Hôpital des Enfants-Trouvés

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La chapelle de l'hôpital des Enfants-Trouvés du faubourg Saint-Antoine avant sa destruction

L'hôpital des Enfants-Trouvés était un hospice, une institution religieuse parisienne d'hospitalité des enfants déshérités et abandonnés. Elle fut créée en 1638 par Vincent de Paul.

En 1670 cette institution changement complètement de statut, elle est transférée sous la responsabilité de l'Hôpital général de Paris sous la direction du Parlement de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le contexte[modifier | modifier le code]

L'assistance aux enfants abandonnés est une obligation seigneuriale découlant du droit d'épave qui fait du seigneur l'héritier des "bâtards" nés, possédant des biens dans sa seigneurie et décédés sans enfants ni testament. En regard des lois et des usages de l'époque les enfants abandonnés ou trouvés sont des "bâtards". Beaucoup de seigneurs essaient d'échapper au financement de l'assistance et tentent de s'en décharger sur les établissements hospitaliers ou sur les communautés d'habitants comme le prescrit l'ordonnance de Moulins de 1556. Cela occasionne de nombreux procès. En 1572, un arrêt du parlement de Paris oblige les seigneurs hauts-justiciers à pourvoir à l'entretien "des pauvres enfants trouvés".

Certaines communautés ont organisé l'assistance. Ainsi la Bretagne où les enfants sont financés par la paroisse où ils ont été trouvés. En Provence, les communautés payent un abonnement de 120 livres environ par enfant accueilli dans les hôpitaux locaux. Mais pour alléger la charge fiscale on se débarrasse des bébés dans les paroisses limitrophes, et on fait des recherches de paternité souvent par dénonciation.

L'église grâce à des legs ou des dons prend aussi en charge les enfants abandonnés. En 1579 un arrêt du parlement de Paris fait obligation aux curés de secourir les enfants abandonnés de leur paroisse (à défaut des parents ou du seigneur). À la fin du XIIe siècle l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit fondé par Guy de Montpellier, est créé pour soulager les pauvres infirmes, les pèlerins et les enfants abandonnés. À la fin du XIVe siècle il possédait près de cent maisons en France. En 1672 il fusionne avec l'Ordre de Saint-Lazare[1].

La fondation[modifier | modifier le code]

En 1633, Vincent de Paul fonde l'Ordre des Filles de la Charité pour aider les enfants trouvés. D'importants dons financiers charitables, provenant de la haute société permettent financer l'institution. En 1638, est fondée l'institution des Enfants-Trouvés. Elle s'installe tout d'abord près de la porte Saint-Victor. Elle est transférée au château de Bicêtre en 1648, puis vers l'enclos Saint-Lazare. Elle est ensuite fixée rue du Faubourg Saint-Antoine[2].

Participations financières royales[modifier | modifier le code]

Louis XIII le finance pour 4 000 livres, Louis XIV pour 8 000 livres, 120 000 livres lui sont allouées par le roi en 1767.

Rattachement à l’hôpital général de Paris[modifier | modifier le code]

En 1670, l'institution est rattachée à l'Hôpital Général[2].


Une étude détaillée des entrées et sorties à la maison de la Couche entre 1747 et 1756 laisse soupçonner que l'établissement fut au centre d'un gigantesque trafic d'enfants que l'affaire de l'Hôpital général voulut masquer au public et aux autorités[3].

Vers 1672, une annexe est créée sur l'île de la Cité dans des maisons de la rue Neuve-Notre-Dame appartenant à l’Hôtel-Dieu situées près de l’église Sainte Geneviève-des-Ardents. Elle accueille les enfants de moins de deux ans non sevrés. En 1747-1748, l’architecte Germain Boffrand (1667-1754) reconstruit cet hôpital qui occupe désormais un large quadrilatère compris entre le parvis Notre-Dame et les rues Neuve-Notre-Dame et Saint Christophe.

En 1772, l'hôpital des Enfants-Trouvés fusionne avec l'hôpital des Enfants-Rouges. L'hôpital de l'île de la Cité est agrandi en 1782 par Charles-François Viel (1745-1819)[4].

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le bâtiment de l'île de la Cité accueille le bureau de l'assistance publique au début du XIXe siècle. Après avoir fait l'objet d'une extension, il est détruit lors de la construction des locaux actuels de l'Hôtel-Dieu[4].

Les locaux du faubourg Saint-Antoine deviennent l'hospice des orphelins[5],[6], plus tard renommée hôpital Armand-Trousseau (situé jusqu'au début du XXe siècle à l'emplacement de l'actuel square Trousseau).

En 1800, les anciens locaux de l'institution de l'Oratoire, au no 74 rue d'Enfer (actuelle rue Denfert-Rochereau)[2], accueillent un nouvel hôpital pour enfants assistés. Il devient par la suite l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b et c Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 197-200 [lire en ligne]
  3. La Marche rouge, Marion Sigaut.
  4. a et b Administration de l’Assistance publique, c. 1867 sur vergue.com
  5. Félix et Louis Lazare, op. cit., p. 509
  6. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 32e quartier « Quinze-Vingts », îlot no 9, F/31/88/11

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]