Défense de la Loire

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Défense de la Loire
Description de cette image, également commentée ci-après
Situation sur le front du 13 juin au .
Informations générales
Date du 18 au
Lieu le long de la Loire
Issue Victoire allemande marginale
Belligérants
Drapeau de la France FranceDrapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau de la France Général Besson Charles Michon (secteur de Saumur)
Drapeau de la France lieutenant-colonel Jean Touzet du Vigier (secteur de Tours)
Drapeau de l'Allemagne Kurt Feldt
Forces en présence
Secteur de Saumur
2 500 hommes ;
quelques pièces d'artillerie ;
24 blindés
Secteur de Saumur
40 000 hommes,
300 pièces d'artillerie ;
150 blindés
quelques éléments de la Luftwaffe
Pertes
Secteur de Saumur
250 tués ou blessés
218 prisonniers
1 char détruit
Secteur de Saumur
132 tués
plusieurs centaines de blessés

Seconde Guerre mondiale,
Bataille de France

Batailles

Bataille de France et campagne des 18 jours
Pour le front néerlandais, voir Bataille des Pays-Bas.

Prélude et traversée allemande des Ardennes

Drôle de guerre · Évacuation des civils de la ligne Maginot · Mobilisation · Offensive de la Sarre · Baie de Heligoland · Accident de Mechelen · Plan jaune · Plan Dyle · Luxembourg · Ében-Émael · Hannut

Percées de la Meuse et rupture du front belge :

Sedan · Dinant · Monthermé · Givet · La Horgne · Gembloux · Flavion · Louvain · Charleroi

Tentatives de contre-attaques alliées :

Stonne · Montcornet · La Sambre · Arras

Défense des ports de la Manche et rembarquement britannique à Dunkerque :

L'Escaut · Amiens · La Lys · Massacre de Vinkt · Boulogne-sur-Mer · Calais · Poche de Lille · Massacre du Paradis · Abbeville · Dunkerque · Capitulation belge

Effondrement de la Ligne Weygand, avancée allemande sur la Seine et évacuation des troupes alliées :

L'Aisne · L'Ailette · Opération Paula · l’Exode · Pont-de-l'Arche · Opération Cycle · Opération Ariel

Front italien et percée allemande dans le Sud :

Les Alpes · Vallon du Seuil · Bombardement de Toulon · Opération Vado · La Loire · Saumur · La vallée du Rhône · Bombardements de Marseille · Menton (Pont-Saint-Louis) · Armistice du 22 juin

La défense de la Loire est un épisode de la Seconde Guerre mondiale et plus précisément de la bataille de France qui se déroule en juin 1940. Elle voit la défense du fleuve de la Loire par des unités françaises diverses, qui tentent de ralentir l'avancée allemande.

Les combats eurent lieu de long de la Loire, d'Ancenis à Gien. Les principaux affrontements eurent lieu à Saumur, à Montsoreau, et à Gennes quand les cadets de Saumur (du nom donné aux élèves officiers de réserve de l’École d’application de la cavalerie, à Saumur) et d'autres éléments de l'Armée française s’opposent, en juin 1940, à l’avancée de 40000 soldats allemands. Ces combats, parfois qualifiée d'héroïque, opposèrent pendant plusieurs jours de nombreuses unités françaises, sous-équipées et parfois inexpérimentées, à notamment la 1re division de cavalerie de l'armée allemande, alors même que le maréchal Pétain venait d’annoncer la demande d'armistice et d’appeler à cesser le combat.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le pont de Balbigny sur la Loire en train de s'écrouler en juin 1940.

En , les armées françaises engagées en Belgique dans le Nord de la France sont encerclées avec le Corps expéditionnaire britannique et l'armée belge à la suite de la percée des Allemands dans les Ardennes. Encerclés à Dunkerque, les Alliés sont évacués par la mer. Le 28 mai, la Belgique capitule, l'armée française ne possède plus que 60 divisions et 1 200 chars et peu de couverture aériennes.

Le 10 juin la ligne de défense reconstituée sur la Somme et sur l’Aisne cède. La retraite de l'armée française se transforme en déroute, même si quelques unités retraitent en ordre. Devant la progression allemande vers la Seine et la prise de Paris déclarée ville ouverte le 14 juin, le gouvernement français, qui trouve refuge à Bordeaux, demande que les fleuves et rivières soient mis en défense pour bloquer la progression des armées du Reich vers le sud de la France. La Loire, compte tenu de son tracé et de sa largeur, doit devenir un obstacle majeur.

Le secteur allant de Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire) au Thoureil (Maine-et-Loire) fut confié à l’École de cavalerie de Saumur, commandée par le colonel Michon. Ce secteur comporte notamment quatre ponts constituant des points de franchissement cruciaux pour les armées allemandes.

Cependant, le , l’École de cavalerie reçoit l’ordre d’évacuer Saumur pour rejoindre Montauban. Le colonel Michon, refusant de reculer, obtint de conserver les cadres et élèves de l’école pour mettre le secteur imparti en défense. L’évacuation ne concerne donc que les éléments non-combattants de l’École de cavalerie. Dans la même journée, Maxime Weygand annonce refuser toute reddition de l'armée française.

Le , les Allemands sont à Orléans, ville déserte bombardée à plusieurs reprises par leur aviation[1]. Les ponts routiers (Joffre et George-V) sont détruits pour empêcher la progression des Allemands vers le sud. Seul le pont de chemin de fer ou pont de Vierzon n'a pu être détruit, laissant les troupes allemandes rejoindre la rive gauche de la Loire.

Le , le maréchal Pétain adresse un message aux armées françaises demandant de cesser les combats dans la perspective de l’armistice. Le colonel Michon rassemble ses cadres pour leur exposer la situation. Tous sont volontaires pour poursuivre la résistance armée, malgré des moyens très faibles, et faire ainsi honneur, dans un esprit de sacrifice, à l’armée française. C’est avec la défense de la ligne Maginot, le premier acte de résistance armée sur le territoire national. Les Allemands sont alors à Nevers et à La Charité-sur-Loire.

Le , les Allemands atteignent Gien, Beaugency et Sully-sur-Loire. Dans le même temps, Blois et Nantes, villes déclarées ouvertes, sont prises par l'ennemi. Les combats commencent le long du fleuve, d'Ancenis à Gien.

Troupes en présence[modifier | modifier le code]

Françaises[modifier | modifier le code]

GA 3 (éléments de la 10e armée, armée de Paris, 7e armée et restes de la 6e armée) :

Les troupes françaises sont hétéroclites, les unités de combats étant rejointes par des unités locales. On trouve notamment

Allemandes[modifier | modifier le code]

Les troupes allemandes sont composées de :

  • 40 000 hommes, 300 pièces d'artillerie, 150 blindés et de plusieurs éléments de la Luftwaffe.

Déroulement des combats[modifier | modifier le code]

Entre Nantes et Angers[modifier | modifier le code]

Présence des restes de la 10e armée après la capture du 16e CA.

Les forces en présence sont principalement constituées du corps de cavalerie (3e DLC, 1e et 3e DLM) couvrant le repli du GA 3. Les deux DLM passent la Loire à Chalonnes-sur-Loire (seul pont dans les environs d'Angers capable de faire passer les blindés). La 3e DLC passe la Loire à Ancenis. Le 19 Juin il ne lui reste plus que des éléments d’artillerie. La division se trouve à l’est de Nantes au sud d’Ancenis, l'état major étant à Montrevault.

S’ajoute et renforce sous ses ordres la 3e DLC au 19 juin dans ce secteur de la Loire, les restes du groupement St Laumer, le 5e groupe franc de cavalerie, un détachement du 60eRI, le 127e GRDI, ainsi que les restes de différentes divisions suite à l'éclatement de la 10e armée.



Les « Cadets de Saumur »[modifier | modifier le code]

  • Sur le secteur de Gennes à Montsoreau :
    • 550 élèves aspirants de réserve (ÉAR) de cavalerie et des 240 ÉAR du train (équivalent des EOR actuels) de la 4e division d’instruction, encadrés par leurs instructeurs, sous le commandement du Colonel Michon ;
    • 360 soldats de divers centres d’instruction de la région aux ordres du capitaine de Cadignan ;
    • 80 hommes commandés par le capitaine Monclos ;
    • 200 fantassins et mitrailleurs du 13e régiment de tirailleurs algériens ;
    • Un bataillon de 350 hommes de l’École d’infanterie de Saint-Maixent ;
    • Le 1er Groupe Franc motorisé de cavalerie aux ordres du capitaine de Neuchèze (dont le compositeur Jehan Alain) ;
    • Un escadron de reconnaissance (capitaine Gobble) ;
    • 260 cavaliers du 19e régiment de dragons aux ordres de chef d’escadron Hacquard.

Soit environ 2 500 hommes armés de 24 blindés, 5 canons de 75 mm, 13 canons antichars et 15 mortiers pour tenir 40 km de front.

Article détaillé : Combats de Saumur.

La défense de la 5°BLM[modifier | modifier le code]

Sur le secteur de Candes à Tours :

  • Restes de la 5°BLM , aux ordres du Lieutenant-colonel Touzet du Vigier, en provenance de la bataille de Belgique, composée de :
    • 3 escadrons du Ier Cuirassiers (Lieutenant-Colonel de Vernejoul)
    • 3 escadrons du 2° Cuirassiers(commandant Vignes)
    • 3 patrouilles du 12° Cuirassiers (commandant Guibourd)
    • Un demi-escadron porté du II° Dragons (Lieutenant de Truchis)
    • Une compagnie d'EOR de Saint-Maixent (capitaine Ramard)
    • Une section d'EOR de l'École d'Artillerie de Poitiers
    • Une section de deux chars FT
    • Le 2° Groupe Franc Motorisé de Cavalerie (lieutenant Huot)
    • Deux Groupes de tirailleurs
    • Groupe du commandant Michel comportant des auto-mitrailleuses White.

En amont d'Orléans[modifier | modifier le code]

Après les combats[modifier | modifier le code]

Les combats héroïques menés par cette poignée de soldats équipés de leurs armes d’instruction contre des forces très supérieures tant en hommes qu’en armements furent reconnus par leurs vainqueurs. Le général Feldt commandant la 1re division de cavalerie donnera le nom de « cadets » aux élèves-officiers de Saumur, et leur permettra de repartir libres vers la ligne de démarcation, aux ordres de leurs officiers, sans escorte allemande, une section de la Wehrmacht leur rendant les honneurs militaires au passage du pont à Beaulieu-lès-Loches.

Conséquence[modifier | modifier le code]

Pertes humaines[modifier | modifier le code]

Concernant les seuls combats de Saumur, ce sont de 250 tués ou blessés du côté français, et de 132 tués et plusieurs centaines de blessés du côté allemand. 218 soldats français sont faits prisonniers par les Allemands après la bataille de Saumur/Gennes (mais qui seront relâchés plus tard par le général allemand Kurt Feldt). De nombreux autres soldats sont également portés disparus (plusieurs centaines d'hommes au total).

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jehan Alain (1911-1940), compositeur et organiste français, cité pour actes de bravoure, meurt le au champ d'honneur à 29 ans après avoir résisté seul à un peloton d'assaut allemand[2]. Cette bataille est également considérée par certains historiens comme un des premiers actes de résistance face à l'occupant nazi.

Le lieutenant Gabriel de Galbert (1912-2001), cadre à Saumur, s'illustre au cours de l'affrontement.

Maurice Druon (1918-209), devenu plus tard homme de lettres et académicien, était élève-officier à Saumur et a fait partie de ces « cadets ». Il a écrit son premier roman, « La dernière brigade » en 1946, qui raconte cette bataille.

Jean Ferniot (1918-212), journaliste et écrivain, a participé aux combats sur la Loire.

Georges de Caunes (1919-2004), journaliste français, participe aux combats sur la Loire comme EOR à Saint-Maixent.

Jean Charles L'officier (1913-1974), Vice PDG de Lafarge, EOR, participa aux combats a la tête de sa brigade, la brigade l'officier.

Henri de Farcy (1914-1983), EOR, dirige le repli de l'île de Gennes après la mort de son lieutenant.

Roger Mucchielli (1919-1981)

Hommage[modifier | modifier le code]

Le nom du lieutenant-colonel Touzet du Vigier est inscrit au fronton d'un bâtiment de l'École d'application de la Cavalerie de Saumur, en souvenir de la participation de son Unité à la Défense de La Loire de 1940. La 5° BLM est citée à l'Ordre de l'Armée le 27 juin 1940 pour son action dans la Défense de la Loire.

Les cadets de Saumur furent également cités pour actes de bravoure à l'ordre de l'armée par le général français Maxime Weygand.

En juin 2016, le pont de Grenelle (Paris) est renommé « pont de Grenelle-Cadets-de-Saumur ». Plusieurs promotions de la 4° DI portent le nom d'officiers ou d'EAR qui se sont illustrés à Saumur (et après). La promotion d'EOR 94/04 porte le nom de "Promotion Colonel Michon".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Roy Macnab, For Honour Alone: The Cadets of Saumur in the Defence of the Cavalry School, France, June 1940, Éditions Robert Hale Limited, 1988, 208 p. (ISBN 0709033311)
  • Guy Bonnet, 1940 : batailles sur les ponts de la Loire, Éd. de "La Nouvelle République", Tours, 175 p.
  • Henri de Mollans, Combats pour la Loire, juin 40, Chambray-lès-Tours, 1985, 171 p.
  • Patrick de Gmeline, Les Cadets de Saumur, juin 1940, Éditions Presses de la Cité, 2010, 397 p. (ISBN 2258084202)
  • Robert Milliat, Le Dernier Carrousel, Défense de Saumur 1940, édité en 1945

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Histoire de la ville d'Orléans, consulté le 5 mai 2013
  2. (fr) Dominique Lormier, La Bataille des Cadets de Saumur. Juin 1940, p. 49 (éd. Les Chemins de la Mémoire, 2003)
  3. « Émission Droit de suite du 23 janvier 2018 », sur LCP (consulté le 23 janvier 2018)