Service des phares et balises

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Baliseur océanique Charles Babin : l'ancienne génération.
Le nouveau baliseur océanique Gascogne.
Le vieux baliseur côtier Roi Gradlon en action dans la baie de Lorient.
Le Logoden bateau de travail.

Créé en 1806, en France, le service des phares et balises est chargé d'entretenir les dispositifs d'aide à la navigation mis en place le long des côtes de France et d'Outre-mer pour signaler les dangers (écueils, hauts fonds) et baliser les routes maritimes et les chenaux d'accès aux ports. Ce service relève de la direction interrégionale de la Mer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'Ancien Régime, les feux et le balisage des côtes françaises sont gérés par divers organismes privés ou public, ce qui pose des problèmes en temps de guerre, l'État ne pouvant dépendre d'initiatives locales pour l'allumage ou l'extinction de ces feux[1]. La Révolution française crée en 1791 un service unique de signalisation maritime nationale et vote le une loi qui confie la surveillance des phares, amers, tonnes et balises au ministère de la Marine et l'exécution des travaux, au ministère de l'Intérieur. Devant l'accroissement du trafic maritime, Napoléon Ier souhaite un programme de balisage des côtes françaises et un service de surveillance performants. Il crée à cette fin le par décret le service des phares et balises, cette nouvelle administration étant rattachée à l'École nationale des ponts et chaussées dépendant du ministère de l'Intérieur. Le premier directeur nommé est Augustin Fresnel qui inventera le système lenticulaire pour les phares. Dès 1811, l'action de ce service est pilotée par la Commission des phares[2].

En 1869, un dépôt du Service des phares, surmonté d'une lanterne, est construit avenue Albert-de-Mun à Paris. Sa position en hauteur sur la colline de Chaillot, avec vue sur le Champ-de-Mars (désert la nuit et non éclairé), permettait à ses ingénieurs d'effectuer des expériences de signalisation (portée et visibilité), afin de concevoir les équipements des phares du littoral français. Des points de vue encore plus éloignés étaient aussi utilisés (gare chemins de fer de l'Ouest, fort d'Ivry ou encore hauteurs de Bellevue à Meudon. Une clause prévoyait de maintenir une vue dégagée entre le bâtiment et le Champ-de-Mars, violée en 1887 avec la construction de la tour Eiffel ; néanmoins, on utilisa cette dernière pour des expériences d'éclairage, en tendant des toiles blanches, la nuit, sur la Dame de fer. Le dépôt du Trocadéro servait également d'atelier de réception, d'assemblage et de maintenance. De l'autre côté de la Seine se trouvaient deux usines de fabrication de matériel lié aux phares, 17-23 rue Desnouettes et 26 avenue de Suffren. Les liens étroits qui existaient entre ces activités de recherche et de fabrication sur des sites proches permirent à la France d'occuper dans le monde une position prédominante en ce qui concerne la fabrication des phares, et ce pendant de nombreuses années. Jusqu'en 1950, le dépôt du Trocadéro accueillait aussi un musée. Il est détruit en 1992[3],[4].

Compétences et missions[modifier | modifier le code]

En 2005, les dispositifs d'aide à la navigation entretenus par le service des phares et balises comprennent environ :

  • 8 000 établissements de signalisation maritime (ESM) qui se décomposent en :
    • 150 phares.
    • 3 500 marques lumineuses.
    • 4 500 marques passives.
  • 3 systèmes de radionavigation : les stations terrestres françaises d'EGNOS (complément du GPS), le LORAN C et une vingtaine de balises Racon.

Les missions suivantes entrent également dans le périmètre du service des phares et balises :

  • la coordination avec les États étrangers et les organisations internationales (Organisation maritime internationale, OMI) pour les questions relevant de la signalisation maritime :
  • la gestion du matériel Polmar (lutte contre la pollution maritime).

Organisation du service[modifier | modifier le code]

Le service des phares et balises relèvent de la direction interrégionale de la Mer, service déconcentré du ministère chargé de la Mer. Ils dépendent au niveau central de la Commission des phares. Ce dernier est rattaché à la direction des Affaires maritimes, qui dépend de la direction générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer du ministère de la transition écologique et Solidaire développement durable, des transports et du logement. Ainsi, les activités opérationnelles du service des phares et balises se déroulent dans 35 centres (27 en métropole et 8 en outre-mer), implantés sur chaque façade maritime. Six centres (Dunkerque, Le Havre, Brest, Saint-Nazaire, Le Verdon-sur-Mer et Marseille) ont une importance particulière, celui de Brest présentant la particularité de regrouper 20 % du parc d'ESM. Autrefois départementale, l'organisation actuelle répond à une logique de coordination par façade maritime[5].

En 2010, les directions régionales des affaires maritimes de la métropole sont refondues en quatre directions interrégionales de la Mer (DIRM), sous l'autorité des préfets de région et préfets maritimes concernés.

Les quatre directions sont :

Le personnel de ces établissements (environ 1200 personnes en 2009) comprend entre autres des ouvriers chargés d'effectuer les réparations, des marins chargés de conduire les baliseurs et les bateaux de travaux, et des contrôleurs des travaux publics de l'État spécialisés dans le domaine des phares et balises.

Le service des phares et balises partage avec d'autres services un centre de recherche spécialisé comptant environ 270 personnes, le Centre d'études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA, ex-CETMEF), qui met au point les dernières évolutions du matériel de signalisation[7]. Celui-ci a succédé au Service technique des phares et balises (STPB), devenu Service technique de la navigation maritime et des transmissions de l'équipement (STNMTE), par fusion avec le Service central technique des ports maritimes et voies navigables (SCTPMVN).

Développements récents[modifier | modifier le code]

Renouvellement de la flotte[modifier | modifier le code]

La flottille des baliseurs et des embarcations de servitude a été partiellement renouvelée entre 1998 et 2005. Ont été mis en service :

Déploiement d'une bouée de nouvelle génération[modifier | modifier le code]

Un type de bouée plus légère, intégrant mieux les dispositifs ajoutés récemment comme les panneaux solaires, a été mis au point par le CEREMA (ex-CETMEF) et est en cours de déploiement. Ce matériel devrait permettre de réduire les coûts d'entretien.

Automatisation des phares[modifier | modifier le code]

Le programme d'automatisation des phares, entamé dans les années 1970, et qui a connu son intensité principale dans les années 1980 et 1990, s'est achevé le premier , avec la fin du gardiennage du phare du Cap Fréhel. Désormais la mise en route de tous les phares est automatique et leur surveillance (état des batteries, fonctionnement des dispositifs) est assurée à distance.

Maintien du LORAN C[modifier | modifier le code]

Le LORAN C, rendu obsolète par le GPS, a été abandonné en 2005 par les principaux partenaires de la France au sein de la chaîne Europe du Nord (NELS). Les autorités françaises, pour des raisons dépassant le cadre des missions du service (équipement de la Marine nationale, indépendance nationale), ont décidé de maintenir les stations terrestres de LORAN C jusqu'en 2015.

Système par satellite Galileo[modifier | modifier le code]

Le futur système européen de positionnement par satellites Galileo, lorsqu'il deviendra opérationnel vers 2020, devrait s'intégrer aux systèmes de radionavigation d'aide à la navigation.

Expérimentation du système SIA[modifier | modifier le code]

Le service des phares et balises teste le Système d'identification automatique (SIA) - (AIS acronyme anglais pour Automatic Identification System) en vue de son application au balisage. Ce système, aujourd'hui généralisé sur les navires de commerce, permet, grâce à un émetteur récepteur de très haute fréquences (VHF acronyme anglais pour Very High Frequency), d'identifier, de localiser et de connaître la route de chaque navire. Ce service est utilisé en premier lieu par les stations terrestres chargées de surveiller le trafic des routes commerciales fréquentées. Il permet également d'aider à prévenir les collisions, chaque navire disposant des informations précitées dans sa zone de navigation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Chapuis, À la mer comme au ciel, Paris Sorbonne, (lire en ligne), p. 490
  2. Régis Kalaydjian, Données économiques maritimes françaises. 2001, Quae, (lire en ligne), p. 57
  3. Alain Gibert, « Le phare du Trocadéro, un devoir de mémoire », Société historique d'Auteuil et de Passy, 2015, consulté le 12 mai 2020.
  4. Vincent Guigueno, Au service des phares : La signalisation maritime en France, XIXe-XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, 2001.
  5. Rapport d'inspection no 2005-0197-01, Propositions de réorganisation du ministère dans le champ maritime, février 2006
  6. Décret no 2010-130 du 11 février 2010 relatif à l'organisation et aux missions des directions interrégionales de la mer
  7. Cf. site officiel du CETMEF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]