Emmanuel Héré

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Emmanuel Héré
Description de cette image, également commentée ci-après

Stéle

Nom de naissance Léopold Emmanuel Héré de Corny
Naissance
Nancy
Décès
Lunéville
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession

Léopold Emmanuel Héré de Corny (12 octobre 1705, Nancy - 2 février 1763, Lunéville) est un architecte baroque lorrain.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'arc Héré, à Nancy

Emmanuel Héré fait ses premiers pas dans le milieu de l'architecture par le biais de son père, contrôleur des travaux au service de Léopold Ier de Lorraine. Élève passionné de Germain Boffrand le bâtisseur du Duc Leopold, il devient "commis des travaux", puis "capitaine-concierge" du château de Lunéville à l'arrivée en 1737 de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne et duc de Lorraine.

En 1738, sous le règne de Stanislas, il est nommé premier architecte de sa Majesté.

Héré assimile toutes les influences, classiques et baroques. Il édifie, selon la volonté du Roi de Pologne, les pavillons et ornements des Bosquets, complète et embellit les réalisations de Boffrand à Lunéville : chapelle du château, église Saint-Jacques, église des Carmes.

Après avoir terminé les aménagements nécessaires à l'adaptation du château de Lunéville aux exigences de la vie de Stanislas, il entreprend l'exécution des projets du roi bâtisseur : "la ville de Stanislas".

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il réalise l'ensemble monumental autour duquel s'organise la ville de Nancy au XVIIIe siècle : il édifie l'ensemble architectural qui réunit la ville-vieille médiévale à la ville-neuve par les célèbres places de Nancy : Place et la Porte Royale, la Place d'Alliance ainsi que le réaménagement de la Carrière. Ses dessins sont réunis par Jean-Charles François.

Il est également l'architecte de nombreux projets du Roi Stanislas :

Bâtiments de la Place Stanislas à Nancy
  • Le château de la Malgrange[1]

Au mois d'août 1738, Stanislas ordonne la destruction du château la Malgrange, de Léopold, et d’en construire un nouveau. Emmanuel Héré est son architecte, comme Boffrand avait été celui de Léopold. Le nouveau palais est édifié dans les années 1739 et 1740 . Il se compose d'un édifice central, avec rez-de-chaussée, étage et trois avant-corps, colonnes doriques au rez-de-chaussée, pilastres ioniques à l'étage. Au rez-de-chaussée, sont une vaste salle des gardes et le salon. A l'étage, la chambre à coucher. Du bâtiment central part, de chaque côté, une galerie couverte supportée par une colonnade, formant terrasse au-dessus, avec une balustrade d’appui. Montesquieu, qui visita la demeure en juin 1747, écrit : "La Male-Grange est la maison du monde la plus singulière. La maison et les parterres et jardins sont admirables. On y voit partout le génie du roi, qui a un talent unique pour faire des choses charmantes et qui ne ressemblent à rien".

Château La Malgrange par Emmanuel Héré.jpg

Parmi ses autres réalisations, la Place Royale de Nancy, rebaptisée Place Stanislas en 1831, demeure sans conteste son chef-d’œuvre. Emmanuel Héré est alors comblé de bienfaits et d'honneurs : il est anobli et devient baron de Corny.

Les grands chantiers terminés, Emmanuel Héré s'engage, sur les conseils de Stanislas, dans une entreprise de fabrication d'un ersatz de froment, une aventure sans lendemain.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Héré vécut dans une magnifique demeure de style Classique entourée d'un parc, à Eulmont, au nord de Nancy, cette demeure est d'ailleurs toujours en état et visitable, agrémentée d'un agréable jardin. Héré ne se contente pas de ses revenus d’architecte. Pour devenir riche il se lance dans des spéculations industrielles[1] : il veut fabriquer de l’amidon avec des marrons d’Inde. La fabrique est installée à Lunéville. Mais la réussite n’est pas là. Heré est ruiné. Sa fin fut triste il meurt, oublié, le 2 février 1763 à l'âge de cinquante-sept ans. Il est enterré dans un caveau à l'église des carmes, qu'il avait en partie construite.

Après sa disparition, c'est Richard Mique (1728-1794), son successeur, qui poursuivra son œuvre en achevant le quartier royal, dernier chantier suivi par Stanislas : la porte Sainte-Catherine et la caserne du même nom ainsi que la porte Stanislas.

Emmanuel Héré architecte de génie, esprit éclairé, guidé par la volonté de Stanislas Leszczynski, vieux roi de Pologne, a réalisé un ensemble grandiose, heureuse symbiose entre tous les courants artistiques de son temps, joyau architectural du siècle des Lumières.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis de Grandmaison, Essai d'armorial des artistes français. Lettres de noblesse. Preuves pour l'ordre de Saint-Michel, p. 334-337, Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts. Ministère de l'instruction publique, 1903, 27e session (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pfister, Christian (1857-1933), Histoire de Nancy. Tome 3, Berger-Levrault (Paris), (ark:/12148/bpt6k58499035 lire en ligne), pp. 384 et s. ; et 486 et s.

Liens externes[modifier | modifier le code]