Gouvernement Leterme II

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Gouvernement Leterme II

Royaume de Belgique

Description de cette image, également commentée ci-après
Le Premier ministre Yves Leterme.
Roi Albert II
Premier ministre Yves Leterme
Élection
Législature 52e et 53e
Formation
Fin
Durée 2 ans et 11 jours
Composition initiale
Coalition
Ministres 14
Secrétaires d'État 7
Femmes 5 (5+0)
Hommes 16 (9+7)
Représentation
Chambre des représentants
94 / 150
Sénat
44 / 71
Drapeau de la Belgique

Le gouvernement Leterme II est le gouvernement fédéral du royaume de Belgique entre le et le , durant la 52e et la 53e législatures de la Chambre des représentants.

Dirigé par le chrétien-démocrate néerlandophone Yves Leterme, déjà brièvement au pouvoir en , il succède au gouvernement d'Herman Van Rompuy, nommé président du Conseil européen. Il rassemble une « coalition arménienne » entre les chrétiens-démocrates et les libéraux néerlandophones et francophones, et les socialistes francophones, soit une majorité de 94 représentants sur 150. Il chute au bout de cinq mois, victime de désaccords sur l'évolution institutionnelle du pays. Devenu un gouvernement d'affaires courantes, il reste en fonction pendant un an et sept mois, jusqu'à ce que le socialiste francophone Elio Di Rupo mette sur pied un nouvel exécutif fédéral.

Historique du mandat[modifier | modifier le code]

Dirigé par l'ancien Premier ministre chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, précédemment ministre des Affaires étrangères, ce gouvernement est constitué et soutenu par une coalition entre les Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V), le Mouvement réformateur (MR), l'Open Vlaamse Liberalen en Democraten (Open VLD), le Parti socialiste (PS) et le Centre démocrate humaniste (CDH). Ensemble, ils disposent de 94 représentants sur 150, soit 62,7 % des sièges de la Chambre des représentants.

Il est formé à la suite de la démission du Premier ministre chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy, au pouvoir depuis .

Le , le Conseil européen désigne Van Rompuy comme son futur et premier président permanent. Il remet cinq jours plus tard sa démission au roi Albert II et ce dernier le remplace alors par Yves Leterme, déjà à la tête du gouvernement pendant neuf mois au cours de l'année et contraint à la démission par le scandale du Fortisgate.

Assermenté le lendemain du départ de son prédécesseur, Leterme confirme la « coalition arménienne » entre chrétiens-démocrates, libéraux et socialistes. À l'exception de Steven Vanackere, devenu nouveau chef de la diplomatie, et Inge Vervotte, qui remplace ce dernier comme ministre de la Fonction publique, tous les ministres sortants sont reconduits dans leurs fonctions. Pour déminer les questions liées à la réforme institutionnelle, le cabinet est épaulé par l'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene.

Après que les désaccords insurmontables ont conduit, le , au départ du parti libéral Open VLD de la majorité parlementaire, le chef de l'exécutif remet pour la seconde fois de sa vie politique sa démission au monarque, qui l'accepte. À partir du , le gouvernement Leterme II est chargé de l'expédition des affaires courantes tandis que des élections fédérales anticipées sont convoquées pour le .

La percée de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (NV-A), parti séparatiste flamand, complique durablement la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale et entraîne — à l'époque — la plus longue crise politique de l'histoire européenne contemporaine. Ainsi le , le temps passé en affaires courantes dépasse celui du plein exercice des attributions exécutives[1].

La notion même d'« affaires courantes » a connu des interprétations extensives exigées par la nécessité de ce que le constitutionnaliste Francis Delpérée a appelé les « affaires urgentes ». Ainsi la préparation du budget fédéral pour l'année et la participation de la Belgique à l'intervention militaire de 2011 en Libye, avalisée par le Parlement, ont suscité des réactions[2].

Finalement le suivant, le socialiste francophone Elio Di Rupo parvient à bâtir une alliance lui permettant de succéder à Leterme à la tête du gouvernement fédéral belge.

Composition[modifier | modifier le code]

Fonction Titulaire Parti
Premier ministre (Chargé de la Coordination de la politique de migration et d'asile) Yves Leterme CD&V
Vice-Premier ministre
Ministre des Finances et des Réformes institutionnelles
Didier Reynders MR
Vice-Premier ministre
Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique (Chargée de l'Intégration sociale)
Laurette Onkelinx PS
Vice-Premier ministre
Ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles
Steven Vanackere CD&V
Vice-Premier ministre
Ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances (Chargée de la Politique de migration et d'asile)
Joëlle Milquet CDH
Vice-Premier ministre
Ministre du Budget
Guy Vanhengel Open VLD
Ministre des Pensions et des Grandes villes Michel Daerden PS
Ministre de la Justice Stefaan De Clerck CD&V
Ministre des PME, des Indépendants, de l'Agriculture et de la Politique scientifique Sabine Laruelle MR
Ministre de la Défense Pieter De Crem CD&V
Ministre du Climat et de l'Énergie Paul Magnette PS
Ministre de la Coopération au développement Charles Michel (jusqu'au 14/02/2011)
Olivier Chastel
MR
Ministre de la Fonction publique et des Entreprises publiques Inge Vervotte CD&V
Ministre pour l'Entreprise et la Simplification Vincent Van Quickenborne Open VLD
Ministre de l'Intérieur Annemie Turtelboom Open VLD
Secrétaire d'État à la Mobilité Etienne Schouppe CD&V
Secrétaire d'État à la Coordination de la lutte contre la fraude ; et adjoint au ministre de la Justice Carl Devlies CD&V
Secrétaire d'État à la Modernisation du service public fédéral Finances, à la Fiscalité environnementale et à la Lutte contre la fraude fiscale Bernard Clerfayt FDF
Secrétaire d'État aux Affaires européennes Olivier Chastel (jusqu'au 14/02/2011) MR
Secrétaire d'État au Budget ; à la Politique de migration et d'asile ; à la Politique des familles ; et aux Institutions culturelles fédérales Melchior Wathelet CDH
Secrétaire d'État aux Affaires sociales (Chargé des Personnes handicapées) Jean-Marc Delizée PS
Secrétaire d'État à l'Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté Philippe Courard PS
Commissaire du gouvernement, adjoint au ministre du Budget Guido De Padt (jusqu'au 20/07/2010) Open VLD

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le record fou de Yves Leterme », sudinfo.be,‎ (lire en ligne, consulté le 17 décembre 2018).
  2. « Un gouvernement d'affaires courantes peut-il s'engager dans une guerre ? », Radio-télévision belge de la Communauté française,‎ (lire en ligne, consulté le 17 décembre 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]