Gouvernement Gaston Eyskens III (remanié)
| Roi | Baudouin |
|---|---|
| Premier ministre | Gaston Eyskens |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 6 mois et 24 jours |
| Coalition | |
|---|---|
| Femmes | 0 |
| Hommes | 24 |
| Chambre des représentants |
|
|---|---|
| Sénat |
|
Le gouvernement Gaston Eyskens III (remanié) était un gouvernement belge composé de sociaux-chrétiens (PSC-CVP) et de libéraux (PL-LP). Il comportait 20 ministres et 4 ministres-sous-secrétaires d'État et gouvernait du au .
Le soutien du gouvernement précédent à l'indépendance du Katanga ne faisait pas l'unanimité en son sein, poussant à un remaniement ministériel permettant l'expression d'une ligne pro-Katanga beaucoup plus dure.
La Déclaration gouvernementale du 27 septembre 1960 replace la dégradation budgétaire dans une dynamique structurelle antérieure : le gouvernement y souligne que, depuis l’après-Seconde Guerre mondiale, les charges permanentes de l’État ont augmenté plus rapidement que les recettes ordinaires. Il annonce en outre la réintégration au budget ordinaire de dépenses de consommation jusque-là financées par des recettes extraordinaires ou de trésorerie, et indique que le rythme d’accroissement des dépenses d’instruction publique doit être contenu dans des limites jugées raisonnables[1]. Des analyses ultérieures, notamment l’enquête économique de l’OCDE, décrivent également une détérioration des finances publiques belges à partir de la fin des années 1950 et un redressement après 1961 lié à l’évolution des recettes et aux réformes fiscales[2].
Dans la Déclaration gouvernementale citée précédemment, les événements liés à la décolonisation du Congo belge — dans le contexte de la crise congolaise — sont mentionnés comme un facteur aggravant, avec un ordre de grandeur de leur incidence sur le budget ordinaire (dépenses et effets sur les recettes fiscales)[1]. Parallèlement, des dispositifs budgétaires spécifiques à l’assistance au Congo (dont un « Fonds d’assistance au Congo belge » et un budget spécial d’assistance), ouverts à partir de 1960, font l’objet de projets et de discussions parlementaires chiffrés[3].
L'accélération de cette dégradation financière amène le gouvernement à faire voter la Loi unique dont la contestation conduit à la grève générale de l'hiver 1960-1961. Si la reprise du travail a lieu rapidement en Flandre et à Bruxelles, ce n'est pas le cas en Wallonie, où le climat devient de plus en plus insurrectionnel : la gare des Guillemins, à Liège, est saccagée. André Renard, leader syndical de la FGTB wallonne, réclame le fédéralisme économique. Des rumeurs de subversion communiste au sein du mouvement de grève se diffusent. Si la loi finit par être votée en février 1961, elle a provoqué une radicalisation des milieux syndicaux wallons, amenant en 1961 à la fondation du Mouvement populaire wallon. L'unité du pays devient incertaine. Le PSC-CVP se divise en interne : si Eyskens souhaite conserver la coalition au pouvoir, Théo Lefèvre est favorable à une alliance avec les socialistes. Finalement, Baudouin dissout le Parlement le 20 février 1961 et appelle à des élections anticipées[4].
Composition
[modifier | modifier le code]| Ministère | Nom | Parti |
|---|---|---|
| Premier ministre | Gaston Eyskens | PSC-CVP |
| Ministre de la Coordination économique | André Dequae | PSC-CVP |
| Ministre de la Défense nationale | Arthur Gilson | PSC-CVP |
| Ministre de l’Éducation publique | Pierre Harmel | PSC-CVP |
| Ministre de la Santé publique et de la Famille | Paul Meyers | PSC-CVP |
| Ministre des Communications et de la Coordination sociale | Paul-Willem Segers | PSC-CVP |
| Ministre de la Prévoyance sociale | Léon Servais | PSC-CVP |
| Ministre des Classes moyennes | Paul Vanden Boeynants | PSC-CVP |
| Ministre des Finances | Jean Van Houtte | PSC-CVP |
| Ministre des Affaires étrangères | Pierre Wigny | PSC-CVP |
| Vice-président du Cabinet et ministre de l'Intérieur | René Lefebvre | PL-LP |
| Ministre de la Justice | Albert Lilar | PL-LP |
| Ministre des Affaires africaines | Harold Charles d'Aspremont Lynden | PSC-CVP |
| Ministre de l'Emploi et du Travail | Yves Urbain | PSC-CVP |
| Ministres de la Coordination des Réformes institutionnelles | Raoul Vreven | PL-LP |
| Ministre des Travaux publics et de la Reconstruction | Omer Vanaudenhove | PL-LP |
| Ministre de l'Agriculture | Albert de Vleeschauwer, puis Charles Héger | PSC-CVP |
| Ministre de l'Instruction publique | Charles Moureaux | PL-LP |
| Ministre des Affaires économiques | Jacques Van der Schueren | PL-LP |
| Ministre du Commerce extérieur | Jacques Van Offelen | PL-LP |
| Ministre-sous-secrétaire d'État au Budget | Willy De Clercq | PL-LP |
| Ministre-sous-secrétaire d'État aux Postes, Télégraphes et Téléphones | Albert De Gryse (nl) | PSC-CVP |
| Ministre-sous-secrétaire d'État à l’Énergie | Roger de Looze | PL-LP |
| Ministre-sous-secrétaire d'État aux Affaires culturelles | Renaat Van Elslande | PSC-CVP |
Références
[modifier | modifier le code]- « Déclaration gouvernementale », Centre de recherche et d'information socio-politiques (CRISP), 27 septembre 1960.
- ↑ Études économiques de l'OCDE : Belgique 1964, OCDE, 1964, chap. III (« L’évolution des finances publiques »), notamment §49-55.
- ↑ Budget spécial d’Assistance au Congo belge… / Projet de loi contenant le budget du Fonds d’Assistance au Congo belge pour l’exercice 1960, Chambre des représentants, session 1959-1960, 1er juin 1960.
- ↑ Dujardin et Dumoulin 2008, p. 99-104.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Gaston Eyskens III (remanié), document du CRISP
- Déclaration gouvernementale, document du CRISP
- Vincent Dujardin et Michel Dumoulin, L'union fait-elle toujours la force ? : 1950-1970, Bruxelles, Le Cri, coll. « Histoire / Nouvelle Histoire de Belgique », , 256 p. (ISBN 9782871064800)