Famille Gillet

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La famille Gillet est une famille française de la bourgeoisie lyonnaise, active notamment dans l'industrie textile et chimique depuis le XIXe siècle[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

François Gillet (1813-1895), originaire de Bully, s'installe à Lyon et s'est établi à son compte en 1838. Sous la pression et l'exigence des fabricants de soieries de la place de Lyon, il a mis au point un nouveau processus permettant d'obtenir un noir au chatoiement jugé sans égal, le « noir impérial » sommet de la mode sous le Second Empire. Grâce à cette innovation, l'affaire passe de 70 à 350 salariés en trois ans, de 1850 à 1853, puis à 1200 en 1870.

Dès 1853, les Gillet cherchent des terrains pour implanter leurs usines. Il investissent notamment à Vaise et précédemment sur des terrains en bord de Saône, au pied de la colline de La Croix-Rousse, actuellement sur le quai Joseph Gillet, anciennement quai de Serin. Dès 1880, l'usine de teinturerie du quai de Serin fabrique les « flottes en noir ».

François Gillet participe à un bouleversement de la profession de teinturier en passant d'une palette de matières végétales, animales et minérales, à l'usage de la chimie, avec des bains successifs de rouille et de carbonate de chaux, des solutions de sels d'étain et de prussiate de potasseetc..

Son fils Joseph Gillet (1843-1923), après un parcours de formation incluant en 1862 un stage à l'École de chimie de Wiesbaden, transforme la maison familiale de son père en une très grande entreprise, débordant les frontières, prenant également des participations dans des secteurs nouveaux tels que la soie artificielle ou viscose. Il joue également un rôle décisif, avec Jules Raulin et Edmond Coignet, dans la création de l'École de chimie industrielle de Lyon en 1883.

La continuité de la lignée est assurée par les trois fils de Joseph Gillet, Edmond Gillet (1873-1931), industriel et régent de la Banque de France, administrateur de Rhône-Poulenc en 1929, Paul Gillet (1874-1971), l'homme de Progil, et conseiller de la succursale de la Banque de France à Lyon, et Charles Gillet (1879-1972).

Le fils de Charles, Renaud Gillet (1913-2001), préside le Groupe Rhône-Poulenc de 1973 à 1979, tandis que son autre fils Robert Gillet (1912-2003), devient ambassadeur de France en Espagne de 1970 à 1976.

Au faîte de leur puissance à la fin des années 1950, les Gillet anticipent le déclin de leur activité, en prolongeant une politique de partenariats, de prise de participation croisées et d'échanges d'actions avec d'autres groupes. Ils fusionnent l'activité textiles artificiels avec Rhodia puis cèdent l'ensemble à Rhône-Poulenc en 1971. L'activité chimie est également cédée à Rhône-Poulenc en 1968. La teinture, le métier de départ de cette histoire industrielle, est cédée en 1976 aux Chargeurs réunis. À la faveur de ces accords financiers, les Gillet deviennent des actionnaires de ces mêmes groupes, en particulier de Rhône-Poulenc.

Généalogie[modifier | modifier le code]

  1. François Gillet (1813-1895) : industriel textile, fondateur des Établissements Gillet, marié à Marie Pierron (1812-1892) ;
    1. Joseph Gillet (1843-1923), directeur des Établissements Gillet, vice-président du Crédit lyonnais, administrateur de sociétés (Société chimique des usines du Rhône, Kuhlmann, Compagnie des produits chimiques d'Alais et de la Camargue, etc.), marié à Mathilde Perrin (1845-1908) ;
      1. Marguerite Gillet (1866-1859), mariée à Henri Balaÿ, administrateur de sociétés (1865-1925 ; neveu de Francisque Balaÿ).
      2. Edmond Gillet (1873-1931), président du Comptoir des Textiles Artificiels (CTA) et du Syndicat des Textiles artificiels, administrateur de sociétés (Crédit lyonnais, Rhône-Poulenc, Compagnie des produits chimiques d'Alais et de la Camargue, etc.), régent de la Banque de France, maire de Bully, marié à Léonie Clémence Marie-Josèphe Motte (1883-1965 ; nièce d'Eugène Motte)[2] ;
        1. Marguerite Gillet (1904-1986), mariée à Ennemond Bizot (1900-1988), président de sociétés, membre du Conseil d'Escompte de la Banque de France ;
          1. Jean-François Bizot (1944-2008), patron de presse.
      3. Paul Gillet (1874-1971), président de Progil, administrateur de sociétés (Pechiney), conseiller de la succursale de la Banque de France à Lyon, collectionneur d'art, marié à Marguerite Blanchet (nièce de Victor Blanchet).
      4. Charles Gillet (1879-1972), industriel ;
        1. Robert Gillet (1912-2003), directeur de cabinet du ministre Maurice Couve de Murville de 1958 à 1962, ambassadeur de France au Maroc de 1965 à 1969, puis en Espagne de 1970 à 1976.
        2. Renaud Gillet (1913-2001), directeur et administrateur de Progil et de Rhodiacéta, président-directeur général de Rhône-Poulenc et de la holding familiale Pricel, administrateur de société (BSN-Gervais Danone, UCB, Novacel, Compagnie financière de Paris et des Pays-Bas, Eurafrance, Rhovyl, etc.).
        3. Bernard Gillet (né en 1917).
    2. François Gillet (1846-1897), industriel, chimiste, maire d'Izieux, vice-président de la Société d'études économiques de la Loire, marié à Marie Mas ;
      1. Thérèse Gillet, mariée au général Louis Jamont (1873-1951).
    3. Marie Joséphine Gillet (1852-1889), mariée à Henri de Montgolfier (1847-1914).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Généalogie des Gillet », Section généalogique de l'Association Artistique de la Banque de France.
  2. La famille Motte de Roubaix (1794-1909)Tournai, Castermann, s.d.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Henry CostonLe retour des « 200 familles », 1960
  • Marcel Peyrenet, La Dynastie des Gillet : les maîtres de Rhône-Poulenc, Paris, Le Sycomore, (ISBN 978-2-862-62011-4)
  • Jean Lambert-Dansette, La vie des chefs d'entreprise : 1830-1880, Paris, Hachette, coll. « Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France », (ISBN 978-2-010-18393-5 et 2010183932)
  • Bernadette Angleraud et Catherine Pellissier, Les dynasties lyonnaises : des Morin-Pons aux Mérieux : du XIXe siècle à nos jours, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-01196-3)
  • Pierre Cayez, Serge Chassagne, Les patrons du Second Empire. Lyon et le Lyonnais, Picard, 2006
  • Jean Lambert-Dansette, Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France : L'entreprise entre deux siècles (1880-1914) - Les rayons et les ombres - Volume 5éditions L'Harmattan, 2009
  • Pierre-Yves Saunier, Ludovic Tournès, Rockefeller, Gillet, Lépine and Co. : une joint venture transatlantique à Lyon (1918-1940) dans L'argent de l'influence Les fondations américaines et leurs réseaux européens, 2010
  • Jean Claude-Daumas, Alain Chatriot, Danièle FrabouletPatrick Fridenson, Hervé Joly, Dictionnaire historique des patrons françaisFlammarion, 2010, 1617 p.
  • Hervé Joly, « La soie, fibre du libre-échange », L'Expansion,‎ (lire en ligne).
  • Hervé Joly, Les Gillet de Lyon. Fortunes d'une grande dynastie industrielle, 1838-2015, Genève, Droz, 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]