Florence Griffith-Joyner

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Florence Griffith-Joyner
Image illustrative de l’article Florence Griffith-Joyner
Florence Griffith-Joyner en 1988
Informations
Disciplines 100 m, 200 m, 4 × 100 m
Période d'activité Années 1980
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Naissance 21 décembre 1959
Lieu Los Angeles
Décès (à 38 ans)
Surnom « Flo Jo »
Entraîneur Tengy Girard
Records
• Actuelle détentrice des records du monde du 100 m (10 s 49) et du 200 m (21 s 34)
Distinctions
• Trophée IAAF de l'athlète de l'année en 1988
• Élue au Temple de la renommée de l'athlétisme des États-Unis en 1995
Trophée Track and Field de l'athlète de l'année en 1988
Palmarès
Jeux olympiques 3 2 -
Championnats du monde 1 1 -

Florence Griffith-Joyner, née Delorez Florence Griffith (connue également par son surnom Flo-J), le à Los Angeles et morte le à Mission Viejo en Californie, est une athlète américaine, spécialiste du sprint. Elle détient depuis 1988 les records du monde hors normes du 100 mètres : 10 s 49 lors des sélections olympiques américaines le 17 juillet 1988 à Indianapolis, et du 200 mètres : 21 s 34 en finale des Jeux d'été de Séoul le 29 septembre de la même année. Deux records qui n'ont pas été approchés depuis lors et qui sont entachés de lourds soupçons de dopage, confortés par son décès soudain à 38 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Florence Griffith-Joyner[1] est née dans une famille pauvre de Los Angeles[2], elle est la fille de Florence Griffith, une institutrice, et de Robert Griffith, un électricien[3], elle est la septième de leurs 11 enfants[4]. La famille emménage à Mojave Desert, en 1964, les parents de Florence se sépare, la mère se trouve seule pour éduquer ses 11 enfants et retourne à Los Angeles pour s'installer dans le quartier de Watts[5].

En 1965, alors qu'elle a 6 ans, elle participe à des épreuves d'athlétisme organisées par la Fondation Sugar Ray Leonard dont elle devient un membre[6],[7].

En 1973, elle remporte le Jesse Owens National Youth Games[8],[9].

Après ses études secondaires à la Jordan High School (Los Angeles) (en) elle est admise en 1978 à l'Université d'État de Californie à Northridge. Elle abandonne ses études universitaires ainsi que la compétition sportive en 1979, pour subvenir aux besoins de sa famille, elle prend un poste de guichetière dans une banque[10].

Elle est repérée par Bob Kersee qui réussit à lui faire intégrer l'UCLA[11] où elle obtient son Bachelor of Arts (licence) en psychologie[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Aux Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles, Florence Griffith obtient la médaille d'argent du 200 mètres. Mais elle se fait surtout remarquer pour ses bodys fluos et ses ongles peints, longs de quinze centimètres.

Après les Jeux de Los Angeles, Florence Griffith s'éloigne des pistes d'athlétisme, devient employée de banque et se fiance avec Greg Foster, médaillé d'argent du 110 mètres haies aux Jeux de Los Angeles. Elle ne s'entraîne plus que pour garder la ligne. À l'approche des Jeux de Séoul, Bob Kersee parvient à lui faire reprendre l'entraînement de haut niveau et la soumet à un énorme travail foncier et de musculation. Le retour est gagnant puisque, lors des Championnats du monde d'athlétisme 1987, elle termine à nouveau deuxième sur 200 mètres et remporte, vêtue d'une combinaison de patineuse qui fait sensation, le relais 4 × 100 m. Mais les places de seconde ne conviennent plus à Florence Griffith. Elle augmente sa charge d'entraînement et prend comme nouvel entraîneur Al Joyner qu'elle vient d'épouser.

Jusqu'alors connue comme coureuse de 200 mètres, Florence Griffith-Joyner stupéfie le monde du sprint en pulvérisant le record du monde du 100 mètres le lors des quarts-de-finale des sélections américaines à Indianapolis. Avec un temps de 10 s 49[12], elle laisse sa rivale, reine des Jeux de Los Angeles, Evelyn Ashford, à plus de deux mètres, et pulvérise le record du monde de celle-ci (10 s 76). Cette performance est controversée (on soupçonne un dysfonctionnement de l'anémomètre ; selon le journal L'Équipe, il y aurait eu 5 à 5,5 m/s de vent favorable) mais n'en est pas moins homologuée par l’IAAF[12].

C'est donc comme favorite que Florence Griffith-Joyner se présente aux épreuves de sprint des Jeux de Séoul en 1988. En finale du 100 mètres, Flo Jo fait jeu égal avec ses principales concurrentes, mais subitement, un sourire éclaire son visage et Florence Griffith-Joyner place une accélération foudroyante, laissant, sur la ligne d'arrivée, ses adversaires à plus de 2 mètres. Elle réalise un temps de 10 s 54.

Mais la nouvelle reine du sprint va éblouir plus encore sur 200 mètres avec deux records du monde en moins de deux heures le . En demi-finale, à 15 heures, avec un chrono de 21 s 56, elle bat le record du monde de Marita Koch et Heike Drechsler (21 s 71). En finale à 16 h 40, Flo Jo bat son propre record dans le temps de 21 s 34. La moisson olympique de la « panthère noire » n'est pas encore terminée, puisqu'elle remporte la médaille d'or du relais 4 × 100 mètres et la médaille d'argent du relais 4 × 400 mètres.

La fin[modifier | modifier le code]

En 1989, après sa réception du Trophée Jesse-Owens[13], elle prend subitement, en pleine gloire, sa retraite sportive afin de se consacrer à la mode[14] et faire fructifier sa notoriété. Elle est, par la suite, nommée conseillère de Bill Clinton pour l'éducation physique. Mais, rapidement, Florence Griffith-Joyner est atteinte par de sérieux problèmes de santé. En avril 1996, elle est victime d'une attaque cardiaque. Deux ans plus tard, le au matin, elle est retrouvée morte dans sa maison de Mission Viejo. L'autopsie révélera qu'elle est morte asphyxiée lors d'une crise d'épilepsie.

Accusations de dopage[modifier | modifier le code]

La mort de la sprinteuse Florence Griffith-Joyner aurait été liée à l'abus de produits dopants. Elle avait déjà été victime en 1996 d'une attaque d'apoplexie que certains avaient lié à l'hypothèse d'une mauvaise utilisation d'anabolisants. Cela dit, les fantastiques performances sur 100 et 200 mètres, toujours inaccessibles de nos jours, et sa mort prématurée ont alimenté nombre de polémiques[15] concernant le dopage de Florence Griffith-Joyner. Ces polémiques ont été fondées par des rumeurs, par des propos attribués à Carl Lewis, qui en fait concernaient les étudiants / sportifs de l'Université de Pennsylvanie, sur des propos équivoques de son entraîneur Charlie Francis[16] et sur les déclarations du sprinter Darrell Robinson (en) qui avait confié qu'il avait vendu des hormones de croissance à Florence en 1988 pour un montant de 2 000$. Les dénégations de Florence se faisaient sur un fond de révélations de l'usage de dopants divers, notamment les révélations à répétition de Darrell Robinson[17]. De plus, selon Werner Franke : « Les athlètes américaines recouraient au dopage dès avant les JO de 1984 ».

Des journalistes ont écrit que l'overdose aurait donc été dissimulée pour ne pas abîmer l'image des sportifs[18].

De fait, Florence ne fut jamais contrôlée positive (au contraire des anciens athlètes du bloc soviétique ou même de Ben Johnson dans les mêmes Jeux de 1988 après sa victoire sur 100 m), mais ses transformations physiques laissent naître le doute. Lorsque Florence Griffith-Joyner se présente aux sélections américaines de 1988, sa morphologie a en effet été totalement changée au profit de sa masse musculaire. De même, ses performances ont connu une progression tout aussi rapide que spectaculaire. En effet, durant la seule saison (1988) elle gagne une demi-seconde sur 100 mètres et 200 mètres. On soupçonne une prise de stéroïdes et d'anabolisants, surtout lors des Jeux de SéoulBen Johnson est disqualifié du 100 mètres pour dopage. Institués en 1989, les contrôles inopinés ont peut-être précipité la retraite de Florence Griffith-Joyner, qui déclarait, lors des sélections américaines de 1988 : « Notre but était de prouver que les Américaines pouvaient être largement supérieures aux Allemandes de l'Est ».

Toutefois le prince Alexandre de Merode qui fut le président de la commission médicale du Comité International Olympique, explique : « nous avons effectué toutes les analyses possibles et imaginables sur elle, et nous n'avons jamais rien trouvé. Il ne devrait pas y avoir le moindre soupçon »[19].

Florence repose au El Toro Memorial Park de Lake Forest (Californie)[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le , elle épouse d'Al Joyner à Las Vegas. Le , le couple donne naissance à une fille, Mary[20],[21].

Elle est la belle-sœur de Jackie Joyner-Kersee[22].

Après sa mort[modifier | modifier le code]

En 2000, la 102nd Street School à Los Angeles a été renommée Florence Griffith Joyner Elementary School. Griffith Joyner a fréquenté l'école pendant son enfance. La ville Mission Viejo a dédié en son honneur un parc à l'entrée de son quartier[23],[24].

En 2018, Beyoncé lui rend hommage en se déguisant en Florence Griffith Joyner pour Halloween[25],[26].


Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'été[modifier | modifier le code]

Championnats du monde d'athlétisme[modifier | modifier le code]

Records du monde[modifier | modifier le code]

  • 100 m en 10 s 49, le en quart de finale des sélections américaines à Indianapolis (amélioration de 27 centièmes du record d'Evelyn Ashford).
  • 200 m en 21 s 34, le à Séoul (amélioration en finale olympique de son précédent record établi le même jour pendant les demi-finales).

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Florence Griffith Joyner | Biography, Medals, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 23 décembre 2019)
  2. (en-US) « Florence Griffith Joyner | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 23 décembre 2019)
  3. a et b (en-US) « Florence Griffith “Flo-Jo” Joyner », sur Find a Grave
  4. (en) « Flashy Florence Griffith Joyner Will Be the One to Watch—and Clock—in the Women's Sprints », sur PEOPLE.com (consulté le 24 décembre 2019)
  5. (en-US) « Florence Griffith Joyner Facts », sur biography.yourdictionary.com (consulté le 24 décembre 2019)
  6. (en-US) « Florence Griffith-Joyner: African American Olympic legend », sur www.myblackhistory.net (consulté le 23 décembre 2019)
  7. a et b (en-US) Herb Boyd, « Florence Griffith Joyner, ‘Flo Jo,’ track immortal and fashionista », sur amsterdamnews.com, (consulté le 24 décembre 2019)
  8. (en-US) wenadwin4, « Meet Flo Jo », sur Watts Neighborhood Council (consulté le 24 décembre 2019)
  9. (en-US) « Florence Griffith Joyner - Griffith Joyner's Legacy », sur sports.jrank.org (consulté le 24 décembre 2019)
  10. (en-US) « Florence Griffith Joyner - Olympic Dreams », sur sports.jrank.org (consulté le 24 décembre 2019)
  11. (en-US) Tavis Alan Malcolm, « Florence Griffith Joyner (1959-1998) • », (consulté le 23 décembre 2019)
  12. a et b « Florence Griffith-Joyner, deux sprints au goût de soufre », La Croix, 26 août 2011 : « En 1988, l’Américaine réalise deux performances stupéfiantes sur 100 et 200 mètres, qui ont très peu de chances d’être battues les 29 août et 2 septembre prochains aux championnats du monde. »
  13. a et b (en-US) « Sprinter FloJo Jesse Owens Winner », sur Los Angeles Times, (consulté le 24 décembre 2019)
  14. (en-US) Marjon Carlos, « The Fastest Woman in the World Was the Most Fashionable, Too: Flo-Jo’s Olympics Style », sur Vogue (consulté le 24 décembre 2019)
  15. Nicolas Daniel, « L’ombre du dopage plane sur la mort de Griffith-Joyner », L'Humanité, 23 septembre 1998.
  16. (en-US) Kenny Moore, « The Spoils Of Victory », sur Vault (consulté le 24 décembre 2019)
  17. (en-US) Robert Mcg Thomas Jr, « Sprinter's Drug Allegations Draw Denials », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 24 décembre 2019)
  18. « ATHLETISME. La carrière de Griffith-Joyner, morte à 38 ans, soulève de nombreuses questions. Flo-Jo, autopsie d'un phénomène », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 2 mai 2017)
  19. By James Montague, « Saving Flo Jo: Taking back a legacy - CNN », sur CNN, (consulté le 31 août 2019)
  20. (en-US) Jere Longman, « Florence Griffith Joyner, 38, Champion Sprinter, Is Dead », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 24 décembre 2019)
  21. (en-US) Tom Friend, « OTL: Dream Chaser », sur ESPN.com (consulté le 24 décembre 2019)
  22. (en-US) Tim Layden, « Florence Griffith Joyner (1959-98) », sur Vault (consulté le 24 décembre 2019)
  23. Florence Joyner Olympiad Park. Google.com. Retrieved on June 30, 2014.
  24. « (22) Florence Joyner Olympiad Park - CITY OF MISSION VIEJO » [archive du ]
  25. (en) « Beyoncé won Halloween a second time with her Flo-Jo costume », The FADER,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2018)
  26. (en-GB) « Beyonce and Jay Z salute black excellence in Flo-Jo and Tommie Smith costumes », Metro,‎ (lire en ligne, consulté le 1er novembre 2018)
  27. (en-US) « Profile of Florence Griffith Joyner », sur www.topendsports.com (consulté le 24 décembre 2019)
  28. (en-US) « HickokSports.com - History - UPI International Athletes of the Year », sur webarchive.loc.gov (consulté le 24 décembre 2019)
  29. (en-US) « T&FN's World Women's Athletes Of The Year », sur Track & Field News (consulté le 24 décembre 2019)
  30. (en-US) « Obituary of Florence Griffith Joyner », sur Tributes.com (consulté le 24 décembre 2019)
  31. (en-US) « AAU Sullivan Award – Past Winners », sur http://www.aausullivan.org/
  32. (en-GB) « Florence Griffith-Joyner », The Telegraph,‎ (lire en ligne)
  33. « USA Track & Field | The year’s best athletes, performances and Hall of Fame inductees honored at USATF Night of Legends », sur usatf.org (consulté le 24 décembre 2019)
  34. « Florence Griffith Joyner : California Sports Hall of Fame », sur californiasportshalloffame.org (consulté le 24 décembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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