Feu de Saint-Pol

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Feu de Saint-Pol
Spol.jpg
Localisation
Coordonnées
Adresse
Jetée Saint-Pol et route de l'Écluse Charles de GaulleVoir et modifier les données sur Wikidata
Dunkerque
Flag of France.svg France
Histoire
Construction
Automatisation
oui (1979)
Statut patrimonial
Gardienné
non (depuis 1979)
Visiteurs
oui
Architecture
Hauteur
36 m
Élévation
35 m
Équipement
Lanterne
alimenté par panneaux solaires
Portée
15/18 milles
Feux
Feu à deux éclats verts toutes les six secondes
Aide sonore
non (anciennement diaphone de brume à groupe de sons alternant avec un son unique toutes les 60 secondes)
Localisation sur la carte du Nord
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Localisation sur la carte de France
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Le feu de Saint-Pol est un phare situé au bout de la jetée ouest du port de Dunkerque, inscrit aux monuments historiques. Propriété de l'État[1], il est envisagé de le céder aux collectivités locales. Paradoxalement, il doit son nom à Saint-Pol-sur-Mer, bien qu'il se trouve à Dunkerque[2].

Construit en 1937-1938 (mais restauré à l'identique en 1954)[3], allumé en 1939, il est la dernière œuvre de l'architecte Gustave Umbdenstock. Il est inscrit monument historique depuis le 31 décembre 1999. Il n'est plus en service et son état est préoccupant.

Caractéristiques du feu[modifier | modifier le code]

Le feu de Saint-Pol est dénommé « feu » faute de satisfaire à au moins deux des critères de la définition du phare au sens strict qu'en donne l'administration française.

L'architecture particulière du feu de Saint-Pol apparaît comme une sculpture anachronique et déroutante. La partie couronnement de la tour offre ainsi à sa lanterne un décor singulier pour un édifice destiné à la signalisation portuaire. Trois coupoles renversées futuristes font la signature artistique de ce phare tout en séparant utilement les éclats des différents feux secondaires. Elles produisent un surprenant contraste avec la partie supérieure constituée d'un encorbellement d'inspiration moyenâgeuse, avec ses ouvertures en forme de meurtrières, supporté par une série de corbeaux verticaux alignés selon une géométrie néanmoins presque contemporaine qui se termine par un balcon circulaire. Celui-ci est équipé d'une rambarde métallique servant aujourd'hui de support à une série de quatre panneaux solaires. Cette singularité architecturale explique probablement qu'on qualifiait jadis le feu de « la plus belle tour du plus beau château »[4].

Au sommet, la base du dôme de cuivre qui coiffe le feu est décorée d’une frise en métal découpé (formant une couronne) qui surplombe des gargouilles noires en forme de tête de lion (Cf. Galerie).

Porte du phare, avec son étoile des vents (emblème du Service des phares et balises) et une partie émaillée préservée (à gauche).

Le fut, légèrement tronconique, est réalisé en briques rouges mais, à l'origine, il était entièrement revêtu de briques émaillées blanches, du moins jusqu'à l'encorbellement (Cf. Galerie). Au-dessus, seuls le soulignement des ouvertures, le haut des corbeaux et le rebord supérieur étaient émaillés ou blanchis. Sous les coupelles le fût était ombré d'une teinte différente. L'émail s'est érodé avec le temps mais cela explique les traces blanchâtres qui s'observent un peu partout sur le phare. Il subsiste d'ailleurs une petite partie émaillée intacte à la base, près de la porte d'entrée et dans la partie arrière (face à la mer) où l'on peut malheureusement observer aussi le début de la dégradation du double revêtement (Cf. Galerie).

Sur le fût du phare, se trouvent les feux secondaires, dits feux de police, composés de trois rangées de signaux lumineux, rouges et verts, qui étaient autrefois employés pour réguler les entrées et sorties dans le port, à partir de la capitainerie d'où ils étaient actionnés. Les trois coupoles précédemment signalées leur servent de pare-soleil. Les signaux, rouges et verts, sont orientés vers les quatre points cardinaux.

La hauteur du feu est de 36 m et sa portée de 15 milles (pour le secteur blanc) et 12 milles (pour le secteur vert).

Le phare se trouve sur le musoir d'une longue jetée dont le côté ouest n'est totalement baigné par la mer qu'au moment des grandes marées. Pour les autochtones, la jetée est un lieu de pêche prisé et varié[5]. L'été on y prend surtout du maquereau tandis que le côté Est est propice au ramassage des moules sauvages.

Sauvetages du feu[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il était entouré et enseveli par un blockhaus jusqu'à mi-hauteur et servait de poste d'observation, les sous-sols étant transformés en chambres de munitions. Précédemment, des rails avaient même été installés sur la jetée pour faciliter le transport et les déplacements (Cf. Galerie). Le blockhaus fut démonté en 1946 mais il fallut attendre encore huit ans pour retrouver un feu restauré dans son état initial en 1954.

Le feu fut gardé jusqu'à son automatisation en 1978 (le dernier gardien en poste fut M. Louis Marcourt jusqu'en 1979). Délabré ensuite, notamment après que l'on eut arrêté son chauffage en 1991, son remplacement fut envisagé par une structure métallique.

Pour juguler cette perspective, une association de défense (Myosotis) s'est créée en 1996, notamment pour faire reconnaître le feu Saint-Pol comme monument historique, ce qui fut obtenu par arrêté en date du 31 décembre 1999[6] grâce à l'action conjuguée de cette association et des élus. La campagne de sauvegarde du feu qu'elle engagea fut notamment marquée par la vente d'une affiche du feu dessinée par E. Stroobandt et l'accueil d'une exposition sur les plus beaux phares du monde élaborée par le photographe K. Spitzer.

Cependant, l'entretien du feu est toujours lacunaire et le bâtiment continue de se dégrader. En 2010, l'État envisage de le céder gratuitement aux collectivités locales. En effet, sans chauffage depuis des lustres, jamais aéré par quiconque, il est victime de l'humidité, avec 20 centimètres d'eau en bas. Des filets de protection ont été posés sur le haut pour éviter les chutes de pierres[7].

En 2014 une étude est entreprise sous l'égide du Musée portuaire, qui gère déjà le phare de Risban, dans le cadre d'un comité de pilotage avec Les Phares et Balises, le Grand port maritime de Dunkerque et la DRAC, pour envisager l'avenir du phare et le cout de son sauvetage[8]. En 2018 on est toujours à la recherche du financement nécessaire pour des travaux estimés à 1,5 millions d'euros[9].

Depuis 2012, le feu de Saint-Pol est choisi pour illustrer l'affiche du festival mondial du film de mer à Dunkerque Les Écrans de la mer[10].

Accès au feu[modifier | modifier le code]

Initialement, le phare était accessible les jours de tempête par une galerie souterraine sous la jetée (elle est désormais murée). Aujourd'hui, l'accès au phare reste uniquement pédestre à partir de la naissance de la jetée ouest qui, elle, est accessible par la route de l'Écluse-Trystram, après le passage de deux ponts d'écluses amovibles (dont l'écluse Charles-de-Gaulle), à partir de Dunkerque, en passant par le phare de Risban. Un itinéraire de contournement des écluses est possible par l'ouest, à partir de Grande-Synthe, par la digue du Braek, le long de la zone industrielle portuaire de Dunkerque qui permet aussi de découvrir une immense plage de sable fin qui aboutit aux pieds de la jetée ouest supportant le phare. Le feu ne se visite pas.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plus précisément de « France Domaine », service du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique chargé de l’acquisition, de la gestion et de la cession des biens domaniaux. Il est géré par Géré par « Les Phares et Balises »
  2. La ville de Dunkerque a acheté la façade maritime de Saint-Pol-sur-Mer vingt ans avant l'érection du phare.
  3. Par la Compagnie dunkerquoise d'entreprise
  4. Selon la fiche que présente la Maison de l'Environnement de Dunkerque qui héberge l'association Myosotis ayant initié le sauvetage du feu.
  5. Jetée Saint Pol sur le site opalesurfcasting.net (consulté le 30 juillet 2012)
  6. Notice no PA59000049, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Selon Claude Decler, secrétaire CGT des ouvriers des parcs et ateliers des Phares et balises de Dunkerque (OPA) in Le phare de Dunkerque et le feu de Saint-Pol seraient transférés de l'État aux collectivités sur http://www.lepharedunkerquois.fr (consulté le 10 septembre 2012)
  8. Dunkerque: l’opération «sauvetage du feu de Saint-Pol» est lancée sur www.lavoixdunord.fr (consulté le 20 juillet 2018)
  9. Cherche 1,5 million d’euros pour réhabiliter le feu de Saint-Pol sur http://www.lavoixdunord.fr (consulté le 20 juillet 2018)
  10. Pleins feux sur Dunkerque du 7 au 9 juin 2012 et affiche des Écrans de la mer 2014 sur http://www.ecransdelamer.com (consulté le 14 août 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Tomazek, chapitre historique du dossier de demande d'inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Warzée, Les Phares de la mer du Nord, Bernard Gilson éditeur, 1999 (Pré aux Sources - Bruxelles). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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