Gouvernement Frère-Orban I

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Gouvernement Frère-Orban I

Royaume de Belgique

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Roi Léopold II
Premier ministre Walthère Frère-Orban
Formation
Fin
Durée 2 ans, 5 mois et 29 jours
Composition initiale
Coalition politique
Représentation
Chambre
72 / 124
Sénat
32 / 62
Drapeau de la Belgique

Le gouvernement Frère-Orban I est un gouvernement libéral qui gouverna la Belgique du jusqu'au . Le chef du gouvernement, Walthère Frère-Orban était également ministre des Finances. Ce gouvernement succéda au gouvernement Rogier-Frère-Orban qui fut le plus long de l'histoire de la Belgique[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Cette section a pour but de contextualiser le gouvernement Frère-Orban I.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

Après l'éviction de Charles Rogier en 1868 à la suite de différends insurmontables entre Charles Rogier et Walthère Frère-Orban, le roi Léopold II chargea Frère-Orban de constituer un nouveau gouvernement dont ce dernier occuperait la place de premier ministre.

Contexte idéologique[modifier | modifier le code]

Du point de vue idéologique, c'est le libéralisme doctrinaire incarné par Frère-Orban qui était de mise[2]. Frère-Orban est un autocrate dans l’âme. Leader des libéraux doctrinaires, il s'opposa aux progressistes, représentés par Paul Janson, favorables au suffrage universel. Pour lui, le suffrage universel ferait passer « le pouvoir politique aux mains des moins capables et des plus ignorants », aux « manouvriers et valets de fermes ».

À cette époque, on se trouve véritablement à l'apogée du libéralisme. Il a longtemps existé en Belgique un Parti libéral. Dès l'indépendance du pays en 1830, il est l'un des deux partis qui dominent la vie politique du pays, avec le parti catholique. Cependant, ce n'est qu'en 1846 qu'il s'organisera et établira son programme, lors d'un congrès fondateur à l'hôtel de ville de Bruxelles.

Les libéraux vont obtenir une majorité au Congrès National et vont pouvoir former un gouvernement libéral homogène. Une de ses premières mesures en 1848 va être de réformer le droit électoral. Il va abaisser le cens partout, dans les campagnes on était déjà au niveau minimal mais il va l’abaisser dans les villes. Une loi de 1848 va abaisser le cens de manière importante dans les grandes villes.

En abaissant le cens dans les grandes villes, il y a beaucoup plus d’électeurs favorables aux libéraux. On passe alors de 50 % de libéraux à la Chambre à 60-70 % de libéraux au sein de l’assemblée. Cela permet la composition de gouvernements libéraux homogènes dont la figure phare est Walthère Frère-Orban.

Il devient le parti de la bourgeoisie urbaine, anticléricale et souvent franc-maçonne.

Tout cela grâce à cette structure institutionnalisée dont les membres ont la même conception de la liberté.

Contexte économique[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle fut le siècle de la vapeur, et par conséquent du charbon. Le domaine minier de la Belgique fut donc exploité de façon intensive ; le développement des chemins de fer y aida grandement. Il convient de mentionner que les charbonnages belges comptent parmi les plus dangereux du monde entier, notamment à cause du grisou. L'industrie métallurgique se développa parallèlement à l'industrie houillère.

Son évolution fut la même que dans les autres pays. Dès le milieu du siècle, la victoire du coke sur le bois était consommée ; les provinces de Hainaut et de Liège allaient monopoliser la grande métallurgie. Le commerce extérieur reflète fidèlement le développement de notre industrie à cette époque. Il y a eu une accélération en 1869 et 1870 d'importations et exportations.

Épisode des chemins de fer[modifier | modifier le code]

En 1868 des pourparlers ont eu lieu entre le gouvernement belge et la compagnie de chemin de fer du Grand Luxembourg pour le rachat de lignes exploitées par cette compagnie. Toutefois, les négociations ont avorté et la compagnie de chemin de fer du Grand Luxembourg s'adressa finalement à la compagnie de l'Est français. Partant, une institution étrangère devenait propriétaire d'un des plus importants réseaux ferroviaires du pays, ce qui évidemment était d'une importance capitale eu égard aux plans expansionnistes de Napoléon III. En effet, cette possession lui donnait le moyen de peser efficacement sur notre situation économique et, en cas de guerre, sur notre conception stratégique.

Son ingérence paraissait appelée à devenir plus redoutable encore, car elle répondait à un plan gouvernemental révélé par les mesures de garantie que le Cabinet des tuileries manifesta l'intention de donner aux tractations de la compagnie de l'Est. Sans cette intervention, celle-ci, très endettée, n'aurait pu agir[3].

Le danger apparut immédiatement aux yeux du Cabinet belge. Il provoqua une interpellation à la Chambre des représentants. La cession du Grand Luxembourg avait été faite le 8 décembre; le II, le ministre des Travaux publics déclara au parlement que, pour être régulière, elle devait être autorisée par le gouvernement, autorisation que celui-ci ne donnerait jamais. Les compagnies, fortes de l'appui du Cabinet impérial, passèrent outre et elles échangèrent, le 31 janvier 1989, les signatures définitives.

Le Cabinet de Bruxelles répondit à ce défi par le vote d'une loi interdisant aux compagnies de chemin de fer de disposer, sans le consentement du gouvernement, de leurs lignes ou de leur exploitation et confiant cette exploitation à l'État en cas d'infraction à la loi.

Loi du 4 mars 1870 sur le temporel des cultes[modifier | modifier le code]

Cette loi est l'évolution notable en matière de culte durant le XIXe siècle, elle organise la reconnaissance des cultes en Belgique. La Constitution belge du 7 février 1831 est le fruit d'un compromis entre catholiques et libéraux. Elle met en place une séparation entre l'Église et l'État cher aux libéraux ainsi qu'une financement du culte cher, cette fois, aux catholiques.

Toutefois, en vertu du principe d'égalité consacré aux articles 10 et 11 de la Constitution, le financement public peut profiter aux autres cultes pourvu que ceux-ci soit reconnus conformément à la procédure fixée dans la loi du 4 mars 1870 sur le temporel des cultes.

Concrètement, il faut que le parlement reconnaisse le nouveau culte par le biais d'une modification de la loi du 4 mars 1870 sur le temporel des cultes[4]. Par ailleurs, il convient de mentionner que la Belgique est le premier pays européen à avoir reconnu l'Islam en 1974 par le biais de cette loi.

Composition[modifier | modifier le code]

Ministère Nom et événements majeurs Parti
Ministre des affaires étrangères Jules Vander Stichelen Libéral
Ministre de l'intérieur Eudore Pirmez : Entre 1868 et 1870, il est ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Frère-Orban. À ce poste, en 1869, il déposa un projet de loi rendant facultatif le livret d'ouvrier. Il dut ensuite affronter certaines critiques à la suite de la répression de la grève des travailleurs de Cockerill, Il était docteur en droit. Il fut directeur de la Banque nationale de Belgique, président de l'Observatoire d'Uccle, président du Conseil supérieur du Congo et bourgmestre de Marchienne-au-Pont. Libéral
Ministre de la justice Jules Bara : Pendant son premier ministère, Bara dépose un nouveau code pénal (Code pénal de 1867). L’un des faits marquants de cette réforme est la proposition d’abrogation de l’article 1781 du Code Pénal : « le maitre est cru sur parole concernant la question des salaires ». Puis, vient la loi du 18 juin 1869 qui codifie les lois d’organisation judiciaire, le code pénal militaire de 1870 et enfin plusieurs chapitres du code de commerce. Libéral
Ministre des finances Walthère Frère-Orban: est né à Liège le 24 avril 1812 et est décédé le 2 janvier 1896 à Bruxelles. Docteur en droit, avocat à la Cour d'appel et à la Commission des hospices civils de Liège, cet homme politique libéral belge a marqué de son empreinte le premier demi-siècle d'indépendance belge. Il put se consacrer à la vie politique grâce à la fortune de sa femme, Claire-Hélène Orban (1815-1890), riche héritière d'Henri Orban-Rossius.

Fondateur du parti libéral en 1846 dont il restera président jusqu'à sa mort, il fut ministre des finances de 1848 à 1852 et de 1857 à 1870, et Premier ministre à deux reprises, la première de 1868 à 1870 et la seconde de 1878 à 1884. Conseiller communal dès 1840, puis député de Liège dès 1847, il resta à ce poste jusqu'en 1894.

Libéral
Ministre des travaux publics Alexandre Jamar : Jamar siège à la Chambre des représentants à partir de 1859, comme candidat du Parti libéral.

Un arrêté royal du 3 janvier 1868 lui confie le portefeuille des Travaux publics dans un cabinet présidé par Walthère Frère-Orban

À ce titre, il commandite une enquête sur la situation des ouvriers du charbon et du métal, fait reprendre par l’État plusieurs lignes de chemin de fer concédées et arrête des tarifs ferroviaires susceptibles de favoriser la mobilité de la main-d’œuvre ouvrière, ce qui a pour effet de ralentir l’exode rural et son triste corollaire, l’entassement misérable dans les agglomérations urbaines.

Libéral
Ministre de la guerre Bruno Renard : Il fut également Grand Maître du Grand Orient de Belgique et Grand Maître du Conseil suprême du Rite écossais ancien et accepté (chapitre de la loge Les Vrais Amis de l'union et du progrès réunis).

Il fut également le quatrième grand-maître de la Société des agathopèdes sous le nom de Firadel le léopard, de 1849 à 1853. Une médaille fut réalisée en 1850 par Laurent Hart pour son intronisation.

Extra-parlementaire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Mabille, Nouvelle histoire politique de la Belgique, Bruxelles, CRISP, , 448 p., p. 132
  2. Eliane Gubin et Jean-Pierre Nandrin, Nouvelle histoire de Belgique, Bruxelles, le cri, , p. 41
  3. Paul Harsin, Histoire de la belgique contemporaine 1830-1914, Bruxelles, revue belge de philologie et d'histoire,
  4. « Quel financement public des cultes en Belgique ? », sur http://revue-democratie.be, (consulté le 13 novembre 2016)