Groupe pour une Suisse sans armée

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Groupe pour une Suisse sans armée
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Cadre
But Abolition de l’armée suisse
Zone d’influence Suisse
Fondation
Fondation
Fondateurs 120 hommes et femmes de 18 à 87 ans
Identité
Personnages clés Andreas Gross
Méthode Initiatives populaires
Publication (fr) Une Suisse sans armée
(de) GSoA Zitig
Site web www.gssa.ch

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), en allemand Gruppe für eine Schweiz ohne Armee (GSoA), est une association antimilitariste suisse fondée le . Le GSsA milite en particulier pour l'abolition de l’Armée suisse et s'occupe plus généralement des thèmes liés à la politique de paix et de sécurité.

Il est à l'origine de plusieurs initiatives populaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Le GSsA a été fondé le 12 septembre 1982 au restaurant Kreuz à Soleure.

Initiative pour une Suisse sans armée[modifier | modifier le code]

Dépôt des feuilles de signatures de l'initiative « pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre », 21 septembre 2007

Au début de l'année 1986, le groupe lance sa première initiative, intitulée « pour une Suisse sans armée et pour une politique globale de paix ». Le groupe récolte 111 300 signatures (100 000 étant nécessaires pour l'aboutissement de l'initiative). Lors du vote le , l'initiative reçoit 35,6 % de votes favorables (soit 1 052 218, sur une participation élevée de 68,6 % de votant sur l'ensemble du corps électoral)[1]. L'ampleur inattendue du soutien apporté à ce texte iconoclaste, plus du tiers des votants (35,6 %) ayant approuvé l'idée d'une suppression pure et simple de la défense armée, pousse le parlement à entreprendre des réformes en profondeur de la défense nationale suisse[2]. L'introduction d'un service civil en 1996 en Suisse est également à mettre partiellement au crédit du succès de l'initiative.

Initiative contre les F/A 18 (1992-1993)[modifier | modifier le code]

Au printemps 1992, à la suite de la décision des deux chambres du Parlement suisse de se procurer 34 avions de combat F/A-18 Hornet, le GSsA lance une initiative « pour une Suisse sans nouveaux avions de combat ». En 32 jours, 503 719 signatures sont rassemblées. Lors du vote, le 6 juin 1993, l'initiative sera rejetée par 57 % contre 43 %.

Initiative pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU (1999)[modifier | modifier le code]

En 1999, le GSsA participe à la récolte de signatures pour l'initiative demandant l'adhésion de la Suisse à l'ONU. Cette initiative sera acceptée par le peuple et les cantons en 2002.

Seconde initiative pour une Suisse sans armée et initiative pour un service volontaire pour la paix (1999-2001)[modifier | modifier le code]

En 1999, le GSsA dépose les initiatives "pour une Suisse sans armée" et "pour un service volontaire pour la paix". "pour une Suisse sans armée" et "pour un service volontaire pour la paix". Votés en décembre 2001, les deux textes seront refusés (78,1 % contre pour la première, 76,8 % pour la seconde).

Initiative pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre (2007-2009)[modifier | modifier le code]

Le GSsA est à l'origine de l'initiative populaire «pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre», déposée en 2007 et rejetée par 68,2 % des votants en 2009.

Initiative populaire pour la protection face à la violence des armes (2007-2011)[modifier | modifier le code]

Aux côtés du Parti socialiste suisse, des Verts et d’autres mouvements de gauche, le GSsA lance fin 2007 la récolte des signatures de l’initiative populaire pour la protection face à la violence des armes. Son texte demande une justification pour toute possession d'arme à feu, oblige le stockage des armes militaires à l'arsenal et met en place un registre fédéral des armes à feu. L’objet est rejeté par 56,3 % des votants le 13 février 2011.

Initiative pour l'abrogation du service militaire obligatoire (2012-2013)[modifier | modifier le code]

En septembre 2013, l'initiative « Oui à l'abrogation du service militaire obligatoire » proposée par le GSsA est massivement rejetée par 73,2 % des voix[3]. A cette occasion, le GssA utilise dans sa campagne l'image de Roger Federer, qui a été déclaré « inapte » et n'a pas fait de service militaire. Le GSsA s'est excusé pour avoir utilisé cette image dans un contexte politique sans l'accord de l'intéressé[4],[5].

Référendum contre l'achat de nouveaux avions de combat Gripen (2013-2014)[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2013, le GSsA contribue, avec des partis et organisations de gauche, au lancement du référendum portant sur le fonds d'acquisition de l'avion de combat Gripen (Loi sur le fonds Gripen). L'objet est soumis au vote le 18 mai et l'achat de nouveaux avions de combat est rejeté par 53,4 % des votants.

Initiative visant à interdire les investissements dans l'industrie d'armement (2017-...)[modifier | modifier le code]

Le 11 avril 2017, le GSsA lance une initiative visant à interdire les investissements dans l'industrie d'armement via la place financière suisse, en particulier via la BNS et les caisses de pension[6].

Sections locales[modifier | modifier le code]

Depuis sa fondation, le GSsA compte différents groupes cantonaux ou régionaux.

GSsA Genève[modifier | modifier le code]

A l'automne 1995, le groupe genevois du GSsA récolte près de 10 000 signatures contre le défilé en ville de Genève d'une unité d'élite de l'armée suisse chargée de la sécurité du canton[7]. Le samedi précédant ce défilé, 1 500 personnes répondent à l'appel du GSsA à manifester contre le défilé[8]. Le défilé a finalement bien lieu le mardi , dans une atmosphère d’émeute[9]. Il s'agit à ce jour du dernier grand défilé militaire organisé dans une ville suisse[10].

Dans la foulé du défilé, le GSsA lance une initiative constitutionnelle cantonale intitulée « Genève République de paix ». Elle aboutit en août 1996 et demande en particulier une réduction des dépenses militaires et une réaffectation civile des terrains occupés par l’armée dans le canton ainsi que le développement d’une culture de la paix[11]. Les autorités cantonales genevoises déclarent dans un premier temps l’initiative irrecevable mais elles sont ensuite déboutées par le Tribunal fédéral[12]. Le scrutin est organisé le [13] et l'objet est rejeté par 62,3 % des votants.

Activités[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Outre les périodiques GSoA-Zitig (en allemand) et Une Suisse sans armée, le GSsA a publié quelques documents, dont[14] :

  • Ch. Heimberg et al., Pour une histoire sans trous de mémoire, répression de l'armée en Suisse, 1989
  • Bande dessinée de Zep ; texte de Luc Gilli, Léon Coquillard : divisionnaire de l'après 26 novembre, 1990
  • Tobia Schnebli, Le citoyen-soldat: aux origines d'un mythe. Le militarisme en France sous la Révolution et l'Empire, 1997
  • Anticorps d'armée, te voilà prêt au combat : infos du GSsA pour les jeunes défenseurs de la patrie, GSsA Genève, 2001

Le groupe diffuse aussi des t-shirts et des autocollants avec les slogans : « L'armée, ça tue, ça pollue et ça rend con », « If war is the answer, the question must be fucking stupid », « War is not the answer », « À bas toutes les armées ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Bolle, Le GSsA, citoyens antimilitaristes au pays du citoyen-soldat (1982-2001) : étude sur les archives du secrétariat romand du GSsA, Genève, , 180 p.
    Mémoire de maîtrise d'histoire générale (faculté des Lettres, Université de Genève, prof. François Walter).
  • (de) Frieden mit Europa : eine Schweiz ohne Armee als Beitrag zur Zivilisierung der Weltinnenpolitik, Zürich, Realotopia Verlagsgenossenschaft, , 388 p. (ISBN 3907586042)
    Éditeurs Andreas Gross, Fitzgerald Crain, Bruno Kaufmann.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Tableau récapitulatif, Initiative populaire « pour une Suisse sans armée et pour une politique globale de paix » », sur Chancellerie fédérale, .
  2. Hanspeter Kriesi, Le système politique suisse, éd. Economica, Paris, 1998 (ISBN 2717836942). p. 108–109.
  3. Les Suisses veulent un service militaire obligatoire, 24heures.ch, 22 septembre 2013
  4. Federer dit non à l’utilisation politique de son image, lematin.ch, 26 juillet 2013.
  5. Les Suisses votent pour le maintien de la conscription, la-croix.com, 22 septembre 2013.
  6. « Le GSsA lance une initiative pour interdire le commerce de guerre », RTSInfo,‎ (lire en ligne)
  7. « 1995. Une parade militaire déclenche une grosse castagne », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  8. « Genève  : manif pacifiste contre le défilé militaire », Le Nouveau Quotidien,‎ (lire en ligne)
  9. « Très mal vu à Genève »
  10. « Au temps lointain des défilés militaires dans nos villes »
  11. « À Genève, l’initiative du GSsA pour la paix aboutit », Le Nouveau Quotidien,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  12. « Séance du vendredi 24 septembre 1999 à 17h », sur Grand Conseil
  13. « Votation populaire du dimanche 12 mars 2000 »
  14. « Matériel du GSsA », sur le site du GSsA.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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