Pont-sur-Yonne

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Pont-sur-Yonne
Pont-sur-Yonne
Blason de Pont-sur-Yonne
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Intercommunalité Communauté de communes Yonne Nord
(siège)
Maire
Mandat
Grégory Dorte
2020-2026
Code postal 89140
Code commune 89309
Démographie
Population
municipale
3 286 hab. (2018 en diminution de 0,7 % par rapport à 2013)
Densité 236 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 12″ nord, 3° 12′ 14″ est
Altitude Min. 58 m
Max. 194 m
Superficie 13,9 km2
Élections
Départementales Canton de Pont-sur-Yonne
(bureau centralisateur)
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Liens
Site web pontsuryonne.com

Pont-sur-Yonne est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Pontois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette petite ville est située à une centaine de kilomètres au sud de Paris, sur la route nationale 6, entre les villes de Montereau-Fault-Yonne et de Sens. La localité doit son nom au pont reliant les rives gauche et droite de l'Yonne, particularité qui a valu à cette petite cité un passé mouvementé.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville de Pont-sur-Yonne d'après une gravure de Claude Chastillon (1559-1616).

À l'origine, la ville n'était qu'une dépendance de Villemanoche, ville voisine dans laquelle se trouvait un monastère. Ainsi, d'après une charte datée de 833, il était noté villemanoche et le pont adjacent. On sait toutefois qu'en 613 la ville s'appelait Pontus Syriacus, soit Pont Syrien ; la ville était peut-être, alors, habitée par des Syriens, principaux négociants de France à l'époque.

Au IXe siècle, le Liber sacramentorum des archevêques de Sens appelle la ville Pontum – Pont, tout simplement. Un peu plus tard, ce sera "Pontes".

A la fin du XIIe siècle, le Chapitre de la cathédrale de Sens souscrit un contrat de pariage avec la famille des chevaliers Léventé, basée au Plessis-aux-Eventés (auj. Plessis-Saint-Jean). Leurs descendants, qui ont pris le nom de Du Plessis, perdront ce droit de pariage qui sera repris par le Roi de France à la fin du XIIIe siècle.

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, le bac qui franchissait jusque là l'Yonne est remplacé par un pont. Les frais d'entretien du pont sont largement couverts par un péage dénommé "coutume" pesant sur le trafic fluvial. De ce fait, la dénomination de la paroisse "Pont-sur-Yonne" pourrait n'avoir aucun rapport avec l'édifice, mais pourrait se rapporter à une notion de frontière fiscale (le "pont"). Le trafic fluvial assure une petite prospérité à la paroisse, trop souvent compromise en période de guerre.

En 1213, la ville fut incendiée par la foudre.

Le roi de France possède un logis en ville, du chef de ce pariage, en 1332. Il partage avec les chanoines les revenus du village[1], la nomination des prévôts, etc.

Philippe VI, par deux lettres patentes en mars 1343 et le , accorde le privilège du marché dominical à la ville. En 1364, Charles V approuve et ratifie l'acte autorisant l'installation de ce marché. Selon le récit relaté en 1878 de l'abbé Horson, ce privilège est dû à l'action du Pontois Nicolas de Vères, fils de pêcheur, conseiller de Charles V et évêque de Chalon-sur-Saône de 1374-1386[2].

Au XIVe siècle, les reines douairières se voient systématiquement attribuer des pariages dans leur patrimoine. Pont-sur-Yonne suit donc cette pratique.

En 1404, le roi Charles VI cherche à régler définitivement le contentieux avec la Maison d'Evreux qui a empoisonné la première phase de la guerre de Cent Ans. Il rassemble donc un ensemble de terres, dont tous les pariages d'entre Seine et Loing, pour les inclure dans le nouveau duché de Nemours (Chéroy, Lorrez-le-Bocage, Dollot, Lixy, Voulx) au profit de la Maison d'Evreux. Pont-sur-Yonne appartiendra pour plusieurs siècles à ce duché. Le duc possède son propre procureur-fiscal pour le représenter au sein de la prévôté locale.

A partir du XVIe siècle, une petite présence de voituriers par eau, du coche par eau puis d'un relais de poste fait participer Pont-sur-Yonne à l'aventure du transport de fret et de passagers. L'arrivée du chemin de fer P.L.M. mettra fin à cette tradition en 1849.

Le , l'Empereur, de retour de l'île d'Elbe, y passa une partie de la nuit, se remettant en route à 1 heure du matin[3].

Le , le général Hermann Ritter von Speck est abattu à Pont-sur-Yonne par des soldats du 23e régiment de marche de volontaires étrangers (23e RMVE). Il est le premier général tué en France et le seul dans l'Yonne durant la Seconde Guerre mondiale[4].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1974 Maurice Brisson SFIO puis DVG Conseiller général du canton de Pont-sur-Yonne (1945 → 1949 puis 1955 → 1973)
1974 octobre 2005
(démission)
Roger Lassale PS Professeur de mathématiques
Député de la 3e circonscription de l'Yonne (1981 → 1986)
Conseiller général du canton de Pont-sur-Yonne (1973 → 1998)
Président de la CC Yonne Nord (1995 → 2005)
octobre 2005 décembre 2008[5]
(décès)
Christian Brière PS Chef d'exploitation à la DDE
Conseiller général du canton de Pont-sur-Yonne (1998 → 2008)
Vice-président de la CC Yonne Nord (2001 → 2008)
Président de la CC Yonne Nord (2008)
décembre 2008 mars 2014 Jeanine Domat[6] PS Retraitée de La Poste
Vice-présidente de la CC Yonne Nord (2011 → 2014)
mars 2014 En cours Grégory Dorte DVD-LR Directeur territorial
Conseiller départemental du canton de Pont-sur-Yonne (2015 → )

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8].

En 2018, la commune comptait 3 286 habitants[Note 1], en diminution de 0,7 % par rapport à 2013 (Yonne : −1,17 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3881 4301 4861 5381 7261 7801 8732 0002 076
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8381 9031 8991 9141 8131 7641 8081 8551 820
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7361 8141 8041 7011 7891 8122 1691 9061 853
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
2 1762 3432 7052 9333 2123 1343 1273 1253 123
2013 2018 - - - - - - -
3 3093 286-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale, dédiée à Notre-Dame, est un édifice dont l'architecture date du Gothique primitif. La première campagne de travaux a lieu entre 1162 et 1169[11], date de sa consécration. Sa construction a été achevée en 1525. Ayant le plan d'une croix latine, cet édifice est coiffé d'un clocher de vingt-six mètres d'élévation de maçonnerie surmontée d'une flèche en ardoise avec clochetons d'angles. L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1907.
  • Le vieux pont de pierre dont il ne reste plus que trois arches fut construit sous Louis XIV par l'architecte Libéral Bruant. Une arche sera détruite par le génie militaire en 1940. Après la guerre, jugé trop gênant pour la circulation fluviale, une grande partie du vieux pont sera détruite. Ses restes sont maintenant protégés depuis 1997 par une inscription au titre des monuments historiques[12].
  • Ravagée par un incendie en mai 2004, la gare de Pont-sur-Yonne a été reconstruite à l'identique et fut à nouveau inaugurée le [13].
  • L'aqueduc de la Vanne traverse la commune.
  • Une plaque de cocher est visible rue des Tuileries.

Économie[modifier | modifier le code]

  • SCHOTT Pharmaceutical Packaging (Schott Verrerie Medicale)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Nicolas de Vères. Natif de Pont-sur-Yonne. Chanoine de Sens, grand archidiacre de Sens, secrétaire du roi Charles V, évêque de Chalon-sur-Saône de 1374 à 1386. Elu archevêque de Sens, il n'est pas accepté par le pape.
  • Arthur Bigot[Quand ?], adjoint au maire et industriel.
  • Jean-Yves Prampart (1938-2000). Professeur de sciences naturelles. Passionné d'archéologie, il découvre le site de Villeperrot[14]. Il fonde une société d'histoire locale (1965-1977).

Culture[modifier | modifier le code]

Saint Edme a longtemps été très populaire à Pont-sur-Yonne. En 1242, alors que le corps du saint était transporté à Pontigny, Marie, de Pont-sur-Yonne, aveugle depuis longtemps, conduite par ses parents à Vertilly sur le passage du saint, aurait miraculeusement recouvré la vue.

Tous les étés, au mois de juillet, Pont-sur-Yonne accueille un festival musical sous la direction du violoniste Jacques Saint-Yves. Musiciens professionnels et stagiaires de haut niveau donnent plusieurs concerts et auditions.

Pont-sur-Yonne est mentionnée dans le tome VII de la série littéraire Le Sorceleur.

Jumelages[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de l'Allemagne Morbach (Allemagne) depuis 1969. Ce jumelage s'est fait dans le cadre du rapprochement entre la Bourgogne et la Rhénanie-Palatinat, qui a débuté en 1953 sur une proposition de M. Albert Petitjean. Il avait pour but de préparer la réconciliation entre la France et l'Allemagne encore meurtries par la guerre qui les avait opposées. Ce jumelage a été mis à mal en avril 2001 lors des attaques du "Kammerjäger" lors d'un voyage scolaire de l'école primaire dans la cité Allemande.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Horson (abbé Pierre-Valentin), Histoire de Pont-sur-Yonne, Res Universis, Paris, 1989 (ISBN 2-87760-079-3). Réimpression d'une notice historique parue en 1878 sous le titre : Recherches historiques sur Pont-sur-Yonne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Fourquin. Le domaine royal en Gâtinais d'après la prisée de 1332. Paris, 1963, p. 159 à 161.
  2. « LE MARCHE de Pont-sur-Yonne (3) - quelques repères historiques- », sur Association de sauvegarde de l'environnement de Pont-sur-Yonne et ses alentours.
  3. Il logea dans une chambre à l'étage de la maison Bertrand, tout près de la place Eugène-Petit. Source : Claude Garino, Le vol de l'Aigle en Bourgogne, revue « Pays de Bourgogne » n° 224 de février 2010, pp. 23-33.
  4. (en) Robert Forczyk, Case Red : L'effondrement de la France, Éditions Bloomsbury, , 400 p. (ISBN 978-1-4728-2444-8, lire en ligne), p. 373
  5. [PDF] Christian Brière est mort, L'Yonne républicaine, une du 15 septembre 2008 (consulté le 25 novembre 2018)
  6. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 31 décembre 2013.
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  11. « L'EGLISE de Pont-sur-Yonne (visite) », sur Association de sauvegarde de l'environnement de Pont-sur-Yonne et ses alentours
  12. « LE VIEUX PONT DE PIERRE- Histoire. », sur Association de sauvegarde de l'environnement de Pont-sur-Yonne et ses alentours
  13. Marc Carémantrant, « La gare de Pont-sur-Yonne remise en état dans neuf mois », La Vie du Rail magazine, no 3122,‎ , p. 41
  14. Centre France, « Une peinture murale gallo-romaine reconstituée au Cerep », sur www.lyonne.fr, (consulté le 22 juillet 2020)