Rue Saint-Antoine (Paris)

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4e arrt
Rue Saint-Antoine
Image illustrative de l’article Rue Saint-Antoine (Paris)
La rue Saint-Antoine en décembre 2010.
Situation
Arrondissement 4e
Quartier Arsenal
Saint-Gervais
Début 3, place de la Bastille
Fin 2, rue de Sévigné
16, rue de Fourcy
Morphologie
Longueur 603 m
Largeur 21,50 m
Historique
Ancien nom Grande Rue
rue de la Porte-Baudeer
Rue de la Porte-Baudet
Rue de l'Aigle
Grant-rue-de-la-Porte-Baudeer
Rue du Pont-Perrin
Géocodification
Ville de Paris 8769
DGI 8490

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Saint-Antoine
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La rue Saint-Antoine est une voie, ancienne, du 4e arrondissement de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

La rue Saint-Antoine, d'une longueur de 603 mètres, est située dans le 4e arrondissement, quartiers Saint-Gervais et Arsenal, et commence au 3, place de la Bastille et finit au 2, rue de Sévigné et au 16, rue de Fourcy.

Elle est l’une des composantes de l’axe principal est-ouest de Paris. Elle part de la place de la Bastille et se termine à la station de métro Saint-Paul (ligne (M)(1)), où, sous le nom de « rue de Rivoli », elle se prolonge jusqu’à la place de la Concorde. Cet axe est-ouest se prolonge vers l’est, au-delà de la place de la Bastille, par la rue du Faubourg-Saint-Antoine.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Elle doit son nom à l'abbaye Saint-Antoine, à laquelle elle conduisait directement.

Historique[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la Révolution[modifier | modifier le code]

Cette voie fut construite sur l'ancienne voie romaine qui reliait Paris à Melun en surplombant les parties de terrain marécageuses. Cette rue a une histoire chargée, étant proche de la place de la Bastille. Elle se trouve au cœur du Marais, dont elle est une artère importante, et croise des rues typiques de ce quartier telles que la rue Saint-Paul, la rue de Turenne, la rue de Birague (qui mène à la place des Vosges) ou encore la rue Beautreillis.

La partie de cette rue située entre la rue des Barres et celle de la Culture-Sainte-Catherine se nommait au XIIIe siècle et au commencement du XIVe siècle « Grande Rue » et « rue de la Porte-Baudeer », ou « rue de la Porte-Baudet », parce qu'elle conduisait à la porte du même nom de l'enceinte de Philippe Auguste, qui était placée dans cette rue, en face de la rue de la Culture-Sainte-Catherine.

Dans cette même partie, elle se nomma aussi, vers le même temps, « rue de l'Aigle », en raison d'un hôtel particulier, ou d'une auberge, situé près cette porte, à l'angle de la rue de Jouy.

Cette partie est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous le nom de « Grant-rue-de-la-Porte-Baudeer ».

Vers le milieu du XIVe siècle, cette voie trouve sa prolongation de la porte Baudeer, ou porte Baudoyer de l'enceinte de Charles V, jusqu'à celle de Saint-Antoine de l'enceinte de Philippe Auguste, sous le nom de « rue du Pont-Perrin », qu'elle devait à un hôtel particulier de ce nom et car elle franchissait un égout qui était situé près de la rue du Petit-Musc.

C'est dans cette rue, près de la première porte ou bastille Saint-Antoine, celle de l'enceinte de Philippe Auguste, que fut massacré Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris. Lorsque ce prévôt donna au roi de Navarre, Charles le Mauvais, le titre de gouverneur de Paris, le Dauphin, le futur Charles V, sut profiter habilement de l'animosité des Parisiens, en leur faisant promettre une amnistie, s'ils lui livraient Étienne Marcel et ses complices.

Le prévôt, pénétrant ce dessein, se décide à livrer la ville au roi de Navarre et lui promet, en outre, de le faire couronner roi de France, s'il veut le protéger contre les fureurs de ce peuple détrompé. Il prend toutes les mesures nécessaires pour parvenir à son but, et fait avertir Charles le Mauvais, qui s'approcha secrètement de Paris, suivi d'un corps de ses meilleures troupes. Dans l'après-midi 31 juillet 1358, Étienne Marcel veut s'assurer des portes de Paris pour en confier la garde à des hommes dévoués. Il se dirige vers la porte ou bastille Saint-Denis, ordonne à ceux qui la gardent d'en remettre les clefs à Joceran de Mascon, trésorier du roi de Navarre. Les Parisiens refusent de lui obéir. Une altercation s'élève, le bruit attire le commandant du quartier, Jean Maillard, qui annonce sur son cheval, en parcourant les rues qu'Étienne Marcel veut ouvrir les portes de Paris aux troupes anglaises et navarraises et arrive aux halles où un attroupement se forme.

Le prévôt des marchands de Paris n'ayant pu obtenir les clefs de la porte Saint-Denis s'adresse aux autres gardes, il essuie partout les mêmes refus. Sans se décourager, il se rend alors à la porte Saint-Antoine pour renouveler ses instances. Dans le même moment, quelques partisans du Dauphin, profitant de cet événement, avaient pris les armes et marchaient vers l'hôtel particulier de Joceran de Mascon, situé près de l'église Saint-Eustache, dans le dessein de se défaire de ce trésorier. Ne l'y trouvant pas, ils vont à l'hôtel Saint-Paul, prennent une bannière de France et se dirigent ainsi vers la porte Saint-Antoine. Deux gentilshommes étaient à leur tête, Pépin des Essarts et Jean de Charny. Arrivés à cette bastille, ils y trouvent Jean Maillard disposé à leur prêter main-forte.

Étienne Marcel, tenant en main les clefs de cette porte et monté sur l'escalier, oppose quelque résistance. Bientôt on entend des cris « À mort ! à mort ! Tuez le prévôt des marchands et ses complices! » Étienne Marcel, effrayé, veut fuir mais Jean de Charny s'avance, lui porte un coup de hache et le peuple l'achève. Les compagnons du prévôt, tels que Philippe Guiffard, Jean de Lille, Jean Poiret, Simon le Péronier, subissent le même sort. Tous ceux qui, au nombre de cinquante-quatre, accompagnaient Étienne Marcel sont massacrés. Leurs corps furent trainés honteusement devant l'église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers et exposés aux mêmes insultes qu'Étienne Marcel et ses complices avaient prodiguées aux cadavres de Robert de Clermont et de Jean de Conflans.

À la fin du XIVe siècle, la Bastille est construite autour de la porte Saint-Antoine de l'enceinte de Philippe-Auguste ; la rue vient donc buter sur la forteresse et une nouvelle voie, l'actuelle rue de la Bastille, est tracée pour contourner le fort via la nouvelle porte Saint-Antoine.

Au XVe siècle, l'ensemble de la rue de la porte Baudoyer, de la rue de l'Aigle et de la rue du Pont-Perrin devint la rue Saint-Antoine car cette voie menait à l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs, alors située hors de Paris[N 1]. La partie située entre les deux anciennes portes porta également le nom de « cours Saint-Antoine », en raison de sa grande largeur.

C'est également dans cette rue, no 99[N 2], que le roi Henri II fut blessé à mort par le comte de Montgommery, dans un tournoi dont le spectacle fut offert aux Parisiens le 29 juin 1559. Ce monarque, porté sans connaissance à l'hôtel des Tournelles, vécut encore quelques jours, mais dans une léthargie complète. Il mourut le 10 juillet 1559 et laissa son royaume livré à la guerre civile.

La rue Saint-Antoine était au XVIIIe siècle un haut lieu du Carnaval de Paris. Se déroulait là une grande promenade de masques, qui consiste en ce que les masques, c'est-à-dire les personnes déguisées, se retrouvent en grand nombre avec les curieux et admirateurs venus les voir, en un endroit donné à un moment donné. Voici ce que Dulaure dit de ce phénomène en 1787[1] :

« Rue Saint-Antoine, elle est fameuse pour le concours prodigieux des masques qui tous les ans, les derniers jours du carnaval, attirent un grand nombre de curieux. »

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Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Une ordonnance royale fixe la moindre largeur de cette voie publique à 12,50 mètres.
Au XIXe siècle, la rue Saint-Antoine, d'une longueur de 986 mètres, commençait au 9, place Baudoyer et au 34, rue des Barres et finissait au 1, boulevard Beaumarchais et boulevard Bourdon.
Les numéros impairs de 1 à 99 étaient situés dans l'ancien 7e arrondissement, quartier du marché Saint-Jean[2].
Les numéros impairs de 101 à 223 étaient situés dans l'ancien 8e arrondissement, quartier du Marais[3].
Les numéros pairs étaient situés en totalité dans l'ancien 9e arrondissement, de 2 à 80, quartier de l'Hôtel-de-Ville[4] et de 82 à 236, quartier de l'Arsenal[5].
Les numéros de la rue étaient noirs[6]. Le dernier numéro impair était le no 223 et le dernier numéro pair était le no 236.

Durant les Trois Glorieuses, la voie fut le théâtre d'affrontement entre les insurgés et la troupe.

En 1844, il y avait un égout qui allait de la place Baudoyer jusqu'à la rue Tiron, et depuis la rue de Fourcy jusqu'à la place de la Bastille.

Le 3 mai 1848, le projet de prolongement de la rue de Rivoli entre la place de l'Oratoire et la rue Saint-Antoine est déclaré d'utilité publique[7]. Le , un décret raccourcit la rue Saint-Antoine en donnant le nom de « rue François-Miron » à la partie comprise entre la rue des Barres et la rue de Fourcy (raccordement avec la nouvelle rue de Rivoli)[8].

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Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Le fief de Saint-Éloy était situé vers la rue Saint-Antoine.

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son saint patron est Antoine le Grand, moine en Égypte au IVe siècle. Cette abbaye est convertie en établissement de soin, l'hôpital Saint-Antoine, en 1790.
  2. Jusqu'en 1865, c'était le no 62. Il s'agissait de l'endroit où la rue était suffisamment large pour installer une tribune de spectateurs. On a ensuite construit l'église Saint-Paul sur cet emplacement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques-Antoine Dulaure, Nouvelle description des curiosités de Paris, Paris, Le Jay libraire, 1787, p. 321.
  2. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 27e quartier « Marché Saint-Jean », îlot no 1, F/31/85/02, îlots nos 12 et 13, F/31/85/13, îlot no 14, F/31/85/14, îlot no 15, F/31/85/15, îlot no 16, F/31/85/16.
  3. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 29e quartier « Marais », îlots nos 17 à 19, F/31/87/27, îlot no 20, F/31/87/28, îlot no 20 bis, F/31/87/29, îlot no 21, F/31/87/30, îlot no 22, F/31/87/31
  4. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 34e quartier « Hôtel-de-Ville », îlot no 1, F/31/89/18, îlot no 2, F/31/89/19, îlot no 10, F/31/89/22
  5. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 36e quartier « Arsenal », îlots nos 1 ter et 2, F/31/89/03, îlot no 3, F/31/89/04, îlot no 3 bis, F/31/89/05, îlot no 4, F/31/89/06, îlot no 5, F/31/89/07, îlots nos 6 et 7, F/31/89/08, îlot no 8, F/31/89/09.
  6. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris.
  7. Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), (lire en ligne), « Décret du 3 mai 1848 », p. 237.
  8. Ibid., « Décret du 2 octobre 1865 », p. 364, [lire en ligne]
  9. Séance plénière de la Commission du Vieux Paris du 24 juin 2016, api-site.paris.fr, p. 8.
  10. Notice d'artiste, musée d'Orsay[réf. incomplète].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]