François Florent

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François Florent
François Florent.jpg
François Florent à Bruxelles en 2015
Biographie
Naissance
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François EichholtzerVoir et modifier les données sur Wikidata
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François Florent, né François Eichholtzer le à Mulhouse, est un homme de théâtre français.

Il est le fondateur du Cours Florent, cours d'art dramatique établi à Paris.

En 2008, il évoque sa pédagogie et son parcours personnel dans, Cette obscure clarté chez Gallimard [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse alsacienne[modifier | modifier le code]

Né François Eichholtzer, il adopte Florent comme pseudonyme à son arrivée à Paris en septembre 1956. Florent est son deuxième prénom, en souvenir de son grand père paternel, Florent Eichholtzer.

Sa langue maternelle est l’alsacien, car né le à Mulhouse, il fréquente – après la débâcle de quarante et alors que les trois départements de l’Est (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) sont annexés par le Troisième Reich – l’école primaire allemande jusqu’à la Libération. Son premier alphabet est le gothique allemand[réf. nécessaire].

Il apprend les rudiments de la langue française à l’École des Frères de Mulhouse à partir d’avril 1945.

Baccalauréat en philosophie en 1955 à Mulhouse puis propédeutique à la Faculté de Lettres de Strasbourg (1955/1956).

Durant son année strasbourgeoise, il est l’élève d’Antoine Bourbon qui l’emploie comme comédien–stagiaire pour ses émissions dramatiques à Radio Strasbourg et ses productions théâtrales pour enfants.

Au Conservatoire de Strasbourg (dir. Fritz Münch), il obtient un premier prix en juin 1956 dans Le Maître de Santiago.

François Eichholtzer utilise pour la première fois son pseudonyme à l’occasion du concours d’entrée du Centre de la Rue Blanche (aujourd’hui ENSATT) où il est accepté en juin 1956 par Jean Meyer, Berthe Bovy, Robert Manuel, Teddy Bilis… dans la première scène de Pyrrhus d’Andromaque.

Arrivée à Paris et premières expériences[modifier | modifier le code]

En septembre 1956, il intègre le Centre de la Rue Blanche dans la classe de Daniel Lecourtois. Jean Meyer l’engage comme élève à la Comédie-Française pour compléter les importantes distributions de ses deux mises en scène Coriolan et Les Misérables.

il intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique en octobre 1957 dans la classe de René Simon. Au programme de son concours d’entrée (octobre 1957) : 1er tour : Sévère de Polyeucte, 2e tour : Xipharès de Mithridate, 3e tour : à nouveau Xipharès et Cléante de Tartuffe (scène imposée).

Durant ses trois années au Conservatoire, François Florent ne change pas de professeur principal ; il travaille les cyniques, les nobles désargentés, peu de jeunes premiers, pas les ganaches, jamais les valets. Il tremble, comme beaucoup de ses camarades, devant Jean Meyer, le professeur de la classe d’ensemble, qui excommunie et légifère. Par contre, la rondeur et le beau savoir de Philippe Van Tieghem, le professeur de littérature théâtrale, sont toujours restés des socles pédagogiques pour lui.

On le nomme stagiaire à la Comédie-Française (saison 1959/1960) pour des utilités (François du Caprice, Don Alonse du Cid, le laquais du Bourgeois Gentilhomme...) mais également un vrai rôle, le jeune premier du Voyage à Biarritz de Jean Sarment aux côtés de Georges Chamarat et Andrée de Chauveron.

Durant les dix années qui suivent, François Florent exerce sans discontinuer le métier de comédien :

De 1965 à 1970, tout en continuant ses activités de comédien et de pédagogue, il est furieusement tenté par la mise en scène lyrique. Journaliste à OPERA, il hante les festivals (Bayreuth, Munich, Salzbourg), les scènes lyriques européennes, nationales et régionales, écrit un opuscule sur Dietrich Fischer-Dieskau et finit par être nommé directeur adjoint-metteur en scène au Grand Théâtre de Nancy. Il y met en scène Paganini de Lehar, Rêve de valse d’Oscar Strauss et La Vie parisienne d’Offenbach.

Nostalgique de Paris, ayant malencontreusement délaissé ses élèves, s’entendant très mal avec son directeur et les camarillas provinciales, il retrouve son cours après une absence de huit mois, début février 1971.

Francois Florent à Bruxelles en 2015.

Début des Cours Florent[modifier | modifier le code]

Des candidats amis le sollicitent pour leurs préparations aux concours d’entrée du Centre de la Rue Blanche et du Conservatoire. Il n’a pas, bien entendu, de point fixe ; il fait répéter dans des recoins de fortune, mais ces balades de chirurgien-barbier ambulant ne sont rien moins que le coup de pouce et le déclic du destin.
Notamment parce qu'il avait fait travailler sa fille pour son entrée à la rue Blanche, qu'Annette Haas-Hamburger pianiste-concertiste (mère de Michel Berger) missionnée par la Mairie de Paris pour créer et diriger le Conservatoire municipal du XVIIe (printemps 1963), lui propose le poste de professeur d’art dramatique du Conservatoire à naître.

Le premier cours rassemble une dizaine d’élèves dont un escogriffe de tout juste seize ans, habitant l’arrondissement, potache à Carnot : Jacques Weber. Lors du troisième ou quatrième cours, déboule un freluquet bigleux, également lycéen à Carnot, Florent n’a pas le temps de lui poser la moindre question qu’il pérore : « Je veux connaître mon niveau par rapport aux autres ! ». Francis Huster vient de lancer sa première rodomontade; il a dix-sept ans et dix mois. La superbe et athlétique Catherine Ferran, qui se destine au professorat de gymnastique, rejoint le groupe ; elle y rencontre son premier mari… Jean-Paul Roussillon.

On vient des quatre coins de Paris, de province, pour suivre ce cours hebdomadaire de cent-cinquante minutes. Florent rajoute évidemment des heures et des heures, ailleurs et chez lui.

La Mairie de Paris organise annuellement des concours inter-conservatoires ; en art dramatique le Conservatoire du XVIIe rafle tous les premiers prix de 1965 à 1968 fort des Weber, Ferran, Huster, Chalmeau, Savinaud, Granotier…

C’est à la demande des élèves qui désiraient davantage d’heures de cours – Huster venait de réussir le concours d’entrée de l’ENSATT - que François Florent a été comme contraint à louer une salle et à mettre en place une minuscule structure administrative.

Il loue les jours ouvrables, sauf le mardi, de cinq à huit, un studio au 38, rue des Saules (XVIIIe). Le Cours Florent ouvre ses portes le 7 janvier 1967 avec vingt-huit élèves. La grande majorité vient de la classe du Conservatoire du XVIIe qui continue le mardi. Florent reste titulaire de ce poste jusqu’en 1979, malgré plusieurs congés ; il en démissionne quand Jean-Laurent Cochet devient inspecteur pour l’art dramatique des Conservatoires municipaux de la Ville de Paris. Durant les dernières années des années soixante, François Florent est également titulaire du poste du Conservatoire de Puteaux (directeur M. Marcel Féru) où il a comme élèves Daniel Martin, Jean-Pierre Jacovella… Durant une saison, il enseigne également au Conservatoire municipal du XXe.

La mort de René Simon, l’appel pressant de Francis Huster qui démarrait son Jacques le Fataliste (il était au Conservatoire depuis octobre 1967), le besoin de retrouver l’air de Paris, la conviction définitivement acquise que la pédagogie était sa plénitude d’expression, lui font jurer qu’il ne se destinera plus qu’à la formation par et pour le théâtre.

Robert Hossein l’appelle en septembre 1971 pour enseigner à Reims, puis en septembre 1972 pour diriger le Théâtre-École de Reims, Florent fera des allers et retours quasi quotidiens pendant trois saisons entre Paris et Reims.(septembre 1971/mai 1974).

Le Cours Florent loue d’abord le Studio 18 à quelques pas du Métro Lamarck-Caulaincourt (janvier 1967/juin 1971). De septembre 1971 à juin 1976, le Cours loue son studio de danse de la rue Rodier dans le IXe.

François Florent se trouve enfin dans ses murs le au 35, quai d’Anjou dans le IVe : un secrétariat, un grenier, un réduit pour bureau directorial, un minuscule régie, et deux salles nommées Beaumarchais et René Simon.

Expansion des cours Florent[modifier | modifier le code]

François Florent et Guillaume Canet.

En juillet 1985, en plus du Quai d'Anjou, le Cours Florent acquiert la jouissance de l'immeuble du 40 rue Mathis (XIXe).

Création des salles Pierre Dux, Michèle Morgan, Francis Huster, Jacques Weber (qui inaugurent leur salle), mais également Pierre Romans et Arletty.

Puis vient le moment de quitter le quai d'Anjou en 2002 pour un lieu plus grand : l'immeuble du 37-39 avenue Jean Jaurès (XIXe), le siège social actuel, où l'on transforme les locaux en salle de cours, avec les salles : Dominique Blanc, Gad Elmaleh, Agnes Jaoui, Isabelle Adjani, Daniel Auteuil ,

Enfin, extension avec un troisième lieu 44 rue Archereau (XIXe) avec trois salles : Sacha Guitry, Jean Cocteau, Henri-Georges Clouzot une grande salle Max Ophüls.

La classe Libre[modifier | modifier le code]

À l'automne 1979, aiguillonné par Francis Huster, il crée un cursus gratuit au sein de l'école non encore imitée au bout de plus de vingt ans : la Classe Libre. Le concours d'entrée annuel est extrêmement sélectif et rassemble aussi bien des candidats extérieurs que des élèves comédiens de l'école.

Création de Prix[modifier | modifier le code]

François Florent a créé plusieurs prix :

  • Le prix Olga-Horstig qui depuis 2002, récompense chaque saison par vote de professionnels du spectacle le meilleur acteur et la meilleure actrice de l'école.
  • Les prix François-Florent (2010), remis à des personnalités qui se sont illustrées dans le monde de la pédagogie et de l'art dramatique en France comme à l'étranger.
  • Les prix François-Florent International, décernés chaque saison au meilleur acteur et la meilleure actrice de l'école s'exprimant sur scène dans une langue étrangère.

Distinctions[modifier | modifier le code]

François Florent est:

  • Médaille d’argent de la Ville de Paris (1990), remis par Jacques Féron, maire du XIXe arrondissement
  • Chevalier de la Légion d’honneur (avril 2005), remis par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture
  • Commandeur de l’Ordre national du Mérite (mai 2009) remis par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture

Il reçoit le Prix Ourrisson de Fond’Action Alsace des mains de Philippe Richert, président de la Région Alsace en octobre 2012 et la Médaille de la Culture de la Ville de Mulhouse des mains de Jean Rottner, maire de Mulhouse en juin 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette obscure clarté, Gallimard, Paris, 2008, 251 p. (ISBN 978-2-07-012114-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]