Gérard Leretour

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Gérard Leretour
Naissance 8 novembre 1909
Houlme (Seine-Inférieure)
Décès 29 août 1990
Bulnes (Chili)
Origine français
Type de militance insoumis
objecteur de conscience
journaliste
Cause défendue libertaire
antimilitarisme
Timbre édité par le Centre de défense des objecteurs de conscience (sans doute en 1936).

Gérard Leretour, né le 8 novembre 1909 à Houlme (Seine-Inférieure) et mort le 29 août 1990 à Bulnes (Chili), est un antimilitariste, objecteur de conscience libertaire français et fondateur de la Ligue des objecteurs de conscience, future section française de l’Internationale des résistants à la guerre (IRG).

En 1929, il est appelé à faire son service militaire. Il refuse d’y aller. Arrêté, il entame une grève de la faim, est interné à l’asile et s'en évade pour s'exiler en Belgique. Après une nouvelle grève de la faim, il est réformé en 1933. Il est le premier à ouvrir une brèche dans le caractère obligatoire du service militaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille ouvrière normande.

Pour fuir la conscription, il s'installe à Bruxelles, où il fait la connaissance de Hem Day.

En 1929, il est jugé en France par contumace, par un tribunal militaire, pour son insoumission.

Il se constitue prisonnier le 5 janvier 1933, il est alors incarcéré à Paris, où il commence une grève de la faim. Il est réformé après 16 jours de grève de la faim.

Il crée en juillet 1933, avec l'anarchiste Eugène Lagomassini dit Lagot[1], la Ligue des objecteurs de conscience qui deviendra la section française de l'Internationale des résistants à la guerre.

À la fin de l’année 1933, il est arrêté pour avoir détruit la statue de Paul Déroulède (fondateur de la Ligue des patriotes) dans un square de Paris. Condamné à 18 mois de prison, il fait une nouvelle grève de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique.

La Ligue des objecteurs est dissoute officiellement après cette affaire. Il la reconstitue, en 1936, sous le nom de Centre de défense des objecteurs de conscience et publie à partir du 25 novembre le journal Rectitude, « organe des pacifistes d'action ».

En 1936, lorsque éclate la révolution sociale espagnole, il participe au Comité pour l'Espagne libre créé par Louis Lecoin.

En 1937, il est à nouveau incarcéré pour des propos tenus lors d'une conférence au Mans.

En octobre, il publie un numéro du journal L'Insurgé, le vrai.

En 1939, fuyant la mobilisation, il s'exile au Chili où il se fixe et continue à correspondre avec Louis Lecoin jusque dans les années soixante.

Selon Léo Campion, Leretour aurait été franc-maçon[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Soldat ? Jamais !, préface de Victor Margueritte, Éditions de L’Idée libre, 1933 ; Solanhets, 2018.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, de 1914 à nos jours, tome 2, Paris, Gallimard, 1992, page 309.
  • Roger Boutefeu, Veille de fête : roman, Éditions du Seuil, 1950, pages 183 & 185.
  • François Caradec, Noël Arnaud, Encyclopédie des farces et attrapes et des mystifications, J. J. Pauvert, 1964, page 238.
  • Maurice Vaïsse, Sécurité d'abord : la politique française en matière de désarmement, 9 décembre 1930-17 avril 1934, Éditions Pedone, 1981, page 443.
  • Michel Auvray, Objecteurs, insoumis, déserteurs : histoire des réfractaires en France, Stock, 1983, page 180.
  • Régis Antoine, La littérature pacifiste et internationaliste française, 1915-1935, L'Harmattan, 2002, page 172.
  • Laurent Martin, Le Canard enchaîné. Histoire d'un journal satirique 1915-2005, Nouveau Monde Editions, 2005, page 180.
  • Olivia Carpi, Philippe Nivet, Guerre et politique en Picardie: aux époques moderne et contemporaine, actes du colloque, Amiens, 19 mai 2006, Université de Picardie, Centre d'histoire des sociétés, Encrage, 2007, page 103.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Documentaire "Gérard Leretour (1909- ?) Le héros qui ne voulait pas devenir soldat" [1] diffusé le 8 novembre 2018 dans l'émission La Fabrique de l'Histoire sur France Culture

Notes et références[modifier | modifier le code]