bovins et de palmipèdes. La pêche traditionnelle dans les Gaves réunis concerne la pibale, le saumon et l'anguille.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

  • Depuis 1999, tous les , festival de la Parade des 5 sens. Et depuis 2015, La parade a lieu les 13 et .
  • Lors des Journées Européennes du Patrimoine, en septembre, les habitants bénévoles proposent une découverte historique et patrimoniale de la bastide, dans le cadre de saynètes théatrales et en costume d'époque, appelée La Déambulation

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le nom des habitants du 40 », sur www.habitants.fr (consulté le 31 août 2018)
  2. Fiche sur le site de la DREAL
  3. Carte IGN sous Géoportail
  4. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, p. 1728, n° 30449 (lire en ligne) [1]
  5. « Hastingues » sur l'Encyclopédie Larousse [2]
  6. Eilert Ekwall, The Oxford Dictionary of English Place Names, Oxford University Press, 1936.
  7. Mills, A. D. & Room, Adrian (2002) « A Dictionary of British Place-names », in: Patrick Hanks et al, The Oxford Names Companion, Oxford University Press, 2002. (ISBN 0-19-860561-7), pp. 895-1264; p. 1061
  8. Site de Nordic Name : étymologie de Hásteinn [3]
  9. « Toponymes occitans », sur www.locongres.org (consulté le 31 août 2018)
  10. http://www.larousse.fr
  11. a b c d et e Panneau de présentation de la bastide d'Hastingues, consulté sur site le 23 décembre 2018
  12. Voir : Guerres de religions dans les Landes.
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  17. « Classement de l'abbaye d'Arthous », notice no IA40000082, base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. « Notice de la base Mérimée », notice no PA00083953, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 10 février 2014
  19. « Inscription de la maison du Rey », notice no PA40000075, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 10 février 2014
  20. « Arrêté d'inscription de la maison du Sénéchal ou du Gouverneur d'Hastingues », notice no IA40000072, base Mérimée, ministère français de la Culture