Salah Jedid

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Salah Jedid
General Salah Jadid.jpg

Salah Jedid dans les années 1960.

Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
صلاح جديدVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Prison de Mazzeh (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Autres informations
Parti politique
Parti Baas (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit

Salah Jedid (1926 - 1993) (en arabe : صلاح جديد) est un général et un homme politique syrien, une des figures du parti Baas. Il a été chef du gouvernement syrien de 1966 à 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Doueïr-Baabda, village dans les environs de Lattaquié, il est membre de la communauté Alaouite, qui s'est installé depuis des siècles dans le djebel syrien pour échapper aux persécutions. Comme beaucoup de membre de sa communauté, il profite du mandat français et l'ouverture d'académies militaires aux Alaouites pour entrer dans l'armée en espérant une promotion sociale[1].

En 1958, pendant la courte période de la République Arabe Unie (RAU), il est envoyé au Caire avec plusieurs officiers syriens que Nasser veut contrôler plus étroitement. Il y forme en 1959 un comité secret avec quatre autres officier Baasiste dont Hafez el-Assad qui a pour projet de reprendre la direction du Baas et de refonder la Syrie.

De retour en Syrie, il participe au coup d'Etat de 1963 qui amène au pouvoir le parti Baas et est nommé chef d'État-Major en 1964.

Le 23 février 1966, il participe au coup d'État de Selim Hatoum qui chasse les fondateurs du parti Baas – Michel Aflaq et Salah al-Din al-Bitar – de Syrie. Il prend alors la fonction de secrétaire général adjoint du parti Baas, bien qu'il soit en réalité "l'homme fort du régime".

De 1966 à 1970, Il prend la tête du clan des "civils", aile radicale du parti Baas. Il s'oppose alors aux partisans du ministre de la défense, Hafez el-Assad, les "militaires".[2] Lors du congrès régional du parti Baas en octobre 1968, les deux ailes dévoilent leurs oppositions : les civils considèrent qu'il faut se rapprocher encore du bloc soviétique et faire passer la socialisation du pays avant la lutte contre Israël. Les militaires au contraire, affirment que la priorité doit être donnée à la lutte contre Israël et la coopération avec les autres États arabes.[3] Alors qu'Assad privilégie la coopération avec les États arabes, le clan de Jedid préfère s'appuyer, après la Guerre des Six Jours, sur la résistance palestinienne. Il fonde donc une organisation de combattants palestiniens affiliée au Baas, As Saiqa, en 1966[2].

Pendant la période 1966 - 1970, Salah Jedid entreprend donc un rapprochement avec l'URSS, une politique de socialisation et de réforme agraire, et un renforcement de l'emprise du parti Baas sur le pouvoir, et de l'influence des Alaouites au sein du parti. Cependant, il souffre de la défaite de 1967, et doit composer avec son adversaire, le général Assad, avec lequel il engage un long bras de fer pour le contrôle de la Syrie.

En 1970, lors de la répression menée par l'armée jordanienne contre l'OLPseptembre noir – Jedid envoie une aide militaire aux fedayins. Cependant, Hafez el-Assad refuse de lui apporter le soutien aérien ce qui contraint les forces syriennes à faire machine arrière[3].

Suite à l'échec de l'intervention en Jordanie, la direction régionale du Baas se réunit pour un congrès extra-ordinaire, au sein duquel Salah Jedid est en majorité. Hafez el-Assad est porté responsable du retrait syrien et est relevé de ses fonction de ministre de la défense. Le lendemain de la clôture du congrès, le 13 novembre 1970, il utilise ses appuis dans l'armée pour orchestrer un coup d'État, s'empare des points clés de Damas et arrête Salah Jedid ainsi que le président Noureddine Atassi[3].

Salah Jedid passe alors vingt-trois ans en prison et meurt, le , d'une attaque cardiaque dans un hôpital de Damas, un jour après y avoir été transféré de la prison militaire de Mezzeh[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Delbès, « Les alaouites de Syrie », Les Cahiers de l'Orient, vol. 122, no 2,‎ , p. 65 (ISSN 0767-6468 et 2552-0016, DOI 10.3917/lcdlo.122.0065, lire en ligne)
  2. a et b « IL ETAIT L'ANCIEN HOMME FORT DU REGIME SYRIEN, DECES EN PRISON DE SALAH JEDID », sur lesoir.be, (consulté le 27 juin 2018)
  3. a, b et c Xavier Baron, Histoire de la Syrie : de 1918 à nos jours, Paris, Tallandier, , 400 p., p.170-171
  4. « Salah Jadid, 63, Leader of Syria Deposed and Imprisoned by Assad », The New York Times, 24 août 1993. [1]